‹ Traité des falsifications, ou exposé des diverses manières de constater la pureté des substances employées en médecine, dans les arts, et dans l'économie domestiqueChapitre 2 sur 27 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Les brillantes idées hypothétiques du dernier siècle ne pourraient plus satisfaire les esprits de notre époque : c’est un des résultats de cette philosophie qui préside aujourd’hui à toutes les recherches scientifiques. Froids raisonneurs, nous exigeons des faits et des conséquences déduites exactement de ces -faits : cette rectitude ( trop rigoureuse , peut-être, puisqu’elle nous a quelquefois privé de l’honneur attaché h de brillantes découvertes) a passé des sicences dans les arts : les explica-

lions vagues, je dirais volontiers routinières , d’aulrefois ne seraient plus reçues par les industriels de nos jours, et les nombreux trailés publiés depuis quelque temps sur les diverses professions ont répondu à ce besoin impérieux

qui caractérise notre époque.

Il n’existe pas, que je sache, d’ouvrage qui ait eu pour but exclusif de rassembler les divers moyens de constater la pureté des substances employées en médecine et dans les arls : le haut degré d’exactitude auquel est arrivée la chimie , a souvent permis de porter dans celle partie une précision inconnue jusqu’ici ; mais la plupart de ces expériences était disséminées dans un grand nombre de traités, et j’ai pensé qu’il pouvait être avantageux de les présenter sous un seul et même point 'de vue.

Ce travail est divisé en deux parties : dans la première se trouve la nomenclature des professions industrielles qui font usage de substances susceptibles d'être falsifiées, suivie

du nom de ces memes substances; la deuxième

renferme (dans l’ordre alphabétique) les noms

vulgaires et scientifiques des matières énu-

méréesdans la première partie : chaque article offre i° l’histoire abrégée des caractères physiques de la substance pure et de bonne qualité; 2° les noms des corps étrangers qui peuvent s’y trouver naturellement ou qui peuvent y avoir été ajouté par fraude; 5° les moyens physiques et chimiques de reconnaître ces diverses altérations.

L’exposé des caractères physiques est quelquefois donné avec des détails qui paraîtraient plutôt appartenir h un traité spécial; mais je prie le lecteur, qui feraitcelle remarque, de se rappeler que pour une substance quelconque, la connaissance exacte de ses caractères physiques est souvent le meilleur guide que nous ayons pour reconnaître si elle a été altérée naturellement ou par des additions frauduleuses.

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