a0 à 58° Gg à 77 id
f 45° à 5a° 1 60 à 69 id.
| 3oQ à 34° 1 4° à 4^ id.
Dans les potasses du commerce , la partie soluble dans 1 eau et étrangère, se compose de sulfate et d hydrochlorate de potasse; il serait facile de calculer les proportions; la partie insoluble se
compose presque entièrement de silice.
POTASSIUM. Ce métal, qui est la base de la potasse, est d’un blanc d’argent, cassant, cristallisable, fusible à 66° , volatil à la chaleur rouge, pesant o,865 ; lorsqu’on le projette sur l’eau , il nage
à la surface avec une belle flamme rouge-violette, et forme de la potasse qui se dissout dans l’eau. On nepourrailleconfondre qu’avec le sodium; cedernier fond à 90°, se volatilise à une chaleur blan~ cbe, pèse 0,9348; si on le projette sur l’eau , il produit une vive effervescence , fond, mais ne produit pas de flamme.
PRÉCIPITÉ ROUGE. (Voyez oxide rouge de mercure.)
PRUSSXATE DE Fia. ( Voyez bleu de Prusse. )
RAISIN D’OURS. ( Voyez busserole )
RÉAEiGAR. , appelé en chimie sulfure rouge d’arsenic. Ce produit naturel ^st en masses homogenes plus ou moins ^volumineuses, d un rougejaunâtre; on pourra toujours reconnaître s’il est falsifié, en se rappelant qu’il est susceptible de se volatiliser complètement lorsqu’on l’expose à une température un peu élevée.
RATANHIA ( RACINES DE ). (Voyez extrait de ratanliia. )
REDOUL. Ce mot et celui de rondon sont les noms sous lesquels on désigne le sumac des tein-
turiers , dans les environs de Montpellier ( voyez le mot sumac) ; on mêle quequefois les petites feuilles de redoul à celles du séné (voyez séné) .
&HAFONTIC (21AOIWTE DE). La racine du rheum rhaponticum est quelquefois employée, en médecine, comme succédanée de la racine de rhubarbe, mais le plus ordinairement on l'emploie pour falsifier la rhubarbe exotique. ( Voyez ce mot.)
RHUBARBE (RACIHE M). Cette substance est employée en médecine comme purgatif et tonique 3 c’est une racine jaune, spongieuse, marbrée 3 d’une odeur et d’une saveur particulière que tout le monde connaît. Toute la rhubarbe du commerce croît en Chine , sur une chaîne de montagne qui s’étend le long du lac Koko-Nor, près la source de la rivière Çhorico, entre 35° et 4o° de latitude nord. La racine arrachée par les paysans , débarrassée de la terre , coupée en morceaux, enfilée avec l’écorce sur des cordes, est exposée au soleil pendant un an, puis nétoyée une deuxième fois et livrée au commerce } on n’est pas d’accordsurla plantedont la racine constitue la rhubarbe 3 Pallas pense qu’elle est obtenue indistinctement du rheum undulatum , palmatum et compactant , de V ennéandrie mono gy nie , L. , polygone'es, J., mais plus particulièrement du premier, tandis que M. Siévers , apothicaire , qui fut en-
voyé par Catherine II pour recueillir la véritable plante qui fournit la rhubarbe, et qui parcourut pendant sept ans les contrées qui avoisinent celles qui la donnent, assure que les caractères botaniques de ce végétal sont encore inconnus j tout ce qu’il a pu savoir, c’est que la plante ne croît pas à une grande hauteur, a des feuilles arrondies et garnies sur les bords de pointes presque épineuses.
La racine de rhubarbe , lorsqu’elle est de bonne qualité, doit être janne - claire ou blanchâtre, sèche, solide, compacte, assez lourde, cassante, la cassure marquée de veines jaunes ou rougeâtres entrecoupées de blanc, donnant une poudre d’un jaune brillant ; Todeur est particulière, nauséeuse et aromatique ; la saveur un peu âcre, amère et astringente. La grosseur des morceaux est peu importante , seulement ceux dont les dimensions sont trop considérables doivent être rompus pour s’assurer si l’intérieur n’est pas noir ou vermoulu: celle précaution est d’autant plus nécessaire que les fragmens détériorés sont presque toujours recouverts avec soin d’une belle poudre de rhubarbe.
On distingue dans le commerce trois sortes de
rhubarbe : i° rhubarbe de Moscovie ou de Russie j 2° rhubarbe de Chine* 5° rhubarbe d^Europe. La première est la plus chère et est toujours bonne ; à Kiachta, sur la frontière russe, elle est reçue des Buchariens par un pharmacien qui l'examine. Celle de mauvaise qualité est brûlée, et la bonne
rhubarbe , débarrassée de sa couche corticale , des parties ligneuses et autres impuretés, est envoyée à Moscou, à Pétesbourg, où elle subit un deuxième examen; elle est presque toujours en fragmens arrondis, d’une teinte jaune - blanchâtre ou rougeâtre , craquante sous la dent , et assez souvent percée d’un trou si considérable qu’elle paraît former une espèce d’anneau. La rhubarbe de Chine, dont l’origine est la même que celle de la précédente , est apportée par mer de Canton, En raison des diverses altérations auxquelles elle est exposée pendant le voyage sur mer, elle est moins estimée que celle de Moscovie , elle est ensuite plus pesante, plus dure, plus compacte, rarement percée de trous, et se présente presque toujours en morceaux alongés et aplatis sur deux côtés , comme si elle avait été comprimée; suivant le docteur Lewis , elle est moins aromatique ; mais nous devons avouer qu’il nous est difficile de comparer ces deux qualités, parce qu’en général on la mêle avec la précédente, et on fait ensuite un choix de ce mélange. La rhubarbe indigène doit être rejetée de la matière médicale, elle est bien moins active que les deux précédentes; son odeur et sa saveur sont bien moins fortes; elle est d’ailleurs presque toujours en morceaux alongés , et un palais exercé distingue à l’instant la rhubarbe indigène des deux sortes exotiques.
On falsifie assez souvent la rhubarbe avec les
facmes du rheum rhaponticum , dont la couleur, l’odeur et la saveur sont analogues, mais plus faibles. La racine de rbapontic est presque toujours en morceaux longs, minces, cylindriques; on peut encore remarquer : i° que l’infusion de rhaponlic est plus pâle; 2° que la saveur de la racine elle-même est plus aère, plus astringente, moins amère; 5° enfin que, mâché entre les dents, le rliapontic est plus inucilagineux , plus coriace et ne craque pas sous la dent.
RICIKT ( HUILE DE ). ( Voyez huile de ricin. )
K.IZ. Ce sont les semences de Yoriza saliva , de Yheocandrie digynie , L., graminées , J. On distingue dans le commerce deux sortes de riz : le premier, riz Caroline , est cultivé en Amérique, particulièrement dans la Caroline méridionale ; il est en grains blancs, translucides , alongés , comprimés et coupés vers les deux extrémités; le deuxième, riz de Piémont , est moins estimé; ses grains sont d'un blanc-jaunâtre, moins alongés , moins arrondis, et moins opaques que dans le précédent, aussi est-il toujours moins cherquel'autre.
ROCOU. Cette substance est une espèce depâte, colorée en rouge, obtenue des graines du rocouyer bixa orellana , de la polyandrie mono gy nie , L., liliacées , J* La bonne qualité du rocou, la
fixité de la teinture qu’il donne, dépendent surtout de la manière de l’employer. On doit préalablement le délayer de manière à ce qu’il ne reste absolument aucun grumeau j on le mêle ensuite à son poids et demi de bonnes cendres gravelées ( voyez ce mot ) • la couleur obtenue résiste alors non-seulement aux acides , mais même au savon et aux alcalis - si l’on met moins de cendres gravelées , la couleur estfmoins solide.
ROSEAU AROMATIQUE. ( Voyez calarnus t iromaticus .)
ROSEAU A BAIsAI. (Voyez canne de Provence.)
ROUGE D’ANGIETIRIE. ( Voyez colcotar. )
RUBIS. On connaît sous ce nom une pierre précieuse rouge, depuis le rouge cramoisi jusqu’au rouge de chair, mais pouvant passer au bleu de Prusse et violet, au bleu- indigo, au jauned’orarige, etc. , etc. Il raye fortement le quartzc’est , après le diamant, la pierre qui a le plus de valeur - les variétés les plus estimées sont le cramoisi, le carmin, le rouge et le rubis oriental du joaillier j ce dernier est quelquefois appelé saphir, et l’avant-dernier saphir jaune ou topaze orientale (voyez les mots diamans et pierres précieuses).
RUE. On emploie en médecine la rue commune, ruta grciveolens de la décandrie monogynie , L. , rutacèes , J. Cette plante a une action particulière sur le système nerveux et sur l’appareil générateur de la femme. On pourrait confondre la rue commune avec la rue de montagne qui croît aussi dans les pays méridionaux de la France , et qui ne s’en distingue que par des folioles plus étroites et des fleurs plus petites; mais comme les propriétés sont à peu près les mêmes , on peut sans inconvénient l’employer pour la précédente.
SABINE. Les feuilles du genevrier sabinier, juniperus sabina de la diœcie monadelphie , L., conifères , J., sont employées comme excitant;, elles ont une action marquée sur l’utérus. Le sabinier est un arbre toujours vert, originaire de la Sibérie, de la Tartarie, mais croissant naturellement sur les montagnes du midi de la France; les feuilles sont verlicalesyaiguillées, épaisses, courtes, pointues, d’un vert foncé qui pâlit par la dessiccation, d’unesaveur résineuse, amère et âcre , d’une odeur très-forte, désagréable, analogue à celle de la carotte , mais beaucoup plus marquée. On confond quelquefois les feuilles du sabinier avec celle du genevrier de Bermude, juniperus bermudiana , ou du genevrier de Virgini ef juniperus virginiana:
ces feuilles n’ont ni l’odeur ni la saveur particulière des feuilles de Sabine.
SAFRAN. Le safran, crocus sativus , de la trian clrie monogynie , L. , i ridées , J. , est une plante à racine bulbeuse , originaire d’Orient , mais cultivée en grand dans plusieurs départemens et particulièrement dans l’ancien Gatinais: chaque fleur a un pistil dont le sommet est divisé en trois brins, orange-rouges à l’extrémité et blanc-jaunâtres à la base ; d’une odeur agréable , aromatique , un peu narcotique, d’une saveur amère etaromatique :1e safran doit être frais et récolté de l’année, ni trop sec ni trop humide, difficile à pulvériser, d’une teinte amaranthe, d’une odeur forte et se répandant au loin, susceptible de colorer une grande quantité d’eau ou d’alcool, celui qui ne tache pas fortement les doigts lorsqu’on le frotte , qui les rend huileux, qui a peu d’odeur, de saveur ou une odeur demoisi ; celuiqui a unecouleurblanchâtre ou noirâtre doit être rejeté. Le safran étant une substance assez chère, il n’est pas rare qu’il soit sophistiqué dans le commerce ; on l’alonge quelquefois : i° avec des fibres de bœuf fumé ; 2° avec les fleurs de carlhame ; cartluimus tinctorius) 5° avec les fleurs du souci officinal, calendula officincilis. On reconnaît la première falsification à l’absence des extrémités blanches que présente toujours le véritable safran ,et à l’odeur désagréable qu’exhale
ce safran impur lorsqu’on le projettesur des charbons ardens; le carthame est d’un rouge plus clair , et jaunit bien moins la salive que le safran ; il n’est pas d’ailleurs en fdamens rougeâtres comme le safran , il est composé d’un tube rouge divisé supérieurement en 5 parties et renfermant le pistil et les étamines; il n’est ni souple, ni élastique, ni aussi odorant, ni d’une odeur aussi agréable que le safran. On reçoit quelquefois du safran huileux qui a été introduit par contrebande en le tenant plongé dans l’huile; ce sont surtout les Espagnols qui nousl’apportent, je crois inutile d’ajouter qu’on doit le rejeter.
SAFHE 2>E COBALT. La mine arsenicale de cobalt oxidée par le grillage, s’appelle safre de cobalt; ce produit bleuâtre sert quelquefois à fai—
- sifier le bleu de cobalt. (Voyez ce mot.)
SAGAFÉSJUM. La plante qui fournit cette substance n’est pas bien connue; suivant Willdenow, ce serait le ferula persica de la pentandrie digjnie , L., ombellifères , J. Le sagapénum nous vient d’Alexandrie en masses brunes , formées de morceaux agglutinés d’une couleur jaune-brunâtre, se ramollissant à la chaleur de la main, d’une saveur chaude, nauséeuse, amère, d’une odeur désagréable et alliacée; la consommation de ce produit étant peu considérable il est assez rarement falsifié : les falsifications par la térébenthine, la
poix résine, etc. , etc., se reconnaîtraient à l’odeur de térébenthine que dégage le produit projeté sur des charbons. On peut ensuite remarquer que cinq parties de sagapénum ne doivent donner que trois parties solubles dans l’alcool concentré : la sophistication par des matières terreuses se reconnaîtra à la vue , et d’ailleurs le sagapénum ainsi alongé laisserait plus du cinquième de son poids de résidu lorsqu’on le traiterait par de l’alcool affaibli.
SAGOU. Le sagou est la moelle du sagoutier, sagus fcirinaria , palmiers , J. Cet arbre croît aux îles Moluques, aux Philippines et dans d’autres îles des Indes- Orientales. Le sagou est en petits grains durs plus ou moins arrondis ,blancsjaunâtres; lorsqu'on les fait bouillir avec de l’eau ou du bouillon, ils ne se délayent pas dans le liquide, mais se gonflent, deviennent transparens et forment alors une espèce de globules tnucilagineux : ce caractère est le meilleur que je connaisse pour distinguer le véritable sagou ; le moyen que l’on donne ordinairement est de traiter à froid le sagou suspect par l’eau, de filtrer avec soin et d’examiner si la liqueur parfaitement transparente ne vire pas au bleu -par l’iode; ce moyen n’est pas exact, puisque le chimiste le moins exercé sait que l’amidon torréfié, et qui est en général employé pour la sophistication
du sagou, étant soluble dans l’eau, sa solution à froid bleuit par l’iode : la préférence que l’on donne au véritable sagou estfondée sur la propriété qu’il a de ne pas former bouillie avec les liquides auxquels on l’unit, propriété qui le rend comme aliment d'une digestion plus facile. Si le sagou que j’appellerai faux ne jouit pas de cette dernière propriété, on devra le rejeter; mais s’il présente le même caractère , je re vois aucun inconvénient à ce qu’il remplace le sagou des Moluques, puisqu’étant composé chimiquement des mêmes principes que le sagou véritable il remplira aussi bien l’indication que le praticien cherche dans son emploi II serait à souhaiter que toutes les sophistications que l’on se permet dans le commerce fussent aussi innocentes que celle qui nous occupe. Les pharmaciens remplacent sans scrupule les yeux d’écrevisses par du carbonate de chaux , le sel d’absinthe par du sous-carbonate de potasse, et ils ont raison; pourquoi donc ne pourrait-on pas remplacer le sagou des Philippines par celui que notre industrie a su préparer, s’il réunit toutefois les qualités médicinales que l’on trôuve dans le premier ?
SAIjEP. Cette substance nous vient de la Perse ; mais on prétend qu’on la prépare aussi en Europe : ce sont les racines de différentes espèces d’orchis , telles que les orchis morio , mas cilla , b folia , de
la cliandrie mono gy nie h., orchidées, J. Après avoir enlevé , suivant Moult, aux racines de ces plantes leur epiderme , on les fait cuire au four pendant io à 12 minutes. Elles nous arrivent en morceaux oblongs, ayant la forme d’une amande ou mieux encore d’un caillou alongé, et présentant çà et là de petites excavations. Les pharmaciens doivent toujours préparer eux-mêmes la poudre de salep , car celle que l’on trouve chez les droguistes est presque toujours alongée avec une certaine quantité de fécule à laquelle on donne par la torréfaction la couleur grise du salep véritable: il est, je crois, impossible de reconnaître une semblable sophistication.
SALPÊTRE PURIFIÉ. (Voyez nitrate de potasse. )
SALSEPAREILLE. La racine de salsepareille est employée depuis long- temps en médecine comme puissant sudorifique: on supposait qu’elle appartenait ausmilax s as s apari lia; mais M Humboldta démontré que la véritable salsepareille était due à une espèce qu’il a dénommé smilax syphilitica de V hex.andrie trigynie , L ,,smilacées9 J. On distinguait dans les matières médicales trois qualités de salsepareille de Honduras , de Brésil , du Pérou , mais la première est à peu près la seule qui nous arrive aujourd’hui : elle se compose d’un grand nombre de fibres attachées à une tête ligueuse et
ordinairement repliées à leur partie moyenne: ces fibres qui constituent la seule partie dont on fasse usage, sont delà grosseur d’une très-forte plume, grises cendrées et cannelées longitudinalement à l'extérieur; flexibles, formée d’un corps ligneux central , blanc et recouvert d’une couche corticale assez épaisse ;les salsepareilles de qualité inférieure sont plus grosses, plus pâles , moins cannelées, la partie cen traie est bien plus forte : un caractère assez bon pour reconnaître la salsepareille est la propriété qu’ont les fibres de pouvoir se diviser facilement en • deux parties dans le sens de leur longueur. On falsifie assez souvent la salsepareille avec les racines : i° d’asperge, û° de petit houx, 3° de salsepareille dite d 'Allemagne, 4° de salsepareille dite grise.
La racine d’asperge, asparagus officinalis , est plus pâle et moins cannelée que la véritable salsepareille , ne se fend pas en longueur comme celle-ci; enfin la partie corticale est beaucoup plus mince, et cette partie, surtout si elle est sèche, n'est pas appliquée sur le corps ligneux central, mais en est séparée par un espace vide pins ou moins considérable.
La racine du petit houx, mscus acule atus , est d’un blanc fauve , formée d’une espèce de souche grosse comme le doigt, très-irrégulière et hérissée de beaucoup de radicules minces , longues et unies; cetteracine ne change pas de forme par la dessiccation.
od5
La racine de la salsepareille d’Allemagne carex arenaria.) est en fibres alongées d’un gris-rougeâtre, très-peu cannelées et offrant à intervalles rapprochés des marques circulaires garnies de petits poils minces et courts: la couche corticale est plus mince, et le corps ligneux central est plus gros et plus blanc que dans la véritable salsepareille; la salsepareille grise qui vient de l’Arabie, à tiges nues, arabica nudicaulis , a une certaine amertume qui ne se retrouve pas dans la salsepareille : on remarque en outre dans le tissu spongieux à l’intérieur de cette fausse salsepareille, surtout dans les grosses racines, des taches purpurines; on n’y remarque point ce ligneux central que présentent toutes les salsepareilles connues.
BAME’ASLà.ÇHJE. Cette résine est fournie par le thuya ardculatayvonadelphietétrandrie , L.-coni fères , J., qui croît en Barbarie: elle est sous forme de petites larmes arrondies , demi-transparentes, jaunes-brunâtres; la propnété qu’elle possède de se dissoudre complètement dans huit fois son poids d’alcool, donne un moyen facile de reconnaître les falsifications dont elle pourrait être l’objet. On ne pourrait confondre lasandaraque qu’avec le mastic; i° les larmes de la première sont plus transparentes que celle du second ; 2uces larmes ne se ramollissent pas sous la dent, mais se réduisent en poudre; 3° le mastic traité par l’alcool laisse environ le cinquième
de son poids d’une substance analogue au caoutchouc, tandis que la sandaraque est entièrement soluble dans le même liquide.
SANGSUES. Est un ver mou, un peu plat, de deux à trois pouces de long, de la grosseur d’une très-forte plume, mais susceptible de s’alonger ou de se contracter d’une quantité double au moins de sa grandeur primitive : la sangsue ordinaire , hirudo officinalis , a le dos divisé en trois partiespresque égales par quatre lignes longitudinales dontlesdeux latérales sont entièrement jaunes, et les deux centrales également jaunes sont parsemées de taches noires; le ventre ou la partie inférieure est grise-noirâtre et marbrée de jaune : on doit rejeter les sangsues qui n’offrent pas les caractères que je viens d’indiquer. Ainsi les paysans des environs de Paris débitent quelquefois des sangsues dont le dos est d’une seule teinte et ne présentent pas les lignes longitudinales dont j’ai parlé; ces sangsues s’attachent difficilement, pompent très-peu de sang, et ne peuvent se conserver qu’un laps de temps assez court.
SAPHIR. Les pierres qu’on appelait ordinairement pierres précieuses se distinguèrent d’abord à raison de leur couleur; on donna les noms de rubis à celles qui étaieut rouges, de topazes à celles qui étaient jaunes , de saphirs à celles de couleur bleue, et d'améthystes à celles dont la
couleur élait pourpre; on remarqua bientôt après cependant que la plupart des propriétés qui donnaient le plus de prix a ces pierres se rapportaient à leur dureté; et comme celles qui étaient de la plus belle espèce venaient de l’Orient, elles furent habituellement désignées parmi les autres pierres de même couleur, en ajoutant à leur dénomination l’épithète orientale ; bientôt Romé Delisle observa qu’elles se rapportaient toutes entre elles dans la forme de leur cristaux, dans leur dureté et dans la plupart de leurs autres propriétés; Romé Delisle donna le nom de rubis à l'espèce ; mais cette dénomination ayant été assignée depuis à un minéral différent, Hauy inventa le terme nouveau de télésie'y enfin Werner a approprié à cette espèce le nom de saphir , ce qui a été adopté par les minéralogistes ; cependant la plupart des bijoutiers désignent toujours sous le nom de saphir une pierre précieuse dont la couleur bleue peut varier pour la nuance, mais dont la valeur est à très-peu près la moitié du rubis. Les variétés blanches et bleupâles, quand on les expose à la chaleur, deviennent d’un blanc de neige, et présentent, si on les taille , l’éclat du diamant à un tel point qu’on les
emploie pour remplacer ce dernier.
SAPIN ( BOURGEONS DE). Ce sont les bou-
tons ou chatons du pinus pinea , de la monoécie monadclphie , L.^ conifères , J.; cueillis avant
leur développement , ils ont la forme de petits cônes pointus , couverts d'écailles , imbriqués , rougeâtres , minces et luisans ; d’une odeur de térébenthine, d’une saveur résineuse et amère; ils exsudent assez souvent une résine qui se répand en partie à la surface sous forme de larmes. On les falsifie presque toujours dans le commerce avec ceux : i° du pinus abies\ ce sapin a le môme port, mais les feuilles sont éparses, nombreuses, presque tétragones, étroites et piquantes; tandis que les feuilles du pinus pinea sont rangées sur les deux côtés opposés des dernières branches , et sont linéaires, aplaties, un peu échancrées en sommet, fermes, vertes en dessus et blanchâtres en dessous ; 20 du pinul sylvestres , qui sont plus foncés , plus longs et presque cylindriques, à écailles renversées et roulées; 5° du pinus abies alba , qui ont un pouce à un pouce et demi de long, sont cylindriques et recouverts de très-petites écailles jaunes très-régulièrement imbriquées.
SAPOKTAIR.E. On emploie en médecine comme légèrement toniques, apéritives et fondantes les feuilles de la saponaire , saponaria officinalis , delà dccandrie digynie ,L. }caryopliy liées, J . Cette plante est facile à distinguer à la forme de ses fleurs qui sont blanches- rougeâtres, en forme d’œillets, et disposées en panicules terminales à l’extrémité des tiges et des rameaux supérieurs; les feuilles sont
presque sessiles, ovales-lancéolées, d’un vert plus ou moins foncé , glabres et marquées de trois nervures : les feuilles du lychnis dioique , lychnis dioica , que l’on confond quelquefois avec celles de la saponaire , sont moins grandes, d’un vert mat, blanchâtre, rudes, velues, et u’ont pas trois nervures. c
^CAMM^DSTÉE. La meilleure scammonée est celle qui est produite par une plante vivace et grimpante., convolvulus scammonia de la pentandrie monogynie , L., convolvulacés , J., qui croît en Syrie : cette scammonée, ditp d 'Alep, est en masses légères, spongieuses, friables, faciles à pulvériser, d’une couleur de cendre inclinant au noir, d’une odeur désagréable : les scammonées dites de Srnyrne et d’ dntioche sont les produits du periploca scammonium , qui croît en Mysie, en Cappadoce, dans l'Anatolie j celle de Smyrne e$t en morceaux plus lourds, plus compacts, moins friables et moins faciles à pulvériser que lesprécédens; leur couleur est plus brune, leur odeur moins forte et moins résineuse, enfin ils contiennent assez souvent du sable et d'autres impuretés : la scammonée d’Antioche est noire foncée, criblée de trous et exhale une odeur empyreumatique.
On ne doit employer en médecine que la scammonée d’Alèp : lorsqu’elle réunira les caractères que j’ai indiquée plus haut, et que , traités par l’eau et
l’alcool, elle ne laissera que le tiers de son poids de parties insolubles, tout portera à croire qu’elle n’a pas été falsifiée.
SEL DUOBUS. (Voyez sulfate de potasse.)
SEL D’EPSOM. (Voyez sulfate de magnésie.)
SEL DE GLAUBER. (Voyez sulfate de soude.')
SEL DE NITRE. (Voyez nitrate de potasse.)
SEL D’OSEILLE. ( Voyez o.r.alate acide de potasse.)
SEL DE SEIGNETTE. (Voyez tartrate de potasse et de soude.)
SEL DE TARTRE. ( Voyez potasse du commerce. )
SEL VÉGÉTAL. (Voyez tartrate de potasse neutre.)
SEDXEN CONTRA. Le végétal qui produit le seraen contra n’est pas encore parfaitement déterminé j selon les auteurs , ce serait une plante du genre artemisia , VA : judaica , VA : contra , et même selon Saunders ce serait une espèce de chenopodium. Les semences sont petites, oblongues, d’une couleur jaune-verdâtre j elles sont en
général mélangées de fragmens de calices et de tigelles; leur saveur est amère, même un peu âcre, leur odeur forte et désagréable. Le semen-contrà
d’Alep est le plus estimé, parce qu’il contient le moins de tigelle; vient ensuite celui desïndcs : celui d’Afrique ou de Barbarie, étant mêlé d’une grande quantité de fragmens de tiges, est encore moins estimé. On falsifie quelquefois le semen-contrà avec : i° des semences de tanaisie, lanacetumvulgcire’ 2° des semences de l’aurone des champs, artemisici eampestris : les premières sont coniques , c’est-à-dire plus étroites à l’une des extrémités, et garnies à l’autre plus large d’une petite membrane à cinq dents 3 elles sont en outre un peu courbes, profondément sillonnées , très— amères et non aromatiques. Les semences de l’aurone sont d’un jaune fauve et plus menues que celles du semencontrà; elles ont une faible odeur d’absinthe qui ne devient pas plus forte par le frottement; mais ieuramertume est tellement prononcée, qu’il suffit de les agiter ensemble dans la main pour en avoir le palais aftecté: ce dernier caractère sert à distinguer l’aurone mêlée au semen-contrà , car ce dernier ne doit jamais le présenter.
SÉEJÉ. On connaît sous ce nom les feuilles de plusieurs espèces de cassia , de la diadelphie décandrie , L., légumineuses , J. : ce sont particulièrement le cassia senna et le senna acutifolia .
On confond les deux espèces dans le commerce, et ce que l’on connaît alors sous le nom de séné est un mélange de ces deux variétés, de sorte qu’il est réellement inutile d’indiquer ici les caractères distinctifs. On mêle quelquefois au séné : i° la feuille du redoul ou sumac des teinturiers, mêlée elle-même à une petite quantité de houx , ilex a qui folium , et de buis, buxus semper virens-, i° la feuille de notre hagncnand'ier, cotuteaarborescens j 3 0 de l’arguel , cynanchum arguel .
Les feuilles de sumac sont très - astringentes , servent dans la teinture en noir et dans le tannage des cuirs j elles sont ovales, lancéolées, glabres, très-entières ; dans les plus petites, qui peuvent seules se confondre avec le séné , on n’aperçoit que les trois nervures principales : ces feuilles sont d’ailleurs plus épaisses que celles du séné , un peu chagrinées à leur surface, douées d’une saveur astringente non mucilagineuse ; elles ont une odeur assez marquée , un peu nauséabonde (voyez sumac) • Les feuilles de houx sont coriaces • leur surface supérieure luisante, et leur contour épineux ne permettent pas de les confondre avec le séné.
Le mélange des feuilles de notre baguenaudier au séné présente peu d’inconvéniens , soit parce que le baguenaudier ne lui est pas très- inférieur en action, soit surtout parce qu’il est extrêmement facile de reconnaître cette falsification : en effet, les folioles du baguenaudier sont exactement ovales ,
nullement rétrécies à leur base qui est égale et régulière , obtuses, même un peu échancrées au sommet, et dépourvues de pointes terminales; les folioles du séné sont réellement obovées , c’est-àdire ovales, rétrécies au coin et à la base, inégales à leur base , larges et obtuses au sommet, rarement échancrées, presque toujours terminées par une pelite pointe.
Les feuilles de l’arguel ont de douze jusqu’à quatorze lignes de long, tandis que le séné dépasse rarement neuf lignes ; en outre, l’arguel a une côte longitudinale saillante en dessous , et les nervures latérales ne sont pas sensibles, tandis que la foliole du séné a les nervures latérales saillantes en dessous ; la feuille de l’arguel est symétrique à sa base , c’est-à-dire que les deux côtés du parenchyme se terminent à la même hauteur sur le pétiole, tandis que la foliole du séné est toujours oblique dans la même partie, c’est-à-dire que l’un des côtés du parenchyme est un peu plus large, et se prolonge un peu plus bas que l’autre. Il parait probable que la variété de séné désignée dans le commerce sous le nom de séné de l’Afrique , est celui qui est en grande partie composé d’arguel ; remarquons d’ailleurs que cette falsification , qui était commune anciennement, est très-rare aujourd’hui.
Je terminerai cet aperçu sur le séné par le tableau suivant dû à M. Guibourt ; cc tableau indi-
que les diverses couleurs que prennent les décoctions de séné, d’arguel et de sumac, lorsqu’on les traite par le sulfale de fer.
SERE.
La décoction a une teinte brune, saveur est peu marquée ; elle passe au -set par le sulfate de fer.
Ar.GttL,.
La décoction est verte, sa saveur est amère ; elle forme avec le sulfate de fer un précipité vert et passe e! le-méme au vert.
SÜMACH.
La décoction est d’une couleur vert pomme peu intense, sa saveur est astiingente; elle précipite en bleu par le sulfate de fer.
SMAlTi Le safre de cobalt fondu avec environ trois quarts de sable et une partie de potasse forme un verre bleu nommé snialt , qu’on porphyrise et qu’on lave pour former l'azur; il sert à falsifier le bleu de cobalt (voyez ce mot).
SODIUM. Métal de la soude que l’on distingue du potassium aux caractères que nous avons indiqués à ce dernier mot.
SOUDE ADTIFICIEIiIiE. La France était tributaire de l’étranger pour les soudes (voyez le mot soude du commerce pour les lieux d’où on tirait la soude naturelle); MM. Anfry et Darcet nous ont affranchis de ce tribut en donnant les moyens d’obtenir la soude carbonatée du sel marin : celle fabrication, perfectionnée par M. Pluvinet, exige d’abord la transformation de l’hydrochlorate de
joude en sulfate de la même base par l’acide sulfurique; ce sulfate , traité par du charbon et de la craie, donne du carbonate de soude et du sulfuré de chaux mêlé à l’excès de charbon. La soude artificielle se distinguera facilement de la soude naturelle par le sulfure de chaux qu'elle renferme; elle doit donc être lessivée à froid pour ne pas dissoudre le sulfure de chaux; et d’un autre côté, traitée par un acide, elle dégage une odeur d’œufs pourris due à l’acide hydrosulfurique, phénomène qui n’a pas lieu pour la soude naturelle. On estime la force alcaline des soudes artificielles par le procédé que nous indiquerons au mot soude du commerce.
SOITBE CAUSTIQUE. On pourrait confondre la soude caustique solide avec la potasse caustique; mais il est à remarquer que la première n’attire pas l’humidité de l’air et ne se résout pas en liquide comme la deuxième. La soude caustique , exposée à l’air, s’effleurit, c’est-à-dire perd une partie de l’eau qui la constituait à l’état d'hydrate, et se recouvre d’une croûte blanchâtre, à la manière des sels efflorescens.On fait très-peu d’usage de la soude caustique à l’état solide; maisla consommation des lessives caustiques est très-considérable, puisqu’elles forment une des parties constituantes du savon : la force proportionnelle de ces lessives les divise en trois classes : la première doit peser de a5 à
5o° à l’aréomètre de Baume, la deuxième de io à 20°, et la troisième de 5 à îo. (Voyez l’article suivant. )
SOUDE DU COMMERCE. Ces soudes brutes, lessivées à chaud pour la soude naturelle et à froid pour la sonde factice, puis traitées par la chaux vive etl’eau, donnent les lessives caustiques, dontl’union avec les matières grasses, huiles, graisses, etc. , constituent les savons solides ; on conçoit facilement de quelle importance doit être cet alcali minéraldans le commerce. On distingue àpriori deux sortes de soude :
Soude artificielle ,
Soude naturelle.
J’ai donné plus haut le moyen de distinguer ces deux espèces de soude ; mais en faisant abstraction de cette différence, la valeur d’une soude, quelle que soit son origine, est toujours proportionnelle à la quantité d’alcali réel qu’elle renferme, appréciation qui se fait par l’alcalimètre de M. Descroisilles • on peut même , en lessivant les soudes brutes et faisant cristalliser, obtenir des soudes trèsriches en alcali. La table suivante indique les principales variétés des diverses soudes qu’on emploie dans le commerce.