DEGRÉS
parties
SXJR ÎOO.
Soude d’Alicante ,
Natron ou soude d’ Alexandrie ,
Soude et natron dequalités infe'rieures,
io° à i5°
Soude de M. Ctirny,n° x ,
Soude de 11. Carny , u° a ,
Soude de M. Carny , n° 3 ,
Ce tableau démontre que la soude brute est une substance ordinairement très-mélangée ; en effet , outre le carbonate de soude elle contient de la potasse, du sel marin, du sulfure de potasse, du sulfure de j chaux , des sulfates de soude, de chaux , de magnésie et de fer. Plus elle contient de ces substances étrangères auxquelles se trouvent encore mêlés du sable , du charbon , des pierres, moins elle est bonne.
Les soudes qui renferment de 20 à 33 parties de soude sur 100 sont : i° les soudes d’Espagne ou d’Alicante; 20 les soudes d’Alexandrie; 3° les soudes de Hongrie • 40 les soudes artificielles ordinaires. Le soudes ou nati ons de qualités inférieures sont : i° les soudes de France, de Narbonne, d’Aigueinortes , de Normandie, de Cherbourg; 2° le kelp ou soude obtenue dans plusieurs îles d’Ecosse et les Sorlingues; ces dernières qualités sont assez rares aujourd’hui dans le commerce , parce que la plupart des fabriques de soudes infé-
rieures n’ont pu soutenir la concurrence avec les soudes artificielles : c’est ainsi qu’Aigueraortes , qui versait peut-être pour un million de soude dite blanqueile dans le commerce , en fabrique à peine aujourd’hui la quinzième partie. J’aurais pu donner dans cet aperçu les moyens de reconnaître les diverses soudes dont j’ai indiqué l’origine' mais l’alcalimèlre de Descroisilles offrant une précision que ne pourraient présenter les caractères tirés de la couleur, de la texture , etc- , les détails sur celle dernière partie seraient complément superflus.
SOUFS.E. Ou distingue dans le commerce deux sortes de soufre : i° soufre en canon; 20 soufre en poudre ou fleur de soufre. Les caractères du soufre en canon sont bien connus; il suffit qu’il soit d’une texture homogène, d’un beau jaune citron ou verdâtre, non rougeâtre (auquel cas il pourrait contenir du sulfure d’arsenic) , pour être de bonne qualité. Les Falsifications de la fleur de soufre sont plus nombreuses, et d’un autre côté elles sont plus importantes, parce que les médecins emploient assez souvent le soufre en poudre à l'intérieur. Ce corps tel qu’on le trouve chez les droguistes, peut, i° être altéré par de l’arsenic, de la magnésie, de la chaux ; 20 être falsifié par de la farine ou de l’amidon ; 5° contenir de l’acide sulfurique et de l’acide sulfureux. La première
de ces altérations est éminemment dangereuse et le pharmacien doit examiner avec le plus grand soin tout le soufre destiné à l’usage interne. Il est vrai que le soufre reçoit de la présence de l’arsenic une couleur jaune qui se rapproche plus ou moins de celle de l’orpiment , mais ce caractère n’est pas décisif; car lorsque le soufre ne contient qu’une très-petite portion d’arsenic sa couleur n’en est pas altérée, et c’est le cas ordinaire. On doit dans ce cas faire détoner une partie du soufre suspect avec quatre ou cinq fois son poids de salpêtre pur ; la solution du résidu dans l’eau distillée sera traitée par du sulfate d’argent, qui donnera (si le soufre contenait de l’arsenic) peu à peu un précipité rouge-brun d’arseniate d'argent. La présence des acides sulfurique ou sulfureux dans la fleur de soufre se démontre en mêlant un peu du corps suspect à l’eau, filtrant et examinant si la liqueur rougit le tournesol : les pharmaciens lavent toujours la fleur de soufre ordinaire, et la connaissent alors sous le nom de fleur de soufre lavée. La chaux, la magnésie, le plâtre, mêlés à la fleur de soufre lui donnent une teinte plus pâle, que la simple vue reconnaît; la présence de la farine, de l’amidon, se dénoterait par la propriété que posséderait alors le mélange de former colle avec l’eau chaude.
SOUFRE DORÉ. Moyen de le distinguer du kermès. (Voyez ce dernier mot.)
STORAX. Le storax est une résine balsamique qui découle du sty rax officinale , de la décandrie monogynie , L. , plaque miniers , J. Cet arbre croît dans le 'Levant et en Italie j on distinguait anciennement trois sortes storax : i° storax en grains j 2° storax calamithe ; 5° storax commun. Ces distinctions sont inutiles aujourd’hui. Ce que l’on connaît sous le nom de storax dans le commerce est en gros gâteaux bruns-noirâlres , d’une odeur agréable 5 il paraît que ce n’est que le résidu delà décoction du baumedu Pérou noir, ou bien un mélange artificiel résineux auquel on donne une odeur balsamique par le benjoin ou le baume du Pérou. Cette falsification qui est très-difficile à reconnaître, est pour ainsi dire sans importance, puisque le storax est presque sans usage.
STROSJTIABfE. Cette terre, qui est composée d’un métal particulier ( strontium ) et d’oxigène, se trouve chez les fabricans de produits chimiques en masses spongieuses grises d’un goût fortement âcre, solubles dans 160 parties d’eau à 1 5° et dans beaucoup moins à ioo°. On pourrait confondre cette terre alcaline avec la baryte : en la mouillant d’alcool et mettant le feu au mélange on a une flamme rougeâtre , tandis que la baryte, placée dans les mêmes circonstances , donne une flamme jaune: la cause de cette différence de couleur est inconnue , mais donne un moyen facile de
distinguer ces deux alcalis dont les propriétés physiques et chimiques sont presque semblables.
STYRAX LIQUIDE. Le styrax liquide est un baume qui provient du liquidambar styracijluci , de la polyandrie digynie , L., plaqueminiers J. Cet arbre croît dans les contrées chaudes de l’Amérique septentrionale. On distinguait anciennement deux sortes de styrax : la première est ce qu’on appelle ambre liquide , la deuxième est le styrax liquide ordinaire qui a la consistance d’un onguent ou d’un miel assez dur 3 il est gris-brun, très-impur, contenant desfragmens ligneux, etc., d’une odeur désagréable, d’une saveur amère et âcre. On le falsifie avec un très-grand nombre de substances. S’il est parfaitement pur il se dissout dans l’alcool bouillant , et laisse précipiter par le refroidissement une matière qui paraît analogue à la cire. On peut considérer comme assez pur le styrax qui ne laisse qu’un résidu insoluble de 20 parties sur 100.
SUBLIMÉ CORROSIF. (Voyez chlorure de mercure. )
SUBLIMÉ DOUX. (Voyez chlorure de mercure ) .
SUC DE CITRON. Le simple jus de citron abandonné à lui-même se gâte rapidement, effet
dû sans doute au mucilage qu’il renferme; mais lorsqu'il a été soumis à la fermentation pendant 2*4 ou 48 heures, le mucilage s’en sépare, et ce suc filtré peut se conserver dans des bouteilles bien bouchées. On le ‘trouve à cet état chez les droguistes , et les pharmaciens en font quelquefois usage pour la préparation du sirop de limon; on peut cependant remarquer qu’ils ne devront l’employer qu’à défaut de citrons parce qu’il est presque toujours falsifié : i° en y ajoutant de l’eau; 20 en augmentant son énergie par les acides sulfurique, nitrique, muriatique et acétique. On reconnaîtra si le suc de citron a été étendu d’eau à sa densité qui sera diminuée d’autant à sa capacité de saturation comparée avec du jus de citron reconnu parfaitement pur. Or la densité du suc de citron peut varier de i,o3ia «à i,o6‘i5. 11 doit marquer de 5° à 5° à l’aréomètre des acides et saturer le vingtième de son poids de carbonate de chaux. La présence de l’acide sulfurique se démontrera par un sel soluble de baryte; celle de l acide muriatique par le nitrate d’argen t. Pour s'assurer si le suc de citron contient de l'acide nitrique ou de l’acide acétique, on saturera avec la chaux pure ou carbonatée; le citrate de chaux se dépose et l’on examine si la liqueur a une plus grande densité que celle de l’eau pure, auquel cas elle renferme du nitrate ou de l’acétate de chaux.
SUCCIN. Le succin est une substance bitumineuse, solide, cassante, qui est enfouie dans la terre en Allemagne, en France, ou que l’on trouve sur les bords de la mer en Prusse, en Poméranie, etc., etc. Il est blanc, jaune ou quelquefois brun, quelquefois opaque, quelquefois très-clair et très-transparent : les morceaux les plus clairs sont travaillés pour en faire des bijoux. On l imite assez souvent avec des verres colorés; cette supercherie se découvre facilement sans altérer les objets d’art; il suffit de frotter un morceau de succin pour lui donner une odeur assez agréable dans Péloignement, et désagréable de près, au moins pour un grand nombre des personnes. Les médecins emploient assez souvent la teinture de succin préparé en faisant digérer pendant longtemps du succin en poudre dans l’alcool rectifié: les pharmaciens emploient pour ces préparations les fraginensdu succin le moins beau ou même les râpures et déchets que l’on recueille dans le travail du succin pour bijoux. Cette matière pulvérulente est presque toujours falsifiée avec une certaine quantité de coioplione, ce que l’on reconnaîtra facilement en remarquant que le succin pur traité par l’alcool concentré doit laisser au moins les sept huitièmes de son poids pour résidu insoluble : si la quantité restante est moins grande que celle que je viens d’indiquer, tout portera à croire que le succin a été alongé par de la colophone.
SUCRE. Le sucre, considéré chimiquement, est un principe immédiat qui se trouve dans un grand nombre de plantes ; mais ce que l’on désigne ordinairement sous ce nom est la partie cristallisable du jus de la canne, arunclo saccharifera delà triandrie digynie L., graminées , J. La culture de ce végétal forme la principale richesse des deux Indes, puisque le sucre, qui fut d’abord un objet de luxe, est aujourd'hui une des nécessités de la vie : la consommation de ce produit est énorme et sa pureté intéresse essentiellement l'hygiène publique.
Le sucre peut varier pour la blancheur, mais, quelle quesoit celle blancheur, il doit être entièrement soluble dans l’eau, avoir une saveur douce et sucrée, plus on moins pure, plus ou moins exempte de saveurs étrangères ; sa solution dans l’eau ne doit pas virer : i° au brun-noir par l’hydrosulfate de potasse ( elle contiendrait du plomb )$ 2°au bleu par l’ammoniaque (elle renfermerait du cuivre); 5° au bleu plus foncé par l’iode ( elle serait altérée par de la farine ou de l'amidon). Le degré de blancheur des sucres les divise en deux qualités : le sucre jaunâtre, pulvérulent, et nommé vulgairement cassonade ; le sucre blanc ou en pain dit simplement sucre. Le premier doit être pulvérulent, sec, cristallisé en grains brillans, peu colorés j le deuxième doit être solide, en cônes, d’une texture cristalline , brillante, grenue, phosphorique lorsqu’on en frotte deux fragmens dans l’obscurité*
sa solution blanche et transparenle présentera les mêmes caractères négatifs que la précédente.
Il est encore une altération que le sucre le plu^ blanc peut présenter; elle est due à un peu de chaux qu’il retient quelquefois en raison des procédés de sa fabrication : cette altération, qui est peu importante dans les usages ordinaires, parce que la chaux s’y trouve toujours en petite quantité, est très-préjudiciable dans certaines préparations pharmaceutiques , et particulièrement dans celle du sirop de violettes, qui dans ce cas n’a plus cette belle couleur violacée, mais acquiert un ton verdâtre que l'on ne rétablit par les acides que d’une manière très-imparfaite; il importe donc au pharmacien de faire l’essai du sirop qu’il emploiera dans cette fabrication, essai aussi simple que peu dispendieux, puisqu’il suffit de faire dissoudre une petite partie du sucre suspect dans l’eau distillée, et d’examiner si cette solution verdit un sirop de violettes bien préparé. »
Je dois également signaler un autre genre d’altération quel’on se permet quelquefois , plusieurs raffineurs , pour donner à leur sucre un coup d’œil plus agréable , y ajoutent au moment où il se prend en cristaux une petite quantité de safre de cobalt en poudre impalpable; cette addition, qui communique au sucre un reflet bleuâtre plus éclatant, est d’autant plus coupable que le safre de cobalt est un véritable poison.
Si l’on avait alongé le sucre avec du plâtre, du sable, de la craie, etc. , etc. , cette sophistication se découvrirait facilement, puisque les substances indiquées sont insolubles dans l’eau , tandis que le sucre se dissout complètement dans le même liquide.
SULFATE D’ALUMIMTE et B'AMMOJJIAQUE.
(Voyez alun.)
SULFATE D’ALUMINE et DE DOTASSE.
( Voyez alun.)
SULFATE DE CUIVRE. ( Voyez couperose bleue. )
SULFATE DE FER. (Voyez couperose verte.)
SULFATE DE MAGNÉSIE. Ce sel , plus connu
en médecine sous le nom de sel tUepsom , de sel de sedlliz, se trouve dans plusieurs sources minérales ou est obtenu en exposant à l’air et arrosant des scliistes magnésiens, il est blanc, cristallisé en petites aiguilles prismatiques, soluble dans son poids d’eau à i5° et dans les trois quarts de son poids d’eau bouillante. Il peut être altéré, i° par du sulfate de fer ou du sulfate de cuivre, ce qui a lieu lorsque les schistes magnésiens qui ont été employés à sa fabrication renfermaient des pyrites de 1er ou de cuivre; dans le premier cas, sa solution vire au bleu pâle par le ferrocyanate de po-
tasse, au bleu noir par la noix de galle; dans le deuxième cas, sa solution vire au bleu par l’ammoniaque, ou au brun-chocolat par le ferrocyanate de potasse ; ces deux altérations, qui sont dan” gereuses, sont heureusement très-rares; 2° par de l’hydrochlorate de magnésie ou de chaux, ce sel ainsi altéré est. très-déliquescent , tandis que le sulfate de magnésie pur s’effleurit, à la vérité légèrement.
On prépare en Lorraine une assez gi’ande quantité de sulfate de soude; mais au moment où la liqueur doit cristalliser on l’agite fortement, et l’on obtient une cristallisation grenue qui ressemble assez bien au sulfate de magnésie et que l’on débite dans le commerce sous le nom de sel d’epsom de Lorraine; cette sophistication est assez lucrative, puisque le prix de ce dernier sel n’est que le quart de celui du véritable sel d’epsom. On peut reconnaître cette sophistication : i° à la forme des cristaux, qui sont, comme je l’ai dit, petits et grenus dans le sel d’epsom de Lorraine, tandis qu’ils sont aiguillés dans le sulfate de magnésie; 2° à la saveur qui est moins amère et plus fraîche ; 3° au précipité blanc que doit donner le sulfate de magnésie avec la potasse ou l’ammoniaque , tandis que le sel d’epsom de Lorraine n’est pas troublé par les mêmes réactifs.
Si le sulfate de magnésie avait été seulement alongé par du sel d’epsom de Lorraine , les carac-
tères que j’ai indiqués ne seraient plus applicables. On fera bouillir le sel suspect avec parties égales de chaux vive et douze ou quinze parties d’eau pendant une heure : la chaux décompose le véritable sulfate de magnésie, tandis qu’elle n’agit pas sensiblement sur le sulfate de soude • conséquemment le liquide filtré donnera par l’évaporation des cristaux de sulfate de soude.
SULFATE DE PCTASSE. Ce sel , plus connu en médecine sous le nom de sel duobus , se trouve dans le commerce en plaques assez minces, formées de pyramides dodécaédriques agrégées ; il est rarement falsifié parce qu’il se maintient à un prix très-peu élevé, il pourrait cependant contenir accidentellement du fer, du cuivre, du plomb; ce que l’on reconnaîtra avec les réactifs indiqués déjà plusieurs fois pour ces différens métaux.
SULFATE DE QUIETIlffE. Sel blanc trèsléger, cristallisé en houppes soyeuses, ou presque pulvérulent, et qui paraît renfermer tous les principes médicamenteux du quinquina : ce composé , dont on fait aujourd'hui un très-grand usage en médecine, se maintient à un prix très-élevé, aussi est-il très souvent falsifié.
Le sulfate de quinine parfaitement pur est d'un blanc mat, cristallisé en houppes soyeuses ; mais cette dernière condition n’est pas essentielle, car on trouve de très bon sulfate de quinine à l’état
pulvérulent ; sa saveur est d'une amertume insupportable j il est peu soluble dans l’eau mais on opère sa solution complète dans ce liquide en ajoutant à ce dernier une goutte ou deux d’acide sulfurique: cette propriété se retrouve dans la plupart des sels de quinine. On sent que ceux qui sont peu solubles le deviennent beaucoup plus lorsqu’ils sont acides. Il est soluble dans l’alcool à 36°; le sous-carbonate dépotasse liquide, Teau de chaux, versés en petite quantité dans du sulfate de quinine liquide, donnent un précipité blanc qu’un excès des mêmes réactifs redissout complètement. Cette dernière propriété parait due à l’eau du réactif, puisque l’eau elle-même ajoutée en excès redissout le précipité. L’oxalate d’ammoniaque ajouté à la solution aqueuse du sulfate de quinine, donne au liquide un aspect louche qu’un excès d’eau ne fait pas entièrement disparaître. La teinture d’iode forme dans le sulfate de quinine pur et liquide un précipité marron dont je ne peux mieux comparer la teinte qu’à celle du kermès minéral . Ces diverses propriétés donnent des moyens de reconnaître les nombreuses falsifications dont le sulfate de quinine a été l’objet. On conçoit en effet qu’un produit dont le prix s’est maintenu jusqu’ici entre 3o et 4° l’once, a du exciter la cupidité, et qu’il est peu de substances que l’on n’ait cherché à y mêler. Quelle que soit l’exactitude des résultats que nous donne la chimie, je pense qu’il est toujours
préférable de s’adresser à un fabricant dont la probité soit bien connue, et que pour obtenir du sulfate de quinine bien pur, on ne doit pas, qu’on me passe l’expression, viser seulement au bon marché. Remarquons en effet que l’acheteur est trop souvent lui-même la cause de la supercherie dont il est victime* il place le fabricant dans l’alternative de ne pas vendre ou de tromper, et que de fois cette considération a fait taire la conscience. Ces réflexions, qui peuvent paraître m’éloigner de mon sujet , sont essentiellement applicables au composé qui m’occupe. Le praticien qui prescrit le sulfate de quinine ne peut examiner lui-même la pureté de ce sel , et que de fois a-t-il vu échouer ce médicament, dont les propriétés héroques ont été tellement bien constatées, que son usage s’est répandu rapidement dans les deux mondes.
On falsifie le sulfate de quinine avec de la farine, de l’amidon, de la gomme en poudre, du sucre, de la chaux pure carbonatée ou sulfatée ; on a même poussé ces altérations si loin, que l’on a fait cristalliser exprès du sulfate de chaux en longues aiguilles pour le mêler avec plus de sécurité au sulfate de quinine. L’addition de la farine ou de l’amidon pourra se reconnaître à la teinte pourpre que prendra le sel impur par quelques gouttes de teinture d’iode; mais ce moyen, qui est applicable lorsque la quantité de fécule est le double du sulfate de quinine, ne peut servir dans la
plupart des cas. On doit traiter le sel suspect par l’alcool à 56° qui dissout le sel lui-même sans altérer l’amidon. Le même procédé indique les sophistications par la gomme ou le sucre. Si le sel a été alongé par de la chaux carbonatée ou sulfatée, on le traitera par l’eau et deux gouttes d’acide sulfurique; la solution traitée par le souscarbonate de potasse donnera le moyen de s’assurer si le sel a été alongé par des sels de magnésie, d’alumine, de baryte de strontiane, de baryte, puisque dans tontes ces falsifications la solution donnera avec le sous-carbonate de potasse un précipité blanc que l'eau ajoutée en excès ne pourra faire disparaître.
SULFATE DE SCU2DS , plus connu en médecine sous le nom d e sel de glauber. Le peu de valeur de ce sel s’oppose à toute sophistication, et si par hasard il est altéré, cette altération ne petit être que le résultat d’une fabrication vicieuse ; ainsi il peut contenir du muriate de soude ou de magnésie, auquel cas il précipitera par le nitrate d’argent; il peut contenir du fer, du cuivre, etc. J’ai déjà donné plusieurs fois les moyens de constater la présence de ces métaux.
SUIFAT2 DE ZIKFC. ( Voyez couperose blanche. )
SULFURE D’AKTIMOINE. Ce composé que
l’on trouve en grande quantité dans la nature est à si bas prix qu’il n’est jamais falsifié; mais on pourrait quelquefois le confondre avee l’oxide noir de manganèse (Voyez manganèse.) Le même produit peut contenir de l’arsenic. (Voyez antimoine. )
SULFURE D’ARSENIC JAUNE. (Voyez orpiment. )
SULFURE ROUGE D’ARSENIC. ( Voyez réalgar. )
SULFURE ROUGE DE MERCURE. (Voyez cinabre. )
SULFURE NOIR DE MERCURE. ( Voyez éthiops minéral. )
SULFURE DE CHAUX. Le sulfure de chaux lorsqu’il est bien préparé est en poudre grise , altérable à l’air, soluble dans l’eau, et répandant une odeur d'œufs pourris. Il est rarement falsifié ; mais lorsqu’il est ancien il a perdu de sa force, est en partie décomposé ; très-peu soluble dans l’eau on doit alors le rejeter.
SULFURE DE POTASSE. Ce composé, connu assez souvent en médecine sous le nom de J'oie de soufre, est en masses rougeâtres, ou en plaques d’une couleur jaune-verdâtre; il attire puissamment
l'humidité de l’air, et est par conséquent très-soluble dans l’eau, à laquelle il communique une teinte jaune-rougeàtre. Ce produit doit êlre récent, ou au moins avoir été conservé dans des flacons bien bouchés , car dans le cas contraire il perd sa force, se transforme en carbonate et en sulfate de potasse, pâlit et n’a plus cette odeur d’oeufs pourris qui caractérise le foie de soufre de bonne qualité. Quelquefois le sulfure de potasse a été préparé avec une proportion surabondante de soufre, parce que le prix de cette dernière substance est moins considérable que celui de la potasse : dans ce cas le foie de soufre obtenu n’est pas entièrement soluble dans l’eau, et on trouve un dépôt de soufre au fond du liquide. On falsifie le sulfure de potasse avec du sulfure de chaux. Il suffit de faire une solution du composé suspect et de traiter cette solution par l’oxalate d’ammoniaque qui formera un précipité très -abondant : je dis très-abondant parce qu’il est, je crois, impossible de trouver un sulfure de potasse qui ne contienne aucun atome de chaux. Souvent le sulfure de potasse contient du sulfure de fer, ce que l’on reconnaît au précipité bleu-noir que forme la décoction de noix de galle dans une solution de ce composé impur.
SUMAC. On distingue plusieurs sortes de sumac qui sont employées en médecine , dans la teinture etdansle tannage. Les praticiens ont quelque-
fois fait usage du sumac traçant, rhus radie an s , du sumac vénéneux, rhus toxicodendrum^ tous deux de la pentandrie trigynie , L. , térébinthacées , J. Ces deux végétaux , qui ne sont que deux variétés du même arbuste , parviennent dans leur pays natal , la Virginie et le Canada, à une grande hauteur* mais sous notre climat ce ne sont que des arbrisseaux à liges rampantes. Le sumac des corroyeurs , rhus conaria , des mêmes familles que les précédens , est un arbrisseau qui croît naturellement en Syrie, en Palestine, en Espagne et en Portugal. Dans ces deux derniers pays on le cultive avec soin , on le coupe chaque année jusqu’à la racine, on fait sécher scs bourgeons , on les réduit en poudre et on les emploie pour la Peinture et Je tannage. Le sumac que l’on cultive dans les environs de Montpellier est appelé re doul ou rondom; on mêle, assure-t-on , ses jeunes feuilles au séné , falsification qui , si elle existe , est extrêmement dangereuse. (Voyez le mot séné. }
TAMARIN. L arbre qui fournit le tamarin croit dans les deux-Indes; on le trouve aussi en France, surtout dans la Vendée; c’est le tamarindus indien, de la Iriandrie mono gy nie , L. , légumineuses , J. La pulpe nous est apportée en Europe,
conservée dans du sucre ; elle est rarement falsifiée , parce qu’elle se maintient à un prix peu élevé - on assure cependant qu’elle est quelquefois alongée avec de la pulpe de pruneaux , de la crème de tartre et de l'acide tartarique ; cette falsification se reconnaît à la couleur de ce mélange qni est ordinairement d’un brun moins foncé que celui de la pulpe de tamarin très-pure ; 20 par la solution dans l’eau, la crème de tartre se dépose - quelquefois aussi la pulpe de tamarin contient du cuivre provenant des vases dans lesquels on l’a préparée- on découvre la présence de ce métal en tenant plongée pendant quelque temps dans cette pulpe une lame de fer bien décapée (une lame de couteau par exemple); s’il y a du cuivre, la lame se recouvre promptement d’une couche cuivreuse • on peut encore calciner fortement une petite partie de ce tamarin et examiner si la cendre colore en bleu l'ammoniaque liquide. Si la pulpe de tamarin contenait de l’acide sulfurique, on s’en assurerait par la décoction qui , filtrée et traitée par un sel soluble de barite, donnerait un précipité blanc, abondant, insoluble dans l’acide nitrique.
TAN. Le tannage a pour objet de transformer les peaux en cuirs, c’est-à-dire de rendre les peaux imputrescibles , il comprend deux espèces d’opérations : l’une qui a simplement pour but de dé-
pouiller la peau de celles de ses parties qui s opposeraient à la conservation ou qui ne sont que peu adhérentes , tels que le poil, les parties charnues, etc.; le but de l’autre est d’incorporer avec la peau une substance qui en prévienne la putréfaction ; cette substance {tan) , qui est donnée par toutes les substances astringentes et qui paraît composée de deux principes, le tannin et l'extractif, se trouve particulièrement dans la noix de galle , le sumac , l’écorce de chêne , le cachou , les écorces de saule, de châtaignier d’Espagne, d orme, etc. , etc. Dans la plupart des départemens , on préfère l’écorce de chêne , parce que c’est celle de ces substances qui est la plus abondante et du plus bas prix ; on la réduit en poudre, on creuse de grandes fosses, qu’on remplit alternativement de tan et de peaux débourrées. La valeur relative des corps astringens, pour le tannin qu’ils renferment, est ainsi qu’il suit :
Une livre de cachou vaut deux livres de noix de galle , trois livres de sumac , huit livres un quart d’écorce de chêne, onze livres d’écorce de châtaignier d’Espagne , dix-huit livres d'écorce d’orme , et vingt-une livres d’écorce de saule ordinaire; on ne doit pas cependant en conclure que les substances qui contiennent le plus de tannin soient toujours préférables ; ainsi les noix de galle, qui en contiennentune grande quantité, unies avec peu de matière extractive, donnent un cuir dur et sus-
ceptible (le se gercer, tandis que le cuir tanné lentement dans des infusions faibles d écorce , est plus souple et plus ferme.
TAFIOKA. C’est une fécule extraite de la racine du maranta inclica , de la famille des euphorbiacées , qui croît aux Indes et à la Jamaïque. Elle se trouve dans le commerce, en grains blancs très-irréguliers, se dissout dans l’eau froide en petite quantité, et s’y gonfle considérablement* les considérations que nous avons développées au mot sagou, s’appliquent entièrement à l'article qui nous occupe.
TAETRATE DE POTASSE ACIDE. ( Voyez crème de tartre.)