MARCHE, TERMINAISON ET PRONOSTIC
iiication, elle est dgée de quaranle-sept ans. Il y a onze ans déjà elle souffrait d'une tumeur de la grosseur du poing dans la région inguinale. Elle déclara alors que la tumeur existait depuis trois ans, avait au début la grosseur d'une noix et s'était peu à peu accrue. La malade vint alors de la campagne et fut admise à l'hôpital israélite.
L'examen montra, alors, une tumeur placée dans la profondeur de la paroi abdominale dont la nature n'était pas facile à préciser, à cause de sa situation dans la profondeur des parties molles. Le professeur Wattmann fit, alors, une opération et extirpa le néoplasme avec l'assistance de Dittel. 11 fut démontré que c'était un fibrome. Laguérison fut bonne. Seulement à celte place survint une sorte de diastasis des parois. La malade accoucha depuis lors de quatre enfants, mais il y a deux ans une tumeur se développa au-dessus de la symphyse dans la paroi ventrale. Elle prit du volume peu à peu, rompit ses enveloppes extérieures et commença à jeter de la sanie. De fréquentes hémorrhagies jetèrent la malade très bas. Il survint de la fièvre et de la toux. La malade maigrit à vue d'oeil. Dans cet état de décrépitude elle vint demander secours. La tumeur ulcérée répandait une puanteur insoutenable et empestait l'air.
Par l'examen on ne pouvait exactement déterminer, ni à quelle profondeur la tumeur s'étendait dans la cavité abdominale, ni si le péi'itoine était perforé. Entreprendre une opération parut demander de la réflexion. Dittel avait scrupule pour se décider, mais comme la malade la désirait impatiemment et que les suites des fréquentes hémorrhagies et de l'ulcération prenaient un caractère dangereux, il se décida enfm à la pratiquer. Elle fut entreprise le 14 octobre (1866).
Le chirurgien comprit la tumeur dans une incision elliptique, et commença à la détacher des parties molles par la partie supérieure qui atteignait presque l'ombilic. Elle siégeait sur la gaine du droit et avait dojà englobé en partie les faisceaux musculaires. La même chose existait à la partie inférieure et il fallut détacher le muscle à l'aide d'un crochet.
Maintenant restait la question de l'aspect de la face postérieure et de la profondeur à laquelle elle s'enfonçait. Dittel détachait la tumeur avec précaution à l'aide des doigts, mais pendant qu'il la soulevait pour en séparer le pédicule, deux déchirures longitudinales dans le péritoine se produisirent.
A la section du pédicule survint une hémorrhagie, vraisemblablement par suite de la section de l'artère pubienne. Celle-ci dut être liée.
Les déchirures du péritoine qui mesuraient l'une 1 pouce 1 /2, l'autre 1 pouce (i-'jS et S-'), furent réunies par une suture spéciale, puis on lit la réunion des parois. Les suites furent très heureuses et ne présen-
tèrent rien d'anormal. Bieiilôt l'aspect de la malade commença à s'améliorer, la toux céda, la fièvre cessa.
La tumeur extirpée, grosse comme une tête d'enfant, lut reconnue pour un fibrome.
La plaie est cicalriséo actuellement, et la cicatrice a ceci de particulier qu'elle a pris une forme qui est bien différente de la forme elliptique de la plaie opératoire.
La malade dont l'observation va suivre ne fut pas opérée ; le diagnostic est cependant certain. 11 est intéressant de constater le rapide développement qu'a pris la tumeur pendant la grossesse.
OusERVATiON XXXVII, recueillie dans le service de M. le i)vofesseur Broca, par Salesses (Thèse de Paris, 1876).
Madame Greffier (Marie), couturière, âgée de vingt-six ans, est entrée à l'hôpital des Cliniques le P'" juin 1870, dans le service de M. Broca, où elle occupe le lit n" 9. — Cette femme a toujours eu, jusqu'à ces derniers temps, une bonne santé.
Ni son père ni sa mère n'ont jamais eu de tumeur; personne dans dans le reste de la famUle n'a présenté d'accident analogue. Ellemême n'a eu ni la scrofule ni la syphilis, et n'a jamais reçu de coup dans la région où. elle souffre aujourd'hui. C'est une femme peu robuste, plutôt un peu maigre, mais assez vigoureuse; du reste, bien constituée, bien conformée. Elle a eu quatre enfants et irois fausses couches. Le premier enfant est né en 18b9: elle avait alors dix-neuf ans. Les grossesses ont toujours été parfaitement normales, et la délivrance de même. Quant à ses fausses couches, elle peut les rattacher à des circonstances bien déterminées : la première suivit une émotion extrêmement violente; la deuxième, un effort pénible pour lever un fardeau; la troisième, une chute. La dernière grossesse est arrivée à terme .sans accident spécial autre que celui dont elle se plaint encore, et qui constitue sa maladie. Ainsi donc, pas d'antécédents héréditaires : pas de syphilis, pas de scrofule, pas de traumatisme. En avril 187o, elle était enceinte de trois mois, quand elle fit sa troisième fausse couche ; elle s'aperçut alors qu'elle portait au niveau de l'épine iliaque antérieure et supérieure une petite tumeur du volume d'une noisette. Cette tumeur, dont le hasard seul lui avait révélé la présence, était dure, ronde et mobile.
Elle s'inclinait vers la fosse iliaque interne, et la malade sentait nettement et distinctement son pnini d'insertion à l'os des iles.