‹ Traité des fièvres intermittentes (volume 2)Chapitre 25 sur 87 · CAUSES ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

CAUSES ACCESSOIRES

augmentera la réceptivité pour le miasme, et, à ce titre, sans en être la cause directe, hâtera l'explosion des signes d'intoxication.

On a également accusé l'eau ; on a même classé, suivant le degré de leurs propriétés nuisibles ou bienfaisantes, les eaux amenées par les différents aqueducs (1); elles ont été analysées avec soin par deux pharmaciens militaires de notre €orps d'occupation (2) qui ont constaté que ces eanx, tant en raison de leur degré hydrotimétrique que de la somme des produits fixes qu'elles laissent pour résidu, sont inférieures comme qualité à la plupart des bonnes eaux de France (3).

Malgré les résultats obtenus par ces chimistes, les eaux de Rome doivent-elles perdre leur universelle réputation de supériorité ? Nous ne le pensons pas,, car elles présentent deux qualités qu'il est bien rare de trouver à un semblable degré, c'est la fraîcheur et la limpidité qu'elles conservent en tout temps, comme les eaux de source, grâce à leur transport depuis les montagnes jusqu'au centre de la ville (4) dans les flancs épais de ces magnifiques aqueducs. Aussi n'avons-nous jamais vu d'accidents causés par l'ingestion de ces eaux (8), qui constituent, pendant la chaleur de l'été, un avantage inappréciable de Rome sur la plupart des pays chauds.

L'eau du Tibre elle-même, quoique infiniment moins pure

(1) Lancisi, qui a contribué à l'installation dans la cour du Vatican d*une des fontaines qui donnent la meilleure eau de Rome, avait admirablement étodié, pour son époque, la qualité ded différentes eaux de Rome. {De nativis.)

(2)Commaille et Lambert, A^cA^rc^e^ sur les eaux potables et minérales du fbassin de Rome {Recueil des mém. de méd, et de pharm, milit, 18G0, t. III).

(3) Gommaille et Lambert, ihid, p. 529.

<4) Gommaille et Lambert, ibid.

(5) A Rome, en été, la plupart des fontaines publiques sont entourées de baraques en bois où les gens de toutes les classes consomment, et sans 4anger^ une énorme quantité d*eau.

Page 1