L. Colin. — Fièvre». * l
On pourrait, à la rigueur, contester ' même ces faibles chiffres, et se demander si les affections, auxquelles ils s'appliquent, n'ont point perdu leur caractère de fièvre simple, du moment que la terminaison en a été mortelle.
Aussi, pour échapper à une critique de ce genre, et pour établir d'une manière plus complète et absolue le {5ronostic des affections qui sont l'objet de ce travail, vaut-il mieux les réunir en un seul groupe dont nous étudierons la mortalité générale.
Si, comme point de départ pour une étude de ce genre, nous réunissons sous le titre général de fiévreux les malades traités, durant une certaine période, dans nos hôpitaux militaires soit de Rome, soit d'Algérie, pour fièvre rémittente ou intermittente simple, pour fièvre pernicieuse, et pour cachexie, la statistique officielle nous mène aux résultats suivants :
L'armée d'occupation de Rome envoie aux hôpitaux:
en 1861 •— 3,128 fiévreux dont 30 décès, ou 1 sur 101 en 18G5 — 2,189 — — il — 4 — 199
Notre armée d'Algérie donne :
en 1884 — 15.249 fiévreux dont 132 décès ou 1 sur 115 en 18G5 ~ 19,03G — — J66 — — 1 — 114 en Î86G — 1C,I62 — — 99 — — 1 — 163
En totalisant ces chiffres, assez comparables en raison de l'analogie des milieux d'observation, nous trouvons* que, durant ces cinq épidémies, notre armée a subi une morla-
par rechute ou récidive ; donc le chiffre réel des malades est réduit à 10,784. Mais encore la proportion de la mortalité ramenée à ce dernier chiffre n'arrive-t-elle qu'à 0,3 pour 100, soit 0,9 pour 300; elle est donc encore un peu inférieure au chifi'rodeC. Broussais.
Tout en établissant cecte distinction, nous croyons cependant que la mortalité n'eile par fièvres intermittentes doit être établie en comparant les déeès au total des admissions, et sans exclusion des récidives, chaque entrée représentant en somme la maladie dont on recherche la gravité.