‹ Traité des fièvres intermittentes (volume 2)Chapitre 53 sur 87 · INFLUENCE DE L\ FORME DES FIÈVRES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L\ FORME DES FIÈVRES

ces deux formes ; Torti avait eu soin de les séparer profondément (1): des auteurs ont été depuis jusqu'à regarder la cholérique comme un échelon supérieur de l'algide, puisque non-seulement elle présentait le froid de celle-ci, mais en outre les troubles gastro-intestinaux qui lui ont valu son nom ; c*est là une opinion erronée, et le pronostic de la cholérique, relativement à celui de là fièvre algide, est tellement bénin que, sur 5 cas de pernicieuse cholérique, je n'ai pas eu un seul décès (2).

En somme, si j'avais à établir une échelle de gravité, d'après ce que j'ai vu, entre les diverses pernicieuses comitées, je les classerais dans Tordre suivant, en commençant par les plus bénignes : cholérique, ictérique (3), comateuse^ délirante, cardialgîque, algide, syncopale (4).

D'après cet ordre^ nous voyons que ce sont surtout les formes de l'arrière-saison qui sont les plus graves; nous comprenons dès lors la remarque, faite avec raison par F. Jacquot, du danger extrême des fièvres pernicieuses après le mois d'octobre, soit en Italie, soit en Algérie (5) ; celles qui se manifestent alors sont extrêmement rares, mais en revanche extrêmement redoutables parce qu'elles correspondent aux modes pernicieux les plus fréquemment mortels.

Quant aux pernicieuses solitaires, leur pronostic est

(1) Pour Torti, Talgide est dans la classe des fièvres coagulatives; et la cholérique appartient aux coUiquatives.

(2) Mômes résultats consignés dans la pratique de M. Dutroulau, loc, cit., p. 300.

(3) Pour M. Barthélémy Benoît, la mortalité moyenne de la bilieuse hématurique a été 25 pour 100 (Barthélémy Benoît, ioc. c<7., p. 3S7. )

(4) De même M. Maillot constate moins de gravité dans les comateuses (14 décès sur 77), et les délirantes (14 décès sur Cl) que dans les algides où la mortalité est de 12 sur 48 ; au Sénégal la pernicieuse la plus grave est Talgide qui donne jusqu'à 6 morts sur 7 . {Archives de médecine navale, février 1H67.)

(5; F. Jacquot, Lettres médicales sur V Italie^ p. 1G9.

encore plus grave que celui des comltées. Dans Tune, la subcontinue automnale, la mort peut survenir à la suite d'accidents putrides, gangreneux, hémorrhagiques ; dans l'autre, la subcontinue estivale, elle sera surtout entraînée par des accidents typhiques d'une rapidité foudroyante.

Mais, de plus, dans l'une conime dans l'autre de ces formes, il faut redouter l'explosion toujotirs imminente de phénomènes pernicieux identiques à ceux des comitées, et grand nombre de malades y succombent au coma et à Talgidité ; ce qui achève de compléter Tidentité entre les fièvres pseudo-continues et les intermittentes proprement dites, c'est que la mort y arrive de la même manière ; car, ainsi que nous l'avons vu, « les accidents dans les uneset dans les autres éclatent avec la même rapidité, marchenl avec la même étrangeté, et revêtent la môme forme » (1).

La durée plus longue des solitaires, loin d'être une garantie de guérison plus probable, n'est donc que la prolongation d'une période dangereuse par toutes les complications qui menacent l'existence du malade (2).

F. Influence delà rapidité d« traitement.

Il n'est point d'affeclion peut-être dont le pronostic varie plus, suivant la rapidité plus ou moins grande de l'intervention médicale, que les pernicieuses comitées. L'aggravation ne se fait plus ici, jour par jour, heure par heure (3); chaque minute de retard compromet une médication qui, appliquée à temps, pouvait sauver le malade,

(1) MaiUot, /oc. cit., p. 283.

(2) « Et licet lentius procédât, întcrimatque ac cœterœ pemicios», maxi* mo tameii et diutius metuendo non caret periculo. » iTorti, Therap. sptct. I, lib. Uly cliap. I.)

(3) « Equus indomitus quandoque est febris. Ab eo vita hominîs tralillur, veliit currus, quô fata sinunt. » (Toni, Ther. *pec., lib. IV, chap.Y, p. 99).

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