INFLUENCE DE LA RAPIDITÉ DU TRAITEMENT
TeHe est la raison de Ténorine différence de la mortalité de ces fièvres pernicieuses, suivant que l'accès a débuté avant l'entrée du malade à l'hôpital, ou qu'il a éclaté à l'hôpital même. Tandis que dans le premier cas la terminaison funeste est la règle, et s'applique à plus des trois quarts des malades, dans le second elle sera maintes fois conjurée par l'emploi immédiat d'une médication tellement puissante que nous n'avons pas perdu plus d'un sixième des accès pernicieux survenus dans nos salles, et que nous avons ainsi pu combattre de suite.
C'est dans les pernicieuses comateuses que tout retard à rîntervention thérapeutique est surtout regrettable et fatal : regrettable parce que cette forme est une de celles qui, prises à leur début, sont le plus facilement curables ; fatal, parce que la persistance du coma pendant quelques heures conduit à un trouble de la respiration, caractérisé par des symptômes asphyxiques qui, une fois apparus, rendent le pronostic presque absolument .mortel (1).
Il faut donc que par des visites fréquentes, par une surveillance toute spéciale, le médecin, durant la période des fièvres pernicieuses, soit toujours en quête, pour ainsi dire, des accès pernicieux qui peuvent éclater dans son service; il ne doit pas oublier que, contre les affections de ce genre, son intervention opportune a une toute-puissance qui le rend arbitre de la vie du malade (2).
En outre, quel que soit le retard même de l'intervention médicale, il ne faut pas oublier qu'un des caractères spé-
(1) La fièvre soporeu^et a dit F. -G, Boisseau, est peut-$tre la plus dangereuse^ et pourtant nue de celles où le traitement est le plus efficace. {Pyréloiogie^ p. 541.)
(2) Au lieu de rester, comme parfois ailleurs, le simple spectateur de la maladie, et le simple auxiliaire de la nature « inspector morbi, et naturae minister, adjutorque », le médecin devient ici le maître et l'arbitre de la maladie, «se gerit utdominuset arbiter morbi, et instauratornatur». » (Torti, Therop. spec.^ lib. IV, chap. v.)
ciaux des accès pernicieux, c'est la fréquence de leur rétrocession subite ; et par conséquent on ne doit jamais désespérer devant la gravité des symptômes (1).
G. BécidiTCfl des llèTres simplefl.
A la question du pronostic se rattache également l'étude des chances ultérieures de récidive pour les malades atteints de fièvre une ou plusieurs fois.
Ce qui prouve cette prédisposition aux récidives, c'est l'unanimité des auteurs à admettre, comme cause occasionnelle d'une nouvelle atteinte, les influences les plus banales, et en particulier les quatre suivantes : refroidissement, exposition aux rayons solaires, indigestion, excès de fatigue. En Algérie, a Ténès, M. Durand a vu les accès les plus bénins récidiver, avant vingt ou trente jours, dans l'énorme proportion de 87 pour 100 (2).
Considérant les manifestations fébriles comme une réaction de l'organisme contre la matière morbide, les anciens admettaient que les chances d'élimination de cette matière étaient en rapport avec l'énergie de la lutte, et que par conséquent une atteinte de fièvre devait durer d'autant moins longtemps que les accès étaient plus rapprochés ; quelle que soit la valeur de cette théorie humorale, elle s'appuie sur une observation exacte des faits, et nous savons que la fièvre est d'autant plus tenace que l'apyrétie est plus longue; tandis que la rémittente simple dure 4 à 5 jours, beau-
(1) Si Morton exagère peut-être la fréquence de ces retouis merveilleux à la vie^ de ces résurrections d'individus abandonnés comme morts, Torti exprime la pensée de tous ceux qui ont vu des fièvres pernicieuses quand il affirme, par des faits, les succès du quinquina donné presque à l'article de la mort: ((inihi enim non semcl contigit liominem non modo a lethali paroxysmu /utnro distiintpm, sed etiam in eo quem patiebntur expiraturum crcdituni, ope corticis peruviani servare. » {Tfierap. s^yec,^ lib. III, chap; iv.)
(2) Durand de Lunel, loc. cif,^ p. T^.