‹ Traité des fièvres intermittentes (volume 2)Chapitre 63 sur 87 · MÉDICATION SPÉCIFIQUE · texte numérisé non relu

MÉDICATION SPÉCIFIQUE

• 1° Considérations g^énérales.

Si Tanalyse des faits répondait aux espérances que Ton a m concevoir, dans ces dernières années surtout, de déterminer d'une manière précise la cause essentielle des fièvres elluriques, s'il était prouvé : 1** d'une part, que la malaria Sftt la conséquence d'un principe visible et palpable, animé NI non, mais saisissable dans le sol lui-même; 2'' d'autre jart, que les divers accidents de l'intoxication, produite par se sol, fussent le résultat du passage dans le sang de ce même ^ncipe encore accessibleà nos moyens d'investigation, alors Kl arriverait à réaliser une des plus belles conceptions thérapeutiques en combattant par une méthode unique le germe Eébrifère à son origine dans le sol, et à son passage à travers /organisme; on confondrait en un mot, dans une seule et même médication, les indications du traitement et de la prophylaxie (1).

{J) Rien de plus logique en apparence que les déductions thérapeutiques à rer de la doctrine des partisans de germes animcts, appartenant au règne lalmal ou végétal. Je suppose, avec Tun des médecins qui ont le plus nettement isposé une doctrine de ce genre (LeDiberder, Union médicale, novembre 1869),

peut baser sur leur existence et sur leur action l*espoir d'une méthode unique de prophylaxie et de traitenaent.

Mais il y a plus ; le traitement lui-même est complexe, et une série d'indications différentes peuvent se présenter qui prouvent que, malgré leur origine sous la même influence, ces affections sont loin d'être identiques à elles-mêmes. Cette diversité a peut-être été méconnue grâce aux doctrines absolues de ceux qui, méditant longuement sur un sujet que nous n'osons qu'effleurer, la nature intime de la fièvre, ont cherché à résumer cette nature dans un dogme unique, les uns la regardant comme une inflammation, les autres comme unenévrbsthénie (Giannini), une névrose (Brachet et Rayer), une irritation cérébro spinale (Maillot), une affection du système ganglionnaire (Worms) (1), ou encore comme une altération du sang soit par le miasme (Audouard, Durand), soit par des corpuscules inanimés (mélanémie, Frerichs), ou animés (Salisbury).

Ce sont là des hypothèses qui, au point de vue doctrinaire et nosologique, méritent la plus sérieuse attention, mais qui arrivent, une fois sur le terrain de la pratique et surtout du traitement, à déguiser, sous l'apparence d'un fantôme unique, les faits que le praticien doit, avant tout analyser, décomposer pour en déduire les conclusions thérapeutiques.

Or, que nous apprennent les deux bases certaines des indications à suivre, la clinique d'une part, de l'autre, Tanatomie pathologique? c'est que la nialaria ré vêle son action chez les uns par des manifestations aiguës, transitoires, laissant à peine quelquefois une trace anatomique, phénomènes parfois si

Malgré la découverte qui aurait été faite aussi des sporules de palmelles dans les marais Pontins {Union médicale^ novembre 1869), nous croyons doue de moins en moins à leur valeur étiologique; la cause morbide est dans le soi à côté de CCS germes qui tiennent, comme la fièvre, au défaut d'une culture appropriée.

(1) Grisolle, Traité de pathologie interne^ 0* édit , t. I, p, 16C.

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