IMPORTANCE DE LA MÉDIATION SPÉCIFIQUE
quinquina, dit-il, que là où il vous prouverctson efficacité, non pas d'une manière lente el indécise, mais nettement et rapidement (d); y eût-il amélioration, si cette amélioration ne s'accomplit pas avec promptitude, ce n'est pas au quinquina que vous en êtes redevable (2). »
Cette opinion de Torti ressort avec une admirable vérité, quand nous comparons la rapidité d'action de ce médicament là oîi il est nettement indiqué, dans les affections palustres, aux incertitudes oîi nous sommes encore aujourd'hui sur son action dans tant d'autres maladies fébriles, typhiques, éruptives, contre lesquelles on Ta prodigué; combien sont problématiques, dans la plupart de ces derniers cas, les modifications dues à l'action du spécifique malgré les doses quotidiennes énormes qu'on a employées, et qui sont un témoignage de son impuissance relative sur ce terrain (3) I II ne faut donc pas transformer le remède spécifique
(1) « At cliioa china, ut pluries sum fassus, habet hoc priejudicium in existimatione mea, ut cum soleat, ubi convenit, non oiodo semper prodesse, sed cito et maui:este« eo ipso quod cito et manifeste non profuit, minime credatur a me ullo pacto profuisse. » (Torti, loc, cit., lib. V, cap. iv^ p. 318.)
(2) • Sanitas autrm, quando a cortice vere procedit, facile dignoscibilis est ex inaolita qua acquiretur celeritate ; non sic in aiiis casibus. » ^orti, loc. cit,, lib. V, cap. IV.)
(3) Dans Texcelient travail même de M. Briquet, nous voyons prolonger à doses énormes l'administration du sulfate de quinine sans résultats nulle part comparables à ceux qu'on obtient à doses bien moindres dans les affections palustres; nous y liions entre autres l'histoire d'une jeune fille prenant en 1 1 jours 43 grammes de ce sel, et n'en succombant pas moins à sa fièvre typhoïde (briquet. Traité thérapeutique du quinquina, p. 20U}. Les médecins qui ont pratiqué dans les pays à lièvres ne persisteront jamais aussi longtemps dans l'emploi d'une médication qui est inopportune ou insuffisante dès qu'elle ne produit pas d'eflet immédiat. J'emprunte à l'un de mes collègues l'expression de l'opinion générale des médecins de notre armée sur cette énorme différence d'action du sulfate de quinine, suivant qu'on l'emploie Ci'Utre les affections vulgaires ou contre les maladies dont la thérupeutique relève essentiellement de cette médication: «Lorsque le sulfate de quinine fait cesser brusquement et d'une manière évidente une maladie périodique, nous croyons qu'on peut en conclure que cette maladie était de nature mias-
des fièvres palustres en médicament antifébrile en général, également propre à toutes les pyrexies; cette manière de voir aurait comme conséquence fâcheuse d'atténuer la confiance absolue que le praticien doit placer dans le quinquina contre la fièvre tellurique, oîi son efficacité ne peut avoir pour critérium son action encore mal déterminée dans les autres maladies fébriles (1).
11 est, avons-nous dit, un abusd'un genre complètement opposé, et contre lequel nous devons tout aussi énergiquement protester; c'est l'élimination, de la thérapeutique des fièvres palustres, de toute médication autre que le quinquina, comme si à lui seul il devait, dans ces affections, suffire partout et toujours. On a trop déprécié, à notre sens, l'emploi des moyens dits accessoires, et dont quelques-uns, en certaines circonstances données, doivent être mis au premier rang, parce que dans un organisme malade, quelle que soit la spécificité de la cause, les indications les plus différentes peuvent surgir des conditions morbides créées par cette cause, et par le mode de réceptivité individuelle, qui varie tant, nous l'avons vu, suivant l'âge, la provenance, l'immunité ou les atteintes antérieures du sujet.
Bailly a eu certainement tort de placer la saignée avant le quinquina contre les affections de ce genre; il a eu tort surtout de préconiser les antîphlbgistiques même à l'égard
niatique;ct réciproquement, lorsqu'une maladie d résisté pendstit' pinsienrs Jours au suirate de quinine, convenableni(!fnt administré, san» en avoir été influencée le moins dû monde, nous croyons qu'elle reconnaît und tout autre origine. ^Cocud, des Complications que la diathèse paludéenne peut apporter aux lésions traumatiques, in Recueil des mémoires de médecine militaire, 3* série, t. XVII, i8G6,p. 6.) * *
(1) C'est ainsi que dans le livre de Moreliead nous trouvons ce sfngnlier argument contre l'emploi du sulfate de quinine dans les rémittentes palnstrn de rinde : • Le suirate de quinine ne pouvant réduire directement la fièm dans les fièvres continues, symptomatiqoes, et éruptives, pourquoi réduirait*!! les cxacerbaiions de la fièvre rémittente ? » (Moreliead, Clînical Researches^&t., p. I<7.)