‹ Traité des fièvres intermittentes (volume 2)Chapitre 74 sur 87 · G. EMPLOI IMMÉDIAT DU SULFATE DB QUININE · texte numérisé non relu

G. EMPLOI IMMÉDIAT DU SULFATE DB QUININE

Dans les cas grayes, le sulfate de quinine doit être prescrit ayant toute antre médication ; dans les rémittentes, il n*y a pas lieu à songer à rappeler d'abord les intermissions par l'emploi des saignées ou des éyacuants. — Tolérance de Testomac pour le sulfate de quinine.

Tel était notre mode habituel d'intervention, mais ces formules n'avaient rien de sacramentel pour nous, et dans nombre de circonstances il nous arrivait d'agir différemment et suivant un ordre en apparence tout opposé.

Quand par exemple nous voyions pour la première fois,

à notre contre-visite, c'est-à-dire vers 3 ou 4 heures du

soir, un malade qui, atteint de fièvre tierce ou quotidienne,

devait avoir son accès le lendemain matin, nous n'avions

plus le temps de songer à l'administration successive de

j deux médicaments, et, quelle que fût l'intensité du gastri-

i cisme à combattre, nous prescrivions d'emblée une dose

H suffisante de sulfate de quinine ; dans ces cas l'indication

était si nette, qu'il y aurait eu imprudence à ne pas la rem-

ti plir immédiatement.

Nous agissions ainsi non-seulement dans les cas de fièvre, intermittente ; mais nous appliquions la même méthode aux fièvres rémittentes lorsque les malades ne nous arri*

\aient que le soir, et qu'il fallait songer avant tout à réduire immédiatement la fièvre, et à prévenir les accidents graves qui pouvaient surgir jusqu'à notre visite du lendemain. Trop habitué à la marche de ces affections pour attendre une prétendue rémission avant d'agir, nous administrions immédiatement une dose de 8 décigrammes ou de 1 gramme de sulfate de quinine, et cela au moment où Tindividu offrait les conditions les mieux caractérisées d'expansion fébrile, la peau chaude, le pouls vibrant, la face vultueuse, les conjonctives injectées, en même temps que Tenduit blanchâtre de la langue, les nausées et parfois les vomissements semblaient inviter tout d'abord à Temploi des évacuants; malgré cette indication apparente, nous renversions notre formule habituelle, donnions tout d'abord le spécifique, et remettions au lendemain matin, comme bien moins urgente, la prescription d'un vomitif.

Nous insistons sur cette manière de faire dans les rémittentes surtout, vu leur tendance à la perniciosité ; que de malades trouvés le matin dans le coma ou l'algidité, etqfii, la veille, étaient entrés à l'hôpital à temps pour recevoir la dose de sulfate de quinine qui les eût préservés 1

Nous y insistons d'autant plus que la plupart des auteurs ont cru devoir, en raison de l'opinion qu*ils se faisaient de la constitution de la fièvre rémittente, établir que cette affection, avant d'être justiciable du sulfate de quinine, devait être préalablement ramenée à l'intermittence qui, suivant eux, en était le point de départ (1); telle était la d(Ktrine de deux éminents observateurs du siècle dernier, Pringle et Lind, qui dans les fièvres rémittentes employaient généralement soit les évacuants, soit la saignée avant d'administrer le quinquina. Tous deux insistent particulièrement sur l'influence des émissions sanguines dont lepre-

(t) Voir notre article sur hi saccesston des formes, p. isi.

FIÉVHES INTERMITTENTES ET RÉMITTENTES SIMPLES. 421

mier résultat serait de ramener à la périodicité les formes continues et rémittentes (1).

Nous ne nions nullement cette réduction du mouvement fébrile, devenant ainsi périodique de continu qu*il était, sous l'influence des émissions sanguines ; mais nous ne croyons pas à la nécessité de cette transformation préalable pour assurer Faction du sultate de quinine. Nous croyons même qu'il y a péril, au moment où l'épidémie est à son maximum, à ne pas administrer immédiatement le spécifi-* que au lieu de perdre son temps à chercher d'abord une rémission ou une kitermission absolue qui ne sont nécessaires qu'aux yeux de ceux qui, dans ce médicament, ne voient qu'un antipériodîque. Lînd lui-même n'employait les saignées qu'avec une sage réserve (2), et Pringle ne les conseille que chez les malades jeunes et robustes ; « à Alger, dit M. Maillot, on ramène assez ordinairement les affections pseudo-continues à la rémittence ou à l'intermittence parles saignées, et alors on applique à coup sûr le traitement que réclame la nature de ces maladies ainsi mises à nu. Mais, dans des localités plus voisines des marais, et sous un ciel plus chaud, ces affections ne passent plus que rarement à la rémittence (3). >» Aussi M; Maillot donnait-il d'emblée le sulfate de quinine dans toutes ces formes continues, sans attendre jamais, pour le faire, des signes de rémittence.

Telle est bien notre manière d'agir, et si l'intensité des phénomènes cérébraux et congestifs nous a parfois engagé

(1) « Les rémissions paraissent communément dès le début, surtout si le malade a été saigné à la première attaque: » (Pringle, loc. cit,, <cliap. iy, par. I.) » J*ai remarqué que la rémission vient plutôt, et est plus marquée mprès une bémorrhagie. * (Pringle, û/., ch. iv, p; 5.)

(3) « La saigq^ demande beaucoup de précaution dans les rémittentes des pays chauds, et la répétition en eiige encore davantage. » (Und, Estai^ etc., t. II, p. 3.)

(3) Maillot, /oc. cit., p. 392.

à faire immédiatement une application de sangsues à des malades atteints de fièvres rémittentes simples (1), ce n'était nullement dans la pensée de produire des intermissions favorables à l'administration du sulfate de quinine, puisque nous prescrivions simultanément celui-ci.

Dans ces cas urgents, où Ton administre le sulfate de quinine immédiatement, non-seulement sans émissions sanguines, mais sans évacuations préalables, on pourrait croire que ce médicament aggravera les symptômes d'irritation gastrique, et, par son contact, augmentera la congestion de la muqueuse gastro-intestinale. .

Le plus gros reproche adressé à M. Maillot, alors qu'il fondait la thérapeutique rationnelle des fièvres d*Âlgérie, n*a-t<il pas été d'avoir placé une substance irritante, caustique même (2), au contact d'un estomac enflammé, dont Bailly venait de constater si fréquemment l'aspect rouge et même phlegmoneux (3). Personne aujourd'hui ne croit plus aux propriétés incendiaires du sulfate de quinine ; mais ce qu'on admet très-généralement, c'est la difficulté de tolérance de ce médicament. Il est certain que, chez les malades atteints d'anémie palustre, et livrés à toutes les perversions de sensibilité des dyspeptiques, l'estomac admet parfois difficilement le sulfate de quinine. On a dit qu'à plus forte raison il y aurait une difficulté analogue dans la fièvre rémittente, où l'état nauséeux est si prononcé quand préalablement on n'a pas administré un éméto-cathartique. Malgré ces menaces d'intolérance, nous avons maintes fois

(1) Noas prescrivions ces applications de sangsues soit aux tempes, soit aux apophyses mastoides ; teUe est aussi, dans ces formes, la méthode des mtjdecins anglais aux Indes. (Morehead, /oc. ctY., p. 110.)

(2) On sait que l'application du suKate de quinine sur la peau privée de son épiderme produit une pblogose qui peut aller jusqu'à la gangrène. (Briquet, ioc. cit.^ p. 265.)

^3y Voir Bailly, hc, cit,, p. 155 et suiv.

FIÈVRES Intermittentes et rémittentes simples. 423

constaté que le sulfate de quinine était parfaitement conservé et supporté par les malades, par ceux-là môme chez lesquels nous avions vainement tenté de calmer d'abord les nausées par l'emploi de la glace, de Teau gazeuse, ou des antispasmodiques.

Parfois même, non-seulement le sulfate de quinine est toléré, mais il modifie d'une manière avantageuse l'état sa* burral qui en faisait redouter l'administration immédiate ; les nausées diminuent, la langue redevient nette, et l'on peut se demander si l'action locale du sel sur la muqueuse n'a pas été surtout la contraction spasmodiqiie des capillaires, d'où diminution de la congestion et du catarrhe.

Cette action du sulfate de quinine est d'une importance énorme ; elle est trop peu connue, bien que sa réalité repose non-seulement sur ce que nous avons vu, mais sur les faits analogues constatés par MM. Laure (1), Guinier (2), Perler (3), auxquels on peut adjoindre les remarques de Mor-

(t) « La quiniD'e est si peu irritante qu'elle fait cesser le vomissement le plus rebelle à tous les moyens; il arrive que l'estomac rejette invinciblement toute autre substance que la quinine ; et, quand celle-ci ne pusse pas, Tintoléranceest absolue. (J. Laure, loc, ciY., p. 31.)

(2) « Une chose bien remraquable, c*est la tolérance spéciale que présentent les fébricitants, lorsque le remède est bien indiqué. On dirait que cette tolérance se montre à la hauteur de la gravité du mal^ et qu'elle dépasse les bornes ordinaires. Nous avons vu des maliieureux, véritablement saturés de quinquina par la bouche, le rectum et la peau, présenter à peine les phénomènes physiologiques que des doses infiniment moindres ont coutume de produire dans l'état de santé ou même dans les cas légers. » (Guinier, Essai de pathologie et de clinique médicale^ 1866, p. 122.)

(•3) « Ces accidents (appareil fébrile intense, céphalalgie, vomissements bilieux, douleur épigastrique), d'une apparence phlegmasique qui a trompé beaucoup de médecins, cèdent au sulfate de quinine. Nous avons dû penser que noas avions souvent préparé ce résultat du sulfate de quinine par l'emploi des évacuants ; cependant, soit dans la crainte d'arriver trop tard, soit dans le désir d'être fixé sur la valeur particulière des éléments de notre traitement, il nous est arrivé souvent d'administrer l'antipériodique, sans préparation ; et le succès a été encore rapide, souvent immédiat» » (Périor, Études complémentaires^ eic,^]p, 129.)

ton (1) et de Lind (2) sur la tolérance de l'estomac pour le quinquina lui-même ; les autopsies, faites par M. Briquet, prouvent également combien est peu irritant, pour la muqueuse digestive, le contact du sulfate de quinine (3)«

Sydenham lui-même, qui certainement usait largemc»it des méthodes antipblogistique et évacuante, n*a-t-il pas conseillé de passer outre et de commencer, dans les cas urgents, par la médication spécifique, afin que l'affection ne se prolonge pas indéfiniment , et que le malade ne demeure pas sous l'imminence d'accidents pernicieux (4).

L'éther et le laudanum, associés au sulfate de quinine, en faciliteront du reste la tolérance dans la plupart des cas.

D. VALEOK DU SULFATE DE QOtlfllIE COUHE PRÉVENTIF DES RÉCIDIVES.

Le sulfate de quinioe n'agissant que contre les manifeftiaUons aiguQsetios contre leur cause, l'indicaiion en est moins formelle après la cessatioa d*uue série d'accès. Son impuissance comme préventif de rintoxicaUoo.

Lorsque les fièvres simples ont cédé à l'action des premières doses de sulfate de quinine, y a-t-il lieu de continuer d'une manière régulière l'emploi de ce médicament?

Doit-on chercher, par une prolongation suffisante du trai-

(1) «Nunqaam me pœniluîsse memioi qu6d corticem fréquenter et copiosè adliibuerim. (R. Norton, i>i Torti, loc. ctY.,liv. HI, eh. m.)

(2) J'ai souvent prescrit jusqu'à une once de quinquina même qnaod l'estomac était trèsaffaibli; jamais Je n'eu ai vu le moindre incouvéoieot, ai nausée, ni envie de vomir. {Lind, loc, cit.^t, II, p. 96.)

(3) « Sur 1 1 chicus morts après avoir pris 2 à â gramtnnaes de sulfate de quinine, 2 fois seulcm<.'nt l'estomac offrit uno teinte violacée uniforme ; cba les 9 autres, état normal de ce viscère. (Briquet, loc. et*/., p. 194.) Ancon altération de la muqueuse stomacale n'existait chez S malades- morts d'afectiens diverses pendant qu'ils prenaient du sulfate de quinine à la dose quotidienne de 2 à 4 grammes. (Id. tV/., p. 199.)

(4) « Fiet ut morbus In longissimum tempus procurrat, atque intérim ot »gri mille symptomatis, iisque periculosissimis ezponantur. » {Méd. prat.t t. I, p. 127.)

I tement, à épuiser cette tendance de l'économie à de nouvelles

I manifestations fébriles, absolument comme d'autres ont

j cherché à prévenir le retour des accidents syphilitiques en

saturant l'organisme de mercure, lors même que la maladie

n'existait plus qu'à l'état de diathèse sans symptôme exté-^

rieur ?

Sydenham avait formulé doctrinalement la méthode à suivre, non-seulement pour combattre les paro](ysmes actuels, mais pour empêcher le retour des accès au moyen de nouvelles doses de quinquina (1). Bretonneau et Trousseau ont cru devoir augmcfnter encore et le nombre et la quantité de ces doses préventives ; après avoir prescrit 1 gramme de sulfate de quinine cinq jours après le dernier accès, ils répètent cette même dose tous le^ huit jours pen* dant un mois, continuant même plus longtemps l'emploi , du spécifique dans les fièvres plus anciennes, où, après ce premier mois, ils le prescrivent encore à intervalles suc- ' cessifs de 10, 18, 20, 25 et 30 jours (2) ; et cette méthode était appliquée en France non-seulement dans certaines lo- ; calités marécageuses du bassin de la Loire, mais à Paris ^ même où les chances de rechutes sont cependant moindres. f Malgré l'autorité de ces grands praticiens, nous ne peu- ' sons pas que cette méthode doive être généralisée d'une ma-

nière absolue.

^ Au commencement de ma pratique en Algérie et en Italie^ 1 j'étais moi-même assez prodigue de sulfate de quinine ; j'en ' renouvelais habituellement l'administration pendant plu* sieurs jours après la cessation de la fièvre, et, en raison de Jjj la probabilité d'une récidive vers le 8" et le 14* jour, j'en

4 (I] Admettant, comme nons l'avons rappelé au pronostic, la r.'cidiye régala Uère de la Bèvre an 8">« on 14"« Jour suivant les types, Sydenham répétait k

ce» dates la dose Initiale du fébrifnge. (Méd, pr., t. U, cb. m.) I (i) Trousseau, Clinique médicafe de r Hôtel-Dieu, t. III, p. 440 et sui- I Tantes.

prescrivais encore au moins deux doses de S à 6 décigrammes avant la sortie du malade. Je vis que j*avais tort ; je pus constater que ces fréquentes répétitions du médicament, loin de constituer une méthode préventive certaine, n'assuraient pas davantage la guérison radicale du malade, et je constatai la réalité des observations faites à cet égard par MM. Maillot (1) et Nepple(2); plusieurs faits me portent même à croire que, donné intempestivement, le sulfate de quinine peut agir contre le but qu'on se propose, et solliciter le retour du mouvement fébrile (3); ainsi tel malade, dont je signais la sortie pour le*lendemain et dont par précaution j'avais cru devoir assurer la guérison par une de^ nière dose de sulfate de quinine, était repris de fièvre et ne pouvait quitter Thôpital. Au lieu de rendre les malades réfractai res à de nouveaux accès par la continuation du traitement, on les rend parfois réfractaires à l'action du médicar ment dont Tabus diminuera la puissance quand l'indication en sera redevenue rationnelle.

On croit faire bien en prolongeant surtout Temploi da sulfate de quinine contre les fièvres anciennes; mais, quand celles-ci sont compliquées d'un état de cachexie plus ou moins avancée, elieâ perdent souvent leur ténacité habituelle, n'apparaissent plus que de loin en loin, par groupes de deux ou trois accès, et continuer l'administration du médicament parce que la physionomie des malades révèle une imprégnation toxique plus profonde, c'est oublier que le

(1) M. Maillot u*a jamais vu les récidives moins fréquentes par Tusage pMloDgé du sulfate de quioiue {loc. cit., p. 364) .

(2) « Les rechutes ne sont point prévenues par un emploi répété deqiÙB' quina. m (Nepple, ioc, cit.y p. 158.)

(3) M. Durand, de Lunel, bien que cborchaut à préveair les retoundsli fièvre en continuant avec persévérance la médication spécifique, leoonBiil pourtant que dans nombre de cas cette médication provoquait une réctdife « contre laquelle il n*en persistait pas moins dans remploi du môme moyen, i (Durand, de Lunel, hc. cit,, p. 323.)

2 sul&te de quinine est surtout le remède des symptômes g aigus, et n'a relativement qu'une action souvent contes- ^ table sur l'état général des anciens fébricitants. j Au point de vue économique, on élèverait à un chiffre . énorme la dépense de sulfate de quinine en le prescrivant ^^ sans nécessité; contre nos fièvres simples, intermittentes ou . rémittentes, il nous suffisait en général de 2 à 4 grammes j de sulfate de quinine pour arriver à la guérison des accidents actuels ; la méthode recommandée par Trousseau nous I en eût fait dépenser certainement bien plus. La prodigalité dans l'emploi du sulfate de quinine est la cause principale du succès des médicaments qu'on a cherché à lui substituer ^ en raison de leur moindre valetir commerciale ; or, la première source d'économie du précieux fébrifuge, « c'est une dosation rationnelle ; l'exagération des doses de ce médicament s'est étendue de l'Afrique à la France. J'ai vu près- ^ crire à Paris 1 gramme de sulfate de quinine contre des états fébriles qui comportaient à peine l'emploi de ce remède. Une observation impartiale démontre que, même dans les ^ pays de marais, il est rarement nécessaire d'en élever les ^ doses au delà de 8 décigrammes à 1 gramme (1). m Aujour- ^ d*hui, en Italie, comme en Algérie, comme dans les pays y chauds (2), on est certainement revenu à une bien plus sf grande modération du nombre et de la quantité des doses

^1 (i) Michel Lévy, Discussion sur le sulfate de cinchonine {Bull, de VAca' ^ demie de médecine, 24 avrU 1860, t. XXV, p. S65).

^ (3) « Après la cessation des accès et des accidents immédiats qu'ils déter*

acinent, conyien(-il de donner encore le sulfate de quinine et pendant combien

^f ^ tempi? Les règles tracées par Sydenham et par Bretonneau, sur ce point,

MOfiennent dans les pays tempérés, mais ne sont pat toujours applicables

^1 4aiift laione torride, où la fréquente nécessité d'élererla dose des prises ne

puriïint pnn de les répéter pendant un temps prolongé. La méthode de Torti«

^^ celle de Nepple, celle de M. Maillot, d*après laquelle on ne continue qu'un*

jjl mt deux leurs à dose décroissante après le dernier accès, sont généralement

j^ Mivies, cette dernière surtout. En règle, il ne faut pas prolonger inutilement

T|) l'oMge du médicament pour ne pas en épuiser la vertu, et y revenir plutôt

prescrites; on attend que Tindicâtion en surgisse, et heureusement dans le grand nombre de cas, la rechute est précédée de symptômes auxquels le malade lui-môme ne se trompera pas ; il se manifeste du malaise, de la céphalalgie, de l'anorexie, de l'agitation nocturne ; on peut alors et Ion doit même recourir au sulfate de quinine ; ici TindicatioD est formelle, et bien des accès, simples ou pernicieux, seront ainsi conjurés. Mais en toute autre circonstance, une fois la fièvre suspendue, ce n'est pas au sulfate de quinine qu'il faut recourir, c'est, comme le faisait Sydenhami, comme le conseillent Trousâeau et Pidoux, au quinquina lui-même qui n'a pas l'inconvénient de la rappeler, et qui, s'il n'agit pas comme préventif absold, satisfait si bien, par son action tonique, à la première indication qui ôe présente chez ceux dont la fièvre vient d'abattre les forces \ives (1).

Je l'administrais à la dose quotidienne de 2 ou 4 grammes d'extrait pendant la première semaine de la cbnvalescence, remplaçant ensuite cette formule, par l'usage du vin de quinquina (2).

On n'a pas à redouter de familiariser l'organisme avec

ayant le retour présumé des accès ; une seule dose suffit ordinairement oootie ces retours. » (ûutroulau, /oc. ctï.^p. 24&.)

Pfeufer annonce avoir obtenu 34 fois la guérison au moyen d'one seale dosé initiale de cinquante centigrammes de sulfate de quinine [neue medi" cinische Zeitung) ; ce fait n*a rien qui nous étonne, et prouTe une fois de plus combien, dans les climats tempérés aussi, on a parfois tort de cootinoer la médication en pure perte, alors qu'il ny aurait eo ^ le plus 'SOoyenitaacaDe récidiTe. j..

(1) rorget recommande également de reTvnir an quinquina 4è» qo'oo aolh tenu le premier résultat demandé au sulfate de quioiiie {BmUeHa gén^ et thérapeutique ^\dA%), Si l'on se rappelle que, d'après Trousseau et Pidoax(^. cit. , t. li, p. 607), la dose curative de quinquina coûte quatre fois meiu dier que celle de salfate de quinine, on aura «ne raison de plus de suivre la me* thode que nous recommandons. ■■■,-■. ,

(2) Ce vin dangereux, cette composition si barbare, suivant Bail^y- qui i«* doutait son action sur les lésions de Testomac produites par' la fièvre [loc. cit,j p. 423), était bien peu redouté de Sydenbam qui le donnait en pleio a^

le quinquina, tandis que plus on administrera le sulfate de quinine, plus il pourra perdre sa puissance par Thabitude du malade ; et peut-être y a-t-il dès lors un nouveau danger a le prodiguer sans nécessité ; le retrouvera-t-on aussi efficace Chez ce môme malade le jour où il faudra compter sur toute l'énergie du remède pour conjurer des accidents redoutables?

On sait qu'on a même cherché à prévenir l'explosion de la fièvre chez des personnes indemnes ou non d'accès antérieurs, en leur faisant prendre régulièrement, soit du quinquina, soit du sulfate de quinine (1).

Mais, en général, on a reconnu que ^es médications prê-

tés : « Neqne enim mihi unquàin contigit, ut viderem viniim in quo prop!aatur cortex (quod jure quis possit suàpicari), febricitanti obfuisse. » (Sydenbam^ Méd. pr,)

(1) Le quinquina aurait été donné avec avantage aux troupes anglaises des Indes, dans un but préservatif (Lind, loc. cit., t, I, p. 165, note de Thion de la Chaume) ; ce médicament est en effet un excellent tonique, et de plus dans une armée où il se commet autant d'excès alcooliques que dans l'armée des Indes, la boisson faite pour la troupe avec le quinquina avait l'avantage •d'en écarter d'autres : mais on constatait que, dans ces conditions, le quinquina semblait borner son action préventive aux affections gastriques et bilieuses, et non aux fièvres ; même observation faite en Espagne par M. Valéry Meunier qui, malgré des distributions quotidiennes de vin de quin- •quina, voit la fièvre frapper les cinq sixièmes du personnel travaillant au «hemin de fer {loc. cii,^ p. 36).

Quant au sulfate de quinine, Morehead rapporte {loc. cit,^ p. 149), qu'en 1858, 3 régiments, en marche dans les jongles de l'Inde, prirent ce médica- «nent à titre préventif (2 grains par homme et chaque 2 jours) du 27 novembre 4ia 6 décembre; aucun ne fui atteint de la fièvre; mais on ne peut malheureusement tirer de ce fait aucune conclusion, vu que la mauvaise saison était jdors passée, et que d'autres corps de troupes, auxquels on n'avait pas distribué de sulfate de quinine, partagèrent la même immunité. {Çlinical /tesearches, p. 149.)

Griesinger rapporte des faits analogues, et tout aussi négatifs {ioc. cit., p. 74.)

Ce qui semble indiquer qu'il n'y a pas lieu de compter sur l'efficacité de «es mesures, ce sont les accidents fébriles constatés parmi les ouvriers des fabriques de sulfate de quinine, à Francrort en particulier {Kinafieber)^ et en

malade ; comme l'a établi M. Laveran (I), le sulfate de quinine ne doit être donné qu'à l'hôpital, Timminence ou la réapparition de la fièvre justifient seules l'opportunité de son administration.

Chez ces malades profondément débilités^ Testomac devient parfois très-irritable, au point de rendre pénible ou même impossible l'ingestion du sulfate de quinine; il n'en est le plus souvent ainsi qu'en raison de l'habitude où Ton est de donner ce médicament à jeun ; or, chez les anciens fiévreux, l'administration à jeun n'a aucune raison d'être ; il y a moins à craindre les accidents pernicieux, et la durée de l'apyrétie ne nécessite pas l'absorption immédiate du spécifique; la meilleijire méthode est donc de le donner au moment du repas, et en particulier mélangé à quelques cuillerées de potage, de façon à ce qu'il n'arrive dans l'estomac qu'englobé dans une certaine quantité d'aliments (2).

On voit, en résumé, que c'est toujours contre le retour des accès et au moment présumé de ce retour que nous engageons à recourir au sulfate de quinine; nous regarderions comme fâcheuse l'introduction, dans les pays àfièvres, de la méthode préconisée à Paris par M. Piorry qui, prenant pour base de sa médication le volume de la rate, administre des doses quotidiennes de sulfate de quinine d'autant plus considérables que cet organe est plus âévelof^é (3);

(1) Laveran, Gazette médicale^ 1856.

(2) Conseillée d'abord par Meauret en 1765 poar radministration do quinquina, cette méthode se prête admirablement bien à celle du sulfate de quinine, et a été spécialement signalée par M. Périer (/oc. cit., p. 134).

(3) M. Piorry a même publié un tableau {loc, cit.^ t. VI, p. 139) où il gradue les doses quotidiennes de sulfate de quinine d'après la grosseur de la rate, au point qu'on peut arriver & en prescrire 3 grammes par Jour! Mieox vaudrait alors donner la strychnine qui diminue plus vite eocore le volone de la rate que le sulfate de quinine?

Si, comparativement, M. Piorry avait épargné à qaelqoes-ans de ces malades de semblables doses de fébrifuge, il aurait égaleibent vn dans bon

FlËVilES PfiaNICÏEUSES. . 433

ce développement est une conséquence de Tintoxication palustre, nous Tavons établi nous-môme, mais ce n'est pas de lui que dépend la manifestation fébrile, comme le prouvent ces malheureux cachectiques dont la rate est énorme, et qui sont quelquefois des années sans éi»x)uver d'accès ; lorsque des paroxysmes se manifestent alors, ils sont parfois telle^ ment erratiques, isolés les uns des autres, que Ton ne peut, d'après les essais thérapeutiques faits en semblables circonstances, juger de la valeur d'un médicament quelconque; nous l'avons dit déjà^ ce n'est pas d'après leur action contre les fièvres invétérées que l'on doit conclure à l'influence fébrifuge des divers agents employés ; c'est bien plutôt d 'après les modifications qu'ils produisent dans l'évolution des fièvres encore récentes, et soumises, dans leurs décours, à une certaine régularité, dont nous avons indiqué les phases principales (1).

Bailly a indiqué avec quelle facilité disparaissaient souvent les accès chez les malades arrivés au demie/ degré de la cachexie (2).

d^ FlèTres peralelevaca.

A< ill^DICATION SPÉCIFIQUE.

Dans ces affections, radroinist ration du salfate de quinine doit être imn&édiate, quels que soient les symptômes. — On ne doit pas même être retenu par les liésic&tîons du diagnostic. — Huit à douze grammes de sulfate de quinine suffisent en générai au traitement^ d'une pernicieuse comitée. — Méthode hypodermique.

Mortpnet Torti ont célébré avec enthousiasme la toute-

nombre de cas la rate diminuer plus ou moins après la cessation de la fièvre. Ce fait n'a pas échappé à Valleix qui critique aiec raison cet énormes quantités de salfate de quinine administrées par MM. Piorry et Baliy {Guùle du médecm praticien, i, I, p. 945). L'engorgement de la rate est si peu la cause de la fiëvre, que souvent il persiste longtemps après la cessation des accès, ou débute quand la fièvre a disparu.

(1) Voir Sttceesnon des forma ^ p. 143.

<î) Voir p. 294. •

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