INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LE TYPE DE LA FIÈVRE
L’influence de la température se traduit tout d’abord par la distribution géographique de ces diverses formes, d’autant plus continues qu’on les observe plus près de l’équateur, d’autant plus intermittentes qu’on les observe plus près de leurs limites septentrionales.
(1) Boudin, lac. cit., p. 131 .
(2) Boudin, ici., p. |23.
SYMPTOMES
C’est là un fait mis aujourd’hui hors de doute par des observations recueillies sur toute la surface du globe.
On sait en effet que, dans le centre de notre Europe, le type tierce est le plus fréquent ; ainsi, à Tübingen, Griesinger a vu 268 tierces pour 122 quotidiennes, et la plupart des observateurs allemands ont constaté des proportions analogues (1); aussi dans ces régions a-t-on voulu parfois établir que la tierce était le type originel, le premier rhythme de la fièvre intermittente (2). A mesure qu’on descend vers le sud, on observe non-seulement l’augmentation des quotidiennes, mais l’augmentation aussi des rémittentes ; ainsi, dans la Bresse, Nepple (3) constate déjà plus de quotidiennes (198) que de tierces (115), et rapporte un grand nombre d’observations de fièvres rémittentes et même continues. Cette transition s’accentue plus encore en Algérie, où les types rémittents prennent une fréquence plus considérable (4), en même temps que parmi les fièvres périodiques domine celle dont les accès sont le plus rapprochés, la quotidienne (5); enfin, sous les tropiques , les intermittentes de tous types, même les
(1) Griesinger, loc. cit., p. 27.
(2) Pendant longtemps, d’excellents observateurs, Senac, Fernel, Morton ont même contesté le rhythme quotidien, donnant à ce type le-nom de double tierce; c’est à ce titre que Fernel a pu dire : « Omnium quidem febrium rarissima est quotidiana, quæ vis ex sexcentis una contingit. » (Feruelii Pathol., lib. IV, cap. xn.)
(3) Nepple, Traité sur les fièvres rémittentes et intermittentes , leurs symptômes et leur traitement. Paris, 1839.
(4) Ainsi, d’après la statistique médicale de l’armée, nos hôpitaux militaires
10,790 fièvres intermittentes.
2,090 fièvres rémittentes.
d’Algérie ont reçu en 18G3
en 1864
en 1865
fièvres intermittentes.
2,228 fièvres rémittentes.
15,080 fièvres intermittentes, fièvres rémittentes.
(5) Voir Durand de Lunel, Traité dogmatique et pratique des fièvres intermittentes., p. 17 et suivantes.
quotidiennes , sont rares relativement aux types continus.
La répartition du type quarte est une confirmation de cette loi ; commune dans le nord de l’Allemagne, où elle représente jusqu’à. 15 et 20 pour 100 des fièvres intermittentes (1), plus rare à Vienne et dans la Bresse, ne figurant plus en Algérie que dans la faible proportion de 0,5 pour cent (ou des fièvres périodiques (2), la fièvre quarte semble ne plus être représentée que très-accidentellement dans les climats chauds (3).
Le tableau III complétera la démonstration de cette répartition des fièvres suivant leurs types. Il consiste dans le rapprochement de trois statistiques, établies à des latitudes très-différentes, et où l’on voit admirablement ressortir cette loi de distribution géographique.
(1) Griesinger, loc. cil., p. 17.
(2) Nous établissons ce chiffre d’après les documents suivants empruntés à- M. Durand, de Lunel :
« Antonini et Monard frères ont reconnu, à Alger, sur 776 cas : 599 quoo tidiennes, 171 tierces et 6 quartes.
u M. Maillot voit, Bône, en 13 mois, sur 2,338 cas : 1,582 quotidiennes, U 730 tierces et 26 quartes.
« M. Finot, à Blidah, reconnaît, sur 4,849 cas : 2,984 quotidiennes, 1,206 « tierces, 21 quartes, et 614 rémittentes.
« Casimir Broussais, à Alger, observe sur 689 cas : 413 quotidiennes,
« 259 tierces, et 17 quartes.
« Enfin sur 625 cas que j’ai moi-môme observés à Ténès, j’ai reconnu : « 4 1 8 quotidiennes, 201 tierces, et 6 quartes. » (Durand, de Lunel, Traité dogmatique et pratique des fièvres intermittentes. Paris, 1862, p. 17 et 18 )
(3) A Bombay, Morehead n’a pas rencontré un seul cas de fièvre quarte sur 213 indigènes traités pour fièvres A la Clinique; dans l’hôpital européen de cette même ville, il n’en a vu qu’un nombre très-minime sur 1341 fiévreux.
( Clinical Researches on diseases in India. 1860, p. 17.) De môme, dans l’Amérique centrale, parmi les intermittentes, la quotidienne est de beaucoup la plus fréquente, la tierce est très-rare, et à peine a-t-on occasion d’observer la quarte. (Frantzius, des Fièvres observées à San-José de Costa-Rica, in Virchow' s Archiv., mai 1868.)
SYMPTOMES