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CONDITIONS DE LIEU, DE TEMPS, ETC

§ 2. — Valeurs «les conditions de lieu, de temps, de fréquence relative.

Il faut d’abord ne pas oublier que les fièvres pernicieuses ne se développent habituellement que dans certaines conditions assez bien déterminées :

1° Conditions de lieu, assez précises pour que, dans une même ville comme Rome, la provenance de telle ou telle caserne soit un argument d’une haute valeur pour ou contre le diagnostic fièvre pernicieuse.

2° Conditions de temps, tellement nettes aussi que, dans les pays insalubres eux-mêmes, comme la Campagne r omaine,* comme certains postes de l’Algérie, comme la Bresse, une fièvre pernicieuse est une chose rare dans les six premiers mois de l’année ; tandis qu’au contraire toutes les fièvres graves des six mois suivants seront, au moins pour l’immense majorité, d’origine tellurique. On comprend que sous l’équateur la permanence des conditions d’infection supprime ces périodes d’intervalle entre les saisons à fièvres, et que dans ces climats toute maladie grave aura grande chance de relever du sol, car on connaît « l’extrême rareté de certaines fièvres continues, et de la plupart des phlegmasies locales dans le règne pathologique des régions torrides (1). » En revanche, nous comprendrons avec quelle hésitation nous devrons admettre le diagnostic fièvre pernicieuse quand il est appliqué, comme nous le voyons souvent à Paris, à n’importe quelle époque de l’année.

3° Conditions de fréquence relative aux autres manifestations de la malaria ; nous avons dit que, dans la zone méditerranéenne, il y avait en moyenne une fièvre pernicieuse pour vingt-cinq ou trente fièvres simples, que cette proportion ne devenait plus forte que dans les pays où les condi-

(i; Dutroulan, loc. cit., p, ?35.

DIAGNOSTIC

tions d’intoxication étaient plus énergiques ; pour croire à un accès pernicieux, il faut donc, d’une manière presque absolue, que cet accès coïncide avec un grand nombre d’accès bénins, condition encore trop fréquemment oubliée par ceux qui dans nos climats du Nord voient si facilement des fièvres pernicieuses (1).

La fréquence des fièvres simples constitue le fond d’une véritable constitution médicale, nécessaire au développement des fièvres pernicieuses, comme au choléra semble indispensable une constitution bilieuse marquée par le nombre des affections gastro-instestinales.

§ 3. — Valeur île la forme clinique.

Il faut se rappeler aussi que les fièvres pernicieuses sont soumises à des formes cliniques parfaitement déterminées; le cadre de Torti lui a suffi, ainsi qu’à MM. Maillot, Haspel, Nepple, et à la plupart des observateurs qui ont pratiqué dans les régions où l’intoxication tellurique est incontestable; en général, la tendance à faire entrer dans le cadre des pernicieuses les phénomènes insolites les plus variés et les plus bizarres vient de ceux qui ont observé ailleurs, là où n’existaient pas, et pour cause, les types établis par l 'illustre clinicien de Modène (2). N’est-ce pas pour avoir tenu peu de

(1) Griesinger a dit avec raison : « Le diagnostic de la fièvre intermittente pernicieuse repose essentiellement sur le fait d’une endémie ou d’une épidémie coexistente. » ( Loc . cit., p. 68.)

(2 j Tel, par exemple, Alibert, dont les auteurs du Compendium ont pu dire, avec beaucoup de sévérité, il est vrai, mais non sans raison: « Ce que le livre d’Alibert renferme de bon est entièrement copié dans Torti; ce qui est mauvais appartient à l’auteur. »

Ne voyons-nous pas actuellement Piorryqui, n’ayant pas observé les formes les plus incontestables de la perniciosité, les algides, les soporeuses, en révoque en doute l’existence, pour citer comme fièvres pernicieuses les attaques épileptiformes d’un saturnin et plus loin un cas de tétanos, alors que ces deux formes de convulsions sont si rares comme phénomènes pernicieux dans les pays à fièvres. (Piorry, Médecine pratique, t. VI, p. 66, 68, S4.)

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