L. Coun, Fièvres
PRONOSTIC ET MORTALITÉ
La cachexie palustre n’a malheureusement pas le privilège qu’on a voulu lui reconnaître d’opposer un antagonisme certain à différentes maladies ; elle n’entrave ni l’explosion ni le développement de la phthisie pulmonaire (1), et nous avons perdu des cachectiques dont la rate était elle-même farcie de tubercules.
Elle n’empêche pas, comme nous l’avons démontré plus haut, le développement de la fièvre typhoïde.
Elle ne s’oppose pas aux atteintes du typhus qui s’y associe fréquemment, comme on l’a observé en Crimée, comme M. Léon Coindet l’a constaté au Mexique (2), comme nous en avons eu la triste preuve dans les ravages du typhus en Algérie.
Quant au choléra, Hæser a établi l’existence d’un certain rapport entre les apparitions pandémiques du fléau indien, et l’accroissement du nombre des fièvres intermittentes (3); la mortalité énorme du choléra en Algérie prouve combien l’anémie palustre en favorise les atteintes et en augmente la gravité.
(1) Parmi les preuves du non-antagonisme rassemblées par Hirsch (Handbucli, etc., t. II, Organkrankheiten) mentionnons les observations des médecins hollandais établissant la fréquence simultanée des deux affections ; ainsi Becker, médecin en chef de l’armée hollandaise, constate (1842-14) 96 morts par phthisie sur 212 décès, près du tiers par conséquent, dans une armée qui présent plus de fièvres qu’aucune autre armée d’Europe! Forget avait également prouvé qu’à sa clinique de Strasbourg, où la malaria envoyait tant de malades, le tiers des décès était dû à la phthisie.
(2) Léon Coindet, Le Mexique, t. II, p. 25S.
(3) Hæser, Lehrbuch der Geschichte, etc., voir notamment les paragraphes 137, 158, 189.