‹ Traité des fièvres intermittentesChapitre 70 sur 97 · B. FOIE · texte numérisé non relu

B. FOIE

Le foie, dans la cachexie, présente des altérations analogues à celles de la rate ; ce qui domine encore ici, c’est l’hypertrophie avec induration ; cette hypertrophie ressemble beaucoup en général à celle qui accompagne les maladies du cœur ; elle a lieu en tous sens, la forme génc-

|J.) Voir E. Collin, Mémoire cite', p. 70.

(2) James Raynnld Martin, loc. cit., p. 285.

(3) Barthélemy Benoît, Archives de médecine navale, t. IV, p. 390.

raie de l’organe n’est pas altérée, la capsule est fortement tendue ; la glande est finement granulée, plus dure et plus tenace que d’habitude ; le poids s’élève fréquemment à 2500 et 3000 grammes.

Malgré le développement considérable du tissu conjonctif, il est rare que cette altération du foie conduise plus tard à la cirrhose qui, en somme, est rare chez les anciens fiévreux (1).

L’organe est généralement décoloré, et cette décoloration commence par des îlots arrondis, où l’on constate l’infiltration, et même la distension graisseuse des cellules. Ces îlots sont rendus souvent très-apparents par les stries pigmentaires, vestiges d’anciennes congestions des veines interlobulaires, qui, entourant la circonférence de ces noyaux blanchâtres, donnent à la coupe du foie un aspect de noix muscade que nous n’avons jamais vu aussi net dans aucune autre affection ; parfois la pigmentation domine davantage, et l’on a le foie bronzé olivâtre décrit par Stewardson et par Haspel (2) ; ou bien, au contraire, c’est la dégénérescence graisseuse qui se généralise, et le foie est uniformément blanc jaunâtre comme celui des phthisiques.

J’ai eu deux occasions d’observer la dégénérescence cérumineuse du foie chez des sujets dont l’intoxication avait été contractée en Algérie ; un de ces foies était énorme, pesant près de 3000 grammes ; tous deux semblaient exsangues, brillants à la coupe ; dans l’un et l’autre cas, il y avait eu des hémorrhagies intestinales, indice d’un obstacle au cours du sang dans les radicules de la veine porte.

(1) Je n’ai pas eu à Rome un seulcas de cirrhose dans mon service; niais, par une singulière coïncidence, j’ai perdu depuis mou retour deux militaires atteints de cirrhose, et qui tous deux avaient appartenu au corps d’occupation de Rome; l’un d’eux seulement avait eu les fièvres en Italie: mais, chez lui comme chez l’autre, l’affection semblait avoir pour cause principale des excès alcooliques.

(2} Ilaspel, /oc. cit., t. II, p. 230.

A NATO MI E PATHOLOGIQUE

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