L. Colin, Fièvres
TRAITEMENT
peut être remplie qu’en donnant l’ipéca à la fin du paroxysme, et le sulfate de quinine S ou 6 heures après ; malgré son apparence de précipitation, cette méthode est parfaitement applicable et rationnelle ; l’estomac supporte facilement le sulfate de quinine quelques heures après l’action du vomitif, et l’on arrive ainsi à avoir administré le spécifique 10 à 12 heures au moins avant le retour présumé de l’accès (1).
Dans les continues et rémittentes, où en général nous n’attendions pour agir aucun mouvement de déclin ni de rémission, nous donnions le matin la potion vomitive, et le soir faisions prendre sous nos yeux la solution de sulfate de quinine.
Pour toutes ces formes, notre dose initiale était de S à 8 décigrammes, suivant l’état du malade, et surtout suivant les dapgers de la saison ; en juillet et en août nous donnions rarement moins de 8 décigrammes (2).
Ces doses étaient renouvelées le lendemain et le surlendemain, chez les malades atteints de fièvres quotidiennes et rémittentes ; contre les types tierce et quarte, nous les renouvelions en général aussi deux ou trois fois, mais à intervalle plus considérable, le médicament étant administré la veille du retour des paroxysmes.
Le sel était donné en solution acidulée, suivant la formule adoptée dans les hôpitaux militaires ; et quand cette
(1) Les accès fébriles quotidiens revenant ordinairement dans la matinée, nous prescrivions souvent au malade entrant un vomitif à prendre à la fin de son paroxysme, c’est-à-dire dans les premières heures de l’après-midi ; et le même jour dans la soirée le sulfate de quinine pouvait être administré à temps contre l’accès du lendemain.
(2) D’après les recherches de M. Briquet, cette dose de huit décigrammes nous semble devoir être la dose normale, pour ainsi dire, à emplojer chez les adultes contre les fièvres graves; elle n’est pas trop forte pour être donnée en une seule fois; elle l’est assez pour être absorbée vite, et agir quand même elle ne serait administrée que de G à 12 heures avant le paroxysme (voir aussi Trousseau et Pidoux, Traité, etc.).
solution avait été prise sous nos yeux, nous quittions le malade avec moins de préoccupation que si nous lui avions laissé une potion à prendre par doses fractionnées ; une série de petites doses agit moins vite, conjure moins sûrement l’apparition d’accès pernicieux ; parfois même le dégoût qu’en éprouve bientôt le malade, la négligence ou l’insuffisance du nombre des infirmiers pendant que les hôpitaux sont remplis, compromettent l’exécution de la prescription médicale.