‹ Traité des fièvres intermittentesChapitre 94 sur 97 · SIC · texte numérisé non relu

SIC

même que, grâce à l’établissement de foyers allumés qu’on déplaçait à mesure de la marche des travaux, on a pu arriver, sans grand péril, à l’assainissement d’une grande surface marécageuse en Tunisie (1).

On a prétendu que l’habitude, assez commune chez les anciens, des onctions huileuses , constituait pour eux un véritable moyen préservatif contre l’action de la malaria ; nous ne pensons pas que la surface cutanée se prête en rien à l’absorption du miasme ; mais nous avons vu combien chez l’individu prédisposé, chez celui qui une première fois a été atteint, le moindre refroidissement pouvait être dangereux comme cause occasionnelle d’une rechute ; aussi recommandons-nous, comme l’ont fait Brocchi (2), Folchi (3), l’usage des vêtements de laine, et en particulier de la flanelle à ceux qui sont obligés de traverser des pays fiévreux.

Comme l’a prouvé Nepple (4), comme le prouvent chaque jour par leur immunité relative les riches propriétaires de ces régions insalubres, l’observation de ces règles hygiéniques est presque une sauvegarde contre la malaria des climats tempérés ; mais ces règles ne comportent pas seulement les précautions à prendre pour éviter autant que possible tout contact de l’économie avec le miasme, elles comprennent aussi tous les moyens d’augmenter la résistance de l’organisme, de diminuer la réceptivité individuelle, moyens qui sont basés surtout sur le régime alimentaire à suivre.

Petronio résume, à cet égard, ses conseils au nouveau venu à Rome, dans la formule suivante : Victu temii ac rcfrigeranti utaiur (S). Il est certain qu’en Afrique, comme

(1) Ramol, loc. cit . , p. 207.

(2) Voir Étiologie, p. C9.

(3) Folclii, Exercitatio paikoloyicu.

(i) Nepple, loc. cit. , p. 207.

(5) Petronio, De victu Romanorum, cic.

aux Indes, l’expérience a démontré qu’une grande sobriété préserve souvent de la fièvre, et surtout des rechutes ; mais cette sobriété est celle de la classe assez heureuse pour pouvoir se l'imposer sans privations ; aussi a-t-on reconnu partout qu’une certaine aisance est la meilleure condition pour résister à ces causes morbifiques, dont la misère seconde au contraire l’influence : « l’infection palustre est rare, dit M. Duboué, très-rare dans la classe aisée. Les huit dixièmes des cas d’impaludisme que j’ai observés, je les ai vus dans la classe peu aisée ou misérable, et les quelques exemples que j’ai notés parmi les gens riches s’expliquent presque toujours par des imprudences hygiéniques, etc. (1). »

Si, dans des pays, plus dangereux que celui où pratique cet auteur, la fortune ou l’aisance ne suffisent plus à assurer la résistance individuelle contre l’action du sol, les faits prouvent cependant combien diffèrent les prédispositions du riche et du pauvre, de l’officier et du soldat.

Rien n’est plus dangereux que de traverser à jeun une plaine marécageuse; les distributions de café, d’eau-de-vie, de rhum, conseillées par nos prédécesseurs en Algérie, par Nepple dans la Bresse, par Coutanceau à Bordeaux (2), ont eu certainement les meilleurs résultats, .et ont contribué pour leur part à améliorer l’état sanitaire de notre armée d’Afrique.

Il faut que l’organisme n’ait subi aucune débilitation antérieure; nous avons mentionné la prédisposition des in-

(1) Duboué (de Pau) île l’Impaludisme , p. 112.

(2) « Los ouvriers, travaillant au canal do dégorgement des marais de la Chartreuse, prenaient de l.’eau-de-vie plusieurs fois par jour; ils ont été peu atteints. (Coutanceau, loc. cit., p. 9. ) Il faut noter cependant, pour ne pas s’exagérer à propos de ce fait la valeur de ce moyen prophylactique, quasans doute ces ouvriers rentraient chaque jour en ville à leur domicile ; et nous ne sommes pas étonnés qu’ils aient moins souffert de leurs travaux que les habitants voisins des marais ne souffraient des exhalaisons nocturnes. M. Burdel fait également ressortir l’influence considérable de l’alimentation. (Loc. ct/.,p. 171.)

PROPHYLAXIE

dividus affaiblis par des saignées, des hémorrhagies, par toutes les affections qui retentissent sur la nutrition et le système nerveux; c’est à ce titre surtout qu’est redoutable l’influence de la chaleur, et surtout de l’action directe des rayons solaires ; les phénomènes gastro-bilieux qui en résultent placent immédiatement sous l’imminence des atteintes du miasme, et l’on ne saurait trop insister sur la nécessité de se prémunir, pendant la journée, contre l’influence de la température, et d’adopter, comme le font nos soldats dans les pays chauds, un système de coiffure- qui protège spécialement la tête.

2° Étrangers venant dans les pays fiévreux.

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