OBSERVATION XXVI
Fièvre intermittente avec irritation gastro - hépa^ thique (i).
((Girard, âgé de trente- six ans, tisseur dans la manufacture de draps de , d'un tempérament robuste,
bilieux-sanguin, était tourmenté depuis deux mois par une fièvre tantôt tierce,, tantôt quotidienne, caractérisée par des frissons avec tremblement , des nausées , des vomissemens bilieux réitérés, avec cardialgie, puis par une chaleur ardente, une céphalalgie frontale extrême , une soif inextinguible , et au déclin par des sueurs copieuses,
Le malade n'avait pas suivi de régime 5 il s'était traité lui-même , au moyen de médicamens très stimuîans, qui avaient supprimé les accès pendant quelques jours , mais avaient laissé subsister l'anorexie et les symptômes de gastro-hépatite. Enfin il entre à l'hôpital avec des accès à type tierce, tels que je viens de les décrire succinctement,* mais pendant l'apyrexie j'observai, déplus, sécheresse de la bouche et du pharynx , amertume du goût , ictère de la sclérotique et du pourtour des lèvres, une grande sensibilité de l'épigastre et de la région de la rate à la pression : cet organe est tuméfié et douloureux : le malade conserve un peu d'appétit ; mais la digestion est très-pénible : insomnie. (Un grain d'opium
(0 P. F. Nepple, Ouvr. cit., p, 48.
avant l'accès $ pommade stibiée du docteur Peysson.) Le quatrième jour les accès manquent , mais tous les symptômes gastriques persistent.
Sixième jour, {Quinze sangsues sur la région splénoépigastrique remplacées par des cataplasmes émoiliens, limonade, diète , lavement.) Cette médication fut promplement suivie de la disparition de la douleur et du dégorgement de la rate et de l'estomac \ mais le dégoût, l'amertume de la bouche , enfin tous les symptômes de l'embarras bilieux ou gastrique se prononcèrent davantage et sans fièvre, mais avec des sueurs nocturnes.
Huitième jour. [Un grain d'emétique dans une tasse de bouillon aux herbes.) Vomissemens copieux, verdâtrcs et félidés. Le malade éprouve sur-le-champ un bienêtre qui lui était inconnu depuis l'invasion de la maladie; il peut se livrer au sommeil; cependant le lendemain un léger accès reparait.
Neuvième jour. Apyrexie. [Deux gros de poudre de quinquina en lavement. )Y$è\<dç\i<m% abondantes avec coliques et soif.
Dixième jour. Nouvel accès.
Onzième jour. (Un grain d'opium quelques heures avant l 'accès ; friction à la méthode de M. Peysson.)
Quatorzième jour. Convalescence. Les organes gastriques conservent long-temps une grande irritabilité; quelques accès reparaissent, lorsque Girard se laisse aller à un écart de régime, ou se livre à un travail fatigant. Outre la fièvre intermittente , il est évident que Girard était affecté d'une gastrite, d'une irritation du foie, avec altération de la sécrétion biliaire et reflux de la
DES FIEVKES INTERMITTENTES. 133
bile dans l'estomac, et, de plus, d'un engorgement douloureux de la rate. Il n'y a pas de doute que cette lésion des organes digestifs n'ait favorisé le retour des accès de fièvre , mais il est certain aussi qu'elle ne la constitue pas. »