OBSERVATION XXV
Fièvre intermittente inflammatoire (i).
«Madrat, âgé de trente-huit ans, d'une taille gigantesqus, journalier, résidant à Montluel, était affecté d'une bronchite qui ne l'empêchait point de se rendre tous les matins dans une grange voisine pour y battre le blé. Le Ier de septembre, l'air était embrasé et d\'un calme étouffant , les eaux d'une mare attenant à la cour répandant une odeur infecte, tous les batteurs ressentirent des maux de tète plus ou moins vioîens ; Madrat , surtout, qui, de plus, éprouva à la fin de la journée des frissons avec brisement des membres inférieurs^ et pendant la nuit , une chaleur excessive jointe à une toux fréquente, douloureuse, et à une gêne de la respiration. Le lendemain matin , ces symptômes existant encore dans toute leur force , je tire au malade une livre de sang de la veine du bras /et je le mets à l'usage d'une boisson délayante 5 bientôt après, sueur copieuse suivie
(i) P. F. INepple, Ouvr. cit., p. 55.
d'une apyrexie complète qui se prolonge pendant deux jours. Madrat se croit guéri ; il mange avec appétit, ses forces sont presque intactes.
Le quatrième jour, à midi, légers frissons dans le dos pendant trois quarts d'heure , puis chaleur progressive qui devient extrême , grande gène à respirer, toux fréquente avec douleur dans le côté droit , expectoration muqueuse,, parsemée de stries sanguinolentes, soif vive, langue sèche, effilée, sans mauvais goût ; ventre souple, nullement douloureux , tête brûlante, céphalalgie intense, face rouge, yeux îarmoyans., rouges, sensibles à la lumière. Ces symptômes se soutiennent au même degré jusqu'au lendemain matin; la sueur parait alors en grande abondance, mais la rémission est de courte durée. Un nouveau paroxysme survient à midi, la peau redevient sèche et le pouls plein et dur : une fièvre continue avec pneumonie voudrait s'établir. ( A sept heures du soir, saignée (Tune livre; le sang se couvre promptement d'une couenne blanche , épaisse et très dense.) A dix heures la fièvre diminue avec les symptômes de phlegmasie ; le malade s'endort et sue copieusement.
Le lendemain, sixième jour, le mouvement fébrile est modéré, la toux moindre, la dyspnée et le point douloureux, ont disparu j il n'y a ni soif ni céphalalgie. (Lavement émollient, tisane idem.) Dans la nuit on administre trois gros de poudre de quinquina en lavement , et au jour on réitère cette dose : convalescence et guérison complète en peu de jours. »