OBSERVATION XXVIII
Fièvre intermittente muqueuse (i).
«Le fils de Me Del..,, âgé de quatorze ans, d'un tempérament lymphatique, d'une santé délicate, habituellement pâle et bouffi,, éprouva, le 6 octobre 1829, vers le soir, un froid léger, qui débuta par les pieds, gagna les jambes et les cuisses , et se propagea de là au reste du corps. Une chaleur modérée survint ensuite , et tous les accidens disparurent dans la matinée du 7.
Le 8, un accès plus intense que le précédent se manifesta : le malade se plaignait d'une vive céphalalgie ; il avait des nausées continuelles et vomissait de temps en temps des matières fades et glaireuses 5 le ventre était tendu s un peu douloureux ; le pouls petit et fréquent , la langue pâle, la soif nulle. (Tisane mucilagùieuse , diète.)
Le 9, apyrexie.
Le 10, les mêmes symptômes qu'on avait observés le 8 se reproduisirent ; il y avait de plus des coliques accompagnées de selles liquides , une toux fréquente et
1) Aug. Bonnet, Ouvrage cité, p. \i.
DES FJÈVRES INTERMITTENTES. 135
une tendance assez marquée à l'assoupissement . [Huit sangsues à Tépigastre.)
Le 1 1 , huit grains de sulfate de quinine dans une potion gommeuse.
Le 12, point de fièvre. Le i3, continuation du sulfate de quinine. Convalescence.
Le 27, la fièvre reparut sans cause connue avec des symptômes à peu près semblables, et fut combattue de la même manière.
Le 10 novembre, il y eut une nouvelle rechute 5 mais cette fois la fièvre, au lieu dTêtre tierce., affectait le type quotidien. J'eus recours sur-le-champ au sulfate de quinine. L'accès suivant manqua , et le malade depuis cette époque s'est parfaitement rétabli* »
Ges dernières observations, rapprochées de plusieurs autres renfermées dans ce chapitre, représentent les diverses nuances sous lesquelles se montrent les fièvres intermittentes bénignes. Bien que les symptômes de ces fièvres soient beaucoup moins tranchés que ceux des pernicieuses, on trouve néanmoins, entre les unes et les autres, des airs de famille, si je puis m'exprimer ainsi : et, comme pour ne laisser aucun doute sur leur consanguinité, il arrive que, dans des circonstances données, les fièvres bénignes s'exaspèrent rapidement, et deviennent pernicieuses. La similitude alors est si complète , que tout ce que nous avons dit sur ces dernières leur est entièrement applicable, 1
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES