OBSERVATION LV
Fièvre quotidienne avec gastro-céphalite.
Maron, soldat au ioe régiment d'artillerie , âgé de vingt-cinq ans, sorti depuis huit jours de mes salles, y rentra le 16 décembre, le quatrième jour d'une fièvre quotidienne avec gastro-céphalite. Il était dans l'accès. ( Diète , limonade , saignée du bras de quinze onces ? vingt-quatre grains de sulfate de quinine à prendre de suite.)
17 matin, apyrexie, plus de céphalalgie, plus de soif, aspect naturel de la langue. ( Diète , limonade , seize grains de sulfate de quinine. ) Aucun malaise dans la journée.
18 matin, le malade est tout-à-fait bien. (Diète, limonade , vingt-quatre grains de sulfate de quinine.) Le soir, on accorde deux pommes. Le sulfate de quinine est supprimé, la convalescence est des plus rapides : le 23? cet homme mangeait les trois quarts de la portion .
Ces trois observations indiquent les modifications que, même après une pratique de plusieurs années dans les pays marécageux , a dû subir notre thérapeutique en présence de causes morbides plus puissantes etd'accidens plus graves que ceux que nous avions observés jusqu'alors. En effet, l'explosion d'un grand nombre de fièvres pernicieuses et la brusquerie avec laquelle se développent des accidens graves après les saignées , dans des fièvres qui, jusque là, en avaient été exemptes, nous forcent à prescrire le sulfate de quinine à plus haute dose , et sans attendre le moment de l'apyrexie. Ces modifications dans le traitement ont pour résultat de diminuer le nombre des fièvres pernicieuses et de s celles qui passaient au type continu. Nous augmentons la puissance des mêmes moyens, et aussitôt, la première de ces transformations est beaucoup moins commune , et la seconde devient très-rare.
De cette observation à l'application des mêmes principes à la thérapeutique des fièvres rémittentes et pseudo-continues, il n'y avait qu'un pas ; car , du moment où , derrière la rémittence et la pseudo-continuité , se trouvait la périodicité, il n'y avait pas à hésiter, il fallait, d'une main ferme, porter un remède puissant sur le mal.