PREMIÈRE OBSERVATION
Fièvre tierce simple (i).
a M. G..., maire de la commune de Baron (département de la Gironde), âgé de soixante-trois ans , d'une constitution sèche et irritable , éprouva , le i janvier 1828, du malaise , des anxiétés et un froid léger dans toute l'habitude du corps. Au bout d'une heure et demie ou de deux heures, une chaleur assez vive se développa, la tète devint lourde , la figure colorée , le pouls plein , dur et fréquent. Ces désordres fonctionnels furent les seuls que j'observai. Une chose surtout qu'il importe de noter , c'est qu'il n'y avait ni douleur à i'épigastre , ni soif, ni rougeur de la langue, ni appétence pour les boissons froides. Cet état dura jusqu'au 4 •> c'est-à-dire quarante-hùitheures environ, après quoi une sueur générale survint; les urines déposèrent un sédiment briqueté,
(i) Auguste Bonnet, Ouvrage cité, p. 267.
et le calme se rétablit. Le 5, dans la matinée, des frissons et des tremblemens se manifestèrent , et furent bientôt remplacés par une forte chaleur , une céphalalgie assez intense , un pouls dur et fréquent; du reste , on ne remarquait, comme la première fois, ni douleur au creux de l'estomac, ni soif, ni désir des boissons froides; et bien que le malade dit qu'il ressentait un peu de sécheresse à la base de la langue , cet organe n'en était pas moins humide et large dans 'toute son étendue. Le lendemain , vers quatre ou cinq heures du matin , une sueur abondante succéda à la chaleur , et la fièvre ne tarda pas à cesser. Le 7, un accès semblable au précédent s'étant déclaré , je pratiquai une saignée du bras pendant le second stade, et, aussitôt que l'apyrexie eût commencé, je prescrivis dix grains de sulfate de quinine dans une potion gommeuse. Le 9 , la fièvre reparut. (Douze grains de sulfate de quinine dans une potion gommeuse , à prendre pendant T intermission.) Le 11 , un nouvel accès eut lieu , mais il fut beaucoup plus court. (Prescription ut suprà.) Le i3, le malade n'éprouva pas le moindre mouvement fébrile, et la convalescence commença »
m Dans le premier accès , les symptômes sont si faiblement exprimés, que l'affection du système cérébro-spinal ne se révèle que parles frissons et par une simple pesanteur de tète. Mais il n'< n est pas de même dans les accès suivans. Les accidens se prononcent davantage; la fièvre devient beaucoup plus violente ; mais comment la maladie augmente~t-elle d'intensité? Est-ce par une gastrite,
par une bronchite , par une eardite ? Non • car Tesiomac, les poumons et le cœur continuent à rester dans le silence. Ce sont les symptômes du premier accès qui s'exagèrent; c'est la lésion du cerveau qui devient plus manifeste : au lieu d'une simple pesanteur de tête., il y a une céphalalgie assez forte pour nécessiter une saignée-, un degré de plus dans sa violence, et l'on aurait du délire.