KE
PNEUMOMIE 351 LS
mit dix-sept jours à se faire, c’est-à-dire qu'elle ne fut com- de plète qu'au vingt-septième jour de la maladie ; la fièvre était tombée depuis huit jours qu’on entendait encore dans toute 30 la hauteur du côté gauche, en arrière, du souffle et des râles crépitants. &..
J'ai déjà eu l’occasion de dire que dans la pneumonie des cachectiques les lésions diffèrent souvent d'une façon notable de celles qui caractérisent la pneumonie lobaire aiguë, 2500 franche : le parenchyme pulmonaire est carnifié plutôt qu'hé- | patisé, la coupe du poumon malade est lisse, luisante, non granuleuse, ce qui s'explique par la pauvreté des exsudats fibrineux ; au milieu du tissu pulmonaire induré, on trouve souvent des noyaux noirâtres, hémorrhagiques (v. chapitre n, Anatomie pathologique.)
D'après quelques observateurs la pneumonie des paludiques a ne serait pas seulement une complication se produisant dans le paludisme au même titre que dans d’autres maladies, la fièvre typhoïde par exemple; dans certains cas du moins elle se
. développerait sous l’action directe du paludisme dont elle pour-
t constituer la seule manifestation clinique ; c'est ainsi qu’on GE
a décrit une pneumonie palustre intermittente, une fièvre rémittente pneumonique, une fièvre pernicieuse pneumonique (1). Il n'existe pas de pneumonie intermittente : il est du reste inadmissible qu'une hépatisation pulmonaire puisse se produire et se dissiper en quelques heures. Ce qui a pu faire admettre l'exis- | : tence de cette entité morbide, c'est que chez certains malades Ÿ
(1) Frison. De la fièvre rémiltente pneumonique. Rec. de e té médecine militaire, août 1866. — Du même, Des mamifesla de l'impaludisme au point de vue de l'éliologie. Même
— Gras, fièvre pernicieuse pneumonique. Arch. de méd. navale, 184 | Cornibert, Essai sur la fièvre pernicieuse pneumonique, Thèse, Paris, 1872. voi
Se Era Etat TR
atteints de fièvre intermittente on observe à chaque accès, de la congestion pulmonaire. Il n’y a pas lieu non plus d'admettre l'existence d’une fièvre rémittente pneumonique ou d'une ficvre pernicieuse pneumonique.
IL est incontestable que la présence des éléments parasitaires dans le sang peut jouer un rôle important dans la pathogénie des inflammations du poumon comme dans celle des inflammations de la rate, du foie et des reins ; mais la pneumonie nese produit jamais isolément, elle vient toujours se greffer sur un état morbide antérieur : fièvre intermittente ou continue palustre, cachexie palustre ; de plus elle n’est pas justiciable du sulfate de quinine, et une fois développée, son évolution est indépendante de celle de la fièvre palustre ; en un mot la pneumonie des paludiques atoujours les allures d’une complication, et elle ne mérite pas d’être rangée parmi les formes cliniques du paludisme. L'examen du sang fournit une nouvelle preuve à l'appui de cette assertion. J'ai constaté en effet plusieurs fois, chez des cachectiques palustres atteints de pneumonie, que le sang ne renfermait pas d'éléments pigmentés.
J'ai signalé déjà {chapitre 11) la pneumonie chronique qui s'observe parfois chez les cachectiques, j'ai recueilli cinq obser-
ré à À
vations de cette altération, qui est, comme on sait, trèsrarechez M
l'adulte, en dehors du paludisme; les observations XI et XIL 2
sont des exemples de pneumonie chronique chez des paludiques. Lorsque les malades ne sont pas enlevés par une complication, la pneumonie chronique évolue lentement et donne lieu à des symptômes qui rappellent de très près ceux de la tuberculose ; il existe des dilatalions bronchiques qui simulent très bien les cavernes tuberculeuses, des hémoptysies, de la fièvre hectique. Le siège des râles caverneux ou caver-
«Ti