FENTE
La néphrite aiguë ou chronique est une complication assez commune du paludisme.
La néphrite des paludiques a tantôt les allures de la néphrite épithéliale (les urines renferment de l'albumine en grande quantité, l'anasarque se produit et se généralise rapidement), tantôt celles de la néphrite interstitielle ou mixte. J'ai donné déjà l'observation d’un malade mort de népbrite chronique (observation XII), avec péritonite aiguë ultime, on trouvera plus loin une observation de néphrite aiguë chez un paludique (observation LI) ; dans ce cas la guérison fut rapide et facile.
Nous avons vu que des hkématuries se produisaient souvent dans le cours des fièvres bilieuses palustres, à Madagascar, à Mayotte, au Sénégal, à la Martinique et à la Guadeloupe, si bien qu'on avait été conduit à décrire comme une espèce distincte, la fièvre bilieuse hématurique, dont les rapports avec le paludisme ont été contestés pendant longtemps.
La pneumonie vient souvent compliquer le paludisme. La pneumonie aiguë peut se produire dans le cours des manifestalions aiguës du paludisme, plus souvent on l'observe chez des individus affaiblis, anémiés par les fièvres ; enfin, on rencontre quelquefois chez les cachectiques palustres la pneumonie chronique vraie, la cirrhose pulmonaire.
Lorsque la pneumonie aiguë s'attaque à des individus. impaludés depuis peu et encore vigoureux, elle évolue avec tous ses caractères classiques : fièvre vive, point de côté, expectoration
rouillée caractéristique; les signes physiques sont très nels : matité, souffle tubaire, ràäles crépitants, etc. La pneumonie a seulement de la tendance à passer à la troisième période, dite d’hépatisation grise (observation LIIT) et son pronostic est par suite beaucoup plus grave que celui de la pneumonie ordinaire de l’adulte.
Lorsque la pneumonie aiguë se produit chez des cachectiques palustres ou simplement chez des sujets anémiés et affaiblis par une ou plusieurs atteintes de fièvre intermittente, elle presente souvent quelques caractères particuliers, qui ont été très bien étudiés par Catteloup dans son mémoire sur la pneumonie d'Afrique (Rec. mém. méd. milit., 1853).
Le frisson initial, le point de côté, les crachats rouillés peuvent manquer; l'examen physique de la poitrine révele seul l'existence d’une pneumonie ; on trouve au niveau des parties hépatisées de la matité, un bruit de souffle moins fort en général, moins éclatant que le souffle tubaire de la pneumonie aiguë lobaire franche et des râles crépitants ou sous-crépitants. C'est, en somme, le tableau de la pneumonie des vieillards, et on comprend que la cachexie produite par la fièvre ait sur l’évolution de la pneumonie une influence analogue à celle de la cachexie des vieillards.
J'ai constaté plusieurs fois, que la pneumonie des cachecliques palustres avait une durée plus longue que la pneumonie lobaire franche et que la résolution se faisait parfois avec une grande lenteur. L'observation LIT en est un exemple ; il s'agit d’un militaire qui, sans être cachectique, avait été fortement anémié, dépilité par les fièvres et qui dans cet état fut pris d'une pneumonie qui envahit tout le poumon gauche la défervescence ne se fit qu'au dixième jour, et la résolution des exsudats
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