FIÈVRE CONTINUE PALUSTRE. PNEUMONIE DU CÔTÉ DROIT. MORT
AUTOPSIE : HÉPATISATION GRISE DU POUMON DROIT, PÉRICAR- DITE, LÉSIUNS DU PALUDISME.
Mar..…, âgé de vingt-trois ans, soldat au 3° chasseurs d’Afrique, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 25 juillet 1882. Mar... se dit malade depuis une huitaine de jours. Début par céphalalgie, soif vive, malaise général, anorexie complète. D'après les renseignements fournis par le malade, la fièvre aurait persisté pendant huit jours sans rémission notable.
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25 juillet. Fièvre très vive : 40°,2 le matin, 40°,4 le soir. Prostration assez marquée, stupeur, céphalalgie très forte, soif vive. La
matité splénique est augmentée. Rien d’anormal à l'examen de la
poitrine.
Je porte le diagnostic de fièvre continue palustre. (Diète. Limonade. Sulfate de quinine 1:",60.)
26 juillet. 39°,8 le matin, 39° le soir. Le malade accuse pour la première fois un point de côté sous-mammaire à droite, toux assez fréquente, expectoration presque nulle, ne présentant rien de caracté-
ristique ; l'examen de la poitrine ne révèle rien d’anormal.
(Sulfate de quinine 0‘",80. Ventouses sèches à droite.)
27 juillet. 38°,6 le matin, 39° le soir. La dyspnée a augmenté beaucoup, anxiété vive;le point de côté est plus douloureux qu'hier; toux fréquente, expectoration caractéristique de la pneumonie, crachats rouillés, visqueux. A l'examen de la poitrine je trouve au sommet droit, en avant et en arrrière du souffle tubaire ; pas de râles crépitants. (Potion avec tartre stibié 05,05 et extrait d'opium 0,05, injection hypodermique de chlorhydrate de morphine à droite.) |
28 juillet. 38°,71e matin, 38°,8 le soir, anxiété très grande, le point de côté est toujours très douloureux, la pneumonie a envahi le poumon droit dans presque toute son étendue, souffle en avant et en arrière, matité, râles crépitants,expectoration caractéristique. (Potion stibiée continuée, douze sangsues sur le côté droit de la poitrine.)
29 juillet. 39°,3 le matin, 38°,7 le soir. L'état s'aggrave de plus en plus, anxiété vive, orthopnée, expectoration abondante, crachats jus de pruneaux. Les signes physiques sont toujours ceux d’une pneumonie qui occupe le poumon droit dans toute sa hauteur. (Vin.
Potion alcoolisée.) 30 juillet. 39°,4 le matin. Dyspnée très grande, délire, la face est
cyanosée. Mort à 4 heures du soir.
Autopsie, faite le 31 juillet à huit heures trente du matin. Thorax. La plèvre gauche est saine ainsi que le poumon gauche.
. Laplèvre droite ne renferme pas de liquide, mais elle est recouverte
par des exsudats jaunâtres, fibrineux, notamment à la base, au-
ab
dessous des exsudats la nlèvre est vivement injectée. Le poumon droit est volumineux, il est hépatisé dans toute son étendue sauf à la partie antérieure du lobe inférieur, le parenchyme pulmonaire hépatisé est à la fois résistant et friable, sur la coupe il présente l'aspect caractéristique de l’hépatisation grise; par le raclage on enlève facilement une matière puriforme. Il n’y a pas de tubercules aux sommets.
Le péricarde renferme une petite quantité de sérosité louche ; les - deux feuillets du péricarde sont tapissés par des exsudats fibrineux, qui ont l'aspect gaufré qu'ils présentent d'ordinaire dans la péricardite aiguë.
Le myocarde et les orifices du cœur sont à l’état sain; le cœur droit renferme un caillot volumineux, fibrineux, blanchâtre, assez résistant. Le cœur gauche est vide.
Abdomen. Le péritoine et les intestins sont à l’état sain, il n’existe notamment aucune altération des plaques de Peyer.
La rate, volumineuse, triplée au moins de volume, présente une teinte brunâtre, le parenchyme splénique est ramolli ; l'examen histologique de la pulpe splénique fait à l'état frais révèle l'existence d'éléments pigmentés en grand nombre.
Le: foie un peu augmenté de volume présente une coloration brunâtre.
Les reins ont l'aspect normal.
FIÈVRE INTERMITTENTE QUOTIDIENNE DE PREMIÈRE INVASION. DYSENTERIE CONCOMITANTE. ACCÈS GRAVE. GUÉRISON
(Observation résumée.)
T...,âgé de vingt-deux ans, soldat au 3° zouaves, entre à l’hôpital militaire de Constantine, le 20 juillet 1882. T... est au service militaire et en Algérie depuis neuf mois, il se dit malade pour la première fois depuis son arrivée en Algérie. Du 14 juin au 43 juillet, le malade à étè employé à la pépinière sur les bords du Rummel,
c'est-à-dire dans une localité très insalubre, il arrosait les plantations:
Le 12 juillet, malaise général, céphalalgie, chaleur sans frisson, - soif vive. Le 13 juillet, le malade a rejoint sa compagnie, mais il a du s'aliter le 14 juillet et, depuis ce moment, la fièvre a persisté sans rémission notable. Depuis le 12 juillet, T.... a, en outre, de la dysenterie, selles petites, fréquentes (huit à dix dans les vingtquatre heures), muco-sanguinolentes, accompagnées de fortes coliques et de ténesme. Avant l'entrée à l'hôpital le malade n’a pris qu'un vomilif.
20 juillet. Apyrexie le matin. Anémie très marquée, amaigriss
ment, faiblesse générale ; le malade se plaint beaucoup de sa dysens
terie, selles sanguinolentes caractéristiques. (Diête. Eau de Sedlitz, deux verres.) Vers
Le 20 à une heure du soir, accès de fièvre ; à n6ure trente : 40°,9. Examen du sang fait le 20 juillet à deux heures du soir : corps n° 2 de moyen ou de petit volume, libres ou accolés à des hématies, les corps n° 2 de petit volume sont nombreux, ils sont réunis quelquefois par groupes de quatre, cinq ou six ; leucocytes mélanifères . |
Le 20 à deux heures du soir, je trouve le malade dans un état grave : adynamie profonde, subdélire ; la langue est humide, blanchâtre, les selles ont toujours le caractère dysentérique; à six heures du soir, la température est encore de 40°,7, {Sulfate de quinine 4 gramme à deux heures du soir, 05",60 à quatre heures.)
21 juillet. 36°,6 le matin; le soir l'apyrexie persiste. L'état général est beaucoup meilleur qu'hier, mais la faiblesse est très grande. La dysenterie s'est améliorée, quatre à cinq selles diarrhéiques dans la nuit du 20 au 21. (Bouillon. Lait. Sulfate de quinine 0:",80 matin et soir.)
22 juillet, L'apyrexie persiste, Prostration marquée ; les selles ont repris le caractère dysentérique, douze selles pendant la nuit dernière, coliques, ténesme. Le ventre est sensible à la palpation, rétracté. La matité splénique mesure 10 centimètres de haut sur 12 de large. (Potages. Lait. Sulfate de quinine 0:",80 le matin, calomel 4 gramme dans la journée.)
Les jours suivants, l'apyrexie persiste ; les selles se modifient sous l'influence du calomel et de l'eau de Sedlitz, elles deviennent
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