LESCENCE DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE. GUÉRISON
Bour..., âgé de vingt-deux ans; soldat au 8° escadron du train,
entre à l'hôpital militaire de Constantine le 2 août 1882. Bour.….. est au service militaire depuis trente mois, en Algérie depuis cinq mois :
il exerçait, avant sonincorporation, la profession de cultivateur aux environs de Clermont-Ferrand. Au mois de mars 1881, Bour... dit
avoir eu au camp d’Avord une fièvre qui a duré trois jours, avec
herpès labial; Bour... a passé trois jours à l’infirmerie, il n’a pas pris de quinine et la fièvre n’a pas reparu.
Du 27 mai 1882 au 30 juillet dernier, Bour... a été détaché à
Tébessa, il dit s'être toujours bien porté dans cette garnison, il n’est rentré à Constantine que le 30 juillet et c'est au 31 juillet qu'il fait
remonter les premiers symptômes de sa maladie. Le 31 juillet : malaise général, céphalalgie, soif ardente, chaleur
vive sans frisson, faiblesse générale. Le malade a été obligé de
s’aliter le 31 juillet et la fièvre a persisté sans rémission notable jusqu’à l'entrée à l'hôpital.
2 août. Fièvre très vive : 40°,8 le matin, 40° le soir. État typhoïde bien marqué ; prostration. Diarrhée légère, douleur à la pression
dans la fosse iliaque droite.
Le diagnostic de fièvre typhoïde parait probable, néanmoins je prescris le sulfate de quinine, 1 gramme, le 2 août; 0:",80 le 3 et le 4. Les jours suivants la fièvre persiste, la température esten moyenne
de 39° le matin et de 40° le soir jusqu’au 11 août. Le diagnostic de
fièvre typhoïde se confirme de plus en plus : céphalalgie, insomnies, prostration, anorexie, soif vive, diarrhée séreuse, douleur localisée
à la fosse iliaque droite. Les taches rosées seule es font défaut.
0 (Lotions fraîches, lavements froids légèrement phéniqués.)
À partir du 41 août la fièvre est moins vive, la défervescence. se
fait par oscillations descendantes; la défervescence est complète le
| 20 août, la fièvre a donc duré exactement vingt et un jours et le
Dirscé thermométrique est exactement celui de la fièvre typhoïde. A partir du 21 août le malade parait être entré en convalescence,
1 est faible, très anémié, il commence à Fa
Laois le thermomètre marque 39°,5.
août. “side le matin, is died il ÿ a encore un x de fièvre,
Er Gé sk de 38°,5. La matité es mesure 9 centimètres de
haut sur 10 de large. (Sulfate de quinine 0:', 80 matin et soir.) Examen du sang fait le 30 août à huit heures du matin {avant de
faire prendre le sulfate de quinine) : corps n° 2 de moyen ou de petit
volume, libres ou accolés à des hématies, en très grand nombre,
corps n° 2 renfermant des grains pigmentes mobiles ou munis de filaments mobiles.
31 août. 37°,1 le matin, le soir l’apyrexie persiste. Le malade se trouve beaucoup mieux.{Une demi-portion. Sulfate de quinine 05", 80
Examen du sang fait le 31 au matin : corps n° 2 de moyen ou de
petit volume en moins grand nombre que le 30, corps n° 3. Je ne trouve plus de filaments mobiles.
4x septembre. L'apyrexie persiste. (Une portion. Sulfate de quinine 05",80.) Les jours suivants l'apyrexie persiste, le sulfate de quinine est continué à la dose de 0:",60 jusqu'au # septembre. | Examen du sang fait le 3 septembre; je ne trouve plus aucun élément pigmenté.
Le malade sort le 5 septembre avec un congé de convalescence de
trois mois.
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se.
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FIÈVRE INTERMITTENTE. FIÈVRE TYPHOIÏIDE INTERCURRENTE. GUÉRISON
T.., âgé de vingt-trois ans, soldat au 3° zouaves, entre à l'hôpital militaire de Constantine, le 25 janvier 1883. T... est au service militaire depuis vingt-sept mois, en Algérie depuis quinze mois. Pas de maladies graves antérieures à l’arrivée en Algérie.
Première atteinte de fièvre intermittente au mois d'août 1882 ; le malade était alors détaché à la garde des forêts aux environsde Philiypeville, il est entré à l’hôpital de Philippeville pour fièvre 2 intermittente, et y est resté trente-cinq jours ; à la sortie de l'hô- | pital, il a repris son service. La fièvre n’a reparu que le 20 janvier 1883. Accès quotidiens du 20 au 24 janvier, revenant vers deux heures du matin ; accès réguliers avec frisson initial.
24 janvier. Fièvre vive, 40°,2 le matin, 38°,9 le soir. Anémie très marquée, teinte terreuse de la face, muqueuses décolorées, amaigrissement et faiblesse générale. Langue assez belle ; anorexie. La zone de matité splénique mesure 7 centimètres de haut sur 8 de large.
Examen du sang fait le 24 janvier, à deux heures trente du soir : corps n° 2 libres ou accolés à des hématies, leucocytes mélanifères. (Diète. Limonade. Sulfate de quinine, 1 gramme le 24 au soir.)
25 janvier, 38°.2 le matin, 38°,4 le soir. Anorexie. (Bouillon. Limonade. Sulfate de quinine, 1 gramme le matin.)
26 janvier. 37,5 le matin. Le soir l'apyrexie persiste. Un peu d'appétit, (Une demi-portion. Sulfate de quinine 0:",80. Vin de quinquina.)
271 janvier. L'apyrexie persiste. Anémie. Faiblesse générale.
Examen du sang fait le 27 janvier : je ne trouve plus aucun élément parasitaire, ni même aucun leucocyte mélanifère. (Une portion. Sulfate de quinine 0:",80. Vin de quinquina: Café noir.)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 05',60 jusqu’au
4 fevrier. A partir du 1° février, le malade mange deux portions, les forces reviennent.
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- OBSERVATIONS is 399
Le 8 février, le malade se plaint de ne pas dormir la nuit, malaise général depuis deux ou trois jours, céphalalgie. Il n'y à pas eu de frisson, mais la peau est chaude, la température axillaire est de 39,5 le 8 au matin, de 40°,6 Le soir. Une rechute de fièvre intermittente parait probable, cependant l'examen du sang fait le 8 février à deux reprises ne me permet de constater l'existence d'aucun élément parasitaire. Je prescris néanmoins le sulfate de quinine, 1 gramme, le 8 au soir.
9 février. La fièvre persiste. 39°,7 le matin, 39°,9 le soir. Malaise général, prostration marquée, céphalalgie, insomnie. Diarrhée
légère, un peu de douleur à la pression dans la fosse iliaque droite. (Bouillon. Sulfate de quinine 1 gramme le matin, 0:,80 le soir.) | | 40 février. La fièvre persiste, 39°,6 le matin, 40°,1 le soir. État typhoïde marqué, prostration, stupeur. Diarrhée séreuse, Douleur
à la pression localisée dans la fosse iliaque droite. Il paraît évident
. que le malade a pris à l'hôpital une fièvre typhoïde : il y a, en ce moment, dans le service, plusieurs malades atteints de fièvre typhoïde. (Bouillon. Sulfate de quinine 0',80. Lotions fraiches.)
A1 février. 39°,3 le matin. 40°,3 le soir. Etat typhoïde; taches rosées très nettes sur la paroi antérieure de l'abdomen. Je supprime le sulfate de quinine, qui n’exerce aucune action sur la fièvre, (Bouillon. Lotions fraîches, Eau de Sedlitz, un verre tous les deuxou trois jours.)
La fièvre persiste les jours suivants ; la défervescence se prononce à partir du 15 février, elle est complète le 20 février, c'est-à-dire
le dix-septiéme jour environ de la fièvre typhoïde.
À 18 février. Le malade est anémié, très affaibli.
. Examen du sang fait le 18 février : je ne trouve aucun élément
parasitaire ; aucun leucocyte chargé de pigment. (Potages.)
Les forces reviennent lentement. Le 21 février, le malade mange une demi-portion, le 23 février une portion; il commence à se lever.
L'apyrexie persiste jusqu’au 8 mars.
Le 8 mars à midi, frisson, suivi de chaleur, A midi et demi, 40°,3, à quatre heures du soir, 40°.
Examen du sang fait le 8 mars à deux heures du soir : COrps n° ?
400 COMPLICATIONS libres ou accolés à des hématies ; Corps n°2 renfermant des grains pigmentés mobiles ; corps n° 3. (Sulfate de quinine 0:",80le8 au soir.)
9 mars. 36°,9 le matin. Le soir l’apyrexie persiste. (Une demiportion. Sulfate de quinine 0:,80 matin et soir.)
10 mars. L’apyrexie persiste. Le malade mange avec appétit une portion. (Sulfaté de quinine 0:",80. Vin de quinquinà.)
Le sulfate de quinine est continué a la dose de 0:',60 jusqu’au 14 mars.
Le malade, qui aobtenu un congé de convalescence, sortdel'hôpital de Constantine, le 15 mars 1883.
FIÈVRE INTERMITTENTE. VARIOLE. ABCÈS MULTIPLES. ARTHRITES SUPPURÉES. GUÉRISON
(Observation résumée.)
Bou... âgé de vingt-deux ans, soldat au 1° régiment d'artillerie, entre à l'hôpital de Constantine le 7 avril 1881.
Bou... est arrivé en Algérie le premier janvier 1881; il dit avoir pris la fièvre intermittente dans le département du Cher, où il exerçait Ja profession de laboureur. La fièvre a reparu peu de temps après l'arrivée en Algérie; le malade est entré à l'hôpital de Batna le 21 janvier 1881 pour fièvre intermittente et y est resté trente-irois jours. Rechute de fièvre le 3 avril, accès quotidiens, du 3 au 6 avril
lé malade a pris quatre doses de quinine de 05,60 avant l'entrée à
l'hôpital.
7 avril. Apyrexie. Anémie très marquée, teinte terreuse de la face ; faiblesse générale, diarrhée légère ; la matité splénique est notablement augmentée. (Une demi-portion. Vin de quinquina.)
Examen du sang fait le 7 avril à deux hèures du soir: corps n° 2
en petit nombre, je trouve un corps n° 2 muni de filaments mo-
biles et quelques filaments mobiles libres ; corps n° 3.
Du 8 au 14 avril l’apyrexie persiste, le malade mange une portion, je ne prescris que du vin de quinquina.
14 avril. Accès de fièvre vers quatre heures du soir, à cinq heures la température est de 39°,7.
| onivarions FA
15 avril. Apyrexie le malin, | Sulfate de quinine 05',80. Le soir l’apyrexie persiste.
Examen du sang fait le 15 “ui avant de faire prendre le sulfate de quinine : corps n° 2 renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de filaments mobiles, corps n° 3
Le 16 et le 17 avril, l’apyrexie persiste. Sulfate de quinine 0s,80 par jour.
L'apyrexie persiste jusqu’au 22 avril; ce jour-là le malade a un frisson à dix heures du matin, le thermomètre marque 39,3 à dix heures du matin, 39°,9 à quasre heures du soir.
Je pense naturellement qu’il s’agit d'une rechute de fièvre intermittente.
23 avril. La fièvre persiste, 40° le matin. (Sulfate de quinine 05,80
Examen du sang fait le 23 avril au matin; je ne constate "hi x: à à
l'existence d'aucun élément parasitaire.
24 avril. La fièvre persiste (Sulfate de quinine 05',80). Le 2 au soir apparition d'une éruption variolique.
25 avril. La fièvre est moins vive, l'éruplion se généralise, le malade est évacué sur le service des varioleux.
L'éruption est discrète; malgré cela la variole se complique d'abcès volumineux sur différents points du corps et d’arthrites suppurées des articulations sterno-claviculaires.
Le malade, qui a obtenu un congé de convalescence de trois mois, sort de l'hôpital dans le courant du mois d’août 1881; il est profondément amaigri et anémié.
FIÈVRE INTERMITTENTE. VARIOLE HÉMORRHAGIQUE. MORT. AUTOPSIE : LÉSIONS DU PALUDISME ET DE LA VARIOLE HÉMORRHAGIQUE.
Gre.…, âgé de vingt-trois ans, soldat au 5° tirailleurs algériens, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 12 avril 1881. Gre.... est arrivé en Algérie le 9 novembre 1879, il a pris la fièvre intermittente pour la première fois au mois de juillet 1880 à Batna; deux entrées à l'hôpital de Batna pour fièvre intermittente. Rechute de fièvre il y
LAVERAN, FIÈVRES PALUSTRES.
a quinze jours, le malade a eu cinq accès de fièvre, ila pris trois doses de sulfate de quinine et la fièvre a disparu.
12 avril. Apyrexie le matin, anémie très marquée, faiblesse générale. Accès de fièvre dans la journée, à trois heures trente du soir la température axillaire est de 39°,8.
43 avril. Apyrexie le matin. Sulfate de quinine 05,60. A onze heures du matin, frisson; à trois heures trente du soir la température axillaire est de 40°,7.
Examen du sang fait le 18 avril à huit heures trente du matin : corps n° 2 immobiles, corps n° 2 renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de filaments mobiles, corps n° 3.
14 avril. Apyrexie. Sulfate de quinine 05,80.
‘Le sulfate de quinine est continué à la dose de 05,80 d'abord puis de 0°", 60 jusqu’au 18 avril, pas de rechute de fièvre.
Examen du sang fait le 20 avril: je ne trouve plus aucun élément parasitaire.
26 avril Malaise général, fièvre (38°,5 le soir), vomissements bilieux. Je suppose qu'il s'agit d’une rechute de fièvre intermittente. (Sulfate de quinine 05,80.)
Le 27 et le 28 la fièvre persiste elle est continue, la température s'élève progressivement à 40° et à 40°,8 Ie 28 au soir. Malaise général très prononcé, douleurs lombaires, céphalalgie très forte, vomissements bilieux. Le sulfate de quinine est continué le 27 et le 28.
29 avril, Fièvre très vive : 40°,8 le ma!in, 40°,5 le soir. Anxiété, malaise général, vomissements, depuis hier soir il existe un rash
purpurique, qui limité d'aborl aux aines et aux aisselles, s'étend le
29 avril à une grande partie du tronc ; on distingue quelques papules surle front; le diagnostic de variole est porté.
Examen du sang fait le 29 avril à deux heures du soir : je ne trouve plus que quelques leucocytes mélanifères.
Les urines renferment du sang en assez grande quantité.
30 avril. La fièvre persiste 39°,9 le matin, 40°,2 le soir, l’éruption de la variole se fait très mal, le rash qui existait sur le tronc prend de plus en plus le caractère hémorrhagique, on observe aussi un
grand nombre de petites taches ecchymotiques sur la face et sur
les membres.