‹ Traité des fièvres palustresChapitre 131 sur 166 · MODES D'INFECTION · texte numérisé non relu

MODES D'INFECTION

questions les plus difficiles. On ne sait pas encore exactement sous quelle forme les microbes du paludisme s'introduisent dans l'organisme humain; n'importe; on expérimente sur les premiers infusoires venus; on assimile des digestions arüficielles aux phénomènes de la digestion naturelle, et on dé- Clare par analogie que les microbes du paludisme doivent se comporter de même, être détruits sous l'influence des mêmes causes que ces infusoires.

Il est probable qu'en effet les sucs gastro-intestinaux détrui: sentsouvent les microbes du paludisme qui pénètrent parla voie digestive, c'est même ainsi qu'on peut s'expliquer pourquoi tous les individus qui font usage de la même eau saumâtre né sont pas atteints de paludisme; parmi ces individus les uns, et c'est ordinairement le plus grand nombre, digèrent (les microbes etn’ont pas la fièvre, mais les autres ne réussissent pas | | à digérer les microbes, soit parce qu'ils sont affaiblis et que

me gastro-intestinaux ont perdu une partie de leur.

- activité, soit parce qu'ils ont absorbé une trop grande quantité d’eau, qui dilue fortement les sucs gastro-intestinaux et Les rend inactifs, surtout si l'absorption d'eau à lieu dans l'intervalle des repas ; les microbes du paludisme se développent Chez ces derniers malades et produisent la fièvre. 2 7. plupart des germes des parasites s'introduisent dans notre économie par la voie digestive ; sans parler des helminthes, les trichines et les filaires du sang pénètrent évideminent pet cette voie et ne sont pas digérés par le suc gastrique.

Il est probable que les microbes desséchés ou leurs ger-

‘mes peuvent aussi être transportés par l'air et pénétrer par la

voie pulmonaire.

Il me reste à dire comment les microbes, après s'être introduits dans l’économie, se comportent dans le sang et comment ils produisent les différents accidents du paludisme.

Nous avons vu que les éléments parasitaires primitifs, ceux qu'on rencontre avec le plus de fréquence dans lé sang des paludiques atteints de fièvre de première invasion, sont de petits corps sphériques et pigmentés (corps n° 2 de petit volume, chapitre 11, p. 167), qui sont le plus souvent accolés à des hématies aux dépens desquelles ils se nourrissent; on trouve quelquefois sur une même hématie trois ou quatre de ces parasites. À mesure que les éléments parasitaires s’accroissent, les hématies qui les portent pâlissent de plus en plus et finissent par disparaître. Les corps kystiques grossissent rapidement, enfin les microbes adultes s’échappent de leur enveloppe et

deviennent libres.

On conçoit que, suivant la quantité des germes introduits dans

le sang, suivant la rapidité avec laquelle ces germes se reproduisent, suivant aussi la susceptibilité du malade, l'intervalle qui s'écoule entre l'instant où les germes se sont introduits dans le sang et celui où apparaissent les premiers symptomes du paludisme, autrement dit la période d’incubation, soit très variable.

Les microbes du paludisme vivent dans le sang et circulent au milieu des hématies dans tous les organes, dans tous les tissus, au moins chez les paludiques qui sont sous le coup de paroxysmes fébriles ; ils ont du reste des habitats de prédilection en tête desquels il faut citer la rate. C'est dans la rate que es microbes chassés de la circulation générale vont se refaire comme dans un camp retranché et préparer de nouvelles attaques

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