ROLE DES MICROBES
Sera-t-on plus heureux dans l’inoculation du paludisme à ; d'autres espèces animales? La chose n’est pas impossible; mais, jusqu’à preuve du contraire, on peut conclure des faits connus que le paludisme est une maladie particulière à l’homme; l'expérimentation sur les animaux ne paraît donc pas pouvoir être utilisée pour son étude comme elle l’a été pour l'étude . du charbon et d’autres zoonoses.
La culture des microbes du paludisme en dehors de l’organisme humain, présente aussi de grandes difficultés.
J'ai essayé inutilement de faire cette culture ;
1° Dans le sang pur ou mélangé à différents liquides, eau, solution de sulfate de soude, eic..., au contact de l'air ;
2% Dans du sang pur ou mélangé à différents liquides recueilli dans des tubes à vaccin et maintenu à une température de 37° ‘ dans une étuve ;
3° Dans du sang pur ou mélangé à différents liquides recueilli dans une chambre humide de Ranvier. | :
Dans toutes ces expériences j'ai constaté que la vie des mi- | crobes se prolongeait plus ou moins longtemps suivant la tem- | pérature et la rapidité avec laquelle le sang s’altérait; mais que ‘-@ dans tous les cas, au bout de vingt-quatre heures, quarante- | huitheures au plus, les parasites étaient morts et déformés. «4 :4
Les microbes du paludisme vivent aux dépens des corpuscules rouges du sang; dès que les hématies s'altèrent, dès FER qu'elles ne contiennent plus une quantité suffisante d'oxygène, E dès que la pullulation des bactéries annonce la putréfaction du sang, les microbes prennent leurs formes cadavériques, comme dans le sang des individus morts de fièvres pernicieuses.
Peut-être serait-il possible, enrecueillantdusangdans destubes
stérilisés de Pasteur, en maintenant ces tubes aunetempérature
convenable et en empêchant la désoxygénationdu sang, d'obtenir des cultures des microbes du paludisme ; je n'ai pas pu faire cette expérience à Constantine dans de bonnes conditions, faute d’une installation convenable ; le sang s’altérait toujours dans les tubes et mon étuve était très insuffisante. De nouvelles tentatives faites dans de meilleures conditions réussiront peut-être, il est probable que le meilleur liquide de culture sera fourn par le sang lui-même.
Je crois inutile de m'arrêter à démontrer que la non-transmissibilité du paludisme ne prouve absolument rien contre sa nature parasitaire.
Les maladies occasionnées par des parasites vivant à la surface du corps, comme la gale et les teignes, sont contagieuses parce que les parasites qui les produisent : sarcoptes, achorion, trichophyton, sont facilement transportables d’un individu à un autre, mais celles qui relèvent de parasites vivant à l’intérieur du corps, comme les trichines, les échinocoques, les filaires du sang, ne sont nullement contagieuses ; on conçoit que le paludisme prenne place parmi ces dernières, puisque les parasites qui le produisent se développent dans le sang.
À quel étatles microbes du paludisme vivent-ils dansle milieu extérieur, sous quelle forme et par quelle voie s’introduisentils dans notre économie ?
J'ai cherché à plusieurs reprises dans l’eau et dans le sol des localités les plus insalubres, des éléments analogues à ceux que j'avais trouvés dans le sang des paludiques, j'ai examiné tout spécialement à ce point de vue l'eau stagnante et la vase recueillies en été dans les flaques d’eau voisines du Rummel au Bardo.
Er
| MODES D'INFECTION 187 4 La moindre goutte d'eau provenant de ces flaques d'eau ren- ferme une très grande variété d’infusoires, d'’amibes, de bacté-
ries et de spores de toute espèce.
J'aiconstaté à plusieurs reprises dans ces préparations, notamment aux mois de juin et d'octobre 1881, l'existence de filaments __ mobilesayant la plus grande analogie avec les microbesquel'on L trouve dans le sang des paludiques; mais je n'ai jamais rencontré d'éléments pigmentés analogues aux corps kystiques .. n°1et n°2. Il est probable que les microbes ne s'enkystent que quand ils pénètrent dans l’économie et que le pigment provient dela destruction des hématies.
On conçoit facilement que Jes microbes du paludisme puissent se rencontrer dans le sang avec des formes qui diffèrent ; notablement de celles qu'ils présentent dans les milieux extérieurs. L'histoire des parasites nous offre de nombreuxexemples de ces transformations. Je me contenterai de rappeler les faits si curieux qui ont été découverts dans ces dernières années au sujet de la filariose.
Les filaires embryonnaires qui existent dans le sang des malades atteints de filariose sont absorbées par les moustiques qui viennent sucer le sang de ces malades, les filaires subissent une transformation dans le corps des moustiques et lorsque ces derniers vont mourir à la surface d’un ruisseau, les filaires s'échappent dans l’eau et sont absorbées ensuite avec l'eau potable. (Bourel-Roncière, Arch. de méd. nav., 1878. —
H. Barth, Annales de dermatologie et de syphiligraphie, 1881. p-
— M. Nielly, Éléments de pathologie exotique, 1881,
Les moustiques jouent-ils un rôle dans la pathogénie du paludisme comme dans celle de la filariose ? la chose n'est pas
Ê sPÈRE
458 PATHOGÉNIE A Le #
impossible, il est à noter que les moustiques abondent dans
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toutes les localités palustres. FRERE
Je n’ai pas recherché les microbes dans l'air des localités palustres : il y a là une lacune à combler. Le meilleur moyen serait, je crois, d'examiner la rosée naturelle recueillie dans ces localités ou l’eau de condensation fournie par les appareils réfrigérants. Cette recherche a été faite à plusieurs reprises, mais à une époque où on ne connaissait pas encore les formes sous lesquelles les microbes du paludisme existent dans le sang. Les plaques de verre glycérinées dont on s’est servi souvent pour recueillir les éléments en suspension dans l'air, ont de grands
‘inconvénients; la glycérine tue les microbes ou du moins ceux
qui se rapprochent des infusoires, elle les déforme et les rend
beaucoup trop transparents.
C'est une opinion généralement reçue que l'infection palustre se fait par l'air, si bien que les mots mal'aria (mauvais air) sont devenus synonymes de paludisme. La plupart des auteurs n’admettent l'infection par l’eau potable qu'à titre exceptionnel, quelques-uns même la nient complètement. Je serais tenté de croire, au contraire, que l’eau est bien plus souvent que l'air le véhicule des germes du paludisme.
La question est assez difficile à résoudre, attendu que presque toujours les paludiques ont respiré l’air des localités marécageuses en même temps qu'ils faisaient usage de l’eau de ces localités ; il existe cependant dans la science des faits très
probants en faveur de la transmission des fièvres palustres par ‘les eaux potables.'
Hippocrate et Rhazès admettaient que les eaux maréca-
geuses employées pour la boisson pouvaient produire la tuméfaction de la rate et des fièvres intermittentes rebelles.
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MODES D'INFECTION 459 rlant des hommes qui boivent des eaux maré- : « Ceux qui en font usage ont toujours Ja rate
$ volumineuse et dure. » (Hippocrate, Œuvres complètes. Trad,
de Littré, t. II, p. 27.) PR:
Virey altribue aux eaux potables et aux infusoires qu’elles renferment une grande part dans la production des fièvres palustres. (J.-S. Virey, Des animalcules infusoires considérés comme la principale cause du danger des eaux corrompues prises en boisson, in Journ. complém. du Dictionnaire des sciences médicales, t. XIV.) | ‘
Raymond, cité par Alibert (Traité des fièvres pernicieuses, Paris, p. 288), attribue les fièvres pernicieuses qui règnent à Middelbourg et aux environs à la mauvaise qualité des eaux potables. « En effet, l’île de Walcheren dont cette ville est la capitale est plus basse que la mer et manque absolument de ruisseaux et de fontaines. On n'a pour les usages domestiques que l'eau de pluie que l’on conserve dans des citernes; si l'on néglige d’en prendre soin, elle ne tarde pas à se corrompre par le mélange des insectes, des vers, des germes, et d’autres substances qui s’y putréfient. »
Pringle signale parmi les causes des fièvres des pays marécageux l’eau malsaine qu'on y boit communément. (Pringle, Maladies des armées, traduction française, Paris 1837.)
Félix Jacquot cite plusieurs faits qui prouvent que les eaux potables jouent un rôle important dans la pathogénie du paludisme, (De l’origine miasmatique des fièvres endémo-épidé-
miques, Annales d'hygiène, 1854.)
Pereyra de Bordeaux, cité par Jacquot, signale le fait suivant :
es habitants des Landes bordelaises et de plusieurs points du département de la Gironde boivent de l'eau marécageuse ; or
ceux qui filtrent cette eau sur des filtres en charbon ne contractent pas la fièvre palustre, qui sévit au contraire avec intensité sur ceux qui ne prennent pas cette précaution. |
Bettington et Moore ont observé aux Indes des faits qui témoignent dans le même sens ; dans tel village la fièvre a disparu depuis qu'on a creusé un puits et qu'on ne fait plus usage de l’eau des marais ; dans tel autre, les habitants qui boivent de l’eau de source sont épargnés presque complètement, tandis que ceux qui boivent de l'eau stagnante sont très éprouvés par les fièvres; Blower a relevé pour certaines communes d'Angleterre des faits analogues. (Cités par Parkes, Traité d'hygiène, 1869, et par M. Vallin, Art. marais, in Diction. eneyclop. des sciences médicales.)
Boudin rapporte le fait suivant, qui est célèbre : Au mois de juillet 14834, cent vingt militaires s’embarquent à Bone sur un navire sarde, l’Argo; pendant la traversée, qui est longue et pénible, ces militaires sont obligés de faire usage d’une eau très mauvaise, puisée près de Bone, dans un endroit marécageux, tandis que les hommes de l’équipage boivent une eau de bonne qualité; treize militaires meurent pendant la traversée et à l'arrivée à Marseille quatre-vingt-dix-huit sont déposés à l'hôpital du Lazaret, « offrant, dit Boudin, les signes les moins équivoques de l’intoxication paludéenne sous toutes les formes, sous tous les types et portée sur quelques-uns au plus haut degré de gravité, ou, si l’on aime mieux, de perniciosité ; » au contraire, les matelots sont épargnés. « Ce fait démontre
d'une façon péremptoire, ajoute Boudin, que la matière paludéenne, à l’état liquide comme à l’état gazeux, absorbée par la ‘surface gastro-intestinale comme par la surface bronchique
A Tr
MODES D'INFECTION “Mad: ne
- provoque également l'intoxication. » | #4 de res inter- ee mitientes, 1848, p. 66) # 0 Parkes, dans son Traité d'hygiène a. Londres, 1869, si #1
» p. 71), insiste sur ce fait, qu'en Angleterre les fièvres palustres wi | ; - ont disparu dans beaucoup de localités à partir du momentoù We, les habitants de ces localités ont pu se procurer de l’eau de SE À bonne qualité et n'ont pas été contraints de faire usage pour PAR: la boisson d'eaux stagnantes, marécageuses. « C'était de leau #
* . « ! . , * ’ , . 27. ayant cette origine, c'était l’eau des fossés qu’on buvait tout ré-
. vue d'hygiène, 1879, p. 102.)
cemment encore à Sheerness, à l'embouchure du Medway, où la
fièvre intermittente était si fréquente. » (De Chaumont, Sur La
transmission de la fièvre palustre par les eaux potlables. Re-
Les médecins et les voyageurs qui ont parcouru des contrées
marécageuses ont souvent constaté qu'on arrivait presque à
. prophylactique; un officier anglais qui se soumit à la même
sûrement à se préserver des fièvres palustres en ne faisant
usage que d'eau bouillie.
+ Le Dr Ch. Blanc qui a parcouru des régions très insalubres, | en Abyssinie, insiste beaucoup sur l'excellence de celte mesure f
règle que lui, et qui ne but que de l’eau bouillie ou filtrée avec soin fut préservé comme lui, tandis que toutes les autres personnes faisant partie de la même mission furent atteintes de fièvre ou de dysenterie. (Notes médicales recueillies pendant un voyage en Abyssinie. Gaz. hebdom., 10 avril 1874.)
M. le D de Chaumont, professeur d'hygiène, à l’école de médecine de Netley, a signalé les deux faits suivants comme
hirès probants en faveur de la transmission des fièvres paho: par les eaux potables. (Revue d'hygiène, 1879,
SRE
462 PATHOGÉNIE Le premier de ces faits est dû à M. Taught, médecin-major de l'artillerie anglaise (Army med. Reports, t. XVI.)
La compagnie d'artillerie qui tient garnison à Tilbury Fort (circonscription de Gravesend) est en général très éprouvée par la fièvre intermittente, qui épargne au contraire les individus habitant au voisinage du fort, les employés de lagare du chemin de fer, lesgardes-côtes etleurs familles à bord du vaisseauamarré tout près du fort. La principale cause de la préservation des : individus n'habitant pas le fort paraît être que les troupes | boivent l’eau de pluie recueillie sur le toit de la caserne et amassée dans des citernes souterraines, tandis que les autres ha: bitants font usage d’une eau de source. Le fort est situé dans un marais salant et les citernes y sont exposées à l’infiltration ainsi que M*' de Chaumont a pu le constater, tandis que l’eau de source est à l'abri de cette influence.
En 1872 et en 1873 les troupes souffrirent beaucoup de Ia fièvre intermittente, le nombre des malades atteints de cette atection fut de 66 pour 100 en 1872 et de 24 pour 100 en 1873. Du mois de décembre 1873 au mois de juillet 1874 les ci-. ternes furent en réparation et les troupes firent usage de la même eau de source que la povulation civile : pendant cette période il n’y eut qu'un Cas de fievre‘sur 90 hommes présents. La fièvre intermittente recommenca à sévir dès que les troupes firent de nouveau usage de l’eau des citernes.
Je crois devoir faire remarquer que la période qui va de dé: cembre à juin est précisément celle pendant laquelle on n’observe guère, même en Algérie, de fièvres palustres de première invasion, c'est l'époque d'hibernation des parasites du palu+disme. Il n’y à donc pas lieu de s'étonner beaucoup de la dis=s parition des fièvres à Tilbury Fort pendant cette période.
h MODES D'INFECTION 463
Le second fait est dû au docteur Ch. Smart, capitaine aide- À major de l'armée des États-Unis, et se rapporte à la fiè- vre palusire dile des montagnes. Il paraît qu'à certaines époques, qui coincident avec la fonte des neiges, les fiévres palustres sévissent dans des localités très saines d'’ailleurs, nullement marécageuses et situées à une altitude qui devrait les mettre à l'abri du paludisme. Le D' Smart constata qué l’eau était très impure au moment de la fonte des neiges, il en conclut que la matière organique et les germes du paludisme, entraînés par les vents, pouvaient s’accumuler sur les montagnes avêc la neige et souiller l’eau des torrents au printemps ou en été.
Il est bien difficile d'accepter cette explication et d'admettre que les microbes du paludisme puissent être transportés à de si grandes distances, à des altitudes aussi considérables et se conserver dans la neige. | . Pendant l'été de 1882 j'ai observé le fait suivant, qui me parait très significatif. J'ai dit qu'on ne contractait presque jamais la fièvre palustre dans la ville de Constantine ; cela est vrai sur- tout de la Casbah, qui occupe la partie la plus élevée de la ville. Pendant les mois d'août et de septembre 1882, je reçus dans mon service plusieurs ouvriers d'administration employés à la manutention, située dans l'intérieur de la Casbah; ces hommes étaient atteints de fièvre intermittente pour la premiere . fois, et ils affirmaient que depuis longtemps ils n'étaient pas sortis de Constantine. Ces malades, employés au four, avaient eu beaucoup à souffrir de la chaleur, qui, à l'extérieur, atteignait | - déjà 36° à 40° à l'ombre, et qui, dans la chambre attenant au our, dépassait certainement 50°; pour lutter contre Ia cha- Jeur, ils buvaient six ou sepl litres d'eau pure par jour, en
ot bé ae 1 + 4e
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464 à PATHOGÉNIE
dehors des repas.Ilest bien probable que c’est l’eau qui, dans ce cas, a servi de véhicule aux germes du paludisme. C’est seule-
ment ainsi que je puis m'expliquer que des cas de fièvre inter-
mittente se soient produits chez des hommes qui n'avaient pas quitié la Casbah et que, parmi les troupes casernées à la Casbah, les seuls militaires ayant pris la fièvre aient été ceux qui buvaient de l’eau pure en très grande quantité.
M. le professeur L. Colin a soumis à une sévère critique quelques-uns des faits cités plus haut, notamment le fait de
Argo.(De l'ingestion des eaux marécageuses comme cause de la dysenterie et des fièvres. Ann. d'hygiène publique et de
. méd. lég., 2° série, 1872, t. XXXVIII.) Les objections que
* M. L. Colin fait au récit de Boudin et à ses conclusions, ont certainement une grande valeur; il est cependant difficile de croire que Boudin se soit mépris complètement, grossièrement, sur la nature des accidents qu’il observait, et que ces militaires qui présentaient, selon lui, « les signes les moins équivoques de l'intoxication paludéenne sous toutes les rormes, sous tous les types », n'aient été que des typhoïdiques.
M. L. Colin fait remarquer avec raison que, lorsqu'un individu habitant un pays palusire et faisant usage d’une eau stagnante pour sa boisson, prend la fièvre intermittente, il est impossible d'en conclure que l'infection s’est faite par l’eau plutôt que par l'air ; mais cette objection se retourne contre les partisans de l'infection par l'air, attendu qu’un malade qui contracte la fièvre dans une localité a presque toujours fait usage de l’eau de cette localité en même temps qu’il en respirait l'air.
Même en écartant les exemples douteux d'infection par l’eau 4
potable, on peuf encore établir sur un nombre de faits très respectable les propositions qui suivent :
MODES DINFECTION à "
” # 6, “ ns une même localité, des individus. ;
entiques, mais faisant usage pour
Ja boisson d’eat provenance différente soient les uns attein
dans une forte proportion, les autres épargnés par gi fièvres palustres. à
LPS FT Dans beaucoup de localités autrefois insalubres, il a suffi 1 len tre à la disposition des habitants une eau pure à la place
de l'eau stagnante qui servait primitivement à la boisson, pour | “oirles fièvres palustres disparaître. LT | |
Ds Dans des localités très saines d’ailleurs on peut contracter la fièvre palustre quand on boit l'eau provenant de localités insalubres, et les individus les plus exposés à contracter 1 |
fièvre dans ces conditions sont ceux qui font la plus gr
Consommation d'eau pure. À
Les voyageurs qui parcourent des contrées très malsaines ‘4 up de chances de se préserver des fièvres, s'ils ne boi- “
e] eau bouillie ; ceux qui ne prennent pas cette pré-
parfaite, leur airatfon dans les eaux rise pour la boisson rendent évidemment leur recherche très difficile par les ps procédés ordinaires.
M. Certes a conseillé, pour mettre en évidence les infusoires ER . renfermés dans les eaux potables, la méthode suivante, qui pourra peut-être faciliter la recherche des microbes du palu- 2
disme é On recueille dans une éprouvette 30 centimètres cubes | ‘à de l'eau à analyser, on y ajoute 1#,50 environ d’une solu- | À tion à d'acide osmique à un pour cent, et on laisse a. Les | Ke" à in dites tués et durcis par l'acide osmique gagnent le fond de
Er LS D? LAVERAN, FIÈVRES PALUSTRES, 30
l’éprouvette et on les trouve facilement en recueillant quelques gouttes d’eau à la partie inférieure du vase au moyen d'une pipette, on peut aussi colorer à l’aide de différents réactifs les infusoires qui sont précipités. (Certes, Analyse micerographique des eaux. Académie des sciences, 14 juin 1880.)
M. Magoi,en se servant de ce procédé, est arrivé à mettre en évidence dans l’eau la plus pure en apparence des tres microscopiques qui sont invisibles quand on ne fait pas usage de réactifs et qu'il désigne à cause de cela sous le nom d’afaneri (invisibles).
A ceux qui s’étonneraient de la difficulté qu'on a à trouver dans l’eau des localités où règne la malaria les microbes du pa- Judisme ou leurs germes, je rappellerai que cette recherche est très difficile, même pour des parasites relativement volumineux, comme les oxyures, les ascarides, les ténias, les échino-
coques; d'autant que ces parasites se trouvent dans le milieu
extérieur sous des formes absolument différentes de celles qu'ils prennent dans notre économie. F
Si nous avions à notre disposition un animal susceptible de contracter le paludisme, cela faciliterait beaucoup l'analyse des eaux potables au point de vue des germes du paludisme, mais l'animal pouvant servir de réactif n’a pas encore été découvert.
On a dit que les microbes du paludisme ne pouvaient pas pénétrer dans l'économie par les voies digestives, attendu que, introduits dans l'estomac, ils seraient rapidement digérés et détruits ; et à l'appui de cette assertion on a cité quelques expériences faites sur des infusoires et des amibes et démontrant que ces animalcules étaient détruits quand on les soumettait à des digestions artificielles.
J'admire avec quelle aisance certains auteurs tranchent les