DU FRISSON, ETC
ou telle partie du corps; on doit admettre également que les centres nerveux peuvent agir d'une façon directe sur la nutrition des tissus et sur la calorification. Existe-t-il dans la moelle, dans le bulbe ou dansle cerveau, des centres modérateurs de la chaleur animale comme quelques observateurs ont cherché à le démontrer? Ce n'est encore là qu'une hypothèse qui rend compile de quelques faits, mais qui est en contradiction avec d’autres. Quoi qu'il en soit, un fait est hors de doute, et cela nous suffit, c’est que la moelle épinière agit sur la calorification : certains traumatismes qui portent sur la partie supérieure de la moelle produisent, comme on sait, des élévations considérables de la température.
Le frisson qui marque le plus souvent le début des accès de fièvre, s'explique quelquefois par un abaissement réel de la température des parties périphériques, mais le plus souvent cette théorie du frisson est inadmissible, attendu que la température des parties périphériques s'élève en même temps que celle des parties centrales.
Lorain a proposé l'explication suivante de la sensation subjective du froid qui constitue le frisson fébrile.
« Lorsqu'un homme s’est équilibré avec le milieu ambiant, il n'en éprouve aucun malaise. Ainsi il n'y a que la soudaineté du changement d’un milieu à un autre qui nous émeuve. L'accoutumance au contraire amène une sorte d'adaplation ou d'accommodation entre nos tissus et le milieu.
« Si l’on prend un homme qui ait une température propre de 37° à la peau et qu'on le déplace pour le plonger alternativement, non plus dans un milieu tempéré comme celui où il se trouvait, mais dans une glacière, puis dans une étuve, il éprouvera un frisson dans la glacière, une sensation d'étouffe-
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ment dans l’éluve, parce qu'ilne peut pas s'adapter instantané: ment à ces milieux si différents. Mais laissez-le dans l’une ou dans l’autre pendant un temps suffisant, son malaise disparaîtra, il sera adapté.
« Renversons la proposition: au lieu que ce soit un même homme mis aux prises avec des milieux différents, supposons que le milieu ne change pas, mais que ce soit l'état propre de l’homme qui change. Voici ce qui se produira : la peau, qui était a 37° tombe à 35°, parce que la circulation se concentre en dedans et abandonne les capillaires de la peau; cet abaissement du niveau de la chaleur propre de l'individu a pour effet de changer le rapport qui existait entre sa peau et les milieux (macrocosme et microcosme) et de lui donner une sensation de chaleur. Inversement lorsque subitement la peau monte de 2 ou 3 degrés, elle se désadapte en sens inverse, et il y a frisson. » (Lorain. Études de médecine clinique, t. I, p. 6.)
Cette théorie du frisson me paraît passible de plusieurs objections : 1° Il y a quelquefois abaissement de la température des parties périphériques pendant le frisson, et dans ce cas les malades devraient éprouver au contraire, d’après Lorain, une sensation de chaleur ; 2 l'ascension thermométrique n'est pas instantanée, et les ascensions les plus fortes ne dépassent pas 4 à 5 degrés, or une différence aussi peu importante dans la température du milieu extérieur détermine très rarement le frisson, sans quoi nous aurions de violents frissons chaque fois qu'en hiver nous sortons d’une chambre bien chauffée pour aller au dehors ; 3° on constate de très grandes différences individuelles et il n’est pas possible, d'après l'étude de la température centrale et périphérique d’un malade, de dire si un accès fébrile s’est accompagné ou non de frisson, ni si Le frisson a été