DU FRISSON, ETC
léger ou violent; 4 le frisson fait souvent défaut, alors même que la température s'élève très haut et très vite.
La désadaptation du corps du fébricitant à la température du milieu extérieur est très probablement, comme le dit Lorain, une des causes du frisson et la preuve en est que le frisson est beaucoup plus rare dans les pays chauds et dans la saison chaude que dans les pays froids et dans la saison froide; mais d'autres causes paraissent intervenir et jouer un rôle plus important encore ; en tête de ces causes doit figurer, ce me semble, l'irritation médullaire. ”
Depuis longtemps les médecins ont été conduits à expliquer par une irrilation cérébro-spinale les principaux accidents du paludisme et notamment la fièvre intermittente.
D'après Rayer la fièvre intermittente est une névrose cérébrospinale, qui peutêtresimple ou compliquée. (Art, Intermittentes du Diction. de méd.).
Guérin, de Mamers, pense que la fièvre intermittente est produite par une irritation très passagère du système nerveux cérébro-spinal, et, de même que Rayer, il la compare à une névrose. (Journ. des progrès, 1830, cilé par Maillot, op. eit., p. 318.)
« La cause prochaine des fièvres d'accès par miasmes, dit Fodéré, paraît consister de prime abord dans une subisritation de la moelle de l'épine, d’où tout le système nerveux est ensuite sympathiquement affecté. » (Leçons sur les épidémies, t. LI, p. 193, cité par Maillot.)
Le titre seul du Traité des fièores ou irritalions cérébrôspinales intermitlentes, montre bien quelle importance Maillot attribuait au système nerveux dans la pathogénie des accidents du paludisme; nul n'a plaidé cette cause avec plus
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de conviction et de talent qu’il ne l’a fait et n’a fourni plus de pièces à l'appui,
Parlant du stade de froid de l'accès fébrile, Maillot écrit : « Frissons, froid, tremblements, douleurs lombaires : voilà les faits saillants. Sur la valeur de ces deux derniers signes, pas de contestation, ils révèlent l'affection de la moelle épinière... Il en est de même des frissons que l’on retrouve toutes les fois que les centres nerveux sont fortement ébranlés..…. Quant au froid, on connaît l'influence du système nerveux sur la calorification : d’ailleurs dans le cas dont il s’agit l’aberration de Ia sensibilité qui fait éprouver un froid très vif, tandis que le plus souvent il n’y a pas d’abaissement réel de température, cette aberralion, dis-je, ne démontre-t-elle pas de la manière la plus manifeste le trouble des centres nerveux ? » (Opseiti:;pr321.)
Maillot n'a pas de peine à montrer que les accès délirants et comateux s'expliquent très bien par l’irritation du cerveau et des méninges; quant aux accès pernicieux algides, il constate que c'est sur des sujets-morts d'accès algides qu’il a trouvé les lésions les plus importantes de la moelle. (Op. eit., p. 335.)
Maillot conclut en ces termes : « L'irritation active et hypérémique de l’axe cérébro-spinal, voilà donc ce qui constitue la nature, l'essence des fièvres intermittentes, soit qu'on étudie les fièvres simples ou bien celles qui-deviennent pernicieuses par la lésion directe du système nerveux, ou bien enfin celles qui sont compliquées d'irritations thoraciques ou abdominales. » (Op: cit, D.:330;)
Nous savons aujourd’hui que l'irritation céréoro-spinale qui produit la fièvre intermittente n’est pas primitive et nous en connaissons la cause, mais la théorie de Maillot est encore la meilleure que l’on puisse donner des accidents du paludisme.
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