‹ Traité des fièvres palustresChapitre 139 sur 166 · ACCOUTUMANCE · texte numérisé non relu

ACCOUTUMANCE

soldats étaient horriblement décimés par lesfièvres pernicieuses, les Arabes à notre solde, exposés également aux fatigues du camp, ne contractaient que des fièvres bénignes. » (Maillot, ôp..cit., p. 265.) |

Le système nerveux s’accoutume à l’irritation produite par la présence des microbes du paludisme dans le sang, de même qu'il s'accoutume à certains irrilants externes qui finissent par ne plus l’impressionner. Chacun sait que les femmes de Ja campagne, qui ont l'habitude de manier des orties, peuvent le faire sans éprouver la moindre douleur, sans que leurs mains

soient le siège d'aucune éruption ; les piqûres des moustiques

sont moins douloureuses et donnent lieu à une éruption bien

moins apparente chez les personnes qui habitent depuis longtemps les localités où ces insectes abondent, que chez les personnes qui y arrivent. Il serait facile de multiplier les exemples qui démontrent que l'irritabilité du système nerveux diminue par l’accoutumance.

Nous avons vu que la grande majorité des accès de fièvre

intermittente s’observaient de minuit à midi; beaucoup de

parasites ont une activité plus grande la nuit que le jour : tel est, par exemple, le cas des filaires, dont il est souvent impossible de constater la présence dans le sang pendant.le jour;ül est probable qu'il en est ainsi des microbes du paludisme ; le sommeil, en diminuant l'irritabilité du système nerveux, retarde un peu l'heure des accès, et c'est le matin, au réveil ou peu de temps après, que la fièvre éclate. Il n’y a là du reste rien d’absolu, les microbes du paludisme circulent souvent en très grand nombre dans le sang pendant le jour et ils peuvent provoquer des accès de fièvre à toute heure.

Au nombre des phénomènes d'irritalion produits par les

LAVERAN, FIÈVRES PALUSTRES. al

sat Fp

parasites, il faut citer encore la céphalalgie, la rachialgie, les douleurs névralgiques, le délire, les convulsions. La pathogénie de ces accidents est trop simple ici pour qu’il soit nécessaire d'y insister.

On comprend sans peine que deS parasites du sang, dont le volume est quelquefois supérieur à celui des hématies, puissent déterminer des obstructions vasculaires ; il y aurait même lieu de s'étonner de la rareté assez grande de ces accidents chez les paludiques, si nous ne savions : 4° que le volume des éléments parasitaires les plus gros diffère peu de celui des hématies ; 2% que les filaments mobiles sont d'une finesse qui leur permet probablement de franchir tous les réseaux capillaires et que l'élasticité des corps kystiques est comparable à celle des leucocytes ou des hématies ; 3° que les leucocytes s'emparent des cadavres des parasites et du pigment mis en liberté, et se chargent de transporter ces corps étrangers en dehors des vaisseaux.

Les oblitérations vasculaires produites par les parasites du

: PE tutiaue se traduisent naturellement par des symptômes très

variables, suivant l’organe intéressé.

Les accès pernicieux comateux s'expliquent très bien par l'accumulation des éléments parasitaires dans les capillaires

+ scérébraux ; ce n'est pas là une hypothèse; chez les sujets

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