‹ Traité des fièvres palustresChapitre 138 sur 166 · DE L'INTERMITTENCE · texte numérisé non relu

DE L'INTERMITTENCE

de M. le Dr Richard, la fièvre tierce et la fièvre quarte? Ces ty- # pes s’observent chez les individus affaiblis, anémiés, dans le n

sang desquels la pullulation des parasites se fait très facilement, et il faudrait admettre cependant que Les microbes mettent deux et trois fois plus de temps à se reproduire chez ces malades que chez ceux qui ont des fièvres quotidiennes. |

Comment expliquer encore les accès prolongés et subintrants, les fièvres continues palustres ? M. le D' Richard en est réduit 1 à invoquer un miasme différent du miasme palustre, qui s'u- 40 nirait à ce dernier pour produire la continuité des fièvres, hypothèse qui me paraît difficile à défendre.

Pourquoi le nombre des microbes diminue-t-il en général dans le sang des paludiques après les accès de fièvre ?

Faut-il croire que c’est là seulement une question de température et que les microbes du paludisme qui prospèrent dans le sang à 37°, meurent quand la température de ce sang monte à | 40 ou 41° ? Une si grande sensibilité à la chaleur parait peu 1% probable ; j'ai du reste trouvé fréquemment dans le sang de malades qui avaient ou qui venaient d'avoir des températures supérieures à 40°, des microbes animés de mouvements très vifs ;

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on pourrait trancher la question en soumettant directement une |

préparation histologique renfermant des microbes du paludisme ue

à des températures de 40 à 41°, je n'avais pas à Constantine de platine chauffante et je n'ai pas pu faire cette expérience,

11 me paraît probable que la chaleur n'agit que d'une manitre

spi sur les microbes du paludisme. On sail que sous l'in-

* fluence de la chaleur artificielle, les leucocytes acquièrent une

é très grande ; les mouvements amiboïdes s’exagèrent, et der

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à : hp au contact des leucocytes des grains pigmentés, on } a e oritn qu ‘ils s’en emparent et les englobent très rapidement

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La chaleur fébrile agit certainement comme la chaleur artifi: cielle dans cette expérience ; chez le fébricitant l’activité des leucocytes s’exagère, et les éléments parasitaires deviennent plus facilement leur proie que chez l'individu dont la température est normale. |

Mais revenons à l’intermittence et à la recherche de ses causes.

Il est probable, ainsi que je l’écrivais déjà en 1881 (Nature parasitaire des accidents de l’impaludisme, p. 97), que lirritabilité de la moelle épinière ést épuisée après chaque paroxysme fébrile, et que l'intervalle qui sépare les accès représente le temps nécessaire pour que cet épuisement se dissipe.

S'agit-il d’un homme vigoureux qui a la fièvre palustre pour la première fois; les accès se succèdent à de courts intervalles, ils peuvent même être subintrants.

Le malade est-il au contraire anémié, affaibli déjà par plusieurs atteintes de fièvre ; l'épuisement nerveux qui suit chaque paroxysme se dissipe lentement et les accès ne se succèdent qu'à de longs intervalles. Certains cachectiques palustres ont très rarement des accès de fièvre, c’est le cas des individus qui habitent depuisleur enfance des localités marécageuses.

« L'habitude, dit Maillot, émousse l'activité des émanations marécageuses, en ce sens du moins que les indigènes n’ont très souvent que des fièvres peu graves, alors que les étrangers placés accidentellement dans le foyer des miasmes, éprouvent les accidents les plus formidables : c'est une remarque qui n’a échappé à aucun des auteurs qui ont écrit sur les fièvres intermittentes et dont j'ai eu souvent l'occasion de vérifier la justesse en Corse et en Afrique. Pendant que, dans ce dernier pays, nos

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