ACCIDENTS CÉRÉBRAUX
sans, c'est qu'il était difficile de comprendre comment des thromboses produites par du pigment pouvaient se dissiper en quelques heures. On a toujours objecté à Frerichs la rapidité avec Ja rs les | er. et le coma lui-même dispa-
Cè pernicieux, pour
se dissiper enog: on ne s’expliquait pas non ci ‘pémment le sulfate de pe * Éitne pouvait agir sur des thromboses pigmentaires, et per- É.. sonne ne songeait à nier l'efficacité merveilleuse de ce médi- 1 cament chez les malades atteints d'accès pernicieux comateux. Le fait que l'obstruction des vaisseaux cérébraux estproduite, non par des poussières inertes, mais par des éléments parasitaires, répond à toutes ces objections; il est facile en effet de comprendre que les microbes qui ont obstrué pendant quelques heures les petits vaisseaux cérébraux puissent être entraînés de nouveau dans le torrent circulaloire, surtout si le sulfate de
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quinine, administré à forte dose, vient les engourdir où
les tuer. SAS À
Les thromboses vasculaires d'origine rune 8x | les paralysies et les aphasies transitoires qui ont été obser e quelquefois dans le cours des accès de fièvre. |
Dans certains cas, heureusement rares, les lbrombosese se dissipent pas avec les accès de fièvre; elles donnent alors nai sance à des foyers de ramollissement, et, si elles intéressent L zone motrice, à des paralysies plus ou moins persistantes.
L'accumulation des éléments parasitaires dans les petits vaisseaux explique encore la fréquence des hémorrhagies capillaires dans les formes graves du paludisme. M. le D' Marchiafava a observé souvent des hémorrhagies ponctiformes ne? A
+ les cenires nerveux et les méninges.
484 à PATHOGÉNIE
J'ai noté, chez plusieurs individus morts de fièvre pernicieuse, des hémorrhagies capillaires très nombreuses dans la peau et dans les séreuses, notamment dans le mésentère. Sur un sujet mort de fièvre pernicieuse pendant l'été 1882, dans le service d’un de mes collègues de l'hôpital militaire de Constantine, le mésentère et le grand épiploon étaient criblés d'hémorrhagies ponctiformes, produites évidemment par l'accumulation des éléments pigmentés dans les petits vaisseaux.
Les épistaxis sont très communes dans le paludisme, mais l’hémorrhagie nasale est un phénomène trop banal pour qu'il soit nécessaire d’invoquer ici la présence des microbes.
L'hémoptysie, la gastrorrhagie et l’hématurie ne, sont pas très rares chez les paludiques. Dans les reins les éléments parasitaires sont retenus par les glomérules de Malpighi comme par un filtre, et dans le cas où ces éléments sont nombreux, on conçoit que la circulation rénale et, par suite, l’excrétion de l'urine puissent être arrêtées complètement, comme chez ce malade dont j'ai déjà parlé qui, pendant plusieurs jours, présenta une anurie complète et dont les deux reins étaient infiltrés de sang.
L’albuminurie transitoire qui s’observe assez souvent pendant les accès de fièvre intermittente, s'explique par le même mécanisme que l’hématurie. L'oblitération d’un certain nombre de glomérules par les éléments parasitaires a naturellement pour effet d'augmenter beaucoup la tension du sang dans ceux qui sont restés perméables.
L’accumulation des éléments parasitaires dans certains déparements vasculaires de la rate paraît pouvoir donner naissance a des infarctus qui sont suivis ou non de suppuration.
D'après MM. Tommasi Crudeli, Marchiafava et Ferraresi, les
2 à PHLEGMASIES SECONDAIRES 485 embolies pigmentaires des capillaires du poumon peuvent devenir le point de départ d’une tuberculose miliaire (v. chapitre vi, p. 382).
L'’amblyopie palustre s'explique très bien par les embolie-
que les parasites forment dans les artères de la rétine.
Dans le paludisme aigu, la présence des éléments parasitaires détermine des hypérémies, des congestions passagères de différents organes sans inflammation proprement dite, auss les organes congestionnés (rate, foie) reprennent vite leur volume normal dès que la fièvre a disparu. Quand les malades succombent rapidement, on ne trouve à l’autopsie aucune lésion inflammatoire des viscères.
A la longue, lirritation produite par la présence des microbes du paludisme et par les congestions répétées qui en résultent donne naissance à des phlegmasies chroniques qui ont naturellement leur siège d'élection dans les viscères qui servent plus spécialement d'habitat aux parasites du paludisme.
La rate présente constamment chez les individus qui ont eu plusieurs atteintes de fièvre intermittente, des altérations inflammatoires : splénite interstitielle, périsplénite ; et dans la cachexie palustre on observe une véritable cirrhose hypertrophique de la rate.
La cirrhose du foie vient, par ordre de fréquence, après celle de la rate, on peut citer ensuite la néphrite et la pneumonie chronique ; dans tous ces cas, le point de départ ordinaire des lésions inflammatoires est dans le système vasculaire ; il s'agit le plus souvent de cirrhoses vasculaires.
Les lésions de l’inflammation chronique une fois constituées dans un viscère peuvent persister et s'aggraver après guérison
-du paludisme.
Un malade qui à été atteint de gale peut conserver longtemps
après la disparition des sarcoptes un eczéma qui, provoqué par la maladie parasitaire, lui survit et prend une marche © chronique.
De même on observe des cirrhoses du foie et des néphrites d'origine palustre chez des malades qui n’ont plus depuis longtemps d'accès de fièvre intermittente et dans le sang desquels on ne trouve plus trace des parasites du paludisme.
La cirrhose hypertrophique de la rate persiste longtemps après la guérison du paludisme. | |
Les microbes du paludisme paraissent pouvoir vivre longtemps à l’état enkysté dans les sinus de la rate ; c’est ainsi qu'on s'explique que la maladie, après plusieurs mois de silence, puisse reparaître tout à coup, alors que les paludiques ont quitté les foyers dans lesquels ils ont contracté la fièvre et qu'il est impossible d’invoquer une nouvelle infection.
Toutes les causes susceptibles d'activer la circulation peuvent remettre en mouvement les germes qui sommeillent dans des vaisseaux peu fréquentés d'ordinaire et occasionner, par suite, une rechute de fièvre ; tels sont les excès de tout genre, les fatigues, les grands traumatismes, les émotions vives.