‹ Traité des fièvres palustresChapitre 142 sur 166 · CHAPITRE IX Le · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX Le

pere TRAITEMENT. — PROPHYLAXIE

ACTION SPÉCIFIQUE DU QUINQUINA DANS LE TRAITEMENT DU PALU- DISME.—- CETTE ACTION S'EXPLIQUE PAR LES PROPRIÉTÉS PARA- SITICIDES DU QUINQUINA ET DES SELS DE QUININE. — NÉCESSITÉ

DES TRAITEMENTS SUCCESSIFS. — TRAITEMENT DES ACCÈS PERNI- CIEUX. — AVANTAGES DE LA MÉTHODE HYPODERMIQUE. — TRAITE- MENT DE LA CACHEXIE PALUSTRE. — SUCCÉDANÉS DU SULFATE DE QUININE : SULFATE DE CINCHONINE, ARSENIC, IODE, ETC. — ASSAINISSEMENT DES LOCALITÉS PALUSTRES. — PROPHYLAXIE INDI- | ‘4 VIDUELLE. ds

Nous connaissons aujourd’hui la 'cause des fièvres palustres,

nous connaissions depuis longtemps le remède qu'il convient , F

de leur opposer. . ra :34 L'histoire de la découverte du quinquina a tout l'intérêt ‘4

d'un roman, mais elle est trop connue pour que je la conte si

ici dans le détail : il me suffira d'en rappeler les principales Le péripéties. F u On sait que la femme du vice-roi du Pérou, comte d'El Cin- :"4

chon, étant atteinte de fièvre intermittente, un corrégidor du hs N:

Loxa lui conseilla l’usage d'une poudre, qui la guérit. 2008

és

Joseph de Jussieu, qui fut envoyé en Amérique en 1735, désigne les Indiens du village de Malacotos, à quelques lieues de Loxa, comme les premiers qui aient connu les propriétés fébrifuges de l'écorce qui fut connue d’abord sous le nom d'’écoree du Pérou.

En 1640, la comtesse d’'EI Cinchon rapporta en Europe la poudre à laquelle elle devait sa guérison et la distribua ellemême, d'où le nom de poudre de la Comtesse ; en 1649, les jé suites de Rome reçurent une grande quantité de cette poudre fameuse et la mirent en vogue, d’où le nom de poudre des Jésuites ; on sait enfin qu'en 1679, Louis XIV fut guéri d’une fièvre intermittente rebelle à l’aide d’un remède secret par un empirique anglais, nommé Talbot. Le grand roi acheta à Talbot son secret moyennant la somme de 48,000 livres et une pension viagère de 2,000 francs et le rendit public. (Le remède angiois pour la guérison des fièvres, publié par ordre du Roi, par M. de Blegny, Paris, 1682.)

Louis XIV fut quelque peu exploité en cette circonstance. Le remède secret, si bien payé par lui, n’était autre qu'une teinture vineuse de quinquina très concentrée, et Sydenham nous apprend que l'écorce du Pérou était connue et très appréciée en Angleterre dès 1660.

. L'arbre qui fournit le quinquina ne fut décrit qu’en 1738 par La Condamine, qui avait été envoyé au Pérou pour y mesurer quelques degrés du méridien.

Depuis cette époque, le quinquina a donné lieu à un très grand nombre de travaux, en tête desquels il faut citer iei ceux qui nous ont fait connaître la quinine et qui ont rendu ainsi un service signalé à la thérapeutique.

C’est en 1820 que Pelletier et Caventou ayant soumis le quin-

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