‹ Traité des fièvres palustresChapitre 153 sur 166 · RAR · texte numérisé non relu

RAR

sont atteints d'hypertrophie du foie et de la rate (op.cit., p. 117),

Les eaux minérales alcalines, celles de Vichy notamment, donnent souvent de bons résultats, mais le médecin qui envoie un paludique à Vichy, doit savoir que l'excitation produite par les eaux, principalement par les bains, détermine souvent une rechute de fièvre; on pourra donner le sulfate de quinine de manière à prévenir cette rechute, ou bien se contenter de faire prendre l’eau de Vichy à l’intérieuret à petite dose.

Les hydropisies qui ne se rattachent pas à une altération des reins et qui ne s’accompagnent pas d'albuminurie, se dissipent en général rapidement, dès que l'état général s'améliore ; on peut hâter leur disparition à l’aide des diurétiques.

Lorsqu'il existe de l’albuminurie et qu’il y a lieu de penser que le malade a une néphrite aiguë ou subaiguë, le régime lacté est indiqué, et il donne souvent d'excellents résultats.

La médication spécifique du paludisme réussit d'autant mieux que le malade est placé dans de meilleures conditions hygiéniques.

Parmi ces conditions, la plus importante est de soustrairele plus rapidement possible le malade à l'action du paludisme. On conseillera aux personnes qui habitent des localités insalubres d'abandonner ces localités au moins pendant la saison endémoépidémique des fièvres. Un changement de climat produit en général les meilleurs résultats.

I ne faudrait pas croire toutefois qu'un malade qui a pris la fièvre en Algérie, par exemple, se trouve guéri par le seul fait qu'ilrentre en France: la fièvre récidive souvent pendant plusieurs mois où même plusieurs années, après que le malade a

quitté les localités fébrigènes, et le changement de climat ne peut

CINCHONINE d19

figurer que parmi les conditions adjuvantes du traitement au même titre que la médication tonique et reconstituante.

Les individus affaiblis, anémiés par une ou plusieurs atteintes de fièvres palustres doivent éviter les fatigues et toutes les causes débilitantes ; une bonne alimentation leur est nécessaire.

Aucun des nombreux médicaments qui ont été préconisés comme succédanés de la quinine, ne mérite véritablement ce titre : aucun d'eux ne possède une efficacité comparable à celle de la quinine dans le traitement du paludisme, aussi est-ce à la quinine qu'on a recours toutes les fois qu'il s’agit de fièvres graves.

Les prétendus succédanés de la quinine n'ont jamais eu de vogue dans les pays chauds, là où l’endémie palustre sévit avec force; c’est surtout dans le traitement des fièvres intermittentes légères des pays tempérés que ces médicaments ont été employés et qu’ils ont donné de faciles succès.

Le sulfate de cinchonine a l'avantage de coûter moins cher que le sulfaté de quinine; malheureusement son action fébrifuge ne peut pas être comparée à celle de la quinine, ainsi qu'en témoignent les expériences faites dans les hôpitaux militaires de l'Algérie et de Rome par L. Laveran, Goze, Wahu, Barbv, Rouis, Folie-Desjardins, Vital, Maignen, Mayer, Michel Lévy. (Voir le résumé de ces travaux in Rec. de mém. de méd. militaire, 3° série, t. IT.)

À Blidah, quatre-vingt-huit malades traités par l’expectation ont donné deux cent trente-cinq accès, en moyenne 2,58 ; cinquante-six, traités par le sulfate de quinine, ont donné cinquante accès, soit 0,9 en moyenne ; avec le sulfate de cinchonine, la moyenne des accès a été de 2,45 c’est-à-dire à

916 TRAITEMENT peine inférieure à celle de l’expectation pure et simple. « L'action du sulfate de cinchonine, dit mon père, m'a paru d'autant moins efficace que les fièvres étaient et plus récentes et plus intenses. Pendant Ja saison épidémique son défaut d'efficacité ressortait de la simple observation et était d'autant plus frappant que je me suis abstenu de le donner dans les accès graves où le caractère pernicieux était imminent. » (L. Laveran, Étude sur l'action comparée du sulfate de quinine, du sulfate de cinchonine et du quinium dans le iraitement des fièvres intermittentes d'Afrique, in Gazette médicale de Paris, 1856.)

Le quinium s’est montré encore moins actif que le sulfate de cinchonine; trente malades atteints d'accès récents et trailés parle quinium ont eu soixante-quinze accès, ou 2,50 en moyenne, rapport très peu éloigné de celui qui avait été fourni par l’expectation.

En 1872, M. Briquet a essayé de réhabiliter le sulfate de cinchonine; M. Briquet reconnaît que lé sulfate de cinchonine ne peut pas remplacer le sulfate de quinine dans le traitement des fièvres palustres des pays chauds; mais il pense qu’on peut utiliser ce sel pour le traitement des fièvres de France ; voici les règles qu'il trace pour son emploi (Académie de médecine, séance du 1° octobre, 1872) :

4° Donner le sulfate de cinchonine en solution, ou, si on le donne en poudre, faire prendre aussitôt après l’ingestion un verre d’une boisson acidulée ;

20 Toujours fractionner les doses et les faire prendre en cinq

ou six fois d'heure en heure ; 3° Laisser entre la dernière prise et l’accès futur un intervalle

de huit à douze heures.

‘ 1 . * r A"TA (- ’ Pa « | 7 ér ‘ .

x ; kr

Page 1