‹ Traité des fièvres palustresChapitre 59 sur 166 · NATURE · texte numérisé non relu

NATURE

… véritable nature du pigment palustre, notamment par Plôsz | ;tréuid Jahrbuch, 1871, Bd I, p. 93), tendent à démontrer que ce pigment est const er de l’hématine et qu'il dérive . directement des corpuscules rouges du sang. Il paraît très vraisemblable, en effet, que les grains pigmentés . ne sont que des produits de destruction des hématies, des résidus de leur digestion par les microbes du paludisme, si j'ose - ainsi dire, résidus qui s'accumulent dans l'intérieur des corps kystiques. Lorsque les filaments mobiles se sont suffisamment développés, ils s’agitent dans l’intérieur de leurs kystes et ils communiquent des mouvements très vifs aux grains pigmentés - renfermés comme eux dans les kystes. Les mouvements des . grains pigmentés dans l'intérieur des corps n° 2 ne seraient | donc que des mouvements communiqués.

Lorsque les filaments mobiles ont réussi à sortir de leurs kystes et qu'ils sont devenus libres, on constate toujours que les grains pigmentés restent immobiles dans les kystes flétris el qu'ils tendent à s'agglomérer ; ces grains pigmentés qui se rencontrent à l’état libre dans le sang, et qui sont repris par les leucocytes, ne possédent aucun mouvement propre.

Les filaments mobiles, qui représentent l’état adulte des mi-

crobes, ne renferment pas de pigment. Ces filaments sont si fins, si transparents qu’on s'explique très bien qu'ils ne soient pas visibles, quand ils sont pelotonnés dans l'intérieur des corps - n° ?, et qu'on ne puisse apercevoir que les grains pigmentés, qu ils mettent en mouvement.

Quelle place faut-il assigner aux microbes du paludisme dans la classification des parasites? Peut-on les faire rentrer dans la

206 MICROBES DU PALUDISME classe des schizophytes; ou bien s'agit-il d'êtres d'un ordre plus élevé?

La plupart des auteurs s'accordent à reconnaître que les ferments animés schizophycètes ou schizophytes (de oyiça, séparer, et gèxo, algue) peuvent se classer en cinq groupes ou genres, qui comprennent chacun un certain nombre d'espèces.

1° Genre Coccus {synonymie: coccos,monades, sphærobactéries, bactéries sphériques, micrococcus). Petits corps globuleux visibles seulement à de forts grossissements; souvent groupés ou en chapelets, se multipliant par segmentation trans versale, immobiles. |

Cohn divise les coccos en C. pigmentaires, C. zymogènes et C. pathogènes (septicus, diphthericus).

2 Genre Bactérie. Bâtonnets cylindriques, rigides, plus ou moins nettement articulés, doués d’un mouvement vacillant, non ondulatoire, se reproduisant par segmentation transversale; ou à l’aide de spores ou corpuscules germes qui se développent dans l'intérieur des articles et qui deviennent libres à un moment donné.

3° Genre Bactéridie (Davaine), Bacillus (Cohn). Bâtonnets rigides, plus ou moins longs, articulés, immobiles à toutes les phases de leur existence, se reproduisant comme les bactéries, par segmentation transversale ou à l’aide de corpuscules germes. Type : bactéridie charbonneuse.

4 Genre Vibrio. Corps filiformes plus ou moins nettement articulés, susceptibles d’un mouvement ondulatoire, se reproduisant comme les bactéries.

5 Genre Spirillum. Filaments très fins, contournés en spirale et ne pouvant pas se redresser, doués d’un mouvement

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