LORS
ont signalé la prédominance du type quotidien sur les types tierce et quarte.
Antonini et Monard frères comptent à Alger, sur sept cent soixante-seize cas de fièvre intermittente : cinqcent quatre-vingtdix-neuf quotidiennes, cent soixante-onze tierces et six quartes. - Maillot, à Bône, sur deux mille trois cent trente-huit cas : mille cinq cent quatre-vingt-deux quotidiennes, sept cent trente tierces et vingt-six quartes.
Finot, à Blidah, sur quatre mille deux cent onze cas : deux mille neuf cent quatre-vingt-quatre quotidiennes, mille deux cent six tierces, vingt et une quartes.
Casimir Broussais, à Alger, sur six cent quatre-vingt-neuf cas : quatre cent treize quotidiennes, deux cent cinquante-neuf tierces et dix-sept quartes.
Durand de Lunel, à Tenès, sur six cent vingt-cinq cas : quatre cent dix-huit quotidiennes, deux cent une tierceset six quartes. (Durand de Lunel, Traité dogmatique et pratique des fièvres intermittentes, Paris, 1862.)
Encore existe-t-il dans ces statistiques une cause d'erreur et peut-on dire que les chiffres attribués aux fièvres tierces et aux quartes sont certainement supérieurs aux chiffres vrais. Les fièvres intermittentes tierces et quartes sont essentiellement des fièvres de récidive; aussi arrive-t-il souvent qu’un même malade entre trois ou quatre fois à l'hôpital pourfièvre tierce, et figureun même nombre de fois sur la statistique alors querégulièrement il ne devrait y figurer qu'une fois et pour la maladie qui a été la
première manifestation du paludisme. Dans une statistique dres-
sée de cette manière, le nombre des fièvres tierces et des fièvres
quartes tomberait encore bien au-dessous des chiffres donnés plus haut.
; Op plus communes que les quotidiennes ; c’est ainsi qu'à
Pubingue, Griesinger à complé,sur quatre cent quatorze malades teints de #Mniermittente deux cent soixante-huit lierces (64,9 pour 100), cent vingt-deux quotidiennes (29,2 pour 100), trois e. quartes et vingt et une irrégulières. (Griesinger, op. cit. p. 31.) À D'une facon générale on peut dire que les types à longues Btcrmittences dominent dans les pays froids et tempérés, tandis
pue la tendance à la continuité s'accuse de plus en plus à
. mesure qu'on se rapproche davantage de l'équateur. Aux Indes
les fièvres continues palustres presque inconnues dans nos
- climats, deviennent plus communes même que les fièvres
quotidiennes.
D 1 paraît évident que la chaleur exerce une grande
- influence sur Ics modifications que subit le type des fièvres.
- L'action des saisons sur les fièvres d’une même localité en
. fournit une nouvelle preuve.
De En Algérie, par exemple, et en Italie on n'observe les fièvres Continues palustres que pendant la saison chaude. A Le épo- | que cesont aussiles fièvres quotidiennes qui sont de eoucoup
les plus communes des intermittentes; pendant la saison
- froide les fièvres continues disparaissent et les tierces se mul-
tiplient.
… Il ne faudrait pas croire cependant que la chaleur soit la seule cause de ces modifications dans les fièvres
Suivant les saisons : nous avons vu que le paludisme avait
; pour ainsi dire, une morte-saison correspondant à la sai-
SE
son froide, pendant laquelle on n'observait que des fièvres de récidive, et aucun cas de fèvre de première invasion ; or il est démontré que les fièvres de réciaive sont souvent du type
FIÈVRES INTERMITTENTES & 247 à
… Dans d’autres pays les fièvres tierces sont au contraire beau-
218 FORMES CGLINIQUES
tierce, tandis que les fièvres de première invasion prennent volontiers le type continu ou intermittent quotidien; il est donc naturel que, pendant la saison froide, alors que toutes les fièvres … observées sont des fièvres de récidive, le type tierce soit le type dominant.
Il est rare que les accès reviennent exactement à la même heure tous les jours (quotidienne), tous les deux jours (tierce) ou tous les trois jours (quarte), le plus souvent chaque accès retarde ou avance sur l'heure de l'accès précédent (fièvres relardantes ou anticipantes).
Les différents types de la fièvre intermittente se transforment souvent l’un dans l’autre ; tel malade qui a eu d’abord des accès quotidiens, présente au bout de quelques jours ou bien au bout de quelques semaines, lors d’une rechute de fièvre, des accès du type tierce. Cette transformation se produit en général brusquement et non d’une façon progressive, par suite du retard de chaque accès sur l’accès précédent. Un malade qui a eu d’abord une fièvre tierce, peut aussi avoir ensuite des accès quotidiens.
Il résulte des recherches de Maillot que dans les deux tiers des cas, les fièvres intermittentes, quelquesoitleurtype, ontleurs accès de minuit à midi, que le maximum de fréquence des accès pour les fièvres quotidiennes et pour les fièvres tierces “est à dix heures du matin et le minimum de neuf heures du soir à minuit. (Maillot, op. cit., p. 11.)
Ces faits très intéressants ont été confirmés par tous les auteurs qui ont entrepris de les vérifier, notamment par MM. Finot et Durand de Lunel. Nous aurons l'occasion d'y revenir et nous tàcherons de donner une explication de la prédilection des accès pour les heures matinales. (V. chapitre vu, Pathogénie.)
La description des fièvres intermittentes se réduit presque à celle de l'accès de fièvre, qui est le même, quel que soit le type de la fièvre. Je crois inutile de décrire ici l'accès régulier avec ses trois stades classiques de frisson, de chaleur et de sueurs. Je me contenterai d'appeler l'attention sur quelques particularités intéressantes des accès de fièvre.
L'étude de la marche de la fièvre dans les accès de fièvre intermittente a été très bien faite par Gavarret d'abord (Recherches sur la température dans la fièvre intermittente. Journal l'Expérience, 1839), puis par Michaël (Archio. f.phystol. Heilk., 1856, t. XV, p. 39), Wunderlich (De la température dans les maladies, lraduclion française, 1872, p. 424) et par Lorain (Études de médecine clinique, t. Il, p. 5). On trouvera dans l'ouvrage de Lorain des tracés très intéressants, qui indiquent non seulement les variations de la température axillaire de dix en dix minutes pendant les accès, mais encore celles de la température des parties périphériques, de la bouche et du rectum.
Lorain a étudié aussi avec grand soin à l’aide du sphygmographe les variations du pouls pendant les accès. « On juge très bien du stade par les tracés du pouls, dit Lorain(op. eit., p. 45); il est petit et tremblé dans le stade du frisson, plus ample sans
exagération dans le stade de chaleur, encore plus ample dans
le stade de sueur. » La fréquence du pouls n’est pas toujours en rapport avec l'élévation de la température.
Le frisson manque souvent au début des accès de fièvre intermittente, surtout pendant la saison chaude ; et comme beaucoup de malades font consister la fièvre surtout dans le frisson, il arrive souvent que des accès de fièvre passent inaperçus si les malades ne sont pas surveillés de très près ; j'ai été forcé maintes
fois de faire coucher des malades dont la température axillaire était de 39 à 40°, mais qui, n'ayant pas frissonné, prétendaient n'avoir pas la fièvre et continuaient à se promener.
Si chaque accès fébrile commençait par un frisson, il serait facile de se renseigner sur les antécédents, de savoir quel est le type de la fièvre, si elle a été continue ou intermittente, quotidienne, tierce ou quarte; rien n’est plus difticile au contraire que d'obtenir des malades des indications exactes à ce sujet, et en règle générale, pour se renseigner sur le type d'une fièvre palustre, on ne doit avoir confiance que dans le thermomètre.
La période de sueurs peut faire défaut comme la période de frisson, du moins elle est réduite dans certains cas à son minimum d'intensité, [a peau devient simplement moite, tandis que dans d’autres cas, la sudation est si abondante qu’il faut change, le linge des malades à plusieurs reprises.
On sait depuis les recherches publiées dès 1839 par Gavarret que l'ascension thermiqué (température des parties centrales commence un peu avant l'apparition du frisson et qu’elle se continue pendant toute la durée de celui-ci, bien que les malades éprouvent une sensation très vive de refroidissement et de frisson.
Chez quelques malades, le stade de froid des accès de fièvre esttrès long et très pénible; les membres et le tronc sont secoués par le frisson, et ces secousses sont tellement fortes, qu'elles se communiquent au lit et aux ustensiles (verre, pot à tisane, etc.) qui, dans les hôpitaux, se placent à la tête des lits; les dents claquent, la peau des extrémités est froide, exsangue où cyanosée, les lèvres sont bleuâtres, la peau pré-
sente, à un haut degré, le phénomène connu sous le nom de chair de poule.
Dans les cas où le refroidissement des parties périphériques est très marqué, on s'explique facilement la sensation de froid éprouvée par les malades malgré l'ascension de la température centrale; mais il s'en faut de beaucoup que les choses se passent toujours ainsi. -
Comme Griesinger et Lorain l'ont fait observer, il arrive souvent que le refroidissement des parties périphériques est nul pendant le frisson, ou même que la température de ces parties s'élève progressivement en même temps que celle des parties centrales, bien que les malades éprouvent une sensation de froid très pénible. ,
Le fastigium thermométrique s'observe d'ordinaire vers le milieu de la période de chaleur, la température atteint le plus souvent de 40° à 41°; il est rare qu’elle dépasse 41°,5; on a cependant observé des températures de 42° et de 43°; Hirtz a même noté dans un cas le chiffre tout à fait exceptionnel de 440 C. A la fin de la défervescence, la température s'abaisse souvent au-dessous de la normale, à 36°, voire même à 35°; en mème temps le pouls se ralentit, il ne bat plus chez quelques malades que quarante-huit ou cinquante-deux pulsations par minute.
Il n'y a pas de rapport constant entre la durée des trois stades qui constituent l'accès régulier; les stades de frisson et de sueurs peuvent manquer, ou bien ils sont si courts, si mal indiqués, qu'ils semblent faire défaut; mais on n'observe
jamais les types inverses décrits par quelques auteurs, danslesquels la période de sueurs précéderait le frisson, par exemple,
ou le stade de chaleur.
La durée des accès de tièvre intermittente est assez variable, on peut, je crois, établir trois types d'accès :
LU
oo FORMES CLINIQUES
Accès courts, qui durent de quatre à huit heures;
Accès moyens qui durent de huit à douze heures ;
Accès prolongés qui durent de douze à vingt-quatre heures et même au delà : trente-six et quarante heures.
Les accès de longue durée présentent, comme les accès moyens, qui sont de beaucoup les plus fréquents, les trois stades de frisson, de chaleur et de sueurs; mais c’est surtout le stade de chaleur qui est prolongé. Les tracés 19, 13, 14 se rapportent à des accès de fièvre intermittente qui se sont prolongés chacun pendant près de quarante-huit heures.
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