‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 18 sur 103 · PARASITES DU PALUDISME, HISTORIQUE A · texte numérisé non relu

PARASITES DU PALUDISME, HISTORIQUE A

hacillus malariœ à sa période de développement compte t, pendant l'acmé de la fièvre les baciili disparaissent du sang, et on ne trouve plus que des spores.

MM. Cuboni et E. Marchiafava ont publié les résultats de leurs recherches dans les Arehio, /. experîm, Paih. u. Pharmak., Bd XIII, p. 265. Ces observateurs ont recueilli du sang jusque dans la rate de malades atteints de fièvre palustre et Tont injecté dans le tissu conjonctif sous-cutané chez des chiens; une seule fois sur six ou sept, un des chiens eut quelques accès de fièvre : à Tautopsie la rate était un peu tuméfiée.

M. le D' Rummo nous apprend que le professeur de Renzi a pratiqué à Naples beaucoup d'inoculations dans le tissu conjonctif sous-cutané, dans la trachée et dans le péritoine des chiens et des lapins avec le sang d'individus atteints de fièvre palustre ; on produisait ainsi la fièvre chez les animaux en expérience, surtout lorsqu'on avait soin de recueillir le sang pendant la période de frisson des accès de fièvre. M. leD' Rummo oublie de dire à quoi on reconnaissait que les animaux étaient impaludés ; il avoue môme qu'on n'observe pas chez les animaux l'élévation de température qui s'observe chez l'homme atteint de fièvre intermittente; quant aux lésions anatomiques il n'en est pas question. (Rummo, Notes à la traduction italienne des Éléments de Pathologie interne que j'ai publiés en collaboration avec M. Teissier, 1. 1, p. 88.)

MM. Bacceili, Giovanni et Orsi n'ont pas réussi à reproduire ces expériences; en injectant à différents animaux du sang de paludiques, ils n'ont jamais obtenu que des résultats négatifs ; je n'ai pas été plus heureux.

D'après Orsi, le bacillus malarise se trouverait parfois en

LAVERAN, FIÈVBBS PALUSTRES. 4

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grande abondance obez des personnes jouissant d'une pBrfBite santé. {Journal d^hygiine, 1881, p. 383.)

D'après mes propres recherches, le baciUiis dôcrit par MM. Klebi etTommasI Crudeli ho ^encontre très rart>ai(.>ui dans le sangrrals des malades elteints de lièvre palustre, et il n'est nullement caractéristique du paludisme.

M. A. Ceci a publié en 1869 un mémoire sur les ttermes et les organismes inférieurs contenus dans les terrains palustres vl dans les terrains ordinaires. lArchio. /. et^perim. Palh. u. Fharmak., Bd XV et XVI, anal, in Revue de Hanem, Iefl3. t. XXI, p. 73.) Les conclusions de ce travail, lait dans le laboratoira de Klebs, sont conformes à celles de MM. Klcbs et Tommasi Grtideii. L'autebr dit avoir réussi :i provoquer des accidents palustres ctiei des chiens et des lapins en leur Injectant dans les Veines des liquides de culture préparés à l'aide des terrains palustres. Les objections que j'ai déjfi formulées h propos des expériences de MMi Klebs et Toraniusi Crudell sont applicables à celles do M. te D' Ceci. 11 n'e«t pas prouvtque les animaux sur lesquels M. le D' Ceci a cxpiiritnenlé aient été atteints de paludisme, cl le fait 1ùl-\\ prouvé, il resterniL à démontrer que l'agent morbide a été le bacllUis malaria'. et non tel autre microbe, car les cultures do M. Ceci renTcimaient très probablement d'aulres microbes que le bncillns en question.

MM. Marcbiafava et Celli, dans un travail récent, oui nniionco qu'ils avaient constaté dans le sang des paludi'iues l'alléiflllon suivante : pendant les accès de fièvre, on constate sur les kIobules rouges des corpuscules qui se colorent par le bleu de [iiétliyl<'ne el qui d.ins leur forme primitive ressemblent h des miurococcl. La formalton du pigment cofncldt? avec l'apparition

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de ces corpuscules* (Marchiatava et Colli» Altération du aang datul'in/èttionpaludéennet GazM.degli Ospitali, 4883, m 66.) lime parait probable que MM» MarcUiafava et Gelli ont observé et décrit dans ce travail les éléments qUe j'ai signalés dès i88i sous le nom de corps n*S de petit volume, éléments qui existent souvent eu grand nombre dans le sang et qui s'accolent volontiers aux bématies (i). (Voir chapitre ni.)

M. Maurel a communiqué en 1883 au Congrès de tlouen {Association française pour l'avancement des sciences^ section d'hygiène et de médecine publique) un travail intitulé : Recherches sur teau et sur tair des marais au point de vue du paludisme. M. Maurel conclut : 1® qu*il n'a trouvé dans le sang des paludiques aucun microphyte ou microgerme caractéristique de Tintoxication palustre ; sr<* qu'il en est de même de l'eau et des Vases des marais; Z^ que toutefois ces eaux et ces vases se font remarquer par une richesse très grande en infiniment petits; 4<^ qu*il en est de même pour l'air des marais comparé à l'air sain; 5"* que de plus l'air des marais contient des amibes que Ton ne trouve jamais dans lé torrent circulatoire; 6<^ que les infiniment petits qui pénétreraient par la voie digestive resteraientiuoffensifsparceque, ainsi qu'il a pu s*en assurer par des digestions artiQoielleS) l'estomac les détruit; V que c'est donc probablement par la voie pulmonaire qu'ils atteignent Torganisme ; 8"* que ne trouvant aucun infiniment petit dans le sang des paludéens, il est forcé d'en conclure que ce n'est pas en pénétrant dans te torrent circulatoire qu'ils produisent l'intoxi-^ cation. (Rivue d'hygiène^ 1889, p. 8684) Je ne puis qu'engager M. Maurel à persévérer dans ses re*

(1) Lors de mon voyage à Rome en 1882, j'ai eu Poccasion de montrer ces cléments à M. le professeur Marchiafova.

Po2 ÉTIOLOGIE

cherches et à faire i*examen du sang des paiudiques en se plaçant exactement dans les conditions que j*ai indiquées. fy M. Maurel paraît avoir donné beaucoup trop de temps à Texa-

men de Teau et de Tair des marais, comme Tindique le titre de son travail, et pas assez à Texamen du sang, qui doit, au contraire, servir de base et de point de départ à ces recherches.

J ai fait en 1883, à Constantine, quelques expériences dans le but de vérifier les faits annoncés par M. Ceci : j*ai injecté dans le sang des lapins de Teau stagnante prise dans les endroits les plus malsains des environs de Gonstantine, et j'ai constaté que si ces injections déterminaient souvent un mouvement fébrile, la lièvre n'avait nullement le caractère intermittent; que cette lièvre guérissait spon ta néipent et que chez les animaux sacrifiés, on ne constatait pas les lésions si caractéristiques du palu- ^j disme. Je me contenterai de rapporter ici une des séries d'expé-

^ riences que j*ai faites, les résultats obtenus ont été les mêmes

pour les autres séries.

^x EXPÉRIENCE FAITE AU MOIS DE JUIN 1883 A I/HOPITAL MILITAIRE DE

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