‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 29 sur 103 · MODE D'EXAMEN · texte numérisé non relu

MODE D'EXAMEN

en examinant un des éléments spbériques, pigmentés, dans une préparation de sang frais, je constatai avec joie qn*!! existait à la périphérie de cet élément des filaments mobiles dont la nature animée n'était pas contestable (observation XIII). Dès ce moment j'eus la conviction que j'avais trouvé le parasite du paladisme; les faits en très grand nombre que j'ai observés depuis lors ont pleinement confirmé cette première impression.

La technique qui permet d'observer les éléments parasitaires du sang chez les paludiques est tris simple, il est cependant nécessaire d'entrer ici dans quelques détails, car la recherche des éléments parasitaires dans le sang n'est pas sans présenter quelques difficultés.

i* Choix du malade. — Les éléments parasitaires ne se trou-

vent pas à l'état permanent dans le sang des paludiques ; j'examinerai plus loin les influences qui agissent sur le nombre et ia nature de ces éléments; pour l'instant il nous suffit de savoir que c'est au début des accès de fièvre ou dans les heures qui précèdent l'invasion des accès que les parasites se trouvent en plus grand nombre dans le sang et qu'ils sont par suite plus faciles à observer. On choisira autant que possible un malade qui a déjà eu plusieurs atteintes de fièvre palustre et qui est fortement anémié ; les parasites sont en général nombreux dans ce cas et d'autant plus faciles à trouver que le sang est plus pauvre en hématies ; on choisira surtout un malade n'ayant pas pris de sulfate de quinine depuis quelque temps.

2* Technique pour la préparation du sang. - Lorsqu'on veut procéder à l'examen du sang, on commence par préparer deux lamelles couvre-objet et deux lamelles porte-objet bien planes; il est bon de laver ces lamelles à l'eau d'abord puis à

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)';ilcool, bien que les microbes du paludisme soient trop caracti'risliiiues pour qu'on ait à craindre de les confondre avec les poii;>siËres, les spores ou les bactéries qui existent en suspension dans l'air et qui peuvent s'introduire directement dans les pri'parations.

Vwe préparation suffit en général pour l'examen du sang, mnis il est sage d'en faire deux, l'une des préparations pou- \;iiii être mauvaise et se prêter mal à la recherche des microbes il cause de son épaisseur ou pour tout autre motif.

Après avoir lavé k l'eau d'abord, puis à l'alcool un des (i'ij^tii du malade dont on se propose d'examiner le sang, oti i:umprime le doigt à sa base et on pique la pulpe à l'aide (1 Une épingle neuve ou d'une lancette bien propre, en ai^nt soin de choisir nn endroit où l'ëpiderme n'est pas trop épais. Ui goutte de sang qu'on obtient ainsi doit être de moyen volume; lorsque la pean est s&cbe, la goutte de sang prend u[ie forme arrondie, perlée ; lorsqu'il fait très chaud et que la Iip;iii est couverte de sueur ou bien lorsqu'on procède à l'exauu'n du sang chez un malade qui est à la période de sueurs d'iiTj accès, la goutle de sang s'étale et se mélange ii la sueur, re i|ui est uR inconvénient; il faut alors essayer la peau avec soin et recueillir le sang très rapidement.

nn recueille la goutte de sang qui s'est formée à l'extrémité du doigt en approchant au contact une des lamelles porte- >>|ij('t qui ont été préparées à cet effet; la lamelle ne doit pas toiii.'her la peau; la gouttelette de sang adhère en partie & la lumelle de verre ; on la recouvre immédiatement avec une des lamelles couvre-objet de la manière suivante: on dépose avec l'Iuileine une légère buée fa la surface des lamelles couvreobjet et porie-objet) la lamelle couvre-objet est appliquée

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ensuite sur la gouUe de sang de manière à former d'abord un angle de i^ environ avec la lamelle popte-objel, puis on l'abaisse rapidement en même temps qu'on la Tail glisser sur I» lamelle porle-objet de façon à ce que le sang s'élale sans iiilerposilioQ de bullesd'air.

La préparation vue par transparence ne doit présenter qu'une teinte très pâle, si la couche de sang est trop épaisse on presse légèrement sur la lamelle couvre-objet en a;ant soin d'essuyer le sang qui vient sourdre sur les bords de la préparation, il Faut éviter d'exercer une pression trop forte qui pouri-aii détruire les éléments parasitaires ou du moins altérer leur aspect et les déformer.

Au début de mes recherches je prenais toujours la précaution de border mes préparations à la parafRne ; celte précaution n'est pas indispensable ; le sang se dessiichc rapidement sur les bords de la préparation surtout quand l'air est chaud et très sec, et il forme lui-même un enduit solide tjui empêche les parties centrales de se dessécher; au boni de Yiogt-quatre ou de quarante-huit heures on constate le plussouvent que les parties centrales des préparations ainsi faites son l encore à l'état liquide. Enbordantà la paraffine, on supprime, il est vrai, les mouvements que l'évaporation, si tente qu'ellt: soii, détermine souvent parmi les hématies, ce qui est nnavantnge incontestable; de plus les préparations qui sont bordées '» la paraf^ne sont bien plus faciles à examiner à l'aide des olijectifs à immersion que celles qui ne le sont pas; la goutle d'eau déposée sur la lamelle couvre-objet pouvant, dans ces dernières, se mélanger au sang et détruire la prëparstion au moment où l'examen présente le plus d'intérêt.

Le sang doit être examiné pur, sans mélange d'aucun liciuide.

cosl dans le sérum du sang que les parasites du paludisme vivoiiL le plus longtemps après leur sortie des vaisseaux; d'uiilrt! part en mélangeant le sang à un liquide quelconque on proiliiitune dissémination des ëlémenls parasitaires qui rend liiir recherche plus difficile que dans le sang pur. Chez les piiiiidiques le chiffre des hématies est toujours au-dessous de la [JiDyenneet parfois il tombe très bas, ce qui facilite l'examen.

it n'y a aucun avantage à prendre du sang pour l'examen sur lelli' partie périphérique du corps plulAt que sur telle antre, ce i|ui se comprend sans peine, puisque le sang circule. Si on pouvait facilement, sans danger pour le malade, recuniltir du san^ dans la rate, il y aurait sans doute avantage à le faire ; l'nTiulomie pathologique nous enseigne en effet que la raie est le iibge d'élection des parasites du paludisme comme des liiK'illes du charbon. Plusieurs observaleurs italiens ont prali<|ii>!! chez les paludiques des ponctions de la raie, et ils n'ont C11..IC crois, à enregistrer aucun accident; cet exemple était tenliLiii, je ne l'ai pas suivi, estimant qu'un médecin n'a pas le (li'iit de pratiquer une opération qui n'est pas nécessaire el qui pi'iii déterminer de graves complications.

I.i's éléments parasitaires peuvent se rencontrer dans le sang [iriA unant des hémorrhagies naturelles : épistaxis, hémoplysies, liéiiiaturies, etc. Je les ai cherchés vainement dans la sérosité dos vésicules de l'herpès labial et dans les urines des paludiiiui'S.

:i' Mode tfgxamen des préparation». — Un grossissement di' JOO à SOO diamèb^s suflit pour observer tous les détails des iilimeals parasitaires qui existent dans le sang des paludiques ; LUC suis servi presque toujours de l'oculaire n" 3 et de l'ob- 7 (nouveau) de Verick ; j'ai aussi fait usage de l'ob-

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