AUTOPSIE
B..., âgé de vingt-trois ans, soldat au 3' chasseurs d^ÂMque, est apporté à l'hôpital de ConstanUne« le 27 juillet 1882, à onze heures du soir.
B... était employé comme jardinier ; il a été atteint déjà à plusieurs reprises d'accès de fièvre. Le 27 juillet, le malade s'est présenté à la visite du matin avec de la fièvre, il n'y avait à ce moment aucun symptôme pouvant faire prévoir un accès pernicieux. Le médecin du corps prescrivit 1 gramme de sulfate de quinine (en pilules) ; le 27 juillet au soir Tétat du malade s'étant aggravé rapidement, on l'a envoyé d'urgence à Thôpital.
Le médecin de garde qui voit B... à son entrée à Thôpital et qui lui donne des soins, me fournit le 28 au matin les renseignements qui suivent.
A son entrée à Thôpital, B... est extrêmement faible, il n'a pas perdu connaissance, il pousse de temps en temps de longs soupirs, et quand on lui demande où il souffre, il se plaint seulement d'une faiblesse générale, d'une lassitude profonde. Les extrémités sont froides *, le pouls est très rapide, imperceptible à la radiale, aux carotides on compte environ 120 pulsations par minute. Les battements du cœur sont précipités, faibles. La respiration se fait assez bien, les mouvements respiratoires sont seulement accélérés. Le tronc a conservé sa chaleur, la température n*a pas été prise.
Les pupilles sont très dilatées. Le malade urine sous lui.
Injection sous-cutanée de sulfovinate de quinine, l*',50. Frictions sèches. Sinapismes. Boissons chaudes excitantes.
L'algidité fait des progrès rapides. Le 28, à trois heures trente du
136 AXATOMIE PATHOLOGIQUE
matta l'agonie commence ; le malade meurt à quaire heures du
matin.
Auiopiie, faite le 18jui11etige!,àhuil heures trente du matin.
Le cadavre est celui d'un homme bien constitué, rigoureux, bien musclé, mais profoDdémeDt anémié. Pas de traces de putréfaction.
Abdomen. Péritalne saiu.
Iniaiini. Aucune altération notable dans le gros intestin ni dans l'intestin grêle. Les plaques de Peyer sont intactes.
Estomac sain.
Les ganglions mésentériques ne sont pas bïi>ertrophiës.
Raie : volumineuse ; poids 7IHI grammes. Les bords sont arrondis. La capsule distendue et non épaissie se rompt racilemeni. La consistance de la rate est très diminuée, sans toutefois que ie parenchyme de l'organe soit réduit à l'état de boue splénique. l« parenchyme de la rate a daus toute son étendue une coloration d'un brun foncé très caractéristique.
Foie. Augmenté de volume- Poids : 2 kil 400, coloration brunAtrc caractéristique. La consistance du parenchyme hépatique est un peu diminuée.
Rtint. Ils ne paraissent pas altérés.
Thorax. Le péricarde renferme un peu de sérosité cllrinc.
Le myocarde paraît sain.
Le cœur droit renferme un peu de sang liquide et quelques petits caillots mous. Le cœur gauche est vide. Aucune lésion de l'endocarde ni des valvules.
Plèvru. Adhérences anciennes à gauche. Pas d'épanchement.
Poumom. Congestion hypostatique.
Crâne. Méninges salues. La substance grise des circonvolutions cérébrales a une teinte d'un gris plus foncé qu'a l'état normal. L'examen des parties ccnirjles du cerveau et du bulbe ne révèle aucune autre anomalie.
Examan hMotogtque , Sang. Immédiatement après l'autopsie, je Uls l'examen du lang recueilli danslecœur. Le songeât très peu altéré, la plupart des hématies ont conservé leur aspect normal.
Au milieu des hématies, je constate facilemenl Teiistence d'élémenls pigmentés identiques à ceux que j'ai observés maintes fois dans le sang recueilli sur les malades atteints de fièvre palustre et que j'ai décrits sous les noms de corps n* 1 et n* 2. Les corps n* 2 sont libres ou accolés à des hématies. Quelques-uns de ces corps sont déjà déformés ; d'autres, en assez grand nombre, ont le même aspect que sur le vivant, mais je ne découvre pas de filaments mobiles. On trouve aussi dans le sang des leucocytes méJanifèrcs.
HaU. a) Éléments isolés à l'état frais (examen fait aussitôt après Tautopsie). Éléments pigmentés en grand nombre ; corps n* 1 et a* 2 ; je trouve encore quelques-uns de ces derniers éléments qui reu ferment des grains de pigment mobiles mais je n'aperçois pas de filaments mobiles. Leucocytes mélaniféres ; graios de pigment libres, isolés ou agglomérés.
6) Coupes fiiites après durcissement par le procédé ordinaire. La
structure de la rate est profondément modifiée; les éléments lymphoïdes sont intimement mélangés aux hématies et on ne distingue pas le plus souvent les orifices vasculaires des espaces intermédiaires. Partout on rencontre des éléments pigmentés en grand nombre, sauf dans les trabécules de tissu conjonctif et dans les gaines de tissu lymphoïde des artérioles. 11 est le plus souvent impossible sur les coupes de la rate de déterminer la forme des éléments pigmentés.
foU, Coupes après durcissement par le procédé ordinaire. Les capillaires sanguins renferment des éléments pigmentés en grand nombre. Les cellules hépatiques ne sont pas altérées. Au niveau de quelques espaces triangulaires on trouve de petits amas d'éléments embryonnaires.
Reine. Coupes après durcissement par le procédé ordinaire. On trouve dans les petits vaisseaux sanguins, notamment au niveau des glomérules, des éléments pigmentés en assez petit nombre. 11 n'existe du reste aucune altération du tissu conjonctif ni de Tepithélium des tubuli.
Cerveau, Des fjragments des circonvolutions cérébrales sont durcis dant une solution d'acide chromique, les coupes histologiques sont
montées dans le baume de Canada. Les capillaires du cerveaa renferment des éléments pigmentés en grand nombre; les éléments pigmentés ne sont pas disséminés d*une façon régulière : très rares dans certains capillaires, ils abondent au contraire dans d'autres, qui en sont littéralement obstrués.
AGCBS PBRNICIBUX CHOLBRIFORMB. — MORT. — AUTOPSIB
L..., &gé de Tingt-deux ans, soldat au 14* escadron du train, entre à Thôpital militaire de Constantine le 25 août 1882, dans le service de M. le médecin principal de Courtois. L... vient d*accompagner un convoi, il est rentré le 24 août à Constantine; il se dit malade depuis deux jours seulement. Depuis le 23 août, céphalalgie, malaise général, courbature, anorexie ; il n*y a pas eu d'accès de fièvre bien caractérisés au dire du malade.
25 août. Anémie profonde, faiblesse générale, diarrhée séreuse, vomissements, prostration. Le 25 au soir la température axillaire est de 39% 2. (Sulfate de quinine, l»',50).
26 août. Fièvre continue ; faiblesse générale, diarrhée et Yomissements. La température axillaire est de 38',2 le 25 au matin, et de 39%6 le soir. (Injections hypodermiques de sulfovinate de quinine l^'ïSO. Potion opiacée avec sous-nitrate de bismuth* 6 grammes).
27 août. La température axillaire est seulement de 37%7 le 27 au matin, mais Tétat général s'est aggravé. Les extrémités sont froides, couvertes d'une sueur visqueuse. Le pouls est très fréquent, filiforme. Diarrhée séreuse. Vomissements. L'intelligence est assex nette. Le malade accuse une céphalalgie très violente ; la physionomie exprime l'anxiété, les traits sont tirés. (Injections hypodermiques de 4 grammes d'éther en deux fois, et de i»',50 de sulfo-
vinale de quinine.)
Examen du sang fait le 27 août à neuf heures du matin : éléments pigmentés en grand nombre.
Le 27 à quatre heures du soir, la température axillaire est de 38* ,5,
mais les extrémités continuent à se refroidir, et Tétat général, s^aggrave de plus en plus. Mort le 27 août à sept heures du soir.
Autopêie faite le 28 août à huit heures du matin.
Abdomen, Péritoine sain.
Intestins. Rien d'anormal. Les plaques de Peyer notamment sont à rétat sain.
Bâte. Triplée au moins de volume, globuleuse, diffluente ; la rate présente une coloration dMn brun foncé très caractéristique.
Foie. Volume normal. Le parenchyme hépatique, a dans toute son épaisseur une teinte brunâtre très caractéristique. La consistance du parenchyme hépatique est un peu diminuée.
Reins. Aspect normal.
Thorax. L'examen des poumons et du cœur ne révèle rien danois mal.
Crâne, La substance grise des circonvolutions cérébrales a une teinte plus foncée qu^à l'état normal.
Examen histologique. Rate, a) Éléments dissociés à Tétat frais. On trouve au milieu des éléments normaux et des hématies, des éléments pigmentés en grand nombre ainsi que des grains de pigment libres.
6) Coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire. La capsule de la rate est notablement épaissie. Toutes les veines sont dilatées, goi^ées de sang, au milieu des hématies on distingue des éléments pigmentés en grand nombre.
Foie. Coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire. Les cellules hépatiques ne sont pas altérées non plus que le tissu conjonctif. On trouve dans les capillaires sanguins des éléments pigmentés, mais en petit nombre relativement à ce qu'on observe d'ordinaire chez les sujets morts de fièvre pernicieuse.
CACHBXIB PALTJSTRB. — CIRRHOSE DU FOIS. — BRTSIPBLB DB
LA FACB, —MORT. — AUTOPSIB
El Laoussein ben si Saïd, civil indigène, âgé de vingt-cinq ans environ^ de la tribu des Fedj M'Lala, entre à Thôpital de Constantine
le 16 octobre 1879 dans le service de M. le médecin principal Aroo. Le malade a eu de nombreuses atteintes de fièvre intermittente^ et & rentrée à l'hôpital on constate tous les signes de la cachexie palustre et de la cirrhose du foie. Anémie, faiblesse générale. Rate très volumineuse. Ascite. Œdème des membres inférieurs et des bourses. La face n'est pas tuméfiée. Les urines sont légèrement albumineuses.
Pas de tremblement alcoolique. Le malade observe sa religion et ne fait pas usage de boissons alcooliques.
L'ascite est ponctionnée âi plusieurs reprises, mais se reproduit, toujours rapidement.
Pas de rechute de fièvre.
Le 8 novembre 1879, il se développe un érjsipèle de la face. Fièvre vive, à plusieurs reprises le malade vomit des matières noires.
Mort le 10 novembre à huit heures du matin.
Autopsie., faite le 11 novembre à huit heures du matin.
La face est tuméfiée, d*un rouge violacé.
Abdomen, A Touverture de l'abdomen, il s'écoule delà sérosité très louche en grande quantité. Le péritoine est injecté, recouvert d'exudats sur quelques points (péritonite récente).
Gros intestin, hen d'anormal.
Intestin grêle. On trouve dans le bout supérieur une matière mélanique analogue à celle des vomisç^ements. La muqueuse est saine d'ailleurs.
Estomac, Il renferme une matière noirâtre qui rappelle complètement Taspect des vomissements noirs des cancéreux. La muqueuse stomacale est injectée, mais il n'existe pas d*ulcération.
Foie. Le foie est manifestement cirrhotlque.
Le volume de Torgane a diminué, mais la densité a augmenté, et le poids est normal. Le bord antérieur est arrondi. Surface mamelonnée. La consistance du parenchyme hépatique est notablement augmentée. Sur les coupes, Taspect est celui de la cirrhose annulaire ; on distingue une série de lobules entourés par des anneaux de tissu fibreux; parmi les lobules, les uns ont la coloration
normale, les aulres sont teintés plus ou moins fortement en jaune par la bile. La yésicule biliaire renferme de la bile jaune en assez grande quantité ; les gros canaux biliaires sont libres.
La yeine-porle est dilatée.
Rate. Très volumineuse ; elle mesure 28 centimètres de long sur là ciQtimètres de large. Plaques de périsplénite, quelques adhérences au diaphragme. La surface de la rate est lisse ; la consistance du parenchyme splénique est très notablement augmentée (rate llbreuse).
Les reins sont normaux.
Les organes thoraciques ne présentent aucune altération notable.
Le crâne n*a pas été ouvert.
Exanten hisiologique. Foie. Coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire. Le slroma fibreux périlobulaire fortement épaissi forme autour des lobules des anneaux très inégaux de diamètre. Ce stroma est constitué par des faisceaux de tissu conjonclif entrecroisés dans tous les sens et par du tissu embryonnaire très abondant sur certains points, rare sur d'autres. Au milieu du tissu fibreux de nouvelle formation un distingue : 1* des vaisseaux sanguins en assez grand nombre sur quelques points, notamment sous la capsule du foie (les veines superficielles servaient probablement à une circulation collatérale) ; 2* des cellules hépatiques granuleuses noyées pour ainsi dire au milieu du tissu de nouvelle formation ; 3* des canalicules biliaires en grand nombre, les uns bien développés avec leur épithélium cylindrique et leur lumière centrale, les autres à l'état rudimentaire, composés seulement de cellules cubiques accolées sur deux rangs.
La plupart des lobules sont envahis à. leur périphérie par le tissu embryonnaire, en d'autres termes Thépatito interstitielle n*est pas seulement périlobulaire, sur beaucoup dépeints elle est aussi intralobulaire. Le tissu embryonnaire pénètre en suivant les capillaires sanguins entre les travées des cellules hépatiques, certains lobules ont été dissociés ainsi presque complètement. Les cellules hépatiques isolées au milieu du tissu embryonnaire s'altèrent rapide-
142 ANATOMIi: PATHOLOGIQUE
ment, le prolopiasma devient granuleux puis s'atrophie, au contraire le noyau prolifère; telle cellule hépatique, encore reconnaissable à des restes de protoplasma renferme huit à dix noyaux.
Ainsi qu'il fallait s'y attendre d'après Texamen fait à l'œil nu, certains lobules renferment du pigment biliaire jaun&lre en graudc quantité, tandis que dans des lobules voisins des premiers on n'en trouve pas de traces.
Sur quelques points les noyaux des cellules hépatiques ont subi une sorte de dégénérescence vitreuse, ils sont énormes, transparent s et ne se colorent pas par le carmin.
Les noyaux des capillaires sanguins intralobulaire sont volumineux, en voie de prolifération et ils paraissent prendre une part très active à la formation du tissu embryonnaire qui tend à envahir les lobules de la périphérie vers le centre.
On ne trouve pas d'éléments pigmentés dans les vaisseaux capillaires du foie.
La capsule est notablement épaissie. Les parties déprimées cor* respondent à des tractus ûbreux renfermant des lobules atrophiés.
Raie, Coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire.
Le péritoine périsplénique et la capsule de la rate sont fortement épaissis, confondus en une membrane fibreuse, épaisse, résistante constituée par du tissu conjonctif très dense à lames parallèles avec un petit nombre de cellules plates interposées. L'épaississement porte surtout sur le péritoine périsplénique, on trouve dans la capsule proprement dite des fibres élastiques en assez grand nombre qui permettent d'apprécier à peu près ses limites. De la face profonde de la capsule se détachent des tractus Ûbreux qui s'enfoncent dans la rate; la plupart des tractus fibreux que Ton rencontre dans l'épaisseur du parenchyme sont situés sur le trajet des vaisseaux sanguins et paraissent être formés par Tépaississement delà gaine fibreuse et du tissu conjonctif péri vasculaire.
En traitant des coupes de la rate parle pinceau, il est facile de constater que le réticulum de la rate est fortement épaissi, d'autre part les vaisseaux sont dilatés et gorgés de sang, il en résulte que malgré l'hypertrophie générale de l'organe, ou peut dire que les éléments lymphoïdes sont en voie d'atrophie.
Les eaiiies de tissu lymphoïde des arlériolcs [corpuscules de pighi) persiste dL sans altéralioa nolable.
Le pareuchyme splënique est fortement pigmenté.
Les éléments pigmentés Boat situés dans l'intérieur des petits vaisseaux ou en debors. Le pigment est entassé sur certains points et forme des taches noires visibles à i'œit nu.
CACHBXIB PALtJSTRB.— CIBBHOEB ATROPBIQQB DU FOI». ~ fiRYSIPBLB. — MOBT. — AVTOPSIB
Uohamed ben Ahmed, soldat au 3' tirailleurs, Agéde trente-cinii â quarante ans, au service militaire depuis dix ans, eutreà ITiflpilal militaire de Constantine le 30 mai IBBO.
Le maiaâe,qui est originaire d'uoe localité insalubre, a eu de frâquentes atteintes de flëvre Intermittente avant son incorporaUon et depuis son incorporation. Il j a deux ans, Mohamed a Toit un séjour de deux mois à l'hdpilal de Batna pour une maladie qui présentait la plus grande analogie avec celle que nous observons aujourd'hui. Le ventre était volumineux ; les jambes étaient enflées, de plus il y avait de Hctère qui persista pendant un mois environ. Après deux mois de traitement, le malade put reprendre son service, qu'il a fait jusque dans ces derniers jours.
Ëtat actuel : le malade est pflle, fortement anémié et amaii^ri. Pas d'ictère. Démangeaisons très vives, prurigo sur le tronc, pas àc parasites.
tEdème très marqué des membres inférieurs ; léger œdème des bourses- Pas d'œdéme de la fttce n) des membres supérieurs. L'abdomen est volumineux. Lacis veineux assez apparent sur la paroi abdominale antérieure. Matlté déclive. Sensation de Dot très nulle. L'existence dune ascite n'est pas douteuse.
La clri:ontérence at)duminale mesurée au niveaa de l'ombilic est de 9S centimètres.
La rate est fortement hypertrophiée, on limite facilement sa partie inférieure par la palpation .La matité splénique est de 20 centimËtres de haut sur IB de large.
e Mal-
lii ANATOMIE PATIIOLOGinUE
Le foie parait dimiaué de volume. Lu malilé hép:iUqiie ne mesure que 7 ceolimèLreB sur la ligne axillaire.
L'urine n'esL pas ailiumiiieuse.
Les foncLioDs digesLires s'exécutent bien.
L'examen du cœuroe révèle rien d'anormal, non plusque l'examen des poumons.
Je prescris des diurétiques (scilie et digitale, cbiendeat nitré).
Le G juin le ventre est très Tolumineus, très tendu, vomissements, diurèse très peu abondante malgré le^ diurétiques; je fais la paracentèse abdominale et je retire i litres 1/2 de sérosité cltrine fortement albumineuse-
Lapoucllonest suivie d'un soulagement 1res marqué; mais l'ascito se reproduit rapidement
De nouvelles ponctions sont pratiquées le 16 juin, le {"juillet, le 6 juillet et le 22 Juillet. Il s'écoule chaque fois T à, 8 litres de sérosité.
LeSl juillet le malade accuse une douleur vive au niveau de Ja piqùrequiaélépratiquée le 22 juillet pour vider l'abdomen. La peau est rougeautour de cette piqûre. Mouvement fébrile.
Les Jours suivants la rougeur érysipélateuse s'étend, et le 5 aoilt elle a envabi toute 1% partie inférieure de ta paroi abdominale. Prostration. Langue rouge et sèche. Fiè?re continue 3S*,6, le S au soir. Le malade va s'aff^blissant. La respiration s'embarrasse. Mort le G aoAt à quatre heures et demie du soir.
Autopsie bite le 7 août à sept heures trente du matin. La partie supérieure du corps est amaigrie. Le ventro est tendu, ballonné, les membres inférieurs et les bourses sont fortement œdématiés.
Abdomtn. A l'ouverture de l'abdomen, 11 s'écoule de ta sérosité cltrine en grande quantité (7 à 8 litres). La cavité abdominale est fortement dilatée, le diaphragme est ropoussé très haut et la cavité Ihoracique est réduite à son minimum.
Le foie très diminuëde volume eatcomme caché dans l'hypocondr^ droit; le bord antérieur est arrondi; le foie tout entier est déformé. Poids 1180 grammes. L'atrophie porte également sur les deux lobes. La surface est très inégale, mamelonnée (foie granuleux), les granuutions jaunes ou bruuAtres ont un volume très variable, d'un grain
de raisin à une grdine de chénevis. Plaques de périhépatite notamment à la surface convexe du lobe droit ; adhérences nombreuses et solides au diaphragme.
La consistance du tissu hépatique est très notablement augmentée. Sur les coupes on distingue facilement les lobules de substance hépatique, qui sont comme sertis dans une gangue fibreuse ; les plus petits ont à peine le volume d*une tête d'épingle, les plus gros atteignent le volume d'un grain de raisin. La substance hépatique a nne teinte jaunâtre ou brunâtre.
La vésicule biliaire renferme une très petite quantité de bile d'aspect normal.
Rate. Très volumineuse. Poids, 1120 grammes; plaques fibreuses de périsplénite. Adhérences aux organes voisins, notamment au dia-> phragme. La consistance du parenchyme est notablementaugmentée.
Aftfu. Ils pèsent chacun 170 grammes. La substance corticale est un peu congestionnée.
InUgtins. Gros intestin. Dans toute retendue du gros intestin les follicules isolés ont une teinte ardoisée qui fait ressembler la muqueuse intestinale à une étoffe blanche à pois gris. Pas d'ulcëra- Uons ni de cicatrices profondes. La pigmentation des follicules isolés du gros intestin indique évidemment une dysenterie antérieure.
Intestin grêle sain. Pas d'altération des plaques de Peyer, qui
sont seulement un peu pigmentées.
Estomac, pancréas, sains.
Thorax. Le péricarde renferme de la sérosité citrine en petite quantité. Myocarde et endocarde sains ; une petite plaque d'athé- •rome à la naissance de Taorte.
Adhérences pleurales très étendues et très fortes des deux côtés. Le volume des poumons est très réduit par suite du refoulement du diaphragme. Congestion hypostatique. Pas de traces de tubercules aux sommets.
Le crâne n'a pas été ouvert.
Examen hisiologique. Foie, Coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire. Les altérations sont celles de la cirrhose atrophique. Le tissu conjonctif très épaissi constitue des anneaux
LAVEBAX, FIÊVRBS PALUSTRES. 10
146 ASATOMIE fATHÛLOOlULE
Qbrèux qui eatoureul en général plusieurs lobules hépaliques. A.d milieu des faisceaux de liasu fibreux et des élëmenU embryonnaires on distingue des vaisseaux capillaires eu grand nombre «L des canalicules biliaires de nouvelle Turmaiion.
La limite entre la gangue fibreuse et le tissu hépatique est eu général bien trancbée, cependani quelques lobules sont eavahis par le tissu embryonnaire. Sur un assez grand oombie de poiots les cellules hépatiques sont en voiede dégénérescence graisseuse; daos certains lobules les cellules tiépatiques sont fortement chargées de pigment biliaire, enQn à la périphérie des lobules il u'esl pas rare de rencontrer des cellules hépatiques en voie de prolifération.
Bâte. Coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire. Përisplénite très marquée; plaques fibreuses constituées par des Ikisceaux slraiiflés à fibres parallëles; au milieu des faisceaux fibreux on observe des cellules plates.
Dans l'épaisseur du parenchyme splénique, tractus Qbreux qui suivent le trajet des vaisseaux. Tous les vaisseaux de la rate sont dilatés, goi^s de sang. On trouve çà et là de petits foyers hémorrhagiques. Éléments pigmentés dans l'intérieur des vaisseaux ou le long des vaisseaux. Sur Iëî préparations traitées au pinceau le rcliculum ne paraît pas altéré.
Rtin». Coupes laites après durcissement. Pas d'altérations notables
OBSEBVATION XI
PlkVHB INTBBUITTHNTB. — PNBtlHONlB CHRONIQUB AVBG DILATATION DBS BRONCUBS. — MORT
B.. . figé de vingt-cinq ans, soldat au 1* zouaves, en Algérie depuis trois ans, a eu la Bévie intermittenta à plusieurs repiûes, iiotaininent au mois de septembre 1818 -, la lièvre a cédé au sulfate de <liiitii[ie.Dan3 les derniers jours du mois d'octobre t878, Icmalsde a rcâ^senli un point de côté sous-mammaire à droite ; dyspnée, toux fréquente avec expactorutîon abondante. A plusieurs reprises, il y A ea des hémoptysics aboudantes, et des vomiques se reproduiiuuit priucl paiement le matin à la suite de quintes de toux.
Je Yois pour la première fois le malade au mois de septembre 1879 : il est très faible, très anémié, très amaigri ; il se plaint de tousser beaucoup. Toux quinteuse réveillée par les mouvements que fait le malade, expectoration purulente, abondante, sans odeur fétide. Crachats franchement purulents non aérés. Le malade remplit deux ou trois crachoirs chaque jour. Apyrexie le matin. Il y a quelquefois un mouvement fébrile le soir et des sueurs nocturnes.
En somme les symptômes généraux, Thabilus du malade, la toux, Texpectoration semblent annoncer une tuberculose pulmonaire chronique à la période d'ulcération ; mais Texamen de la poitrine ne confirme pas cette hypothèse.
L'examen du côté gauche du thorax ne révèle rien d'anormal, le poumon gauche paraît fonctionner d'une façon très régulière, et à droite les lésions sont localisées à la base.
Matité déclive à la partie postérieure du côté droit remontant Jusqu^â deux travers de doigt de l'épine de Tomoplale, la ligne supérieure de matité se prolonge latéralement en s'abaissant un peu. Â la partie antérieure la matité déclive comme en arriére, remonte jusqu'au mamelon, plus haut la sonorité est normale.
Les vibrations thoraciques sont conservées dans la zone de malité ; elles sont aussi fortes à droite qu'à gauche.
Le bruit respiratoire est normal dans toute rétendue du coté gauche et au sommet droit. En appliquant Toreille au niveau de Ja pointe de l'omoplate du côté droit, on perçoit un bruit de souflle très fort et de gros râles humides tout à fait comparables au gargouillement qui se produit dans des cavernes. Le souffle et les râles s'entendent dans presque toute l'étendue de la zone de matité ; mais c'est au niveau de la pointe de l'omoplate qu'ils ont leur maximum d'intensité. Bronchophonie très marquée à la base du côté droit, pas d'égophonie.
L'exploration des autres organes ne révèle rien d'anormal. Le foie ne dépasse pas le rebord des fausses côtes.
Les traitements mis en usage ne produisent aucune amélioration. Â diverses repriseSfje constate de petites hémoptysiesjes crachats purulents sont alors mélangés à des crachats aérés d'un rouge vif. Les
Ii8 ANATOMiE PATHOLOGIllUE
si^tneslocauiperBistentsansmodiflcalionbien sensible à la base du cùté droit 1 dans les deraïers temps, on coDstate en outre les signes d'une bronchite généralisée, râles sibilants et ronflants disséminés des deux cdlés de la poitrine. Au mois de novembre, les quintes de toux bout si fréquentes et si fortes qu'elles déterminent des vomissements et que l'alimentation devient impossible. Mort dans le marasme le 26 novembre IB'9.
AutoptU, fdte le 2T novembre. Le cadavre est celui d'un bomme profondément cacbectique ; amaigrissement considérable, un peu d'cedëme des membres inférieurs.
Thorax. Sjrmphvse pleurale ancienne à droite- Adhérences très EoUdes, pas de traces d'épanchement pleuréUque récent. Du cAié gauche pas d'adhérences pleurales, la plèvre gauche renferme une petite quantité de sérosité citrinc, iSO grammes environ- Poumon droit. Les trois lobes adhèrent entre eux et ne forment plus qu'une seule masse Dans toute sa moitié inférieure (lobe inférieur et moitié inférieure du lobe moyen) le poumon droit préseule ■es altéralions suivantes : le parenchyme pulmonaire est induré, rtisistant, d'une teinte grisâtre avec des marbrures noires. Lorsqu'on pratique ita coupes, il semble qu'on incise un tissu fibreux. Sur les coupes on trouve de nombreux orillces de diamètre variable qui correspondent évidemment à des dilatations des bronches ; sur quelques points les dilatations bronchiques ont l'aspect de cavernes dans lesquelles on logerait facilement des noisettes ou des noix ; les parois sont lisses, recouvertes de pus. Ces cavités communiquent toujours lai^ment avec les bronches.
Dans sa partie supérieure, le poumon droit ne présente que des sliérations légères ; le parenchyme crépite sous le doigt, il n'y a pas trace de tubercules ; on sent bien au toucher des indurations, mais il est facile do s'assurer que ces indurations correspondent aux bronches, dont les parois semblent Stre notablement épaissies.
Poumon gauche. Le lobe inférieur est engoué, crépite mal ; le lobe supérieur est induré dans sa partie inférieure, et on retrouve la les lésions de la pneumonie chronique signalées à droite, mais moins avancées.
Pas d6 traces de tubercules aux s^ommets»
Les ganglions bronchiques sont hypertrophiés, mais non caséeux.
La muqueuse de la trachée et des grosses bronches est ardoisée, recouverte de pus.
Les deux feuillets du péricarde sont confondus en une seule membrane fibreuse (symphyse complète). Le cœur est sain du reste.
Abdomen, Le péritoine est sain ; pas de traces de granulations tuberculeuses.
Intestins normaux. Pas de traces d*entérite tuberculeuse.
Le foie est volumineux, il pèse 2,200 grammes. Aspect du foie gras.
La rate, notablement augmentée de volume, a une teinte ardoisée très marquée ; sa consistance est augmentée, et sur les coupes elle a Taspect décrit sous le nom de raie »agou.
Reins, La capsule est un peu adhérente et la surface des reins mise à nu est légèrement granuleuse. Consistance un peu augmentée. Chaque rein pèse 190 grammes.
Le crâne n*a pas été ouvert.
Examen Uiêtologique, Poumone, Lobe inférieur droit (coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire). Des tractus fibreux très épais circonscrivent les lobules pulmonaires, ces tractus sont constitués par des faisceaux de fibres très fines qui s^entrecroisent dans tous les sens *, au milieu de ce tissu fibreux on distingue des vaisseaux sanguins en grand nombre, artérioles ou veinules, des noyaux et des cellules embryonnaires plus ou moins abondantes suivant qu^on examine tel ou tel point des préparations.
Au centre des lobules on distingue également des faisceaux de tissu fibreux qui sont disposés autour des artérioles et des bronchioles. La bronchiole centrale est souvent dilatée, sa paroi est épaissie, infiltrée d'éléments embryonnaires.
Les parois interalvéolaires fortement épaissies sont constituées par du tissu fibreux qui se rattache d'une part à Tanneau fibreux périlobulaire et d'autre part aux tractus fibreux péribronchiques. Les cavités alvéolaires qui n*ont pas disparu au milieu du Ussu de nou-
151) ANATOMrE PATHOLOGIQUE
Telle rormatlon se présentent sous l'aspect d'oriOces arrandls ou oviibires dont les parois sont tapissées d'un éplthélium cubique ou cylindrique en général très régulier; ctutqne cellule épithéliale prAseaTc un noyau allongé qui se colore en rose vif par le carmin ; duos l'intérieur des alvéoles idnsi transformés, on distingue d'ordinaire des cellules granuleuses. Ci. et là on rencontre encore quelques groupes d'alvéoles dont l'aspect diffère peu de l'aspect normal,
Qiiel[[ues artérloles présentent les altérations caractéristiques de l'ondartérite.
Au milieu du tissu conjonctlf de nouvelle formation, on trouve de. nombreuses cellules remplie» de pigment.
Lobif aupérieuF droit. La plupart des lobules examinés présent^^ni los altérations suivantes: la bronchiole centrale est dilatée, sa paroi o:it épaissie, Infiltra d'éléments embryonnaires, sa surface inlerrii' est inégale, mamelonnée, dépourvue d'épllhélium. Autour de la tiroDchiole et de l'artériole centrales, il existe du tissu embryonnaire ou du tissu fibreux. Les cloisons interalvèolaires sont li'^erement épaissies au voisinage de l'anneau fibreux central ; les iilvùoles renferment des cellules provenant de la prolifération de rcniiiihëllum et quelquefois de petits boucbons Qbrineux comme dans 11 pneumonie aiguë. Quand on s'éloigne des bronches enflammées lin retrouve le parenchyme pulmonaire avec ses caractère* normaux .
Lobs moyen droit. Il présente dans sa partie Inférieure desallératiciQS Identiques k celles du lobe Inférieur quoique à un degré un pf?u moins avancé.
Li'bi' supérieur gauche. Les altérations sont les mSmes qne dans la Iritio supérieur droit.
ii'ii-. Dégénérescence amylo'fde Irés avancée occupant I es artérioles et les corpuscules de Malpighi, c'eat-À-dire les gaines de Ussu lymphoid" situées autour des artérloles. Le squelette flbreuz de la rate l'.'l- très épaissi. Éléments pigmentés en grand nombre.
He.iJ \ Dégénérescence amyloïde commençante. La plupart des gk-imi'i ulâs présentent sur les coupes colorées à l'aide du violet de miiilivlouiline une, deux ou trois taches violettes. En dehors des
glomérules, il n'y a pas trace de dégénérescence amyloïde. Quelques glomérules présentent une capsule épaissie.Sauf cette légère altération le tissu conjonctif des reins est à l'état sain ainsi que Tépithélium des tubuli.
Foie. Dégénérescence graisseuse très prononcée surtout à la périphérie des lobules. Pas de traces de dégénérescence amyloïde. Il n*7 a pas d'éléments pigmentés dans les petits vaisseaux.
GAGHBXIB PALUSTRB. — NÂPHRITB BT PNBUMONIB CHBONIQUBS PéKITONITB ATOUB ULTIMB. ^ MORT. — AUTOPSIB.
L'observation de ce malade mort dans le service d'un de mes collègues n'a pas été recueillie. Il s*agit d'un tirailleur indigène qui avait été atteint à plusieurs reprises de fièvre intermittente et qui à son entrée à Phôpital de Gonstantine présentait de l'anasarque ; les urines renfermaient de l'albumine en quantité assez considérable et le diagnostic de cachexie paluslre avec néphrite albuminetue fut porté. En même temps le malade toussait et l'examen de la poitrine révélait l'existencede rftles bronchiques sibilants et ronflant s. Le 20 septembre des accidents de péritonite se déclarèrent sans cause connue, et ne tardèrent pas à entraîner la mort.
Auiopiie^ faite le 25 septembre 1879 quelques heures après la mort.
Abdomen. Le péritoine renferme du pus, la séreuse est injectée, recouverte çà et là par des exsudats Jaunâtres.
Les intestins ne sont pas malades, il n*y a pas trace de perforation. Pas de tubercules ni sur la muqueuse ni sur la séreuse.
La rate volumineuse et fibreuse pèse 800 grammes environ. Le foie paraît normal.
Reim. Les deux reins sont notablement augmentés de volume. La capsule se détache facilement, la surface est lisse, blanchâtre. Sur les coupes, la substance corticale est d'un blanc Jaunfttre, épaissie ; les pyramides ont au contraire leur coloration et leur vo-
-152 ANATO:illE PATHOLOGIQDE
lume uormaax. Les reins ont en somme l'aspecL àm gros reins blaucs-
Thorax. Plèvres siilnes- Poumons: il n'y a pas de tubercuies notamment aux sommets. A. la base du poumon droit le parenchyme pulmouaire est induré, rougeâlre, résistant et non friable comme dans rbépaUsation rouge, les bronches sont dilatées à ce niveau. A. \\ base du poumon gauche on trouve aussi un noyau d'induration qui présente le même aspect qa'à droite.
Le i;œur ne présente aucune altération notable.
Examen hittologique. Reini. Examen [ait sur des coupesaprèa durcissement par le procédé ordinaire. Les éléments conslitutifE des ' lobules rénaux présentent dans les deux reins les altérations suivantes.
- Dans les tubes contournés les cellules épitbéliales sont volumineuses, remplies de Kranulatione etde globules hyalins [déeéDérescence muqueuse). Sur les préparations traitées par l'acide acétique les granulations Unes disparaissent en partie, les globules hyalins dâvieuneDt au contraire plus apparents.
Les tubes droits de gros calibre présentent sur quelques points une altération analogue )i celle des tubes contournés, c'est-à-dire que l'épItbéUum est tuméfié et que les cellules épilhéUales ont subi la dégénérescence mucoïde. Los tubes droits de petit calibre montrent un épithélium sain, mais ils renferment souvent des cylindres hyalins qui se rencontrent aussi, mais plus rarement dans les tubes droits de gros calibre.
Le tissu coDjonctir des reins, les vaisseaux sanguins et les glomérules de Malpighi sont à l'état sain.
Poumon [parties Indurées, coupes faites après durcissement). Les prL^paratioDS se présentent sous deux aspects différents suivant les points qu'on examine ; sur les unes c'est le tissu fibreux qui prédO' mine, sur les autres c'est le tissu embryonnaire. Ces deux aspects correspondent évidemment à deux phases de la pneumonie interstitielle.
a) Phase embryonnaire. Les éléments normaux du poumon sont dissociés par des cellules embryonnaires. Les alvéoles puLnonalres rétrécis et déformés renferment des cellules épithéllales libres, gra-
naleuses, qui se colorent mal parle picrocarmia. Les petites bronches se reconnaissent à répithélium cylindrique qui les tapisse, elles ne sont pas notablement dilatées. Les vaisseaux sanguins sont très nombreux dans le tissu de nouvelle formation.
b) Phase Ûbreuse. Autour des lobules on distingue des tractus fibreux plus ou moins épais ; le tissu de nouvelle formation est constitué par des faisceaux de fibres conjonctives très fines, qui s'entrecroisent dans tous les sens ; au milieu des fibres on distingue çà et là des amas de cellules embryonnaires et de petits vaisseaux en grand nombre. Cet anneau fibreux périlobulaire se continue avec les cloisons interalvéolaires, qui sont fortement épaissies et qui ont subi également la transformation fibreuse. Le tissu fibreux est également très développé autour des bronchioles et des vaisseaux intralobulaircs. Les alvéoles pulmonaires enclavés dans le tissu fibreux sont très rétrécis, fis se montrent sous l'aspect d'orifices arrondis ou ovalaires, tapissés en général par un épithélium régulier cubique ou cylindrique comme celui des bronches. Sur quelques points on peut suivre les transformations de Tendothélium normal des alvéoles pulmonaires en un épithélium cylindrique. Les noyaux se gonflent , les cellules deviennent plus apparentes qu'à Tétat normal et se multiplient, les cellules anciennes se détachent, les cellules jeunes se serrent les unes contre les autres et forment un revêtement épithélial réguUer d*abord cubique, puis cylindrique.
MODH d'eïAXEN du SAICO. — DiPFÉRBRTS ASPECTS SOUS LBSQOSLS SB PRÉSENTENT LES HICROBBS DU PALUDISyS. — GORPS KTSTIQUBS M* 1,
n" S ET N- i. — FiLLMBnrs mobiles. — Causes oui influent sur
l.B NOMBRE ETSURLINATURB DBS £l6|IBHTS PARASITAIRES DANSLB SANG DEr; T'ALUDIOURS. — NaTURR DBS MICROBES DU PALUDISME.
L'anutomic pathologique démontre lue la lésion constante et absolunii?]il (Caractéristique du paludisme consiste dans la présence délémenls pigmentés dans le sang. L'étude des lésions cndavériigues ne fournissant, sur la nature elle mode de formation de ci-K l'Ii'menls, que des renseignements peu satisfaisants, il était iiiduiu^ de recherctier dans le sang frais recueilli sur des maiadps atteints de fièvre palustre des données plus exactes,
l':n sinvnnt cette méthode, je ne tardai pas à reconnatlre L]u'rin lroi]v;iit dans le sang de certains malades atteints de fièvre inieimiltente, outre les leucocytes mélanifères déjà l'onnus, des l'^léments sphériques, cylindriques ou en croissant, de forme iri's régulière, pigmentés, très distincts des leucocytes *és dr pigment. Je soupçonnais depuis quelque temps urc parasitaire de ces corps, lorsque le 6 novembre 18B0,