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à une hématie (C, fig. 6), les extrémités du croissant dépassent la ligne da contour de Thématie; l'adhérence aux hématies n*est du reste pas forte et elle paraît être purement accidentelle.
 côté de ceux de ces corps qui sont incurvés en croissant et qui sont toujours les plus nombreux, on en trouve souvent qui sont à peine incurvés ou même dont le grand axe est absolument rectiligne.
Il est facile de s'assurer que ces éléments ont bien une forme cylindrique et que leur aspect ne dépend pas de la manière dont ils se présentent à robservateur ; il suffit pour cela d'établir on petit courant dans une préparation de sang renfermant quelques-uns de ces corps, on les voit tourner sur eux-mêmes et se présenter sous leurs différentes faces, en conservant le même aspect.
A côté des éléments cylindriques en croissant, on trouve presque toujours des corps ovalaires (£, fig. 6), qui paraissent être des formes intermédiaires aux corps n^" i et aux corps n<» S, qui seront décrits plus loin; dans ces corps ovalaires les grains pigmentés se disposent souvent en couronne régulière comme dans les corps n"* S.
Les corps n<* i ne paraissent pas doués de mouvement, ils ne se déplacent pas dans le champ du microscope et quand leur forme se modifie, c'est d'une façon très lente ; on peut suivre parfois la transformation des corps cylindriques effilés à leurs extrémités en corps ovalaires puis en corps sphériques.
Les grains pigmentés situés vers la partie moyenne de ces corps sont immobiles ; ils ne présentent pas les mouvements si vifs, si rapides dont les grains pigmentés des corps n<* 3 sont souvent animés. Une seule fois j*ai constaté l'existence degrains pigmentas mobiles dans Tintérieur des corps n"" i : le sang avait
lUÎ HIcnOBHS DU PALIUISMI':
été recueitti dans une cliambre humide de Kanvier, où il se trouvait depuis quarante-huit heures au momeat oA je Bs cette ot»servalion ; le double contour des corps n* 1 était devenu trt'S apparent.
Les corps n* i contenus dans des préparations de sang frais ne tardent pas à se déformer, il est facile de s'en assurer en procédant ainsi qu'il suit : après avoir trouve dans une préparation de sang frais des corps n" I bien caractérisés, on dessine ces corps puis on fixe la préparation sur la plaline du microscope de manit-re à ne pas perdre le cliamp dans lequel se trouvent les corps dessinés. Au bout de quelques heures, on procède à un nouvel examen, on dessine de nouveau les corps n* i, et ainsi de suile. On constate en fténéral au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures que les corps n* 1 ont pris une forme irréguliÈrement sphérique.
Sur le cadavre, les corps n" 1 sedéformentplus vile encore que dans le sang frais; pour les retrouver il faut recueillir le sang dans les premières heures qui suivent la mort (observation Vil).
Je chercherai plus loin à déterminer dans quelles conditioDS on rencontre les corps n° 1 dans le sang des paludiques, il suffit de constater ici que la présence de ces éléments dans le sang est beaucoup moins constante que celle des corps n* 2 ; si je les ai décrits en premier lieu, c'est pour conserver l'ordre que j'avais adopté dans mes premières publications. Tantôt les corps n° 1 font absolument défaut dans un sang d'ailleurs très riche en éléments parasitaires (corps n° 2, filaments mobiles], tantôt au contraire le sang ne renferme que des corps n' 1 : chez certains malades ces éléments existent on très grand nombre dans le sang : il m'est arrivé plusieurs fois de trouver
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dix à douze corps n« i dans un même champ du microscope en me servant de Toculaire 2 et de l'objectif 7 de Verick. C'est dire que ces corps étaient devenus environ deux fois plus nombreux que les leucocytes dans le sang normal.
Corps kystiques n^i ou sphériques.-^ Ces éléments sont sans contredit ceux qu'on a le plus souvent l'occasion de rencontrer dans le sang des paludiques. La figure 7 montre les principaux aspects sous lesquels ils se présentent à l'observateur. Leur forme est sphérique; mais nous verrons plus loin que cette forme peut se modifier sous l'influence de mouvements comparables aux mouvements amiboîdes.
Les dimensions sont assez variables ; les corps n^" î les plus petits ont à peine un millième de millimètre de diamètre, les plus grands peuvent avoir 10 à il millièmes de millimètre de diamètre.
Les contours sont indiqués par une ligne très fme, on distingue parfois un double contour (C,fig. 7), principalement sur les préparations traitées par l'acide osmique, colorées par le picrocarmin et conservées dans la glycérine.
Ces éléments paraissent être constitués par une masse hyaline très transparente renfermant des granulations arrondies de pigment noir ou d'un rouge feu très sombre, identiques k celles qui se trouvent dans les corps n^* i. Les corps n^" 2 les plus petits ne renferment souvent qu'un ou deux grains de pigmente A flg. 7) ; dans ceux de ces corps qui ont un plus gros volume, les grains de pigment se disposent souvent d'une façon régulière en forme de couronne {A, C, fig. 7), ou bien on constate que les grains pigmentés sont disposés sans ordre (B, fig. 7) et qu'ils sont animés de mouvements très vifs comparables à ceux
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de parlicules solides qui se trouveraieut dans un liquide en èbullilioD. Cette agitation des grains pigmentés a aussi nne certaine analogie avec le mouvement brownien, mais elle n'a pas h régularité de ce dernier: lantAt le mouvement s'arrête complètement, tanlAt il s'exagère sans que les conditions physiques de la préparation soient modifiées en apparence. A priori on est tenté de croire que les grains pigmentés sont animés d'un mouvement propre: nous verrons plus loin, en étudiant les filaments mobiles, qu'ils ne s'agil très probablement i^iie d'un mouvement communiqué.
Fm. 1. ~ A, corps n* 2 de moyCD volume. — B. corps n* 2, renrermtnt les grala* piE[inaiilés mobllea. — C, corps d' 2 «ur lequel on dUUogue uD double contour. — D. corps u* S de pelil volume libres et isoléi. — E, corps D'2de petit volume agmlués. — G, 11,1, K, Itémnlles auiqualles fiinl accolés des corps n* 2 Je pelU volume nu nombre de ud, deui, Iroti, il i[iiatre. — L, bâmatie i laquelle est accolé un corps n- 2 de ooyeD \glunie, l'bémalle esl très plie. (Oross., 1000 dlamitres euvlron.)
Us grains pigmentés sont en générât immobiles dans les corps n" 3 de petit volume, tandis que dans les corps n' i de moyen et de gros volume, on les voit presque toujours se mettre en mouvement à un moment donné, surtout si la préparation est ni.iintenue à une température suffisamment élevée.
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Les corps kystiques sphériques sont tantôt libres dans le sérum, tantôt accolés à des hématies {Hy /, K, L, flg. 7). Les corps de petit volume libres dans le sérum sont souvent réunis par groupes de quatre, cinq, six ou davantage {E, fig. 7).
Les corps kystiques accolés à des hématies ont un volume variable: tantôt il s'agitde corps de très petit volume ne renfermant chacun qu'un, deux ou trois grains pigmentés et pouvant se trouver au nombre de deux, trois ou quatre sur une môme hématie (//, /, Ky fig. 7); tantôt ces corps plus volumineux ont presque un diamètre égal k celui de Thématie (Z., fig. 7), qui pâlit de plus en plus et qui ne se trahit plus que par une zone d'un jaune très pftie autour de Télément parasitaire.
Il arrive un moment où Thëmatie ne se distingue plus qu'à son contour ; sa teinte particulière a disparu ; sa transparence est la même que celle de l'élément parasitaire qui lui est accolé. Ce dernier corps paraît alors entouré d'une zone transparente, qui lui est plus ou moins concentrique ; bientôt l'hématie disparaît complètement, et à mesure que l'hématie s*efface le corps n^ 2 augmente de volume.
On trouve souvent dans les préparations du sang des paludiques des hématies qui présentent de petites taches claires et qu'on pourrait désigner sous le nom d* hématies piquées {G, fig.7). Il est probable que ces taches claires sont produites par des corps sphériques à l'état naissant, pour ainsi dire, qui ne contiennent pas encore de pigment. MM. Marchiafava et Gell^ paraissent avoir observé cette phase du Taltération du sang des paludiques (Gass. degli Ospitali, 1883, n* 66).
Certains corps n* S renfermant des grains de pigment ont exactement le diamètre des hématies; aussi devait*on se demander s'il s'agissait d'éléments parasitaires ayant une
Iti» MICBUltlîS DU l'ALVDlSMI-:
existence iodépËiidanle ou bien d'hématies allé-rf'es par la pr^ spnce des parasites qui auraient pénétré dans l'intérieur des liématics comme les charançons pénétrent dans des grains de blé: cette bypothèse et cette comparaison ont été faites par M. le 0' Richard (communication à l'Académie des sciences, 20 février 1883).
A côté des corps n" 2 qui ont à peu près le diamètre des hématies, il en existe d'autres qui n'ont que 1 h â milliêmf's de millimètre de diamètre et qui par conséquent sont plus petits que les plus petits globules du san;;; l'existeuce dans le saa;; de corps n° •> de moyen et dis petit volume, libres, indépendants des hémalies, montre bien que ces corps ont une existence propre; de plus une hématie qui n'a pas d'enveloppe proprement dite et dont l'élasticité est si grande qu'elle cède à la moindre pression, n'est pas assimilable k un grain de blé.
M. le D' Hichard a du reste abandonné de lui-raC^me l'hypothèse qu'il avait émise. Dans sa dernière publication sur les microbes du paludisme il s'exprime ainsi : >< Ces corps, ditil en parlant des corps kystiques n° â, sont tantôt isotéf^, tantôt accolés par deux, par trois ou même par quatre. Mais bien plus fréquemment, au lieu de nager en liberté dans le plasma, ils sont accolés à des globules rouges, aux dépens desquels ils se nourrissent. Tanli'it le globule ainsi parasité conserve sa forme discoïde, le plus souvent il se met en calotte, embrassant le microbe par sa concavité. On pourrait alors croire que ce dernier est renfermé dans le e'ol^u'e lui-môme et j'ai pensé pendant longtemps (|U'il en était aiiisi; aujourd'hui je suis persuadé du contraire. ■■ {Reoae scientifique, 1883, p. lU.)
Lorsqu'on examine des corps n° 2 de moyenne ou de grande dimension h une lemnéralure de 30 à 35" C, on constate sou-
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vent quE ces corps se défonneiil, tandis que les grains pigmenta» s'agilent 1res vivement à l'intérieur; ces dérorœations, qui se produisent avec une certaine lenteur, comme celles des amibes, sont faciles à constater quand on a soin de laisser le même èlûmenl dans le cliamp dri microscope et de le dessiner toutes li-s cinq minutes par exemple (obser\'a[ion Wll).
De petites houles sarcodiques se forment quelquefois sur 1.'bords des corps n°2.
Lorsqu'on examine attentivement un corps n° 3, il arri\c parfois qu'on voit ce corps se segmenter en trois ou quatre ë1<ments semblables, mais de petit volume, ces éléments peuvpm se confondre de nouveau en un seul, de sorte que le corps n ' -1 reprend son aspect primitif.
Au bout d'un temps variable, les mouvements des grains pigmentés s'arrêtent, les corps n° 9 prennent alors leurs form<'S cadavériques, qui seront décrites plus loin (v. corps n* 3).
Ixs corps n* î ne possèdent pas de noyau visible à l'étal frais, et alors même qu'on les colore par le carmin, on n'arrivi< pas à déceler l'existence d'un noyau, ce qui ne permet pas (i<! confondre ces corps avec des leucocytes mélanifères alois même qu'il s'agit d'éléments ayant h peu prés le diamètre il< ^ leucocytes.
Filaments mobiles. — Lorsqu'on examine avec attention uix' préparation de sang renfermant des corps kystiques sphériques, il arrive souvent que sur les bords de quelques-uns de ces élt'menls on distingue des Qlaments mobiles qui s'agitent avriune grande vivacité et qui impriment aux hématies voisines des mouvements rapides et très variés. Ces filaments mobiles dont la nature animée n'est pas contestable, paraissent reprt-
senter l'étal adulte des microbes du paludisme; leur éludes donc une grande importance, ce sont malbeureusemenl parmi les divers t-li'imenls parasitaires qui existent dans le sang des paludiqiies, ceux dont l'observation présente le plus de difficultés.
Les filamenls mobiles sont très longs pour des microbes ils ont en effet trois ou quatre Tuis le diamètre des hématies, soit de 31 il ÎB miliiL-mes de millimètre de long; mais leur ténuité et leur transparence sont telles qu'à létal de repos on ne les aperçoit pas. C'est ainsi qu'au repos les cils vibralilesde certains infusoires ne sont pas apparents. On sait qu'une baguette de verre plongée dans le baume de Canada devient invisible, l'indice de rcfraclion du verre étant à peu près te même que celui du baume, on comprend à plus forte raison que des filaments très fins et très transparents puissent être invisibles & 1 tat d p d le sérum du sang.
L n u m l des filaments mobiles s'arrêtent souvent p d t q Iq t mps après qu'on a recueilli le sang sur une 1 d t lU si la température extérieure est peu
1 t □ n r il pas usage de la platine chaufTante. J'ai
remarqué plusieurs fois k Constantine que, pendant l'été, lorsque la température extérieure était très élevée, on constatait les mouvemenls des filaments di^s le début de l'examen du sanf (voir notamment l'observation XXXVll). tandis que, en hiver, lorsque la température du laboratoire était assez basse.il fullail souvent attendre longtemps avant de voiries filaments mobiles. Notons enfin que les filaments mobiles correspondent h une certaine phase do l'évolution des parasites du paludisme et que par suite on ne doit pas s'attendre k les rencontrer à l'état permanent dans le sang des paludiques.
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Pour ces difTrrenles raisons, la recherche des fllamenis mobiles est nssez difticiic, et on comprend que ces microbes, malgré leur longueur el la vivacité de leurs mouvements, aient pu échapper pendiint longtemps à l'attention des obser^'ateurs.
TantiM les filaments mobiles sont libres au milieu des hématies, tantat ils adhèrent par une de leurs extrémités aux con>s kystiques sphériques ou corps n° S. Les filaments libres se meuvent au milieu des hématies comme ferait une anguillule, et il est assez difficile de les suivre dans leurs déplacements-, les filaments qui adhèrent encore aux corps n" 3, sont plus faciles k étudier, parce qu'ils s'agitent sur place et qu'ils restent dans le champ du microscope.
Fie, 8. — Â, earp» a' 2 prétsmaat quatre Atamen 11 mobliei. — B, corps 0*2 pr^nUDl trois flluDanlj inabilM, l'un de* Blunenti prdteDie ua ptili ranDemaat T«rt *b partie moyenne b, Ibi gratnt pigmentas sont mobllss.
— C, corpi n* 2 avsc un seul Qlamenl moMIa. — D, Blâment mobUa libre,
— (GroH. , tOOO diamètres.)
J'ai dit déjà que la longueur des filaments mobiles était de 31 à 38 millièmes de millimètre, leur épaisseur peut être éva-
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luée à un millit'me de millimètri^ au plus. Les tilainfiils sonl légèrement renflés h l'une de leurs exlrémilés, effilosù l'autre (A lig. 8), lorsque les filaments sont adhérents aux corps n" i, c'est l'exlrémité libre qui est renflée; le renflement terminal est spliérique ou plutôt pyriforme; il est du resle difficile à observer à cause de la grande mobilité des éléments. U arrive quelquefois que vers la partie moyenne des filaments mobiles on observe aussi de petits renflements iilivaires (6, tig. 8). ces derniers renflements n'onl rien de régulier, et ils sont très rares.
Il csl possible qu'il existe un canal dans l'intérieur des lilaments mobiles; il semble parfois qu'une particule provenant du corps n" 2 s'introduit dans ['intérieur d'un des fllamenls mobiles encore adhérents et glisse d'un bout à l'autre de ce lilament en produisant un léger renflement qui se déplace: ce phénomène est Irés visible lorsque la particule introduite dans le filament renferme un gi-ain de pigment.
On n'obsei've pas de filaments mobiles autour des corps n* 5 de pelit volume, ni autour des corps en croissant ou corps n" 1 : les lilamenls mobiles se rencontrent exclusivement sur les bords des corps n° 2 de moyen ou de gros volume.
Le nombre des fllamenls mobiles qui adhi'-rent i un même corps n" 2, est assez variable ; quelquefois on n'en distingue qu'un ou deux, d'autres fois on constate l'existence de trois, quatre, cinq ou six de ces filaments, qui du reste sont difficiles à compter parce qu'ils ne se meuvent pas toujours en m^me temps et que ceux qui sont au repos ne sont pas visibles.
Tantôt les filamentssontdisposés d'une façon assez, symétrique {A, fig. 8), tantôt ils sont groupés d'un même côlé (S, fig. Sj. tantôt enfin ils s'enroulentaulour des corps sphériques auxquels