CLASSIFICATION
lement que la classification des fièvres palustres adoptée par Tauteur est très compliquée et qu'elle ne donne pas au lecteur une idée très nette de ces fièvres.
Si des médecins qui, comme M. Guéguen, ont été journellement aux prises avec les fièvres palustres et qui ont pu recueillir comme il a le mérite de l'avoir fait, de nombreux tracés tbermométriques, ne sont pas encore airivés à débrouiller le chaos de ces fièvres, à plus forte>aison doit*il en être ainsi pour les praticiens qui n'ont pas observé le paludisme chez lui. Ces derniers, forcés de s'en rapporter au dire des auteurs, croient volontiers que le paludisme est de toutes les maladies la plus capricieuse dans ses manifestations cliniques, la plus difficile à reconnaître sous les déguisements variés à l'infini qu'elle sait prendre. ^
Après cinq années passées en Algérie, je n'hésite pas à dire que, contrairement à Topinion généralement reçue, les manifestations cliniques du paludisme sont peu variées, à ce point que la monotonie de ces manifestations est souvent un ennui dans les services cliniques des pays chauds.
Pendant ces cinq années passées à Bône, à Biskra et à Con* stantine, c'est-à-dire dans des localités où règne le paludisme, j'ai vu passer dans les services dont j'étais chargé plus de seize cents paiudiques, j'ai pris plus de six cents observations en ayant soin de recueillir de préférence les faits qui sortaient quelque peu delà règle commune, ceux qui présentaient quelque particularité intéressante, et je puis affirmer que tous les faits que j'ai observés rentrent dans le cadre suivant :
1* Fièvre intermittente quotidienne, tierce ou quarte , î' Fièvre continue ;
•lî l'ORMES CLINlOtJES
3° Fièvre inlermittente ou Tiëvre continue compliquée d'accidents graves (accès pernicieux) ;
i" Cacbeiie palustre.
Je ne nie pas. bien entendu, l'existence des Ucvres lardées ; il parait démontré que le paludisme peut se traduire seulement par une névralgie intermittente par exemple; mais je constate que pendant ces cint] années, malgré tout le désir que j'avais de compléter ma collection d'observations en y ajoutant quelques cas de lièvre larvée, je n'en ai pas observé un seul exemple, ce qui montre tout au moins qu'il s'agit d'une forme rare du paludisme.
Je me console du peu de succès que j'ai eu dans cetle recherche des fièvres larvées en voyant que des observateurs tels que Maillot et Dutroulau n'ont pas été beaucoup plus lieurrux que moi.
Maillot, dans son Traité des Jlècres tniermittente3,ae donne pas une seule observation de tièvre larvée, et il en est réduit à décrire les difTérentes localisations de ces prétendues lièvres d'après te Traité des Jléores intermittentes de Bonnet (Paris, 1835), dont il cite un passage en faisant de sages réserves. D'après Maillot on ne saurait considérer comme des lièvres anomales ou larvées celles des afl'cclions décritessous ce titre qui ne s'accompagnent pas d'un mouvement fébrile. » Cependant, ajoute-t-il, on pourrait peut-être faire une exception pour ces névralgies périodiques qui s'accompagnent d'une réaction circonscrite dans la partie malade ; car elles sont en petit ce que les fièvres intermittentes sont en grand ». (Op. cit. p. K.)
Ainsi, Maillot, dit peut-être miime pour la névralgie inlermittente, qui est cependant la moins contestée des liëvres larvées.