novembre. Pas de rechute de fièvre
Examen du sang fait le 13 novembre; corps n* 1 encore en assez grand nombre ; corps n* 2 rares, un de ces corps est muni de fila* ments mobiles.
Le sulfate de quinine suspendu du 13 au 20 novembre est repris
à pai-tir du 21 novembre à la dose de Oi'.SO par jour jusqu'au 24 novembre. Pas de rechute de Ûèvre.
Examen du sang faille 21 novembre: corps nM très raren. Pas de corps n* 2, ni de filaments mobiles.
Le malade quitte Thôpital de Constantioele 24 novembre; il a fini son temps de service et rentre en France.
PIBVBB INTBRIiITTBNTB QUOTIDIBNNB. AGGÊS PBRNICIBUX DYSPNBIQUB. MICROBBS DU PALUDISBiB. GUËRISON
Col..., âgé de vingt-trois ans et demi, soldat au 3* zouaves, entre à riiôpital de Conslantine le 8 août 1882.
Col..., qui est engagé volontaire, a cinquante-huit mois de service, il a passé tout ce temps en Algérie ; il a eu une première atteinte de fièvre intermittente au mois d*août 1881 après avoir été détaché au Bardo. Le 10 août 1881 le malade est entré une première fois à Thôpital de Conslantine pour fièvre intermittente quotidienne, il en est sorti le 27 septembre ; il a repris son service en sortant de Thôpital et a fait campagne en Tunisie. Au mois de novembre 1881, Col... a eu la dysenterie à Kairouan; il a passé dix jours à l'ambulance de Kairouan, puis 11 a été évacué sur Souse, Bone et Philippeville.
Au mois d'avril 1882 rechute de fièvre à TAlloufa (province de Constantlne) ; quelques accès, qui cèdent facilement au sulfate de quinine.
Rechute le 5 août à Constantlne (Casbah). Le 5 août, céphalalgie, malaise général, anorexie, nausées.
Le 6 août, accès de fièvre bien caractérisé par les trois périodes de frisson, de chaleur et de sueurs. L*accès, commencé à huit heures du matin, dure jusqu'au soir ; céphalalgie très forte, oppression très grande, point de côté à {;auche dans la région splénique.
Le 7 août nouvel accès moins fort que le précèdent.
Le 8 août troisième accès à la même heure que les précédents. Le malade, qui a été à la visite, tombe dans la salle de visite sans
31i 0 RHES CLINIQI^ES
perdre connaissance toutefois. Chaleur très vire, soif atimt- Dyspnée, oppression Lrès Torte. Dans la Journée le malada > dn délire. Le soir coliques sèches très douloureuses. Le médecin dn régiment prescrit une potiou âthérée et envoie le malade i'uigeatt h l'bftpltal.
Du 6 au S aoQt Col... a pris trois doses dosulTate de qiiinioa.
9 août. Apyrexie. Anémie, taiblesse générale, anorexie. Examen du sang fait le 9 août à deux heures du soir : corps n* î
de moyen ou de petit volume libres ou accolés à des bém&tiei : ces éléments sont nombreux; beaucoup renferment des giains pigmentés mobiles.
L'apyrexie étant complète et le malade ajanl pris trois doses de Buirale de quinine aTantl'entrée k l'bApital, je me contente de prescrire des poUges.
10 aoQt. Frisson violent à six heures du matin; à six heures trente minutes du matin la température axillaire est de 3^A; s sept heures trente, au moment de la visite, je trouve le mal&de dans l'état suivant : Qèvre vive, peau brûlante, pouls régoUer, très fréquent. Le malade, très anxieux, est assis dans son lit, la respiration est très dlfflcile, les inspirations sont courtes et très fréquentes, il semble au malade que ea poitrine est très rortemeDt serrée à la base. 11 existe un peudedouleurà la pression au-dessous des basses cOtesducûté gauche, au niveau de la rate; mais cette douleur ne suffit pas à expliquer la sensation d'oppression, d'étouf- (ement qu'accuse le malade. L'examen des organes thorsclques oe révèle du reste rien d'anormal sauf l'accélération des mouvemenU du cœur. Pas de toux, pas d'expectoration.
L'examen du sang fait le 10 août à huit heures trente du matin donne les mâmes résultats que celui fait le 9 ; il existe des corpi □* 2 en grand nombre.
A huit heures trente du matin, j'ii^ecte 1 gramme de lulfoviaiu de quinine par la vole hypodermique.
Le 10 août, à 4 heures du soir, la Qèvre est tombée, eueurc sstti al"Hjilantes. L'anxiété et la dyspnée sont beaucoup moins vivei Sulfuiâ de quinine Oi'30-
11 ii^ûi- Apyrexle. Le malade se trouve beaucoup mieux, la stn-
sation d'oppression et la dyspnée ont complètement disparu. Anémie profonde. La ftice a la teinte terreuse caractéristique, les muqueuses sont décolorées. Faiblesse générale; le malade a de la peine à se tenir sur ses jambes, et quand il essaye de se lever, il éprouve des vertiges, qui Tobligent à se recoucher aussitôt. Langue un peu saburrale, anorexie, constipation. La matité splénique mesure il centimètres de haut sur 13 de large; il y a encore un peu de douleur à la pression dans la région splénique. (Potages, Sulfate de quinine 0,80 matin et soir.)
12 août. Même état, Tapyrexie persiste. (Potages. Sulfate de quinine O^^ySO.)
iMSaoût. L'apyrexie persiste; les forces et l'appétit reviennent lentement. Une des piqûres faites pour injecter le sulfovinate de quinine à la cuisse droite a donné naissance à un petit abcès, qui est ouvert le 16 août et qui se cicatrise rapidement.
Le malade mange une demi-portion puis une portion. (Vin de quinquina, café, sulfate de quinine 0<%60 chaque matin.)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0,60 jusqu'au 19 août
Pas de rechute de ûèvre.
Le malade, qui a obtenu un congé de convalescence, quitte l'hôpital le 27 août 1882.
OBSERVATION XU
FIBVBB CONTINUB PALUSTRB. DÉLIRB. IGTBRB. MICROBBS DU
PALUDISMB. GUéRISON
S , soldat au 26* d*artillerie, entre à l'hôpital militaire de Con-
stantine le 19 août 1881.
Le 19 au soir, Tétat général est très grave : fièvre vive, 39*,5 à 4 heures du soir, délire, ictère.
Je vois le malade pour la première fois le 20 août. La fièvre persiste, 39*,4 à 6 heures du matin. Le malade ne répond à aucune de mes questions, il a déliré toute la nuit et a été très agité. Teinte ictèrique très marquée de la peau et des sclérotiques. Pas de diarrhée, pas de douleur dans la fosse iliaque autant qu'on peut en
316 FURMEB CLINKÎUES
Juger dans l'èUt où se trouve le malade. La maitté splénique a
1 uentimëtres et demi de haut sur 9 ceutimétres de lai^e.
Examen du sang fliit le 20 août au matin : corps n' 2 de petit volume, accolés presque tottjours à des hématies, quelques-uns d« ces corps ne renrerment qu'un ou deux grains de pigment : leucocytes mélanirères.
Le diagnostic d'accès pernicieux est porté. Le malade refuse absolument d'avaler la solution de quinine.
J'injecle 1 gramme de cbtorbydrate de quinine par la voie bjpodermique.
L'examen du sang fait de nouveau le 20 aoAt à une heure quaranle-clnqdu soir, donne les mêmes résultats que le matin. Le 20 au soir la température est de 39\
21 août La névre est plas rive qu'hier : 10*,9 le matin, Zi'.î le soir ; néanmoins L'état général est meilleur, le malade a repris connaissance le 21 au Tnatin, mais il a encore déliré pendant toute la nuit du 20 au 21 , Le pouls est régulier, il bat cent fuis par minule. Respiraiion fréquente [quarante inspirations par minute). I^ malade accuse une céphalalgie très forte.
Langue rouge et sèche à la pointe. Soir vive. Ictère très marqeé- Taches ombrées sur la partie antérieure du tronc; pcdiculi puhi* en grand nombre (rrlction avec la pommade mercurielle).
Les urines renferment de la matière colorante de la bile en assez grande quantité (acide azotique), et elles douoeat par la chaleur et les acides un lé;,' ei- nuage albumlneux.
Le malade avale bien la solution de sulfate de quinine, 1<',S0 de sulfate de quinine le matin, t gramme ie soir.
22 août. La Rèvre est moins vive : 3S*,t le matin, 3B*,S le soir. L'élat général s'est beaucoup amélioré. Le pouls ne bat plus que quatre-viuRt-huit fois à la minute et on ue compte plus que vingt Inspiratioii.s par minute; la teinte iclérique est moins marquée. Le malade a i fpris connaissance, il n'a pas déliré la nuit dernière, nais riulelliKen<:<i est encore très paresseuse, stupeur marquée.
Examen ilu sang fell 1e22aoûlà deux heures du soir, je ne trouve plus que ilos corps n* 3 et des leucocj'tes mélanilères. (Sulbte de quinine !■'. SOle matin, 1 gramme le soir.)
Bouillon. IJmonade tartrique.
23 août. La Ûèvre est tombée, 37*|4 le matin. Le soirTapyrexie persiste. Le malade ne se plaint plus que d'une grande fatigue. Le pouls ne bat plus que soixante-quatre fois par minute. La teinte ictériquc de la peau et des sclérotiques est encore très apparente.
Le malade, qui a repris tout à fait connaissance, nous donne les renseignementsqui suivent: il est âgé de vingt-deux ans, il est né en Algérie et il habite depuis sa naissance un village situé à
15 kilomètres d'Oran. Il y a cinq ans, S a eu pour la première
fois quelques accès de fièvre, qui ont cédé facilement au sulfate de
quinine. Au mois d'octobre 1880, S a eu à Philippeville trois
accès de fièvre, il a pris quelques doses de sulfate de quinine. La fièvre n'a reparu que le 18 août, c*est-à-dire la veille de l'entrée à riiôpital de Constanline. Le malade a ressenti des frissons légers, de la céphalalgie, puis il a perdu connaissance et il ne se rappelle
pas comment il a été transporté à l'hôpital. S affirme qu'U n*avait
pas fait d'excès le 18 août et qu'il ne s'était pas exposé au soleil. (Potages. Limonade. Sulfate de qoinine 0*^, 80.)
24 août. L'apyrexie persiste. Le malade se trouve bien, demande à manger. Langue assez belle. Pas de diarrhée. La teinte ictérique de la peau et des sclérotiques disparaît peu à peu. Anémie très marquée. (Une demi-portion d'aliments. Deux portions de vin. Sulfate de quinine 0^, 80. Vin de quinquina.)
25-ai août. L'apyrexie persiste. L'appétit et les forces reviennent. Anémie. Faiblesse générale.
Examen du sang fait le 28 août : diminution très notable du chiffre des hématies, je ne trouve plus trace des éléments pigmentés. (Une portion, quatre portions de vin. Vin de quinquina. Café noir. Sulfate de quinine 0«% 60.)
1*' septembre. Le mieux continue. La teinte ictérique a disparu. Les urines ne renferment plus ni matière colorante biliaire, ni albumine. Le malade mange deux portions.
Le malade, qui a fini son temps de service, demande à s'en aller. Sortant le 3 septembre.
3S0 FORMES CLINIQt'KS
2S juillet. Le malade >e trouve beaucoup mieux, demande à manger, (Une portion. Quatre portions de vin. Via de quinquina. Café.)
A partir de ce moment i'appétit et les forces reviennent assex rapîdcmcQl.Lel!'août le malade mange deux portions; te S août il pan eu congé de convalescence.
Ui cnchesie palustre succède le plus souvent à une série de rcclittles de fièvre intermittenle ; mais elle peut aussi s'établir rapidi'niciitàlasuitede quelques accès graves: c'est la cachexie a/gu'', ou bien lentement, sans le cortège ordinaire des matiifiistaliiiiis aiguës du paludisme, c'est la cachexie d'emblée. Celte diirnière forme s'observe principalement chez les indi- ^fùrifis lies pays palustres.
Lps inîMCipaux signes de la caclieiie palustre sont: i'anémie et l'/nj/icrspfénie.
l.L' cacheclique palustre est essentiellement un anémique et lii pliipnri des troubles morbides qu'il éprouve se rattachent à rappauvrissement de son sang.
La {Il ail est pdie, elle a une teinte terreuse, surtout à la face (H c\k'7. les sujets qui ont été exposés aux ardeurs du soleil, choi^ ]ci paludiques qui vivent renfermés dans des ateliers ou dans des bureaux, la peau de la face présente souvent une teinte cireuse, identique à celle qu'on obsene chez les sujels qui ont eu des li6morrhagies abondantes. Les muqueuses sont décolorée : les sclérotiques d'un blanc bleuAtre.
11 existe souvent de l'œdème périmalléolaire et de la bouffissui-e de Id face, dans les cas graves de l'anasarque.
CACHEXIK PALUSTRE ÎJ21
Les malades amaigris, vieillis avant l'âge, accusent une grande lassitude, une faiblesse très marquée surtout dans les membres inférieurs ; les mouvements amènent facilement la fatigue ; chez quelques malades la démarche est incertaine, titubante comme celle d'un homme ivre. (Gatteioup, De la cachexie paludéenne en Algérie. Recueil mém, méd, milita 2« série, l VIII, p. 1.)
Les extrémités supérieures sont quelquefois agitées par un tremblement facile à constater lorsqu'on fait étendre ta main-, un malade atteint de cachexie palustre aiguë que j'observais à Constantine au mois de septembre 1879, avait non seulement un tremblement très marqué des extrémités supérieures,, mais aussi un tremblement de la tôte dans le sens de la flexion et de Textension, tremblement assez fort pour incommoder beaucoup le malade quand il était assis la tête non appuyée : il n'y avait pas d'alcoolisme dans ce cas, non plus que de paralysie agitante ; sous l'influence du quinquina et d'un régime tonique, le tremblement disparut rapidement.
Dans la station debout, les malades ont des vertiges, des éblouissements; au moindre eflort,ils sont pris d'oppression, de palpitations de cœur ; l'auscultation permet de constater souvent l'existence de souffles anémiques à la base du cœur et dans les vaisseaux du cou.
Le cachectique palustre est indolent, apathique, indiffèrent à ce qui l'entoure, il reste couché tout le jour sans s'occuper de ce qui se passe autour de lui ; sa paresse intellectuelle ne lui permet aucune occupation, ne lui fait même désirer aucune distraction.
Les troubles nerveux ont du reste une intensité qui varie beaucoup avec les individus et avec les conditions dans
LAYEBA.\, FIEVaES PALUSTRES. !21
■m FORMES CLINIQDES
lesquelles s'élabljt la cacliexie palustre ; très maniués chez \ei malades atluinls do uacUexie aigaii, ces troubles nerveux sont en général très légers cher, ceux qui no sont arriv/^s à la cachexie que lentement, progressivement.
pans les pays palustres, on voit des Jndigâoes atteinte de cachexie palustre bien caractérisée par l'énorme développement de la rate, qui se livrent à des occupations ralîgantes et quijouissent d'une assez grande vigueur.
En général il n'existe pas de douleurs, quelques malades accusent seulement des points douloureux dans ta région splénique.
La rate est toujours forldmeiit augmentée de volume, elle est dure, fibreuse, et comme elle déborde toujours les fausses cilles, il est Tacile de limiter sa parlic inférieure par la palpation. L'extrémité inférieure de la rate arrive souvent au niveau de l'ombilic ; chez quelaucs malades elle descend même jusque dans la fosse iliaque gauche ; la rate forme alors une tumeur qui remplit toute la moitié gauche de l'abdomen et dont le bord antérieur arrive jusqu'à la ligne blanche.
La matiié splénique mesure souvent 15 à 20 centimètres en hauteur et eu largeur.etnous avons défà dit qu'il fallait doubler presque la dimension en hauteur de la matité splénique pour avoir la véritable dimension de la raie.
L'observation L est un exemple de l'énorme dèveloppemeat que pi'ul prendre la rate. La tumeur splénique produisait dans ce cas une déformation visible à dislance ; l'abdomen élait très saillant et très dur du c6té gauche, tandis qa'k droite lu paroi abdominale était déprimée et souple : la raie très facile h circonscrire par la palpation avait conservé sa forme normale, l'extréaiité inférieure descendait jusque dans ta fosse
iliaque gauche et le bord antérieur, qui présentdit une en* coche assez profonde, dépassait la ligne blanche.
En AlKërie, c*est surtout chez des indigènes habitant depuis leur enfance des localités malsaines et qui n*ont jamais pris de sulfate de quinine qu'on rencontre ces bypersplénies énormes. Les militaires qui sont traités avec soin dès le début de la maladie et qui sont renvoyés en France quand leur état l'exige, n*arrivent jamais à ce degré avancé de la cachexie.
Il est intéressant de constater que c'est chez les sujets qui n*ont jamais pris de sulfate de quinine qu'on rencontre les rates les plus volumineuses; les malades accusent presque toujours le sulfate de quinine de produire les tuméfations de la rate et du foie ; c'est là un préjugé absurde et malheureusement très répandu contre lequel on ne saurait trop s'élever,
La tumeur splénique est indolore dans la plupart des cas, sauf pendant les paroxysmes fébriles, qui se produisent d'ailleurs assez souvent dans la cachexie palustre. Quelques malades ont des douleurs vives dans la région splénique, spontanées et à la pression; ces douleurs, qui s*exagèrent dans les inspirations profondes, dans les mouvements de toux, s'expliquent par la périsplénile et par les adhérences si fréquentes de la rate au diaphragme ; d'autres malades, chez lesquels la rate hypertrophiée a une mobilité trop grande, accusent pendant la marche une sensation de pesanteur, de tiraillements dans l'hypoçondre droit, parfois même ils ne peuvent pas, comme le malade qui fait l'objet de l'observation L,se coucher sur le côté droit, parce que dans cette position la rate vient presser sur les viscères abdominaux et opère des tiraillements sur le diaphragme, auquel elle adhère souvent.
Le foie est en général augmenté de volume, ;mais dans des
l' in HL 5-;i r Tj-'m-"!.-: >J
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n^i^iiif^ I*
CACUEXIB PALUSTRE 325
rares; les moindres lésions traumatiques sont la source d*hémorrhagies abondantes comme chez les hémophiles.
Uœdème qai reste en générai limité aux extrémités inférieures, peut envahir la face, les membres supérieurs et se transformer en une anasarque avec épanchement de sérosité dans le péritoine (ascite), dans le péricarde (hydropéricarde) et dans les plèvres (hydrothorax). Je ne parle pas ici des cas assez nombreux dans lesquels Tascite est sous la dépendance d'une cirrhose du ioie, ou Tanasarque sous la dépendance d'une néphrite.
En général ces œdèmes des cachectiques palustres ne s'accompagnent pas d'albuminurie et ils se dissipent rapidement sous TinQuence d'un traitement rationnel.
Du côté des voies digestives, le symptôme le plus constant est l'anorexie, les malades ont souvent un dégoût marqué pour la viande, et il est difficile de les alimenter. L'anorexie se complique quelquefois de dyspepsie, les digestions sont laborieuses, il se produit quelquefois des vomissements. 11 y a en général de la tendance à la constipation, mais on peut observer aussi de la diarrhée, et la dysenterie est une complication très commune du paludisme.
L'examen histologique du sang révèle toujours une diminution considérable du chiffre des hématies; ce chiffre qui, à l'état normal, est de 4,500,000 à 5,000,000 par millimètre cube, peut tomber à 1,000,000 et même à 500,000 par millimètre cube.
On serait tenté de croire que l'hypersplénie qui est souvent aussi considérable dans le paludisme que dans la leucémie, doit avoir ici comme là pour conséquence une augmentation considérable du chiffre des leucocytes; il n'en est rien.
J'ai été surpris plus d'une fois, en examinant le sang de ca-
an FORUES CLINIQUES
cbectiques dont la rate occupait toute une moitié de l'abdomea, de ne pas trouver une proportion de leucocytes supérieure à la normale. La leucocytose est même beaucoup plus commune dans les formes aiguës du paludisme que chez les cacbectiques.
On s'explique du reste facilement cette différence : si la raie d'un cachectique palustre peut atteindre au même volume que celle d'un leucémique, sa structure est bien différente : cbez le leucémique, il y a une hypertrophie vraie de la rate, c'est le tissu adénoïde qui forme la masse principale de l'orgaoe ; dans l'hypersplénie palustre, au contraire, l'augoirntation de volume se fait principalement aux dépens du tissu conjonctif et des vaisseaux, tandis que le tissu adénotde est enserré et comme étouffé entr^ la gangue conjonctive épaissie et les vaisseaux distendus parle sang. [V. chapitre n, Anatomie pathologique, p. 89.)
Lorsque les cachectiques palustres n'ont pas eu d'accJts d« fièvre depuis quelque temps, l'examen ia sang ne révèle souvent la présence d'aucun élément parasitaire. Chez les cachectiques palustres qui ont des rechutes de fièvre intennltteote, on trouve, au contraire, presque toujours des Ëiéments parasitaires caractéristiques du paludisme et souvent en très grand nombre. Les éléments que j'ai rencontrés le plus souvent dans le sang des cachectiques palustres sont les corps cylindriques, efSIés il leurs extrémités, en croissant, pigmentés vers la partie moyetine, que J'ai désignés sous le nom de corps n* 1 ; souTsnt aussi k cOté de ces éléments, j'ai constaté la présence des corps n< 9 et des filaments mobiles (observations XLll à XLiX).
La cacliexie palustre se termine d'ordinaire par la guérison lorsqu'elle n'est pas invétérée et que les malades sont placés
dans de bonnes conditions, lorsque surtoat ils peuvent s'éloigner des foyers palustres. Mais trop souvent ces conditions ne sont pas réalisées, la cachexie persiste alors et de graves complications surgissent.
Parmi les complications les plus communes de la cachexie palustre, il faut citer : les pneumonies, les cirrhoses du foie, les néphrites. La mort peut être aussi la conséquence d*une fièvre adynamique, d'une fièvre bilieuse ou d'une syncope. La rupture de la rate est un accident heureusement très rare. Ces complications seront étudiées dans le chapitre suivant.
La population entière des pays palustres subit une véritable déchéance physique et morale, on constate une diminution de la taille moyenne et de la vie moyenne.
Monfalcon a très bien décrit le triste état des populations condamnées à vivre dans les foyers du paludisme {Histoire médicale des marais^ Paris, 1826).
« La vie est courte dans les pays marécageux; elle y est, terme moyen de vingt-six ans, suivant M. Sausset et le docteur Price... L'habitant de ces tristes lieux souffre dès sa naissance, et montre pendant les premiers jours de sa vie la profonde empreinte de l'insalubrité du climat. A peine a-t-il quitté la mamelle qu'il languit et maigrit; une couleur jaune teint sa peau et ses yeux; ses viscères s'engorgent; il meurt souvent avant d'avoir atteint sa septième année. Â-t-il franchi ce terme, il ne vit pas, il végète, il reste cacochyme, ; boursouflé, hydropique, sujet à des fièvres d*automne interminables, à des hémorrhagies passives, et à des ulcères aux jambes qui guérissent difficilement. » (Monfalcon, op. cit.)
« Lliabitant des pays marécageux vit avec la fièvre, écrit
. . .p ,, ,„^.|, ,„||.,ji,„^j i-LatiiluJ^
- X -M--".^ r^.e ...oziu s-; ^^, ...^t,,,, , „ ^ j^ ■ --i I; JniiTiL-i a?> journées
'^" ■"" ~ "" '""' ' -■'" -'■'-"■ "-^"^ '» U'* iicSs pemi-
.. I, ijiniU'f» t. i..i;,;ne t'ai-:i'lW. i'.±
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pendant huit jours» vers huit heures du matin. Le malade a pris pendant huit jours du sulfate de quinine, mais à petite dose 0<%50« par jour. Le 26 août, rechute de fièvre pendant la route d'Aïnel-Bey à Goaslantine, nouveaux accès les 27 et 28 août. Le malade a été à la visite et a pris deux fois du sulfate de quinine.
Du 29 au 31 août, apyrexie, faiblesse générale très grande;
1*' septembre. Apyrexie. Etat cachectique très marqué, anémie profonde, la face a une teinte terreuse très marquée, les muqueuses sont décolorées, amaigrissement, faiblesse générale, vertiges dans la station debout ; le malade, apathique, indifférent à tout ce qui Tentoure, reste couché toute la journée. Anorexie, diarrhée légère. iA matité splénique mesure 12 centimètres de haut sur 15 de large. (Potages. Lait.)
Le 2 septembre, l'apyrexie persiste
Examen du sang fait le 2 septembre à 2 heures du soir : corps n* 1 en grand nombre, corps ovalaires intermédiaires aux corps n* 1 et n* 2, corps n* 2 renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de filaments mobiles, filaments mobiles libres. (Potages. Sulfate de quinine 0(%80 le 2 au soir.)
3 septembre. L*apyrexie persiste. L'état général est le même (Potages. Sulfate de quinine 0«%80).
4 septembre. Même état. (Potages. Sulfate de quinine 0«%80). Examen du sang fait le 4 septembre au matin : corps n* 1 encore assez nombreux, corps ovalaires, corps n* 2 renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de filaments mobiles, ces derniers éléments sont beaucoup moins nombreux qu'à l'examen fait le 2 septembre.
Les jours suivants, rétat général s'améliore ; Tappétit revient peu à peu, le malade mange ime demi-portion, puis une portion. Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0>S60 jusqu'au 12 septembre.
Examen du sang fait le 9 septembre à huit heures du malin : corp^ n*l, corps ovalaires, corps n* 2 (rares); sur deux préparations je ne trouve qu'un corps n* 2 muni de filaments mobiles, encore les mouvements sont-ils faibles, corps n« 3, leucocytes mélanifères. Pas de rechute de fièvre.
330 FOBMES CUSIQLES
Le malnde.qulaobtenaun congé decoDTalescence de trois mois, sort le 16 septembre 18S2.
PIBVRB INT8RMITTBNTB QUOTIDIBNN8. C&CHBXIB AIOUB MICRODBS DU PALUDtSllB
Lais..., &gé de vingt-troU ans, soldat au it* escadron du Irain, entre à l'hôpital militaire de Constanttne le 27 septembra tftS?.
Lais... est en Algérie depuis près de deux ans, il a pris la flèvre intennittenle pour ta première fois ie 2S août 1SS2 au Bardo. Fièvre intermitlenlc quotidienne, accès du i5 au 29 août.
Rechute de fièvre le 7 septembre; lièvre quotidienne. Première entrée à l'hApital de Constantine le 7 septembre, le malade a à l'bOpital plusieurs accès de fièvre, la fièvre cède assez tacUement au sulfate de quinine; la malade sort le 23 septembre.
Rechute de Qèvre le 2S septembre, accès les IS, 26 et 27 septembre.
27 septembre. Le 27 à midi, 39*,ï, h quntre liaures du soir, 17* ,8. Aspect cachectique, anémie proFtinde, I^ peau de la face a une teinte terreuse, tes muqueuses sont décolorées. Amaigrissement. Faiblesse générale, vertiges, essoufflement au moindre effort. Apathie, îQtelligence très paresseuse. Le malade n'accuse pas de douleurs. Langue belle, an peu d'appétit, pas da diarrhée. La rate déborde les fausses cdtes, la matlté splénique mesure H centimètres de haut sur U centimètres de large. (Sulfate de quinine, 1 gramme.)
2g septembre. 36'4 le matin, le soir i'ap;reile persiste. (Une demt-portton. Sultîite de quinine 1 gramme.)
Les jours suivants, l'apyrexie persiste. Le sulfate de quinine est continué à la dose de Oi'.SO jusqu'au 30 septembre. (Vin de quinquina.)
L'apyrexie persiste jusqu'au 6 octobre. Ce jour-là le malade a un K'ces léger (33M à quatre heures du soir). Je rends quelques doses lia sulfate de quinine.
IT octobre II n'y a pas eu de nouveaux accès de nèvrc, mais
Pétat cachectique est toujours très prononcé. L'anémie, la ftdblesse générale et l'apathie persistent.
Examen du sang fait le 17 octobre à huit heures du matin : corps n* 1 en assez grand nombre, corps n* 2, immobiles ou munis de filaments mobiles ; M. Massoutié, médecin principal, et M. Jeunhomme, médecin major, constatent l'existence des microbes dans le sang.
Je prédis une rechute de flèvre.
18 octobre. Â dix heures du matin, flrisson, vomissements; à onze heures du matin, le thermomètre marque 40*,t, à quatre heures du soir, 39*. piète. Sulfate de quinine, 0<%80).
Examen du sang fait le 18 à deux heures du soir, pendant Tacces : corps n* 1 et corps n* 2 plus rares que dans Texamen du 17 ; je ne vois pas de filaments mobiles.
19 octobre. 36*,8 le matin, 3S%8 le soir. (Sulfate de qufaiine, 0*',80. Bouillon. Limonade.)
20 octobre. 37*,7 le matin, 39%2 le soir. (Sulfate de quinine, Oc'.SG. Potages).
21 octobre. 36*,8 le matin. Le soir l'apyrexie persiste. (Une portion. Sulfate de quinine, O'^SO. Vin de quinquina.)
Le sulfata de quinine est continué à la dose de 0<',80 jusqu'au 23 octobre. Pas de rechute de flèvre.
Examen du sang fait le 22 octobre : corps n* 1 (très rares), leucocytes mélanifères (rares).
Le malade, qui est toujours très anémié et très faible, obtient un congé de conralescence de trois mois. Sortant le 24 octobre 1882.
PlàVRB nrrBRlIITTBNTB QUOTIDIBNNB. GACHBXIB AIGUB