OBSERVATIONS CLINIQUES OBSERVATION XXXIV
FliVBII INTBRU1TT&KT8. ACCBS PItlINtClBUX DÈLIKAKT HICHOBBS DU PALUDISUB. GU&BISON
Var..., soldat au f régiment d'artillerie, enue à mopilal militaire de CoostaaUnf le 18 septembre 1SS1 .
Je vois le malade le 18 sep(«mbre, à trais heures trente du ulr;
la peau n'est pas très chaude, le thermomètre placé dans l'aisselle
n<! marque que 3S*,3 \ la pouls, régulier, bat quatre-vinut-hnit (ois
jjar minute. Bien que la Qévre soit très légère, l'éUt général est
Krsve. Le malade, qui est très anémié, a un air étonné, ahuri; il
parait comprendre quelques-unes des questions que je lui fais, mais
11 a'; répond pas, ou liien il y répond par des paroles incohéroites
II est Impossible d'avoir des renseignements sur les débuts de ta
maladie. Ver.... n'accuse aucune douleur) langue saburrale, venue
souple, diarrhée, selles inTolonlaires.
1^ matlté spléolqus mesure 9 centimètres de haut sur 9 de laige-
Examen du sang fait le 48 septembre, À quatre heures du lolr :
Le sang très pauvre eu hématies renferme des corps □* I en asseï
grand nombre et des leucocytes mélaolfëres.
OBSERVATIONS ;i!l,'j
Diète. Sulfate de quiiUqe, fiSO.
19 septembre. Apyrexie. 37v3 le matin. ZT,i le soir.
Le malade est très lalble, il a encore l'air ahuri ; ses ii'poQses Bont lentes, incohérentes. Anorexie. Diarrhée légère. (Polagi's. Sulfate de quinine □".gO matin et soir.)
20 septembre. 36* le matin. Le soir l'apjrexie persiste. Le tnnlailLne se plaint plus que d'une grande foiblesse, l'intelUgence e^t oncoio un peu paresseuse, néanmoins le malade peut nous donner ks renseignements qui BuiTent :
Ver... est &gé de vingt-trois ans, il est en Algérie depuis deux ans. Au mois de mars ISSO, une entréeà l'hôpital de Sétir pnur une maladie qui paraît avoir été une pneumonie du cAté droit Ver... dit avoir pris la Bèvre intermittente pour la première fois iliiis les derniers Jours du inoia d'août dernier, alors qu'il accomDatjnarL un convoi de Constantine à Tébessa. Le malade a eu plusieurs ircésdi: flévreà Ain Béidaetà Tébessa. A Tébessail n'a pas été à li vigile dans la crainte qu'on l'empSchât de revenir àConsiantioe. i^i i! a ftilt la route de Tébessa à Conalanline par étapes sans ppemlru aucun médicament; li est rentré à Constanline le IS septembrr, ci il a été envoyé d'urgence à l'hApitaL
Anémie profonde, teinte terrouse de la face, muqueuse; ii'i^oiarées; Talblessegénérale très grande, le malade peutàpeine -1' lunii' sur ses Jambes. Langue belle. Anorexie. La diarrhée a ijj>{uru. [Pntages Vin. Sulfate de quinine Oc.BO.)
Examen du sang fait le 20 septembre au soir : corps n* ] en iiuiii.: grand nombre que le 18 septembre, quelques corps ovalaire- inki. mèdiairea aux corps n' I et 2.
21-21 septembre. L'apyrexie persiste. L'appétit et li- inrcps reviennent. (Une portion d'allmenls, quatre portions do vin \ m <ie quinquina. Le sulfute de quinine est continué i. la dose de u-.nw |,,ir jour.)
4 octobre. Il n'y a pas euderechute; lemalade.qulest très r^lble, très anémié, obtient un congé de convalescence de trois mois.
Sortant le S octobre 1B81.
FIBVRB PALUSTRE DB PRBMIBRB INVASION. ACCÈS OBAYft AYBC BTAT TYPHOÏDB. MICROBBS DU PALUDISHB. OUBRISON
Fou..., âgé de yingt-qualre ans, soldat au 11' escadron du train, entre à rbôpilal militaire de Conslantine le 25 Juillet 1882. Le billet d'entrée porte le diagnostic de fièvre œntinue.
Pas de maladies antérieures graves. Fou... est en Algérie depuis vingt mois, il dit être malade pour la première fois.
Le 17 juillet dernier Fou... a éprouvé de la céphalalgie, du malaise général, de Tanorexie et de la diarrhée. Il iCy a pas eu de Trisson, pas d^accès de fièvre bien caractérisé : au dire du malade la Ûèvre aurait persisté jour et nuit jusqu'à rentrée à Thôpital, et cela parait résulter aussi du diagnostic inscrit sur le billet d^entrée.
Du 17 au 25 juillet le malade a pris plusieurs doses de sulfate de quinine.
21 juillet. Fièvre vive : 39M , à neuf heures du matin ; 41*,2, à quatre heures du soir. Ëtat typhoïde très prononcé : prostration, stupeur profonde, adynamie, le malade est IndifTérent à ce qui se passe autour de lui; quand on Tinlerpelle à voix haute, il comprend ce qu'on lui dit, mais il ne répond que difficilement aux questions qu'on lui fait. Céphalalgie très forte, vertiges dans la station debout ou assise. Soif vive. Langue rouge et sèche à la pointe et sur la partie moyenne, tremblotante. Diarrhée séreuse, huit à dix selles dans les vingtquatre heures. Ventre souple, indolore, gargouUlement dans la fosse iUaque droite, sans douleur à la pression. La matité splénique mesure 11 centimètres de haut sur 12,5 de large. (Diète. Limonade Sulfate de quinine l'%60 en deux fois.)
Examen du sang faitle25juilletàdeux heures trente du soir :corps n* 1 peu nombreux, corps u? 2 de moyen ou de petit volume libres ou accolés à des hématies. Les corps n* 2 de petit volume nerenfe^ mant quMn ou deux grains de pigment sont très nombreux: on en trouve souvent trois ou quatre accolés à une même hématie. Leucocytes mélanifères, quelques grains de pigment libres.
26 Juillet. La fièvre est tombée : 37*,.3 le matin. Le soir Tapyrexie
persiste. Le malade se trouve beaucoup mieux, il ne se plaint plus que de faiblesse générale, la stupeur a disparu. Anémie très marquée. Langue humide, saburrale. Anorexie. Encore un peu de diarrhée. (Potages. Sulfate de quinine 0«%80.)
27 juillet. L'apyrexie persiste. Anorexie. Faiblesse générale. (Potages. Suif, de quinine, 0«%8û matin et soir.)
Examen du sang fait le 27 juillet : corps n* 1 (rares), corps n* 2 (rares), corps n*3, leucocytes mélanifères.
Dans la journée du 27 il y a encore un accès de ûèvre, à deux heures du soir la température axillaire est de 39*, à quatre heures du soir, de 38*,5.
28 juillet. 37* le matin, le soir Tapyrexie persiste. Langue belle, un peu d*appétit. (Une demi-portion. Sulfate de quinine 0<%80. Vin de quinquina.)
29 juillet. L*apyrexie persiste. Anémie. Faiblesse générale. Le malade a de la peine à se tenir debout et à marcher, vertiges, bourdonnements d*oreilles. Tremblement très marqué des extrémités supérieures. Langue belle, un peu d'appétit, la diarrhée a disparu presque complètement. (Une demi-portion. Sulfate de quinine 0<%60. Vin de quinquina.)
Le sulfate do quinine est continué à la dose de 0(%60 par jour jusqu'au 4 août. Il n*y a pas de rechute de lièvre. L'appétit et les forces reviennent progressivement. Le malade mange une portion à partir du 30 juillet, deux portions à partir du 12 août.
Le malade, qui a obtenu un congé de convalescence, quitte l'hôpital le 19 août.
PIBVRB INTBKMITTBNTB QUOTIDIENNE. ACCÈS GRAVES AVEC ÉTAT TYPHOÏDE. URTICAIRB. MICROBES DU PALUDISME. GUÉRISON RECHUTES DE FIÈVRE INTERMITTENTE.
Bl..., engagé volontaire au 3* zouaves, âgé de dix-neuf ans et demi, entre à l'hôpital militaire de Gonstantine le 6 août 1882. Bl... a neuf mois de service en Algérie. Au mois de décembre 1881 il a eu à PhilippeviUe une scarlatine et une bronchite, il est resté à
3gs PORUEB CLIN'inCKS
l'hôpllal pendant un mois et dsmi, après quoi 11 a éM tnroyé m cMQgé de uaDTaleecencet U est rentré en AlgArle au moti de man dernier, A.U mois de mal, Bl... est entré h IbApllal de Constaniine pour urticaire, il n'avait paide Oévreà ce moment, le malade est ri'.&l6 quinte joun à l'hOpltal.
Du 1" juillet au 29 juillet 18S2B1... a été détaché à AYn>el-Be7,c'e« fi-dira dons une des localités les plus insalubrea des enTirans de Loustantine, il n'avait Jamais eu auparavanl d'accès de fièvre.
Le 10 juillet, céphalalgie, malaise, verLiges, soir vive, anorexie. Pis d'accès de flëvra bien caractérisés, pas de frissons violents, le inUade coQliDue à faire son service, mais il est très faible et ne mange presque Han. Le 29 juillet le malade a pu revenir avec sa compagnie à Constantlne. Du 29 juillet au 6 août il est resté sons 1.1 lente, sa compagnie étant campée au Mansourah.
Le 2 août le malade a éprouvé de nouveau une céphalalgie très forte, accompagnée cette fois de douleurs lombalresj chaleur très forte sans frissons, soir ardente, coliques, diarrhée séreuse. La dàvn a persisté, au dire du malade, Jusqu'à l'entrée ft l'hftpital. Du t au 6 août, BI... est resté couché sous sa tente, 11 y avait seulement une légère amélioration In matin. La céphalalgie et les ikiuleurs lombaires sont restées très vives. Soif ardente, langue âéche, cmorexie complète, diarrhée séreuse.
Le malade n'a pris avant l'entrée à l'hdpltal qu'une dose de sulfate de ([uinine, encore le médicament a-t-ll été vomi en grande partie.
e août. A l'entrée, la fièvre est très vive, W,e, à dix heures trente du matin. Ëtat typhoïde très marqué : prostration, adynamle, stupËur. Céphalalgie, insomnie depuis plusieurs jours. Langue rouge <:t sèche à la pointe, tremblotante. Diarrhée séreuse. Le ventre est sennible à la palpation, mais la douleur n'est pas localisée dans la fosse Iliaque droite. Pas de taches rosées. La matité splènlque mesure 10 centimètres de haut sur 12 de large. Rien à noter du ■:'Aé des organes thoraclques.
Ëtamen du lang bit le S aoAt h deux heures du soir i corps n* i, <i<M>etltoudemo]'en volume, libres ou accolés & des hématies, ces >. icmenta sont très nombreux. Leucoeytea mélanifères.
A l'entrée du malade, le médecin de garde toi fait avaler! grammes
de sulfate de quinine en solution, mais le médicament est vomi en grande partie ; dans la journée j'injecte i gramme de sulfovinate de quinine par la voie hypodermique.
A quatre heures du soir la flévre est moins vive, la température est de 38%7 ; mais l'état général reste très grave.
Le 6 au soir, je fais avaler huit pilules de sulfate de quinine de 0^,10 chacune, qui ne sont pas vomies.
7 août. La fièvre est tombée, 37* le matin; le soir l'apyrexie persiste. L*état général est beaucoup- meilleur, la céphalalgie et la stupeur ont disparu. Le malade accuse seulement une grande faiblesse. Langue humide, saburrale, anorexie. (Potages. Sulflsite de quinine 0",80 matin et soir.)
8 août. L'apyrexie persiste. Le mieux continue. Je constate ce matin pour la première fois une éruption abondante d'urticaire sur le tronc et sur les membres. Un peu d'appétit. Langue belle. La diarrhée a disparu. (Une demi-portion. Vin de quinquina. Sulfate de quinine 0*%80.)
9 août. L^apyrexie persiste. L'urticaire a disparu. (Une demi-portion. Sulfate de quinine Oi'.eo. Vin de quinquina.)
10 aoûL L*apyrexie persiste. Anémie très marquée. Amaigrissement. Faiblesse générale. Vertiges dans la station debout, bourdonnements d*oreilles. Langue belle, un peu d'appétit. La diarrhée n'a pas reparu.
Une portion. Vin de quinquina. Café. Sulfate de quinine 0*',60.
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0<%60 jusqu*au 15 août. Le mieux continue. Pas de rechute de fièvre, Tappètit et les forces reviennent.
A partir du 18 août le malade mange deux portions.
Du 21 au 27 août, je rends le sulfate de quinine à la dose 0*',60 par jour. Vin de quinquina.
Pas de rechute.
Le malade sort le 3t août.
Rechute de fièvre au mois de décembre 1882. La fièvre cède flausilement, le malade n'est pas obligé d'interrompre son service.
Nouvelles rechutes pendant les mois de janvier, février et mars 1883. La fièvre reparaît tous les huit ou dix jours. A chaque
SOO FORMES CLINIQUES
rechulela malade va à la visite et prend quelques doses do sulfïite
de ([ainine.
I,e 3 el le * mars, accès 1res forts vers trois heures du soir; le maiaJe a pris deux doses de sulfate de quinlDe le 3 et le 4 mars.
l.e :< mars itinî, Bl... rentre dans mon service à l'hàpllal militaire de Constantine, el je constate l'âUtt suivant : apyrexie, anémie très marquise, faiblesse générale, amaitirissement, pas de teinte terreuse de la face; quelques vertiges. Langue assez belle, peu d'appétit pas lie aiarrhée. I.a zone de maillé splénique mesure il centimètres de baul sur 12 de large. [Une portion. Vin de quinquina.)
Examen du sang failles mars :je ne trouve pas Irace d'éléments
L'apyrexie persiste jusqu'au 10 mars. Le 19 mars, à trois heures trente, accès de lièvre; a trois heures trente 3S',2 ; à six heures du soir 33*,S.
30 mars. 37*. 2 le matin. Nouvel accès dans la journée, à ime heure du soir38M; à quatre heures 4ûM.
Ëvamen du sang fait le 20 mars au matin : corps n* i libre ou accotés à des hématies, corps n° 2 munis de Qlaments mobiles ; corps n* 2 de petit volume. |Sulfaie de quinine 0",S0 malin et
i\ mars. 37-, 9 le matin. Le soir l'apyrexie persiste. Un peu d'app^'lit [Une demi:porlion. Sulfate de quinine 0",80 matin et soir.) •i-î mars. L'apyrexic persiste. (Sulfate de quinine 0, 80.) •i2--ii mars. L'apyrexie persiste.
Kxamen du sang fait le U mars ;Jc ne trouve plus trace des L-|)>incnts parasitaires. (Une portion. Vin de quinquina. Café. Sulfate de quinine 0'', 60.)
Le suinte de quinine est continué à la dose de 0,60 jusqu'au S9 mars.
Le 1 avril je rends le sulfate de quinine à la dos« de 0, 80; malgré cela le malade a des accès le 3 et le 4 avril.
ivhl. A cinq heures du soir3B',S;à sept heures 3g*,2.
ivril- 37' le matin; ti dix heures trente du matin 39' ,9 ; A
Te heures du soir 39*,g. (Sulfate de quinine O.SO matlD el
OBSEIIVATEONS uol
5 avril. 3T,i le matin. Le soir l'apyrexie persiste- (Une demi-iiortiOD. SulCitte de quinine 0, 80. Vin de quinquina.)
6 a.siïi. L'apyrexie persiste. L'appélil et les Torces reviennent. fDne portion. Vin de quinquina. Café noir. Sulfate de quinine 0, 60. j
Le sulbte de quinine est continué à la dose de 0, 60 jusqu'au 13 avril. Pas de rechute de Dèvre.
Le malade sortie It avril tSSSetest renvoyé en France au dt^pôt de son corps.
OBSERVATION XXXVU
FIBVRB INTBSMITTBNTB QUOTiniBMNB. ACCÈS aRAVB AVEC ÉTAT TYPHOÏDS. UICROBBS TU PALUDI8UB. QUéRlSON.
Ros.., âgé de vinel-quatre ans, soldat au U* escadron du traiu, entre à l'bftptlal rallUaire de Constanline le 16 août 1882.
Ros..., qui a trente-sis mois de service, est en Algérie depuis treize mois ; en IBSÛ il a eu la Dévre typhoïde à Fougère.
Le malade a pris la Qèvre palustre pour la première fois le 14 Juillet dernier en revenant d'accompagner un convoi du côté dTl MeridJ. Début par céphalalgie, malaise gûnéral, douleurs lombaires, anorexie, soif vive. Au dire du malade la lièvre aurait persisté san£ inlerniption notable du 1S au IS juillet. Le IS Juillet Ros... est enLri; une première fois à l'iiépilal de Constantine dans le service d'un de mes collègues ; il a eu à l'hôpital plusieurs accès de lièvre l>lë[i caractérisés, qui ont cède au sulfate de quinine, et il estsorli ààm les derniers jours de Juillet.
Rechute de Gèvre six jours après la sortie de l'hôpital, accès ilc fièvre revenant tous les deux Jours vers huit ou neuf heures du matin. Ros..., qui avait repiis son service et qui availété renvoji^ à El Ueridj, est resté hui t Jours malade daos. cette localité. Penclaut ces huit Jours 11 n'a pris que douze pilules de sulfate de quinine. Rentré à Constauline le 16 août, le malade a été envoyé d'urgenci^ a l'hôpiul.
16 août. Fièvre très vive, la peau est brûlante, la terapératurc axiilaire eslde 40° le maiiu, de 39*3 le soir. Ëtat typhoïde Ités marqué, prostration, adynamie, stupeur profonde, le malade est npa-
thique, indifférent à ce qui l'entoure ; quand on lui demande où il souffre, il montre la tête et les reins. La langue est tremblante
rouge et sèche à la pointe.
Ventre souple, indolore, un peu de constipation. La matité splénique mesure 14 centimètres de haut sur 15 de large. (Diète. Limonade. Sulfate de quinine l>% 60 en deux fois.)
Examen du sang fait le 16 août, à 2 heures du soir : corps n* 1 en grand nombre ; corps ovalaires intermédiaires aux corps n* 1 ei n" 2; corps n* 2 en grand nombre immobiles ou munis de filaments mobiles. Les mouvements des filaments mobiles s'observent dès les premières minutes de Texamen, ce qui tient sans doute à ce que la température extérieure étant très élevée, le sang s*est à peine refroidi en passant des vaisseaux sur la lame de verre.
Le 16 à 3 heures du soir, nouvel examen du sang, qui cette fois a été recueilli dans une chambre humide de Ranyier. Ck)rps n' 1 corps n* 2 munis de filaments mobiles, la mobilité des filaments est encore plus remarquable dans ces conditions que dans les préparations ordinaires ; les filaments en se débattant entraînent les corps n* 2 dans tous les sens. L'observation est malheureusement rendue difficile par l'épaisseur trop grande de la couche de sang.
17 aoiit. La fièvre est beaucoup moins vive qu'hier : 38%2 matin e( soir. L^état général s'est notablement amélioré ; la stupeur a disparu en grande partie, ainsi que la céphalalgie et les douleurs lombaires. La langue est humide, saburrale. Anorexie. Faiblesse générale.
Le 17 août j'examine de nouveau le sang qui a été recueilli le 16 dans la chambre humide de Ranvier; je trouve des corps n* 1, des corps ovalaires, des corps n- 2 immobiles avec l'aspect qu'ils ont dans le sang frais ou déformés ; il n'y a plus de filaments mobiles. Quelques-uns des corps n* 1 renferment des grains pigmentés mobiles (examen fait le 17 août, à trois heures du soir); jusque-là je n'avais trouvé de grains pigmentés mobiles que dans les corps n- 2.
18 août. 37* le matin ; le soir Tapyrexie persiste.
État général très satisfaisant. Le malade ne se plaint plus que de faiblesse. Un peu d'appétit.
Une demi-portion. Vin de quinquina. Sulfate de quinine 0«',80.
OBSERVATIONS Sffil
Examen àa sang Ml le 18 &ii matin : corpE n* 1 encore en assez grand nombre ; corps ovalaires -, corps n* 2 immobiles ou munis de fllaments mobiles.
Le tSaoût, à neuf heures du maita je recueille une goutle du sang de ce malade dans une chambre humide de Ranvier el i'ajoule une gouUe d'eau. Au milieu des bématies, qui pâliBsent rapidement. Je disUngue encore quelques corps n- 2 munis de filaments mobiles, mais les corps n* i et n*2 se déforment bien plus vite quu dans le sang pur.
Le 18 à deux beures trente j'examine de nouveau cette préparation. Les corps n* I el 3 sont déformés, Immobiles, Us ont pris leuis formes cadavériques; Je n'aperçois plus aucun Diamant SiobUe.
NouTel examen tait le 18 août du sang pur recueilli le 16 au soir dans une cbambre bumide da BauvleF : la plupart des corps n* i et n> S ont pris leurs formes cadavériques, Je trouve cependant plu- ^urs corps n* 1 ou d* S qui renferment des grains pigmentas mobiles. Il existe un double contour très net. Le laau soir, je mets au centre du oliamp du microscope un corps n* s renfermant des grains pigmentés très mobil^B, et je fixe la préparation sur la platine du microscope- Le I9 au malin l'élément pigmenté se retrouve n la même place, mais les gmias pigmenté* sont Immobiles et réunis en un seul bloc. Eu parcourant la préparation Je ne trouve plux que deicorps n* I et n* 3 déformés.
ts aoilt. L'apyrexle persiste. Anémie très prononcés, teinte terreuse de la face, muqueuses décolorées. Faiblesse générale ire.-^ grande, vertiges dans la station debout, pouls régulier, normul Langue un peu blanche. Peu d'appétit.
Une demi-porllon. Vin de quinquina. Sulfate de quinine 0,60.
20 août. Uieux seniibie. L'appéiitet les forces reviennent. [Vw porliao. Vin de quinquina. Caié. Sulfate de quioine 0,00.)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0,80 Juiqu'.^u 14 août. Pas de re^ihule de fièvre.
Examen du sang fait le ii août au matin : corps n' I et n* 2 en petit nombre ; quelques corps n* i renferment des grains pigmentes moljiles et j'en trouve encore un (un seul sur deux préparatlon^i qui est muni de filaments mobiles. Corps n- 1 déformés.
304 FOUSIKS CUN[iJi;iW
Le malade, qui a obtenu un congé de convalescence, quitte l'hôl>italle29aoat18SS.
OBSERVATION XXXVIU
i'IBVBK CONTINUB PALUSTBB AVBC BTAT TrPHOÏDB. PLi;SIBUR3 RaCHUTBS DB PIBVBB INTERMITTENT 0. ACCÂS PBBNÏCIBUX OAS- TBALQIQDB ATBC OASTRORRHAOtB. ACCB9 PBRNICIBUX SOPORBUX. MICROBES DU PALUD13MB. OUSRISOK.
l:|..., âgé de vingt-deux aus, soldat au 8* escadron du train, entre ,1 riidpltal militaire de Constantine le 3 octobre ISSO.
Cl..- est en AJgérie depuis six mois, il est caserne au itardo. Le miJade est entié une première fois à l'hOpital de Constantine, le s mars 1880, pour une Havre typhoïde bien caractérisée; à la sortie d<: l'hâpiial. le IG avril, Cl... a repris son service et il s'est bien porté jusqu'au 2 octobre. Ce jour-là. il a été pris de céphalalgie très forte, avec rrissoas suivis de chaleur vive, soif ardente, malaise général IriiS prononcé. La flévre a persisté sans rémission notable jusqu'à l'entrée k l'hôpital.
:i octobre. Je vois le malade pour la première fols à la contrevisite; la fié vn; est très forte, la température prise h quatre heures iJu soir est do tO*3. Céphalalgie intense, malaise très prononcé, le malade gémit sans cesse, se tourne et se retourne dans son lit; l'as de délire, le malade répond & mes questions, mais lentement, ilinicllement. La langue est rouge et sécbe à la pointe, la gorge est sèche. Soif ardente. Diarrhée séreuse, quatre a cinq selles dans la journée. Le ventre est souple, indolore. Pas de taches rosées. La matlté splénlque ne mesure que 6 centimètres de haut sur 6 centi- HR-tres de large.
A part la douleur de la fosse Iliaque, qui fait défaut, l'état du malade est celui d'un lyphoïdique. J'écarte l'idée de fièvre typhoïde en tenant compie de ce fait que le malade a fait, il y a >|uclqueB mois, une iiévre typhoïde; la rapidité de llavasion des iiccidents et l'insalubrité bien connue du Bardo, d'où vient le malade, plaident d'ailleurs en faveur du diagnostic de fièvre palustre
L'examen do saog n'a pas été bit.(Diëte. Limonade. SulJïlo de quinine i'',GO.)
4 octobre. La flèvre persiste toujours très vive : H; 2 le matini W3 le soir. Ëtat tjphaide très marqué : prostration, ûdynamie. langue ronge et sèrhe à la pointe et â la partie moyenne, diarrhée, plusieurs selles involontaires . Ventre souple un peu sensible à la pressioD; pas de taches rosées. (Diète. Limonade. Sulbte de quinine t", 60.)
5 octobre. La llèTre est tombée. 37v7 le malin, 38- le soir. Le malade a dormi la nuîL, il n'; a pas eu de sueurs abondantes. La langue est humide, saburrale; encore quelques selles diarrhéiques, mais le malade ne se salit idns. (Potages. Vin. Sulfate de quinine 0^,80.)
G octobre. Fièvre légère, SS* le matin. 38% 2 le soir.
Hier, le malade a vomi à plusieurs reprises; diarrhée séreuse abondanlc. dix selles pendant la nuit du 5 au 6. Le malade accuse une grande faiblesse ei un malaise général. Le ventre est souple, iodolore.
Dans la journée, nausées puis vomissements bilieux, douleur épigastrique. Le malade gémit sans cesse et l'élal nauséeux dans lequel il est le btigue beaucoup. Diarrhée séreuse, huit à dix Mlles dans la journée. (Sulfate de quinine 0",g matin et soir ; dans lajoomée, ipéca, t", 50. Glace- Boissons gazeuses.)
7 octobre. Le malade a vomi abondamment après avoir pris l'ipéca, les TOmissemenls et les nausées ont disparu ensuite; la nuit a été meilleure que la précédente, la diarrhée est beaucoup moins abondante. Fièvre légère 3S-,5 malin et soir. Bien que la température soit peu élevée, il 7 a de nouveau un état typhoïde assez prononcé : prostration, blblessegénérale.vertiges.bourdouDements d'orales, langue rouge et sèche. (BonilloD. Limonade. Sulfate de
quinine fjïO.)
8octobre.37',31e matin, 3S-,I le soir. Uieux sensible, il n'j a plus denanièes; la diarrhée a disparu, la langue est humide, saburrale, anorexie. (Potages. Limonade. Sulfate de quinine l<'.20.)
9 octobre. 37-,Z le malin. Le malade se trouve bien, n'accuse plus
que de la fatigue et de la faiblesse. Dans la Journée» mouTemeot fébrile sans frisson initial, à quatre heures, 39% la langue se sèche de nouveau, le malade dit qu'il a sans cesse envie de dormir. (Diète. Sulfate do quinine 1«',20.)
10 octobre. 37*, 4 le matin, 38*, 1 le soir. Mieux sensible. (Potages. Vin. Sulfate de quiniue 0<% 60,)
lt octobre. Apyrexie complète. Le malade n'accuse plus que de la faiblesse. Un peu d'appétit. (Une demi-portion. Sulfate de quinine 0*% 60.)
12 octobre. L*apyrexie persiste. Le mieux continue. (Une portion. Vin de quinquina. Café.)
Du 12 au 18 octobre, le malade va bien, Tapyrexie persiste, les forces reviennent.
Le 18 octobre, à la contre-visite, le malade se plaint de coliques et de nausées ; trois selles diarrhéiques depuis le matin, le malade a vomi à plusieurs reprises. Pas deilèvre. Diète.
19 octobre. Les vomissements se sont reproduits pendant la nuit du 18 au 19 octobre; vomissements bilieux. Le malade accuse des douleurs vives dans la partie inférieure de Tabdomen; il prétend qu'il n'a pas uriné depuis vingt-quatre heures; la diarrhée s'est arrèlée. Le cathéterisme est pratiqué, on ne retire qu'une petite quantité d'urine. Pas de fièvre. (Bouillon. Potion opiacée.)
20 octobre. Mieux sensible, le malade n'a plus vomi. Les jours suivants le mieux s'accentue, le malade mange une portion, puis deux portions.
5 novembre. A midi le malade est pris tout à coup de fHsaoDS, céphalalgie violente, nausées, puis vomissements, douleur extrêmement forte à répigastre, le malade gémit et se plaint sans cesse. Les vomissements d'abord bilieux, deviennent ensuite sanguinolents. Vers deux heures trente les matières vomies renferment du sang en grande abondance (l'examen histologique permet de constater Texistence d'hématies en très grand nombre dans les matières vomies). Le pouls est plus fréquent. Anxièlë très grande. (Ii^jection hypodermique d'un centigramme de chlorhydrate de morphine à l'épigastre.)
A trois heures et demie, les vomissements se sont calmés ainsi que les douleurs épigastriques, mais il y a encore des nausées. Fièvre vive, la température axillaire est de 40*,6. Le malade est très inquiet, il gémit sans cesse; faiblesse générale, prostration marquée. Le pouls est petit, très Mquent.
1 gramme de chlorhydrate de quinine en injections hypodermiques.
6 novembre. Apyrexie : 36",4 le matin, 36* le soir. Sueurs pendant la nuit. Le pouls bat seulement soixante fois par minute. Il n'y a plus ni vomissements, ni nausées. (Bouillon. Lait. Sulfate de quinine 1*',2Û.)
7 novembre. 38*,2 le matin, 37%6 le soir. Le malade ne souiTre plus, il n'a plus vomi. Herpès labial. (Bouillon. Lait. Sulfate de quinine V%70.)
8 novembre. 36%7 le matin, 36" le soir. Le pouls ne bat que cinquante-six fois par minute, il est un peu irrégulier. Anémie profonde, faiblesse générale. (Potages. Vin. Sulfate de quinine 1*',20.)
9 au 16 novembre. L^apyrexie persiste. Le mieux continue, les forces reviennent peu à peu. (Une portion. Vin de quinquina. Café.)
Le 16 novembre je fais pour la première fois l'examen histologiqne du sang. Je trouve au milieu des hématies des corps n* 1 en assez grand nombre et des corps n" 2 munis de filaments mobiles.
Du 17 novembre au 23 novembre, afin de prévenir une rechute, je prescris du sulfate de quinine, li'fSO par jour d^abord puis 0*%80.
Nouvel examen du sang fait le 20 novembre : le nombre des éléments parasitaires du sang a considérablement diminué ; je trouve cependant encore quelques corps n* 1 et même quelques corps n" 2 munis de filaments mobiles.
Nouvel examen du sang fait le 23 novembre: corps n* 1 très rares, je ne trouve plus de corps w 2, ni de filaments mobiles.
Un congé de convalescence est accordé au m&lade, qui sort de l'hôpital le 24 novembre.
Le 25 juillet 1882 CI... rentre dans mon service à l'hdpital de Constantine. A sa sortie de Thôpital au mois de novembre 1880
308 rOBSIES CLINHjniS
Cl... a passé en France trois mois de congé, pendant lesquels h névre n'a pas reparu ; à l'eipiralion de son congé, Cl... a été envoyé au camp d'Avor, ou il est resté un mois, il est parti ensuite pour la Tunisie-
Bcctiute de Qèvre intermittente au mois de Juin 18S1 à Ain Draham (TuniEie}. I^s accès de llëvre ne sont pas très foKs. ils cùdent facilement au sulfate de quinine. Cl. . n'est indisponible que pendant une quinzaine de jours.
Nouvelle rechute au mois de février à ConstanUne ; le malade est solf^né à l'infirmere de son régiment, il est encore indisponible pendant une quinzaine de jours.
Recliute le 23 juillet t ?82. Le 33 au matin TrisBon, céphalal^e vji>- Icnte, malaise général ;aprêslcrrissan chaleur très vive, soif ardent«. Le malade est obligé de s'aiiier le 23 au malin, et la lièvre persisi* sans rémission marquée jusqu'au moment de l'entrée à l'bdpiUil, U £S juillet. Le médecin du corps a prescrit un ipéca le 21 juillet.
Z5 juillet. Fièvre 1res vive : tO*,S le matin. Pouls très fréquent, un peu irrégulier. Le malade, qu'on a dû apporter à rbàpital, est indiOc'rent à tout ce qui l'enloure, il ferme les jeux et paraît dormir ; quand on l'inlerpelle fortement, il ouvre les yeux d'un air étonné et il répond parfois par monosyllabes aui queslions qu'on lui fait, puis il retombe dans son état de somnolence. Langue rouge el sèche à b pointe. Un peu de diarrhée. Le ventre paraît iadoloie Taches ombrées sur la partie antérieure du tronc, pediculi pubis, (friclion avec l'onguent mercuriel).
Exaiuen du sang fait le 2!i au malin : corps n* 2 do petit volume en assez grjnd nombre, libres ou accoles à des hémalies ; leucocytes mélaniréres en {jrand nombre.
Le 23 au malin je fais avaler au malade 1>',S0 de sulfate de quinine.
Le 25 à quatre heures du soir la lièvre est moins vive, lS-,6; mais l'état général est toujours inquiétant. Slupeur. somnolence; pouls 4 quatre- vingt-huit un peu irrégulier; langue rougeet sèche, selles diarrhéiques involontaires.
J'injecte n",go de sulfovinate de quinine par la voie hypodermique. (Diète. Glace. Limonade.)
26 juillet. La ûèTre est tombée, 37* le matin, le soir Tapyrexie persiste. L*état général s'est beaucoup amélioré, la faiblesse est très grande; mais il n'y a plus ni stupeur, ni somnolence, et le malade répond bien à mes questions. La langue est encore un peu sèche à la pointe. Éruption d'herpès très abondante aux deux lèvres. La diarrhée est beaucoup moins forte, le malade ne va plus sous lui ; ventre souple, indolore ; lamatitésplénique mesure 16 centimètres de haut sur 16 de large; à huit heures et demie le malade crache du sang rouge, spumeux, qui parait venir des bronches. Il n'y a pas eu d'épistaxis. Hien d'anormal à Tauscultation de la poitrine.
Examen du sang fait le 26 au matin : je ne trouve plus que des leucocytes mélanlfères; je constate aussi la présence de leucocytes méianiféres dans le sang qui a été expectoré. (Potages. Vin. Sulfate de quinine 0<%80 matin et soir.)
27 juillet. L'apyrexie persiste. Anémie profonde, faiblesse générale. Langue humide, un peu saburrale. AnoreiLie. La diarrhée a disparu. (Potages. Sulfate de quinine 0<',80.)
28 juillet. Le mieux continue. Un peu d'appétit. Une demi-portion. (Sulfate de quinine 0^,60. Vin de quinquina.)
29 juillet. L'apyrexie persiste. Anémie profonde. Teinte terreuse de la (ace, muqueuses décolorées. Faiblesse générale, vertiges dans la station debout. Pas de douleurs. Langue belle. L'appétit revient. (Une portion. Vin de quinquina. Café noir. Sulfate de quinine 0<%60.)
30 juillet-4 août. Pas de rechute de fièvre.
Mêmes prescriptions. Le sulfate de quinine est continué à la dose de0(',60 par jour.
Le 12 août> le malade demande à manger davantage, les forces reviennent.
Le 19 août accès de fièvre, 40*, 2 à dix heures du matin, 37«,7 à quatre heures du soir. Sulfate de quinine 1«%60.
Le 20 et le 21 août l'apyrexie persiste. (Sulfate de quinine \f,60 le 20 et 0<%80 le 21 août.)
Le 22 août le malade, qui a obtenu un congé de convalescence, quitte r hôpital.
3tO FORMES CLINIQUES
OBSERVATION ZXXIX
FIÈVRB INTBRMITTBNTB QUOTIOIBNNB. BBGHUTB. ACCES PBRNICIBUX COMATBUX. MICROBES DU PALUDISME. QU6RI80N
Pel..., âgé de yingt-cinq ans, caporal à la 21' section d'admimsira* Uon, entre à Thôpital militaire de Constantine le 30 Juillet 4882.
Pel... est en Algérie depuis quinze mois; pas de maladies frraves antérieures à Tarrivée en Algérie. Au mois de juillet 1881, PeL.. a eu à la Manouba (Tunisie) une flèrre pour laquelle il a été traité pendant un mois à Tambulance de la Manouba ; il a obtenu ensuite un congé de trois mois, pendant lequel il n*y a pas du de rechute de tièTre. Il est probable que Pel... a eu en Tunisie une ûèTre typhoïde.
Dans ces derniers temps le malade était employé au fiardo.
Le 18 Juillet, le malade a été pris de céphalalgie avec malaise général, anorexie, frissons suivis de chaleur. Du 18 au 24 les accès de fièvre ont été légers, mais du 25 au 30 Juillet ils sont devenus de plus en plus forts : accès quotidiens, réguliers avec frisson initia] revenant vers une heure de l'après-midi. Du 29 au 29 le malade a été quatre fois à la visite et il a pris quatre doses de sulfate de quinine (de 0«%50 à 0>%80).
30 juillet. Apyrexie. Anémie très marquée. Faiblesse générale, apathie, anorexie, pas de diarrhée, langue saburrale; lamatité splénique mesure il centimètres de haut sur 11 de large. (Une demiportion. Vin de quinquina.)
31 juillet. Accès à midi ; à deux heures du soir la température axillaire est de 41% à quatre heures du soir, de 39*,2.
Examen du sang fait le 31 juillet à deux heures trente du soir corps n* 2 libres ou accolés à des hématies. (Sulfttte de quinine, 1 gramme le 31 au soir.)
1*' août. 37%4 le matin. Le soir, Tapyrexie persiste. Faiblease générale. Anorexie. (Potages. Sulfate de quinine 0c,80 madn et soir.)
2 août L'apyrexie persiste. Anémie très prononcée, la faoe est pûle, elle n*a pas la teinte terreuse, les muqueuses sont décolorées.
Amaigrissement; flaiblesse générale, un peu de tremblement dea mains. Langue belle iTappétit revient. Diarrhée légère. (Une demi*
portion. Vin de quinquina. Sulfate de quinine 0,80.)
3 août. L^apyrexie persisle, les forces reviennent. (Une portion. Vin de quinquina. Café. Sulfate de quinine 0,60 chaque malin. Pas de rechute. Le malade sort le 13 août.)
Le 4 novembre 1882 à midi et demi Pel..., qui est devenu sergent, est apporté dans mon service à Thôpital de Gonstantine; le malade est plongé dans le coma; on ne me donne aucun renseignement sur le début des accidents, mais je reconnais le malade pour ravoir traité précédemment.
A une heure trente du soir, je trouve le malade dans Télat suivant: décubitus dorsal, stupeur profonde; le malade aies yeux ouverts mais il ne reconnedt personne et il ne répond à aucune des questions qu'on lui fait, il ne tire pas la langue quand on lui ordonne de le Cadre. Sensibilité très obtuse. La face est pAle, sans expression. Les membres sont dans la résolution: quand on les soulève au-dessus du lit, ils retombent inertes. Pas d'odeur alcoolique.
A une heure trente, la température axiUaire est de 38% 7 ; le pouls fort, régulier, bat cent huit fois par minute.
Examen du sang fait le 4 novembre à une heure trente du soir : corps n* i en grand nombre, corps n* 2 immobiles ou munis de filaments mobiles, corps ovalaires intermédiaires aux corps n* l et n* 2, leucocytes mélanifères.
A rentrée à Thôpital le médecin de garde a prescrit du sulfate de quinine en solution, mais le médicament a été rejeté en grande partie; à 2 heures du soir, j'ii\jecte 1 gramme de chlorhydrate de quinine par la voie hypodermique.
Le 4 novembre à quatre heures du soir : 39%2; le malade n'a pas r^ris connaissance, il laisse aller sous lui les urines et les matières fécales.
Vers huit heures du soir, un mieux sensible se produit, le malade paraît comprendre quelques-unes des questions qu'on lui fait, il avale O^^.SO de sulfate de quinine en solution.
5 novembre. La fièvre est tombée, 37%9 le matin, le pouls bat quatre* vingt-quatre fois par minute. Le malade a repris connaissance mais
313 FORMES CUXIOrES
il est hébété» incapable de fournir aucun renseignement, il s'étonne de se trouver & l'hôpital. Le soir l'apyrexie persiste, 37*,9. Bouillon. Sulfate de quinine 0,8 matin et soir.
6 novembre. 37%l le malin, soixante-seize pulsations par minale. Le soir Tapyrexie persiste. Anémie profonde, la face a une pÂleur cireuse ; les muqueuses sont décolorées. Le malade a repris connais* sance et il répond assez bien à mes questions, mais il a encore r&ir d'un homme mal éveillé. Langue blanche. Anorexie. La matité splênique mesure 1i centimètres de haut sur 14 de large.
Pel... raconte qu'à sa sortie de Thôpital le 13 août dernier, il a été employé au parc à fourrages, il a eu plusieurs rechutes de fièvre pendant les mois de septembre et d'octobre ; chaque fois que la Ûévre reparaissait, il allait pendant quelques jours k la visite et prenait une ou deux doses de suirale de quinine.
Depuis le 1**^ novembre Pel... éprouvait de la céphalalgie, du malaise général; mais comme il avait fini son temps de service et qull était sur le point de rentrer en France, le malade ne voulut pas aller à la visite dans la crainte d'être envoyé à l'hôpital.
Le 4 novembre, il se leva le matin, mais il dut bientôt regagner son lit ; il ne se rappelle plus ce qui s'est passé ensuite. Pel... n'avait pas bu de boissons alcooliques quand les accidents graves qui ont nécessité rentrée d'urgence à l'hôpital se sont déclarés. Il n'y a pas non plus chez lui d'alcoolisme chronique. (Potages. Sulfate de quinine 0,80.)
7 novembre. L'apyrexie persiste. Le malade n'accuse plus que de la faiblesse et de la fatigue. Langue belle, un peu d'appétit. (Une demi-portion. Sulfate de quinine 0*',60. Vin de quinquina.)
8-12 novembre. Pas de rechute de fièvre. L'appétit et les forces reviennent.
Une portion. Vin de quinquina. Café. Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0<%60 chaque matin.