ABCÈS DE LA RATE
Mallet a rapporté deux observations d'abcès de la rate recueillies cbez des paludiques; dans l'on de ces cas, l'abcès s'ouvrit à l'extérieur, et le malade guérit. (Mallet, Des abcès de la raie, Recueil de mémoires de médecine militaire^ 1859). E. GoUin en a publié trois autres observations très intéressantes [Abcès et gangrènes de la rate dans les affections paludéennes. Recueil de mémoires de médecine militaire, 1860) ; dans un de ces cas, Tabcès, qui occupait presque toute la rate, s'ouvrit à travers le diaphragme dans la plèvre gauche. J'ai vu le même accident se produire; mais, dans ce cas, l'abcès de la rate était consécutif à une fièvre typhoïde.
M. le D' Doué a publié dans les Archives de médecine navale, en 1882 (p. 4f 8), un nouveau cas d'abcès de la rate terminé par la guérison. Le malade avait eu, comme ceux de Mallet et de E. Gollin, la fièvre intermittente.
Je n'ai observé qu'un cas d'abcès de la rate dans le paludisme ; il s'agit d'un malade qui avait eu plusieurs atteintes dé fièvre intermittente, et qui mourut à Bone le 18 octobre 1878 d'une pneumonie chronique avec dilatation des bronches. La rate était très volumineuse, et présentait la teinte brunâtre caractéristique du paludisme ; à la face interne il existait une large plaque fibreuse de périsplënite, l'incision de cette plaque donna issue à un liquide puriforme qui s échappa avec force, et mit à jour une poche arrondie de la grosseur d'une pomme de moyen volume, les parois de la poche étaient tomenteuses, recouvertes de pus. L'examen histologique démontra que la poche était formée par un tissu fibreux très dense; l'abcès était évidemment en voie de cicatrisation ; dans ce cas la poche fibreuse exerçait sur le contenu une compression qui aurait
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facilité la K-Âorpiion du pus. Il D'y avait pas d'échinocoques dans le liquide, ni de poche kystique tapissant la paroi.
Dans SOD mémoire sur les abcès de la raie, E. Collio cite deux eiempks de (:aii{;rèiie partielle de la rate observés chez d'ancieus fébricitants : dans un de ces cas la capsule s'étail rompue, ce qui avait eotraioé une pt-ritouile ai^uî'.
Nous avons vu (chapitre ii, Analomie pathologique du pa. tudiame e/ironique] qu'on obsenait souvent chez les cachectiques palustres des cirrhoses du /oie qui se rapportaient à la cirrhose atropliique ou plus rarement i la cirrhose hypertrophiqne. Les symplômes de ces maladies du Toie ne présentent rien de spécial chez les paludiquas; il est donc inutile de nous y arrêter. Il arrive souvent que le paludisme guérit, tandis que la maladie du Toie qu'il a provoquée s'aggrave de plus en plus. J'ai donné (obsen^ilions IX et X) deu?L observations de cirrhose alrophique du foie chei des cachectiques palustres.
Les abeés du /oie sont Iri's rares chei les paludiques, ù moins que le paludisme ne soit compliqué de dysenterie. Les abct'sdu foie ne paraissent avoir, en somme, aucune relation étiologique avec le paludisme, tandis que leurs rapports avec la dysenterie ne sont plus contestables. J'ai toujours constaté chez les sujets morts d'abcès du foie que la muqueuse du ktos intestin présentai! k an très haat degré les altérations de la dysenterie, et il me parait hors de doute que presque toujours W< :iiic<' ï du foie sont produits par des embolies septiques dont lt> p.iuii de départ est dans les ulcérations du gros intestin. L'anatomie pathologique montre dn reste que les abcès du fuie dits (le? jiays chauds ont la plus grande analogie avec les abcès