PNEUMONIE
pyohémiques. (A. Lvi\eT^n, Contribution à Vanatomie pathologique des abeèa du/oie. Archives de Physiologie^ 1879.)
La néphrite aigaê ou chronique est une complication assez commune du paludisme.
La néphrite des paludiques a tantôt les allures de la néphrite épithéliale (les urines renferment de l'albumine en grande quantité, l'anasarque se produit et se généralise rapidement], tantôt celles de la néphrite interstitielle ou mixte. J'ai donné déjà robser>'ation d'un malade mort de néphrite chronique (obsei^ation XII), avec péritonite aiguë ultime, on trouvera plus loin une observation de néphrite aiguë chez un paludique (observation Ll) ; dans ce cas la guérison fut rapide et facile.
Nous avons vu que des hématuries se produisaient souvent dans le cours des fièvres bilieuses palustres, à Madagascar, à Mayotte, au Sénégal, à la Martinique et à la Guadeloupe, si bien qu'on avait été conduit à décrire comme une espèce distincte, la fièvre bilieuse hématurique, dont les rapports avec le paludisme ont été contestés pendant longtemps.
La pneumonie vient souvent compliquer le paludisme. La pneumonie aiguë peut se produire dans le cours des manifestations aiguës du paludisme, plus souvent on l'observe chez des individus affaiblis, anémiés par les fièvres ; enfin, on rencontre quelquefois chez les cachectiques palustres la pneumonie chro* nique vraie, la cirrhose pulmonaire.
Lorsque la pneumonie aiguë s'attaque à des individus impaludés depuis peu et encore vigoureux, elle évolue avec tous ses caractères classiques : fièvre vive, point de côté, expectoration
rouillée caraclérislique : les signes physiques sont tK'& nets ; Tnntité, souffle tubaire, rAles crépilanls, etc. La pneumonie a seulement Ue la tendance à passer h la troisième période, dite d'hépattsalion grise (observation LUI) et son pronostic est par suite bcnucoup'pius grave que celui de la pneumonie ordinaire de l'adiiUe.
Loi'S(iiie la pneumonie aiguë se produit chez des cachectiques palustri-s oit simplement chez des sujets anémiés et affaiblis par une ou plasieurs atteintes de fièvre intermittente, elle présente souvi'nt quelques caractères particuliers, qui ont été très bien étudiés par Cetteloup dans son mémoire sur la pneumonie d'Afrique {RM. mém. méd. milit., 1Rb3).
Le frisson initial, le point de côté, les crachats rouilles peuvent manquer; l'examen physique de la poitrine révèle seul l'existence d'une pneumonie ; on trouve au niveau des parties iK'patisées de la matité, un brultde souffie moins forten général, moins éclatant que le souille tubaire de la pneumonie aiguf lobnirc franche et des rAlea crépitants au sous-crépilants. Cent, en somme, le tableau de la pneumonie des vieillards, et on comprend que la cachexie produite par la fiëvie ait sur l'évolution delà pneumonie une influence analogue à celle de la cachexie des vieillards.
J'ai constaté plusieurs fols, que la pneumonie des cachectiques palustres avait une durée plus longue que la pneumonie lohaire franche et que la résolution se faisait parfois avec une grande lenteur. L'observation LU en est un exemple : il s'agit d'un mililniri' qui, sans iHre cachectique, avait été fortement anémié, débilité par les lièvres et qui dans cet état fut pris d'une pneumonie qui envahit tout le poumon gauche la défcrvescencc ne se lit qu'au dixième jour, et la résolution des cxsudata
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mit dix-sept jours à se faire» c'est-à-dire qu'elle ne ftit complète qu'au vingt-septième Jour de la maladie; la fièvre était tombée depuis huit Jours qu'on entendait encore dans toute la hauteur du côté gauche, en arrière, du souffle et des râles crépitants.
J'ai déjà eu l'occasion de dire que dans la pneumonie des cachectiques les lésions diffèrent souvent d'une façon notable de celles qui caractérisent la pneumonie lobaire aiguë, franche : le parenchyme pulmonaire est carnifiè plutôt qu'hépatisé, la coupe du poumon malade est lisse, luisante, non granuleuse, ce qui s'explique par la pauvreté des exsudats iibrineux; au milieu du tissu pulmonaire induré, on trouve souvent des noyaux noirâtres, hémorrhagiques (v. chapitre n, Anatomie pathologique.)
D'après quelques observateurs la pneumonie des paludiques ne serait pas seulement une complication se produisant dans le paludisme au même titre que dans d'autres maladies, la fièvre typhoïde par exemple; dans certains cas du moins elle se développerait sous l'action directe du paludisme dont elle pou^ rait constituer la seule manifestation clinique ; c'est ainsi qu'on a décrit une pneumonie palustre intermittente, une fièvre l'émittente pneumonique, une fièyre pernicieuse pneumonique (1). Il n*existe pas de pneumonie intermittente : il est du reste inadmissible qu'une hëpatisation pulmonaire puisse se produire et se dissiper en quelques heures. Ce qui a pu faire admettre i'exis* tence de cette entité morbide, c'est que chez certains malades
(1) Frison. De la fièvre rémUtefUe pneumonique. Rec. de Mém. de médecine militaire, aoûllS66. — Du môme, D(8 manife»laiion$ variéeê de Vimpaluditme au point de vue de l'éliologie. Même recueil^ 1870. — CraB, fièvre pemiciexAse pneumonique. Arch. de méd, navale, lê64. — OoroilMrt, Sssai iur la fièvre pemieieuse pneumoniquet Thèse, Paris, 1872.
S*S COUPLICATIOSS
alteinls de lièvre intermUleDte on obsene à chaque accès, de la con^'^stion pulmonaire. Il n'y a pas lieu non plus d'admcllre l'exiîilGtice d'une fièvre rèmiUente pneumonique ou d'une tii'vri? pernicieuse pneumonique.
Il est incontestable que la présence des éléments parasitaires dans le sang peut jouer un râle important dans la pathogéiiic des inllammations du poumon comme dans celle des ionammatioiis de la rate, du foie et des reins ; mais la pneumonie ne se produit jamais isolément, elle vient toujours se greffer sur un état morbide antérieur : fièvre intermittente ou continue palustre, cachexie palustre; de plus elle n'est pas justiciable du sulTate de quinine, et une fois développée, son évolution est ind('|iendante de celle de la lièvre palustre ; en un mot la pneumon [p des paludiques a toujours les allures d'une complication, et elle ne mérite pas d'être rangée parmi les formes cliniques du paludisme. L'examen du sang fournit une nouvelle preuve à l'appui de cette assertion. J'ai constaté en effet plusieurs fois, chez des cachectiques palustres atteints de pneumonie, que le sang ne renfermait pas d'éléments pigmentés.
J'ai signalé déjà (chapitre n ) la pneumonie chronique qui s'obsene parfois chez les cachectiques, j'ai recueilli cinq observations de cette altération, qui est, comme on sait, très rarechez l'adulte, en dehors du paludisme ; les observations XI el XII sont des exemples de pneumonie chronique chez des paludiijues. Lorsque les malades ne sont pas enlevés par une complication, la pneumonie chronique évolue lentement el donne lieu à des symptômes qui rappellent de très près ceux de la tuberculose; il existe des dilatations bronchiques qui biuuilenttrèsbieu iescavernestuberculeuses, des hémoptysies, de 1.1 lli-vre hectique. Le siège des rSles caverneux ou caver-