‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 67 sur 103 · OBSERVATIONS CLINIQUES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS CLINIQUES

OBSERVATION LI FIBTfB PàLUSTRB. MÈPHRITB AIOUB. ouèrison

Ré .., Agé de vingt-quatre ans, soldat au 3* bataillon d'Afrique, enlre à Thôpital de Constantine le 31 août 1881, Ré... est arrivé en Algérie au mois d'avril 1881 ; il se dit malade depuis huit jours seulement, mais Tanémie, qui est très profonde, semble attester une invasion plus longue.

31 août. A quatre heures du soir 39«,8. Céphalalgie très forte, prostration, stupeur. Diarrhée séreuse, dix à douze selles dans les vingt-quatre heures, gargouillement dans la fosse iliaque droite, un peu de douleur à la pression. La matité splénique mesure 9 centimètres de haut sur 10 de large.

l*' septembre. La fièvre persiste, 39* le matin, 40* le soir. État typhoïde très marqué.

2 septembre. 37%5 le matin. Le soir Tapyrexie persiste.

£xamen du sang fait le 2 septembre à huit heures du matin : corps n* 1, leucocytes mélanifères.

4-5 septembre. L*apyrexie persiste, bien que le malade n'ait pas pris de sulfate de quinine depuis rentrée à l'hôpital. Anémie profonde, la face a l'aspect cireux qu'elle présente chez les individus qui ont ou des hémorrhagies très abondantes, les muqueuses sont très pâles. Langue humide, assez belle, anorexie, diarrhée légère. Examen du sang fait le 5 septembre au matin : je ne trouve que des leucocytes mélanifères. (Sulfate de quinine 1>%6Û en deux fois.)

6 septembre. L'apyrexie persiste. (Une portion. Sulfate de quinine 0^%80. Vin de quinquina.)

LAVBBAll. FIÈVRES PALUSTRES. 25

386 COMPLIwnoNS

Da ' au 15 septembre, le sulTate de quinine eat continué â U dose de0<',60, paa de recbute de lièvre.

17 septeoibre. Jo coosUte pour la première fois qu'il existe un peudeboufflssure de la face; le malade n'accuse, du reste, aucune douleur; l'apyrex le persiste.

tS leptembra. La boumisurs de la face sugmenle, depuis tiier il s'est produit de l'œ(]<-me dos membres inférieurs. Les urines sont pâles, peu abondantes (un litre environ dans les vingt-quatre heures;, par la chaleur et par l'aolde azotique, elles donnent un précipité albumincnx (albumine rtitractile).

19 septembre. L'aua^arque augmente, Icodème est l)eaucoup plus marqué aux extrémités iuréricurcset il a gagné les bourses. {Régime lacté. Chiendent uitré. Quatre pilules de digitale.)

La diurèse augmente rapidement. I.e U septembre, la quantité d'urine rendue dans les viûgt-qualre heures dépasse trois litres ; le 2S elle s'cléTe ù quatre litres. L'anasarque diminue rapidement, elle a disparu en graude partie dès le SG septembru. Etat généra] saiisfaisant, pas de rechute de Qùvre. «Une portion- Vin de quinquina. Café noir. Chiendent ni iFé.J

Les urines examiaées le 2'. septembre ne donnent plus, par la ctialeur et les acides, qu'un très léger nuage albumineux.

30 septembre. L'aoasarque a disparu complètement, et il n'j a plus trace d'albumine dans les urines. Les forces reviennent, mais l'anémie est encore trùspro^^ondo. (Deux portions. Vin de quinquina, l"er réduit.)

. Le malade Eort le 9 octobre IHSI.

FIBVKI INTBRUITTBNTB. FNBUMOtilB DU CÔTb OàUCUB. KBSOLUTION LBHTB. 0UÈB13-JN

Poch..., âgé de vingt-quatre ans. soldat au 8* escadron du train , entre à rbApilal militaire de Constantine le 1S décembre iSTâ.Poch.. a pria la nëvre inlermiltente pour la première fois à PbiUppevilie; au mois de septembre IBIS, Il a été traité àrhApilalde Consian-

0B8BUVATI0NS 387 ;

tineau mois d'octobre 1878 pour flèvre interm illente quotidienne; depuis cette époque ii a eu plusieurs rechutes légères.

Le 14 décembre 1879, après s'être refroidi par un temps de neige, le malade a éprouvé un frisson assez violent, suivi de chaleur et il a ressenti peu après un point de côté sous-mammaire à gauche ; la fièvre aurait persisté sans interruption notable Jusqu'à l'entrée à r hôpital.

48 décembre. Fièvre vive 40%6 à quatre heures du soir. Le malade accuse un point douloureux sous-mammaire à gauche, toux assez ' fréquente, pas d*expectoration. L'auscultation de la poitrine révèle* à la partie antérieure et supérieure du poumon gauche un bruit de souffle, pas de râles crépitants. La respiration se fait bien à droite et dans le reste du poumon gauche.

Le malade est fortement anémié, la rate est notablement aug« mentée de volume ; les autres organes ne présentent rien d'anormal. Le diagnostic de pneumonie est porté. (Diète. Potion avec tartre stibié 05% 10, extrait d'opium 0»% 05.)

19 décembre. La flèvre persiste-, 39%6 le matin, 40%1 le soir. Le point de côté persiste. La pneumonie s'est étendue, elle occupe maiutenant la plus grande partie du lobe supérieur gauche : souffle tubaire, râles crépitants ; pas d^expectoration caractéristique. (Potion slibiée. Injection hypodermique de chlorhydrate de morphine.)

20 décembre. 39*", 4 le matin, 38%8 le soir. Même traitement.

21 décembre 39%8 le matin, 38%8 le soir. La dyspnée a augmenté, toux, expectoration peu abondante, crachats adhérents au vase, légèrement rouilles. La pneumonie a envahi tout le poumon gauchoi matitè depuis la base jusqu'au sommet, en avant et en arrière, souffle tubaire, boufl'ées de râles crépitants. Le poumon droit respire bien. (Potion stibiée continuée, douze sangsues sur le côté gauche.)

22 décembre. 39%3 le matin, 38%8 le soir. Même état du reste. (Potion stibiée, on applique de nouveau douze sangsues sur le côté gauche.)

23 décembre. 38*,4 le matin, 37%9 le soir. Les signes physiques persistent : matitè dans toute l'étendue du côté gauche, râles cré«

3X8 COllPLICATIONS

p liants, sonRle tubaire, broDchophonie, vibraiioDS tboraciquei exagérées : expectoration très peu abondante, crachatB rouilles et très adbérenls au vasa.

24 décembre. 35*,B le malin, 3G*,I le soir. Bien que la ÛÉtemaeence soit complète, le malade n'éprouve pas la sensation de Uen* être qui accompagne d'ordinaire la crise dans la pneumonie; la dyspnée persiste, la toux est très fréquente; les signes physiques persistent ; on trouve toujours du soutQe et des rftles crépitants dans toute l'étendue du cAté gauche. Les crachats ne sont plus teiatés de aacg, mais ils sont tonjourd vlEqueux, tris adhérents. (Potion siibiée continuée.)

25-31 décembre. L'apyrexie persiste, l'état général samêllore, l'appetit et les Forces reviennent, le malade mange une demi-portion & partir du 27 décembre ; l'état local ne se modifie que lentement. Le 31 décembre la sonorité thoraciqueareparusous la clavicule gaucbe, riUcs soui-crépitants ; en arriére on trouve toujours du soufOe et des râles crépitants.

C'est seulement le 10 janvier iSttuque la sonorité redevient normale en arrière et que les râles disparaissent après avoir pris le caractère des r&les sous-crépitants.

Etat général saUsfaisant, le malade mange une portion k partir du IS janvier.

Convalescence lente et dlfndle, anémie persistante, faiblesse générale; le malade sort le 31 mors.

OBSERVATION Llll

PIBVRB CONTINUE PALUSTRB. FNBUUONIB DU CdTft DBOIT. UORT. JLVTOPSIB t BàP&TIS&TION OniSB DU POCMOK DBOrT, FÉRICAK- DITS, LftSIOHS DU PALUDISUB.

Uar,- ., âgé de vingt-trois ans, soldat au 3* chasseurs d'Afrique. CQire à riiù^iiul militaire de Conslantine le 25 Juillet 1882. Mar..... fic dit malade depuis une huitaine de jours. Début par céphalalgie. soir vive, malaise général, anorexie complète. D'après les reaseigncmcnls fournis par le malade, la lièvre aurait persisté penduit bulL jours aouï rémission notable.

OBSERVATIONS 'è^S

SSJuillel. Fièvre très vive : W,2 le maliii, 40-,* le soir. Proalpa-

tion assez marquée, stupeur, céphalalgie très forte, soif vive. Lit

matitë spléuiqae est augmentée. Rien d'anormal à l'ezamen de i^

poitrine.

Je porte le diagnostic de flèvre continue palustre. (Diète. Limonade. Sulfate de quinine 1",ao.)

26JuiUet. 39'. S le matin, 39-10 soir. La malade accuse pour la première fois un point de cAlé aous-mammaire à droite, toux assez fréquente, expectoration presque nulle, ne présentant rien de caracii^ristique; l'examen de la poitrine ne révèle rien d'anormal (Sulfate de quinine 0", 80. Ventouses sèches à droite.)

27 juillet. 3B',8 le matin, 39- le soir. La djspnée a augmenté beaucoup, anxiété vive ; le point de cAté est plus douloiiraut qu'hier; toux fréquente, expectoration caractéristique de la pneumonie, crachats rouilles, visqueux. A l'examen de la poitrine je trouve au sommet droit, en avant et en arrrière du soufOe tubaire ; pas de râles crépitants. (Potion avec tartre stibiè 0",D3 et extrait d'opium CiOS, injection hypodermique de chlorhydrate de morphine à droite.)

28 juillet. 38* ,7 le malin, 3B',8 le soir, anxiété très grande, le point de cAté est toujours très douloureux, la pneumonie a envahi le poumon droit dans presque toute son étendue, soufQeen avant et ensr' rière, matlté, rftles crépitants, expectoration caractéristique. (Potloa stibiée cootiouée, douze sangsues sur le côté droit de la poitrine.)

29 juillet. 39',3 le malin, 38*,7 le soir. L'état s'aggrave de plus en plus, anxiété vive, ortbopnée, expectoration abondante, crachats jua de pruneaux. Les signes physiques sont toujours ceux d'une pneu monie qui occupe le poumon droit dans toute sa hauteur. (Vin. Potion alcoolisée.)

30 juillet. 39-,t le maUn. Dyspné« très grande, délire, la face esL cyanosée. Uort à i heures du soir.

AuUtptU, bile le 31 juillet à huit heures trente du matin.

Thorax. La plèvre gauche est saine ainsi que le poumon gauche. Laplëvre droite ne renferme pas de liquide, mais elle est recouvertu par des exsudais Jaun&tres, Qbrineux, notamment à la base, au

dessous des exsudais la plèvre est vivement injectée. Le poumon droit est volumineux, il est hépatlsè dans toute son étendue siuf à la partie antérieure du lobe inférieur, le parenchyme pulmonaire hépatisé est à la fois résistant et friable, sur la coupe il présente raspect caractéristique de l'hépatisation grise; par le raclage on enlève facilement une matière puriforme. Il n*y a pas de tubercules aux sommets.

Le péricarde renferme une petite quantité de sérosité louche ; les deux feuillets du péricarde sont tapissés par des exsudats fibrineui, qui ont raspect gaufré qu'ils présentent d'ordinaire dans la péricardite aiguë.

Le myocarde et les orifices du cœur sont à Tétat sain ; le cœur droit renferme un caillot volumineux, flbrineux, blanchâtre, assez résistant. Le cœur gauche est vide.

Abdomen. Le péritoine et les intestins sont à l'état sain, il n'existe notamment aucune altération des plaques de Peyer.

La rate, volumineuse, triplée au moins de volume, présente une

teinte brunfttre, le parenchyme splénique est ramolli ; Texamen

hislologiquedela pulpe splénique fait àTétat frais révèle Texistencc

- d'éléments pigmentés en grand nombre.

> Le foie un peu augmenté de volume présente une coloration

brunâtre.

Les reins ont l'aspect normal.

FIÈVRB INTERMITTENTE QUOTIDIENNE DE PREMIERE INVASION. DYSENTERIE CONCOMITANTE. ACCÈS GRAVE. OUËRISON

fObscrvation résumée.)

T...,âgéde vingt-d€ux ans, soldat au 3« zouaves, entre à rhôpilal militaire de Constantine, le 20 Juillet 1882. T... est au service militaire et en Algérie depuis neuf mois, il se dit malade pour la première fois depuis son arrivée en Algérie. Du 14 Juin au 13 Juillet, le malade a été employé h. la pépinière sur les bords du Rummel, c'est-à-dire dans une localité très insalubre» il arrosait les i^antalions.

Le 12 juillet, malaise général, céphalalgie, chaleur sans frisson, soif vive. Le 13 juillei, le malade a rejoint sa compagnie, mais il a du s'aliter le 14 juillet et, depuis ce moment, la fléyre a persisté sans rémission notable. Depuis le 12 juillet. T.... a, en outre> de la dysenterie, selles petites, fréquentes (huit à dix dans les Tinglquatre heures), muco-sanguinolentes, accompagnées de fortes coliques et de ténesme. Avant rentrée à Thôpital le malade n'a pris qu*un vomitif.

20 juillet. Apyrexie le matin. Anémie très marquée, amaigrissement, faiblesse générale ; le malade se plaint beaucoup de sa dysenterie, selles sanguinolentes caractéristiques. (Diète. Eau de Sedlitz, deux verres.)

Le 20 à une heure du soir, accès de fièvre ; à une heure trente : 40*,9. Examen du sang fait le 20 juillet à deux heures du soir : corps n« 2 de moyen ou de petit volume, libres ou accolés à des hématies, les corps n* 2 de petit volume sont nombreux, ils sont réunis quelquefois par groupes de quatre, cinq ou six ; leucocytes mélanifères.

Le 20 à deux heures du soir, je trouve le malade dans un état grave : adynamie profonde, subdélire ; la langue est humide, blanchâtre, les selles ont toujours le caractère dysentérique; à six heures du soir, la température est encore de 40%7. (Sulfate de quinine 1 gramme à deux heures du soir, 0(%60 à quatre heures,]

21 juillet. 36*,6 le matin; le soir Tapyrexie persiste. L*état général est beaucoup meilleur qu'hier, mais la faiblesse est très grande. La dysenterie s'est améliorée, quatre à cinq selles diarrhéiques dans la nuit du 20 au 21. (Bouillon. Lait. Sulfate de quinine 0>S80 matin et soir.)

22 juillet. L'apyrexie persiste. Prostration marquée; les selles ont repris le caractère dysentérique, douze selles pendant Li nuit dernière, coliques, ténesme. Le ventre est sensible & h palpation, rétracté. La matité splénique mesure 10 centimètres de haut sur 12 de large. (Potages. Lait. Sulfate de quinine 0<%801e matin, calomel 1 gramme dans la journée.)

Les jours suivants, Tapyrexie persiste ; les selles se modifient sous rinfluence du calomel et de l'eau de Sedlitz, elles deviennent

diarrhéiques, puis diminuent de nombre. Le sulfate de quinine est continué à ia dose de 0*%60 jusqu*au 30 juillet.

30 juillet. L'apyrexie persiste, la dysenterie a disparu complètement ; Tanémie est toujours très marquée, les forces reFiennent lentement. (Une porUon. Vin de quinquina.)

Le malade sort le 22 août avec un congé de conyalescence,

CACHEXIB PALUSTRE. FIBYRB TYPHOÏDE CONTRACTÀE A L*H0PITAL. ALBUIfINORIB, PERITONITE PAR PERFORATION. MORT. AUTOPSIE : LÉSIONS CARACTéRISTIQUES DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE ET DU PALUDISME.

(Obaervalion résumée.)

Gr..., Agé de Tingt-trois ans, détenu au pénitencier militaire de Bône, entre à l'hôpital militaire de Bône, le 10 août 1S78, pour cachexie palustre avec anasarque ; Texamen des urines fait à plusieurs reprises ne révèle pas l'existence de l'albumine.

Le malade allait bien, Tanasarque avait disparu lorsque le 11 septembre il se plaignit de tousser beaucoup, en même temps, je con* statai de la diarrhée et un mouvement fébrile.

17 septembre. Fièvre vive, 40%2 le soir, diarrhée séreuse abondante, douleur à la pression dans la fosse iliaque droite. Toux, raies de bronchite disséminés.. Prostration, insomnie.

Les jours suivants la fièvre persiste, la température est en moyenne de 39* à 39*,5 le matin, et de 40* le soir. Ëtat typhoïde bien marqué. Symptômes abdominaux très caractéristiques, diarrhée séreuse, méléorisme, douleur à la pression dans U fos«c iliaque droite'; le 22 septembre, je constate l'existence de tacbis rosées sur la paroi antérieure de Tabdomen. Bronchite légère.

La fièvre typhoïde suit son cours régulier ; du 12 au 14 octobre, un mouvement de défervescence s'accuse, mais le is octobre la température remonte.

15 octobre. 39*,6 le matin, 40*,3 le soir. Prostration, somnolence, un peu de délire la nuit. L*anasarque a reparu et l'examen des urines révèle cette fois une assez grande quantité d'albumine.

IG octobre- 36*,8 le malin, 39' ,8 le soir. Le malide Tomil ù plusieurs reprises dans la joaraée; il n'accuse aucune douleur sponlanL^c, mais le ventre est ballonné et très sensible à la pressloo, surtout ,i droite.

17-20 octobre. La fièvre persiste, prostration, somnolence, le malade n'a pas vomi, il n'accuse aucune douleur spontanée ; le ventre est moins tendu, moins douloureux & la pression qiu le 16 octobre.

ïi octobre. 3R',2 le matin, 39',6 le soir. Il existe une tumâfaciion de la joue droite; en Taisant ouvrir la boucbe et en écartaui la joue droite des eenciTes, je constate daus le sillon inférieur une ulcération profonde, noirâtre, d'odeur gangreneuse, le maxillaiiv inrérieur est à nu au fond de Celle ulcération. Pas de vomissements, p&a de douleurs abdominales vives, ni spontanées, ni a lu pression.

22 octobre. 37',l le malin, 38*. 2 le soir; malyré celte rémission, l'état s'aggrave de plus en plus. Mort le 23 octobre à trois heures lI it malin.

Aub>ptit, lîkite le 33 octobre.

Âbdomtn. L'incision de la paroi abdominale donne issue à un ïilv^ eaviroD d'une sérosité loucbe, renfermant des llocons blancbAtrLS, Bbrfneux. Le péritoine est tapissé partout de fausses membraiit-j qui font adhérer les anses intestinales entre elles. 11 existe un jn n au-dessus de la Tcdvule iléo-cœcale, une perforation qui a ù i» 'j près les dimensions d'une pièce de cinquante centimes.

Les inteatina août détachés et ouverts.

Gros intestin : rien d'anormal.

IntesliQ grêle : on trouve au niveau de la valvule iléo-cœcale uij<: large ulcération qui fait presque le tour de l'intestin, le fond o~l noirâtre, les bords sont admisses. Au-dessus de cette ulcération, u en existe une dizaine d'autres qui siègent exactemenl au niveau des plaques de Pejer el qui ont toutes les apparences des uLcéiatioDs de la flèvre typho'ide à la période de rëparatlou, l'une de vv.^ ulcérations aituée à 8 centimètres au-dessus de la valvule iléo-cœcak est le siège de la perforation.

La rate, triplée au moins de volume, a la teinte brunâtre qu'elle

présente d'ordinaire dans le paludisme, sa consistance n'est pu notablement diminuée. L'examen hislologique révèle l'existence de nombreux éléments plgmenlés, caractértsiiques du paludisme.

Le Toie a son volume normal, teiule brunAtre très prononcée. L'examen histologique l^it sur des coupes après durcissemcni par le procédé ordinaire, montre qu'il existe dans les caplUaires sanguins des éléments pigmentés en grand nombre.

Les reins ont un volume à peu près normal, la capsule se détache facilement, la surface des reins est lisse. La substance corli> cale est très p&le, d'un bhnc Jaunâtre. Il existe évidemment une néphrite èpilhéllale (l'examen histologique n'a pas été Riit).

Thorax. Un peu de sérosité citrine dans le péricarde. Le mjocaide et l'endocarde sont à l'état sain.

Plèvres saines. Les paumons présentent à un degré très marqué les lésions de la congestion hy posta lique. Crâne. Méninges, cerveau, rien d'anormal.

OBSERVATION tVI

PlâVBB INTBBHtTTSNTB. FlàVHB TYPHOÏDI. IfOBT. AUTOniB : LÉSIONS DU PàLUDISUBBT DB LA 7IBVRB TTFHOÏDB AU DâBUT.

Ber...... soldat au 3' zouaves, âgé de vingt-trois ans, entre à l'hApi-

tal militaire de Conatantlne le 11 octobre ISBi . Le malade, qui a eu plusieurs atteintes de lièvre intermittente, est évacué de l'hApital de Tébessa ; Il est placé dans le service d'un de mes collègues, qui constate une fièvre vive, continue (le 28 octobre la température est de 39* le matin et de 40* le soir) et un état typhoïde très muqu4. Le malade meurt le I9 octobre â deux heures du matin.

i4uior>ti«, foite le 19 octobre à trois heures trente du soir.

Le cadavre est celui d'un homme bien constitué, profondément anémié.

Abdomen. Péritoine Bain. Les ganglions mësentériques sont hjrper. trophiés.

Gros intestin : rien d'anormal.

Intestin grSIe : les plaques de Peyer les plus volstnes de la valvule

iléo-ccecale au nombre de sept sont tuméfiées, la tuméfaction des plaques n'est pas générale mais par points séparés, les parties tuméfiées ont une coloration blanchâtre, elles sont indurées et notablement surélevées au-dessus de I^ surface intestinale. Il n'y a pas d'ulcération. La partie supérieure de l'intestin grêle est à Télat sain. La rate très volumineuse, pèse un kilogramme, elle a une teinte brunâtre, qui n'est pas aussi foncée que dans les accès pernicieux, la consistance de la rate n'est pas notablement diminuée.

Le foie a un volume à peu près normal^ teinte brunâtre caractéristique du paludisme, consistance normale. Les reins sont un peu augmentés de volume, congestionnés. Thorax. Le péricarde renferme ISO^* environ de sérosité citrine. Le myocarde a son aspect normal. L^endocarde et les orifices du cœur sont à l'état sain. Le cœur droit renferme du sang liquide en assez grande quantité, le cœur gauche est vide. Plèvres, saines. Poumons, sains.

Crâne, Œdème sous-arachnoïdien. Le cerveau est très pâle, évidemment anémié ; la substance grise des circonvolutions n^a pas une teinte plus foncée qu'à Tétat normal.

Examen hiaiologique. Rate. a). Éléments isolés à l'état frais. On trouve au milieu des éléments normaux de la rate et des hématies, des éléments pigmentés caractéristiques du paludisme; ces éléments sont beaucoup moins nombreux que dans la rate des Individus morts d'accès pernicieux.

b). Coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire. Congestion très forte, tous les vaisseaux sont distendus et remplis de sang, les hématies se sont infiltrées aussi dans les trabécules du parenchyme splénique ; au milieu des hématies on distingue des éléments pigmentés caractéristiques du paludisme en petit nombre. Foie, Coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire. Pas d'altération des éléments normaux; on distingue çàet là dans les capillaires sanguins des éléments pigmentés en petit nombre.

Aeint. Coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire- Pas d'altération notable, il n'y a pas d'éléments pigmentés dans les petits vaisseaux.

Inteêtin grêle. Coupes faites au niveau d*une des plaques de Peyer

39li COUl'LICATIONS

LumOilt'ea, après durcis sèment par le procédé ordinaire. La mnr|uoii£e a d^à disparu en grande partie, la tuméfaction est constttuil'c par une typerplasie du tissu adénoïde de la plaque de Pejer ; laspect est esaclemenl celui des plaques de Peyer tuméflées au dibui da la flèvre typhoïde.

OBSERVATION LVll

FIEVRR TTPHOÏDB, FIÈVBB IHTBRUITTBKTB PBND4NT LA COKVA- LBSCBtfCB DB I^ FIBVBB TYPHOÏDE. ODÂBISOlt-

lluitr.,., âgé de vingt-deux ans, soldat au 8' escadron du train, enlie à riiCpital milliaire de Constanline le 2 août ISS2. Bour.. est :iu £L'r?ice militaire depuis trente mois, en Algérie depuis cinq mois : il i:\crcalt, avant soniucorporation, la profession de cultivateur aux tiivJrDQs do Clermunl-Ferrand. Au mois de mars ISSI, Bour... dit avoir eu au camp d'Avord une lièvre qui a duré trois jours, avec lR'[)>i.:i labial; Bour..- a passé trois jours à llnOrmerie, il n'a pas pris lie quinine et la flèvre n'a pas reparu. '

Du 27 mal 1881 au 30 juillet dernier, Bour... a été détaché & Titicssatildit s'être toujours bien porté dans cette garnisou. Il D'est riiDiK a ConBlantinequelo SOjuillet et c'est au3i juillet qu'il bit reiiioziter les premiers symptémes de sa maladie.

Ll' 31 Juillet ; malaise général, céphalaltile, soif ardente, chaleur vive sons frisson, faiblesse générale. Le malade a été obligé de s'dUior le 31 juillet et la lièvre a persisté sans rémission notable jusqu'à l'entrée à l'hôpital.

j août. Fièvre très vive : 40*,S Iq malin, tC* le soir. Elat tjphoïde bleu marqué ; prostration. Diarrhée légère, douleur à la pression diiii^ la fosse iliaque droite.

!.<' diagnostic de Hèvre typhoïde paraît probable, néanmoins jo |irL'>'Tis le sulfate de quinine, 1 gramme, le 2 août; 0'',80 le 3 et le 4.

Les jours suivants la lièvre persiste, la température eslen moyenne dc:i'.i' le matin et de 40' le soir jusqu'au 11 août. Le diagnostic da ili'vre typhoïde seconllrme déplus en plus:céphalalgie,iDsommes, prostrallOQ, anorexie, soif vive, diarrhée séreuse, douleur localisée

à la fosse iliaque droite. Les taches rosées seules font délaut- (Lolions fraîches, lavements froids légèrement phéniqués.)

A partir du t1 aoflt la fièvre est moins vive, la dëfervcsceoce se fait par oscillations descendantes; la défervescence est complète le ïO août, la fièvre a donc duré exactement viugt et un jours et le tracé thermométrique est exactement celui de la fièvre typhoïde.

A partir du 21 aoQt le malade paraît être entré en convalescence, il est faible, très anûmié, il commeoce à manger.

Le 39 août le malade me dit que depuis plusieurs jours il a ua frisson le soir vers sept heures ; je fiùs prendre la température le 19 au soif, le thermomètre marque 39',S.

30 aoflt. 37',2 le malin, le soir U y a encore un accès de fièvre, mais plus léger que les précédents; à sept heures du soir la température est de 38*,S. La matité splénique mesure 9 centlmètTcs de haut sur lO de large. (Sulfate de quinine D<', SU matin et soir.)

Examen du sang fdit le 1(j août à huit heures du matin (avant de foire prendre le sulfate de quinine] : corps a* 1 de moyen ou de petit volume, libres ou accolés à des hématies, en très grand nombre, corps n* 2 renfermant des grains pigmentes mobiles ou munis de filaments mobiles.

31 août. 37', t le malin, le soir l'apyrexie persiste. Le malade se trouve beaucoup mieux. {Une demi-porUon. Suinte de quinine CP.BO matin et soir.)

Examen du sang Fait le 31 au matin : corps n' ï de mojen ou de petit volume en moins grand nombre que le 30, corps n* 3. Je ne trouve plus de filaments mobiles.

1" septembre. L'apyrexie persiste. (Une portion. Sulfîite de quinine 0^,80.]

Les jours suivants l'apyrexie persiste, le sulfate de quinine est conUnué à la dose de 0" ,60 jusqu'au 4 septembre.

Examen du sang fait le 3 septembre; je ne trouve plus aucun élément pigmenté.

Le malade sort le 9 septembre avec un congé de convalescence de trois mots.

398 COMPUGATIOKS

OBSERVATION LVUI

llUVRE INTBHUITTHNTB. FIÛVRB Tï-pHOÏDE INTHRCUHBBNT8.

auùRisoN

T. ,, igé de viogUtrois ans, soldat au 3' zouaves, entreàlli&piUil miliiaire de Constantlne, le 35 janvier 1BS3. T... estau fer-

wcr militaire depuis viogt-sept mois, eo AlgiSrie depuis quinze U1EIIS Pas de maladies graves aulériouresà l'arrivée en Algérie.

l'nniiere alteinle de AËvre iule rmi lien le au mois d'uoilt 1X81 ; le maliulc était alors détaché à la garde des forSlE aux envirousde l'hiliipeville, il est entré à l'hApit^il de PhilJppevilte pour Qèvre iiUL'nnitlente, et y est resté trcnle-cinq Jours ; à la sortie de l'hôintiil, Il a repris son service. La fièvre n'a repjru que le 20 janvii'i' i^S3. Accès quotidiens du 30 au 24 jauvler, revenant vers Ul'u \ heures du matin ; accès réguliers avec frisson initial.

'i\ janvier. Fièvre vive, *0-,2 le matin, 38' ,9 le soir. Anémie In-s marquée, teinte terreuse de la face, muqueuses décolorées, amiujjrissement et faiblesse générale. Langue assez belle ; anorexiç. I,.i /.one de malité spléniquc mesure 7 centimètres de haut sur ni\r large.

i:\aiiien du sang fuit le 34 janvier, à deux heures trente du soir : ciji'iis n* 2 lil>res ou accolés à des hématies, leucocytes mélanlféres. {Uii'ie. Limonade. Suiraie dcquli^oe, I gramme le 24 au soir)

î' janvier. 38*. 2 le matin, 58", » le soir. Anorexie. (Bouillon. l.iiiivtnade. Sulfate de quinine, 1 grommelé matin.)

2'j janvier. 31°, S le malin. Le soir l'apyrexie persiste. Un peu d'appélit. (Une demi- port ion. Sulfate de quinine O-', M. Vin de quiu-

■;: janvier. J-'apjrexio persiste. Anémie. Faiblesse générale. Kxamen du sang fait le 37 Janvier : je ne trouve plus aucun élémeiil parasitaire, ni même aucun leucocyte mélanlfére. (Une portion. Sulfate de quinine 0",80. Vin de quinquina. Café noir.) Le sulfate de quinine est continué à la dose de O'viO jusqu'au Trier. A partir du t" février, le mala-le mange deux |>ortions, irces reviennent.

OBSBHVATiONS 399

Le 8 fûvrier, la malade se plaint de ne pas dormir la nuit, malaisi^ génâral depuis deux ou trois jours, céptialalgie. 11 n'y a pas eu de frisson, mais la peau est chaude, la température axillaire est de 39',S le g au malin, de Wfi le soir. Une recbute de tlâvre iatermittente parait probable, cependant rexamen du iiang (ait le g février à deux reprises ne me permet de constater t'eiistencv d'aucuQ élément parasitaire. Je prescris néanmoins le sulbte du quinine, 1 gramme, le 8 au soir.

S féTrier. La Oèvre persiste. 3S',7 le matin, 39* ,9 te soir. Uolaisu général, prostration marquée, céptialalgie, insomnie. Diarrhei; légère, un peu de douleur à la pression dans la fosse iliaque droiLi'. (Bouillon- Sulfate de quinine 1 gramme le malin, 0'',S0 le soir.)

10 férrier. La flàvre persisl». 33',G le matin, 4Q',i le soir. Ëuit typhoïde marqué, prostration, stupeur. Diarrhée séreuse. Doukiii à la pression localisée dans la fosse iliaque droite. Il parait évidctil que le malade a pris à l'hûpiial une ilÈTre typhoïde : il y a, en eu moment, dans te service, plusieurs malades atteints de Sevré typhoïde. (Bouillon. S uirate de quinine 0'',gO. Lotions fraîches.}

U février. 39-, 3 le matin. 40*, 3 le aoir. Etat typhoïde; tacht;^ roEées très nettes sur la paroi antèfieure de l'abdomen. Je bu|" prime le sullate de quinine, qui n'exerce aucune action sur la Ile vu . (Bouillon. LolionsfrtJcbes. Eau de Sedlilz, un verre tous les deuxou mis jours.)

LaQèvre persiste les jours suivants iladérervescenca se pronuiiL<: â partir du 19 février, elle est complète le 20 février, c'eat^-dnv le dix-septiéme jour environ de la fièvre typhoïde.

18 février. Le malade est anémié, très atlïibti.

Examen du sang fait le 18 février : je ne trouve aucun élémum parasitaire ; aucun leucocyte chaîné de pigment. (Potages.)

Les forces reviennent lentement. Le 21 février, le malade mant;<! une demi-portion, le 23 février une portion ; il commence a scie ver.

L'apyrexia persiste jusqu'au B mars.

Le 8 mars à midi, frisson, suivi de chaleur. A midi etdeiiii, 40', 3, à quatre heures du soir, W.

Examen du sang fait le S mars À deux heures du soir : corps i^ -

libres oa accolés à des hématies ; corps n'2 renrermant des grains pigmentés mobiles ; corps n» 3. (Sulfate de quinine 0«',80lc8 au soir.)

9 mars. 36%9 le matin. Le soir l'apyrexie persiste. (Une demiportion. Sulfate de quinine 0*%80 matin et soir.)

10 mars L'apyrexie persiste. Le malade mange avec appélit une portion. (Sulfata de quinine 0>%80. Vin de quinquina.)

Le sulfate de quinine est continué a la dose de Os'fSO jusqu'au 14 mars?

Le malade, qui aobtenu un congé de convalescence, sort de Phôpital de Gonstantine, le 15 mars 1883.

PIBVRB INTBRMITTBNTB. VARIOLB. ABCÈS MULTIPLBS. ARTHRITES

SUPPURBBS. OUBRISON

(Observation résumée.)

Bou... âgé de vingt-deux ans, soldat au 1*' régiment d'artillerie» entre à. Tbôpital de Constantine le 7 avril 1881.

Bou... est arrivé en Algérie le premier janvier 1881; il dit avoir pris la fièvre intermittente dans le département du Cher, où il exerçait la profession de laboureur. La fièvre a reparu peu de temps après l'arrivée en Algérie ; le malade est entré à Thôpital de Batna le 21 janvier 1881 pour fièvre intermittente et y est resté trente-trois jours. Rechute de fièvre le 3 avril, accès quotidiens, du 3 au 6 avril le malade a pris quatre doses de quinine de 0«%60 avant rentrée à Phôpital.

7 avril. Apyrexie. Anémie très marquée, teinte terreuse de la face ; faiblesse générale, diarrhée légère ; la maUté splénique est notablement augmentée. (Une demi-portion. Vin de quinquina.)

Examen du sang fait le 7 avril à deux heures du soir : corps n* 2 en petit nombre, je trouve un corps n* 2 muni de filaments mobiles et quelques filaments mobiles libres ; corps n* 3.

Du 8 au 14 avril l'apyrexie persiste, le malade mange une portion, je ne prescris que du vin de quinquina.

14 avril. Accès de fièvre vers quatre heures du soir, à cinq heures la température est de 39%7.

OBSERVATIONS iOl

1S avril. Apyrexie le matin. Sulfate de qaiuine û>%80. Le soir Tapyrexie persiste.

Examen du sang fait le 15 avril avant de faire prendre le sulfate de quinine : corps n* 2 renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de filaments mobiles, corps n* 3.

Le 16 et le 17 avril, Papyrexie persiste. Sulfate de quinine Q^fiQ par jour.

L'apyrexie persiste jusqu'au 22 avril; ce jour-là le malade a un frisson à dix heures du matin, le thermomètre marque 39%3 à dix heures du matin, 39*,9 à qualre heures du soir.

Je pense naturellement qu'il s'agit d'une rechute de fièvre intermittente.

23 avril. La fièvre persiste, 40* le malin. (Sulfate de quinine 0<%80 matin et soir.)

Examen du sang fait le 23 avril au matin; je ne constate plus Texistence d'aucun élément parasitaire.

24 avril. La fièvre persiste (Sulfate de quinine 0*%80). Le 24 au soir apparition d'une éruption variolique.

95 avril. La fièvre est moins vive, l'éruption se généralise, le malade est évacué sur le service des varioleux.

L*éruption est discrète; malgré cela la variole se complique d'abcès volumineux sur différents points du corps et d'arthrites suppurèes des articulations stemo-claviculaires.

Le malade, qui a obtenu un congé de convalescence de trois mois, sort de l'hôpital dans le courant du mois d^août 1881 ; il est profondément amaigri et anémié.

PIB VRB INTBRMITTBNTB. VABIOLB HÈMORRHAGIQUB. MORT. AUTOPSIB : LBSIOllS DU PALUDISliB BT DB LA VARIOLB HBMORRHAOIQUB.

Gre...., Agé de vingt-trois ans, soldat au 3* tirailleurs algériens, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 12 avril 1881 . Gre.... est arrivé en Algérie le 9 novembre 1879, il a pris la fièvre intermittente pour la première fois au mois de juillet 1880 à Batna; deux entrées à rhôpitalde Batna pour fièvre intermittente. Rechute de fièvre il y

LAVBRA.N, PIÈVABS PALUSTXE9. 26

4ei COMPLICATIONS

a qainEe Jours, le malade a eu cinq aocès de fièvre, il a pris trois doses de sulfate de quinine et la fièvre a disparu.

12 avril. Apyrexie le matin, anémie très marquée, faiblesse générale. Accès de fièvre dans la Journée, à trois heures trente du soir la température axillaire est de 39%8.

13 avril. Apyrexie le matin. Sulfate de quinine 0'%60. A onze heures du matin, frisson; à trois heures trente du soir la tempe* rature axillaire est de 40%7.

Bxamen du sang fait le 18 avril à huit heures trente du matin : corps n* 2 immobiles, corps n* % renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de filaments mobiles, corps n* 3.

14 avril. Apyrexie. Sulfate de quinine 0'%80.

Le sulfate de quinine est contiaué à la dose de O^^^SO d'abord puis de 0«', 60 jusqu'au 18 avril, pas de rechute de fièvre.

Sxâmen du sang fait le 20 avril : Je ne trouve plus aucun élément parasitaire.

26 avril. Malaise général, fièvre (38%8 le soir), vomissements bilieux. Je suppose qu'il s'agit d'une rechute de fièvre intermittente. (SttlflBito de quinine 0>',80.)

Le 27 et le 28 la fièvre persiste elle est continue, la température s'élève progressivement à 40* et à 40%8 le 28 au soir. Malaise général très prononcé, douleurs lombaires, céphalalgie très forte, vomissements bilieux. Le sulfate de quinine est continué le 27 et le 28.

29 avril. Fièvre très vive : 40%8 le maiin, 40*,5 le soir. Anxiété, malaise général, vomissements, depuis hier soir il existe un rash purpuriquc, qui limité d'abori aux aines et aux aisselles, s'étend le 29 avril à une grande partie du tronc ; on distingue quelques papules sur le front; le diagnostic de variole est porté.

Examen du sang fait le 29 avril à deux heures du soir : je ue trouve plus que quelques leucocytes mélanifêres. Les urines renferment du sang en assez grande quantité.

30 avril. La flèvre persiste 39*,9 le matin, 40%2 le soir, réruptlon de la variole se fait très mal, le rash qui existait sur le tronc prend de plus en plus le caractère hémorrhagique, on observe aussi un grand nombre de petites taches ecchymotiques sur la face et sur les membres.

Lat Urines renferment beaucoup de sang.

L'étal a'aggraye de pi us en plus et le malade succombe à la yariole hémorrhagique le 3 mai 1881 à quatre heures du matin.

Autopêie^ faite le 3 mai. Il existe sur toute la surface du corps des taches ecchymotiques d^étendue variable et des vésicules flasques qui renferment un liquide séro-sanguinolent; en incisant la peau au niveau des ecchymoses on constate que le sang s'inQltre profondément dans le tissu conjonctif.

Abdomen. SulTusions sanguines dans le tissu conjonctif sous-péritonéal, principalement autour des reins.

Intestins. La muqueuse intestinale présente çà et là do petites taches ecchymotiques, elle est saine d'ailleurs.

La rate a un volume à peu près normal, elle ne pèse que 140 grammes; le parenchyme splénique aune teinte brunâtre.

Le foie pèse 1770 grammes, il a une teinte brunâtre, sa consistance est diminuée.

Les reins sont augmentés de volume, les bassinets et les calices sont remplis des deux côtés par des caillots sanguins ; la substance corticale est pâle. La vessie est distendue par un liquide d'un rouge foncé, Turine est mélangée évidemment à une grande quantité de sang.

Thorax» Taches eccbymotiques sous-pleurales. Congestion pulmonaire hypostatique, petit noyau de pneumonie lobula^re et hémorrhagies pulmonaires interstitielles.

Le cœur est rétracté, presque vide. Le myocarde ne paraît pas altéré.

Le crâne n'a pas été ouvert.

Examen histologique. — Rate, a) Eléments dissociés à l'état frais. On trouve au milieu des éléments normaux de la rate et des hématies, des éléments pigmentés en grand nombre. 6) Coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire; congestion très marquée, au milieu des hématies on distingue des éléments pigmentés en grand nombre.

Foie. Coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire. On trouve çà et là dans les capillaires sanguins des éléments pigmentés en petit nombre. Les cellules hépatiques ne sont pas altérées.

itii

COMPLICATIOKS

nfini. Coupes faites après durcissement par le procédé ordintire. Aucune altération notable, jo De trouTe pas d'éléments pigmentés dans led petits vaisseaux.

Miiiclfi. L'esamen a porté sur des rragmenls des muscles grands droits de l'aliâomen. Dégénérescence granulo-Tltreuse très pn>fopde.

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