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j'ai résumé mes recherches sur les parasites du paludisme dans une communication à la Société médicale des hôpitaux (séance du 28 avril 1882) et dans un article sur la Nature parasitaire de l'impaludisme , publié dans la Revue scientifique A\x 29 avril 1882.
Dans ce nouvel ouvrage, je me propose d'exposer avec plus de détails que je n'ai pu le faire jusqu'ici mes recherches sur les microbes des fièvres palustres en les complétant sur quelques points et de montrer combien la connaissance exacte du microbe pathogène a simplifié Thistoire de ces fièvres.
On peut dire sans exagération, ce me semble, que Thistoire du paludisme forme aujourd'hui 'un des chapitres les plus clairs, les plus précis de la pathologie.
Sans doute il y a encore des inconnues, l'histoire naturelle des microbes du paludisme laisse certainement à désirer; mais les notions que nous avons dès maintenant sur ces parasites sont très suffisantes au point de vue clinique, et c'est ce point de vue surtout qui nous intéresse.
A côté des formes cliniques dont la nature n'a jamais été contestée et qui de tout temps ont fait partie du domaine du paludisme : fièvres intermittentes, accidents pernicieux, cachexie palustre, il en est d'autres en assez grand nombre dont les relations avec le paludisme n*ont jamais été bien définies. Il me suffira de citer les nom-
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breuscs discussions auxquelles ont donné lieu les fièvres continues des pays chauds, les fièvres climaliques, les fièvres bilieuses, la typhoïde palustre, le coup de chaleur. L'existence dans le sang dos paludîques de parasites spéciaux et absolument caractéristiques, fournit aujourd'hui dans tous ces cas litigieux un critérium extrêmement précieux. Loin de moi la prétention d'avoir résolu tous ces problèmes, mais à défaut de solutions définitives le lecteur trouvera dans cet ouvrage des notions précises sur la marche à suivre dans l'étude de ces questions.
Il me sera facile de montrer combien l'anatomie pathologique des fièvres palustres si obscure jusqu'ici devient simple et facile à concevoir pour celui qui connaît les parasites du paludisme, et combien la pathogénic des différentes manifestations cliniques s'éclaire d'un jour nouveau.
Nous verrons enfin que l'action spécifique des sols de quinine dans les fièvres palustres s'explique de la manière la plus rationnelle par l'action toxique très énergique que ces sels exercent sur les microbes du paludisme.
La connaissance des microbes du paludisme est aussi importante au point de vue pratique qu'au point de vue théorique; elle est également utile au clinicien et au nosologiste.
Tous les médecins qui ont exercé dans des pays palustres, savent qu'il est souvent très difficile, pour ne pas
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dire impossible, d'affirmer si tel malade qui présente d'ailleurs des symptômes très graves, réclamant irapéricusement uae intervention active, est ou n'est pas sous l'influence du paludisme. En Algérie, par exemple, on apporte journellement dans les hôpitaux, des malades qui sont plongés dans le coma ou dans un élat typhoïde grave; le coup de chaleur, l'alcoolisme, la méningite, la fièvre typhoïde peuvent, tout aussi bien que le paludisme, expliquer l'ensemble dessymptônies observés ; les anamncstiqucs, quand ils ne font pas défaut, ce qui ai-rive souvent, et la provenance des malades peuvent fournir des présomptions pour ou contre le paludisme, mais rien de plus; ie clinicien en est réduit à suspendre son diagnostic et à prescrire la médication quinique dans tous les cas. L'examen histologique du sang fournit, dans ces circonstances, les indications les plus utiles et permet seul d'arriver rapidement à porter un diagnostic précis; dés qu'il a constaté la présence dans le sang des éléments parasitaires caractéristiques du paludisme, le médecin n'hésite plus, et il emploie ia médication quinique avec la confiance que donne la vu& nette et précise du but à atleindre, la connaissance exacte de l'ennemi qu'il faut combattre.
La recherche des parasites du paludisme exige, il est vrai, une certaine habitude du microscope en général et de l'examen du sang des paludiques en particulier; mais
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ce sont là des diflîcullés qu'il est facile de surmonter avec un peu de patience.
J'ai divisé cet ouvrage en neuf chapitres. Le chapitre premier est consacré à Tétiologie des fièvres palustres ; je montre que les conditions qui favorisent le développement du paludisme sont celles qui président à Téclosion de toutes les espèces végétales et animales inférieures, ce qui explique que de tout temps Topinion qui admet Texistence d'un parasite du paludisme ait été accueillie avec faveur, et je fais l'historique des recherches entreprises dans le but de découvrir ce parasite.
Le chapitre deuxième est consacré à Tanatomie pathologique du paludisme ; il ressort de cette étude que la caractéristique anatomique du paludisme est fournie par la présence d'éléments pigmentés en grand nombre dans le sang et principalement dans les capillaires de la rate et du foie, éléments pigmentés qui ne sont que les formes cadavériques des parasites du paludisme ; je résume à la fin de ce chapitre Thistorique de la mélanémie palustre.
Le chapitre troisième est consacré à la description des parasites ou microbes du paludisme, qui se présentent dans le sang sous plusieurs aspects : forme enkystée, état adulte ou parfait ; j'indique dans quelles conditions il faut se placer pour constater l'existence de ces parasites.
Les manifestations cliniques du paludisme sont étudiées dans les chapitres quatrième et cinquième ; ces
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maiiifestaliona cliniques si variables, si compliquées d'après certains auteurs m'ont paru pouvoir *^tre ramenées à quatre; fièvres intermittenlcs simples, fièvres continues palustres, fièvres intermittenlcs nu lièvres continues compliquées d'acciilents graves dits pernicieux, cachexie palustre.
Le cliapitre sixième traite des complications du paludisme autres que les accidents dits pernicieux et des maladies intercurrentes ; les rapports du paludisme avec la lièvre typhoïde et la dysenterie sont étudiés avec soin.
Le chapitre septième est consacré au diagnostic et au pronostic du paludisme.
Le chapitre huitième à la pathogénie des accidents du paludisme.
Le chapitre neuvième au traitement et à la prophylaxie.
Les mots paludisme, paludique. qui ont été adoptés par M. te professeur Venicuildans les remarquables articles qu'il a publiés sur le paludisme considéré au point de vue chirurgical {Revue de chirurgie. 1881-1882), mo paraissent exeeltenls pour désigner l'ensemble des troubles morbides produits par les microbes (tes lièvTes palustres et les malades qui sont sous le coup de ces troubles morbides ; le lecteur rencontrera ces mots à chaque page de ce livre.
Paris, ) 1 fémer 1N8*.
A. UVERAN.