ROLE DES MICROBES
La méthode d'observation a fait ses preuves ; c*est à elle que nous devons la découverte de tous les parasites de Thomme et elle n*a rien à envier à la méthode expérimentale. . L'existence de trichines dans les muscles, de filaires dans le sang, suffit à démontrer la nature parasitaire de la trichinose et de l'hématochylnrie 7 De même la présence des microbes que j'ai trouvés dans le sang des paludiques, suffit pour démontrer la nature parasitaire du paludisme ; ces microbes sont en effet aussi caractéristiques du paludisme que la trichiiie l'est de la trichinose, et la filaire du sang de la Q* ariose.
. Il seraitintéressant, j'en conviens, de reproduireles accidents du paludisme chez un homme ou chez un animal en lui inor culant des microbes pris dans le sang d'un malade atteint de fièvre palustre; je suis persuadé que rexpérience réussirait chez l'homme si elle était faite dans de bonnes conditions, mais ces conditions sont, comme on va voir, difficiles à réaliser.
Après avoir constaté l'existence des microbes dans le sang d'un paludique, il faudrait recueillir du sang chez ce malade, et l'injecter immédiatement dans les veines d'un individu sain, vivant en dehors des milieux où règne la malaria et ne pou* vant pas être soupçonné par conséquent d'être spus le coup du paludisme au moment de l'inoculation.
Dénuder une veine chez un individu sain, y placer une canule et injecter par cette canule du sang provenant d'un malade atteint de fièvre palustre, faire en un mot une transfusion du sang, cela constitue une opération très sérieuse dont je n'ai jamais voulu prendre la responsabilité, si désireux que je fusse de connaître le résultat d'une pareille expérience.
On peut, il est vrai, expérimenter sur les animaux ; malheureu-
li'
iU PATHOQÉNIE
gemeni oh né connaît aucune espèce animale qui soit sujette au paludisme. (Voyez chapitre i, p. 20.)
Arrivera-t-on à produire chez certains animaux un paludisme expérimentai? Peut-être; mais on n*y a pas réussi jusqu'ici ; les expériences de M. Tommasi-Crudeli sont bien peu probantes, et sans craindre d*étre taxé dexigence, on peut réclamer de nouvelles preuves dé Tinoculabilité du paludisme au cobaye» au lapin et au chien.
J'ai fait sur des lapins quelques expériences qui ne m*oiil donné que des résultats négatifs. Aprèsavoir constaté l'existence des microbes dans le sang d'un paludique, je recueillais du sang de ce malade à l'aide d'une ventouse scarifiée et je i*injectais dans les veines des lapins. Les lapins en expérience n'ont jamais présenté de troubles morbides, et à l'autopsie je n'ai jamais trouvé dans la rate, ni dans le foie, les éléments pigmentés caractéristiques du paludisme. Je crois inutile de donner la relation détaillée d'expériences qui ont toujours été négatives.
M. le D^* Richard a inoculé sans résultat à un singe du sang provenant d*un paludique et renfermant les microbes que j'ai désignés sous le nom de Slaments mobiles; il est vrai que le sang avait été injecté dans le tissu conjonctif et non dans les veines, c'est à dire dans des conditions très peu favorables aa succès de Topération. Les singes vivent dans des vallées très insalubres et ne paraissent pas être sujets au paludisme.
J'ai dit plus haut que j'avais essayé sans succès de répéter
les expériences de Ceci et que je n'avais pas réussi à provoquer
le paludisme chez les lapins, en leur injectant dans les veines
de l'eau recueillie dans les marécages les plus notoirement
nsalubres (chapitre i, p. 52).
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Sera*l^on plus heureux dans^ rinoculation du paludisme à d*autrer espèces animales? La chose n*est pas impossible; mais, jusqu'à preuve du contraire, on peut conclure des faits connus que le paludisme est une maladie particulière à Thomme ; l'expérimentation sur les animaux ne parait donc pas pouvoir être utilisée pour son étude comme elle Ta été pour Tétude du charbon et d'autres zoonoses.
La culture des microbes du paludisme en dehors de l'organisme humain, présente aussi de grandes difficultés.
rai essayé inutilement de faire cette culture ;
i" Dans le sang pur ou mélangé à différents liquides, eau, solution de sulfate de soude, etc..., au contact de Tair ;
9* Dans du sang pur ou mélangé à diiTérents liquides recueilli dans des tubes à vaccin et maintenu à une température de 37* dans une étuve ;
3* Dans du sang pur ou mélangé à différents liquides recueilli dans nne chambre humide de Ranvier.
Dans toutes ces expériences j'ai constaté que la vie des microbes se prolongeait plus ou moins longtemps suivant la température et la rapidité avec laquelle le sang s'altérait; mais que dans tous les cas, au bout de vingt-quatre heures, quarantehuit heures au plus, les parasites étaient morts et déformés.
Les microbes du paludisme vivent aux dépens des corpuscules rouges du sang ; dès que les hématies s*altèrent« dès qu'elles ne contiennent plus une quantité suffisante d'oxygène, dès que la pullulation des bactéries annonce la putréfaction du sang, les microbes prennent leurs formes cadavériques, comme dans le sang des individus morts de fièvres pernicieuses.
Peut-être serait-il possible, en recueillant du sangdans des tubes stérilisés de Pasteur, en maintenant ces tubes à une température