‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 96 sur 103 · PROPHYLAXIE INDIVIDUELLE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE INDIVIDUELLE

soir quand Ils nvienneni, le médecin administre à chacun d'eux, ane drachme d'ëeorce de quinqntna pulvérisée dans un demi- verre de vin; après avoir pris le médicament, cbaqiie hoœmt^ reçoit un demi-verre de vin pur, qn'il Iwit immédiatement Quand le vin manque à bord, on le remplace par de l'eau-de-vle étendue d'eau. »

Pour dËmmtrer les efTets saiulatres de cette mesure, l'anleor cite I» fblte suivants : « Wngl matelots et un officier devaient Pire envoyés k Sierra-Leone, pour y travailler pendant la Journée-, anx matelots on administra l'écorce de quln< quina, l'oftlcier refusa d'en prendre : ce M la seule personne qui eut la lièvre. Plus tard, on détacha deux chaloupes de l'Hydra pour explorer la rivi^ SherlK) ; elles restèrent absentes pendant une quinzaine ; chaque Jour les hommes prlrenL du quinquina dansdu vin, conformément aux Instructions qu'ils avaient reçues. Pas un seul homme ne fut atteint de la Hévre, quoique la région explorée passât pour une des pins Insalubres de la côte. L'équipage d'une troisième chaloupe séjourna pendant deux Jours seulement dans la même région et k la même époque; les hommes n'avaient pas pris de quinquina, tous furent attaqués, excepté l'officier qui commandait la chaloupe. » (Bryson, cité par Van Baren, op. cit.)

Sur In propostlion de Al. Bryson, le sulfate de quinine a été substitué au quinquina en poudre dans les stations de la cAte d'Afrique. On verse une forte solution alcoolique de sulfate de quinine dans plusieurs f&ts de vin de manière que 30 gi'ammes de vin renferment environ Oi',SS de laltale de quinine ; les rapports de MH. Sibbald, Heath, Henderson, F. Hupp^ni, L.J. Ilayne, médecins de la marine royale anglaise sont liis favorables ï celte manière de ftiire. (V. van Bui-en, op., ci(.

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Lai|iiinineetlacinclioniDeont été employées à titre propbylar:lii|ue pendant la guerre de la Sécession, lorsque les troupes élaient appelées à occuper des postes très insalubres, et d'après Hammond les résultats ont été très favorables.

Jiick de Pola rapporte le fait suivant: sept cent trente-six soldat!^, ciaicnl logés dans une même caserne, dans une localité paluslie ; sur cinq cents d'entre eus qui prirent chaque matin 0^', 10 de sulfate de quinine, dix-huit pourcent senlement eurent des fièvres légères avec récidives rares; les deux cent trente-six soldats qui n'avaient pas prisdesullate de quinine, fournirent vingt-huit cas de fièvre par cent hommes. (Wochenbl, der Gesellsch. d. Wien. Aertx, 1870, w 17). Hertz d'Amslerdim, a cité des faits qui continuent ces résultats. (Hantlhueli. oon Ziemssen, p. 620. — Vallin, in Griesin^r, op. cit., p. 9H.note.)

M. te D' Gestin a observe le fait suivant : •< A As^inic I'ù((^ ouest d'Afrique), les officiers de la Pénélope lirent une excursion dans la rivière marécageuse de Tanof-, (|iti vient se jeter dans le lue d'Ahy ; tous avaient pris par précaution du sulfale de quinine : un seul, commissaire de marine, se tiant à son immunité babituelle, s'en abstint; huit jours aprè^ il fut pris de violents accès de fièvre intermittente bilieuse ; deux seulement, parmi les autres, éprouvèrent un léger malaise. " iFonssagrives. Hygiène navale, p. 254.)

M. le D'' Tliorel a pu parcourir impuncmeni, les localités les plus insalubres du Mékong grâce au sulfate de quinine pris n la dose de 0«',60 à Oï' ,80 par semaine : ceux de ses cumpiignons qui s'éLiieiit astreints à ta mèmeprécnution. échappèrent comme lui aux hévrespaluslres. [Soleamédicalesduvonage d'exploration du Mékong, Thèse, Paris, 1870.)

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Il ne pput [liis Gire question de distribuer du sulfate de quiniae h loute In popuklion d'une ville ou «l'un village, à tout un corps d'armt'ic ; mais lorsque des ouvriers doivent faire ua travail qui les expose tout parliciiliiTement au paludisme, lorsque des voyageurs doivent traverser une (montrée tri's insalubre, lorsqu'un poste doit ^tre établi dans un foyer palustre, il est indiqué de prescrire le sulfate de quinine comme prophylactique. M. Tommasi Crudeli a employé la médication arsenicale à titre préventif ; les expériences ont été faites sur des ouvriers et des employés desrherains de fer ilaliens (Rapport présenié au ministre de l'Agriculture, le 18 mars i883, cité par M, Bouley. Les maladies conlagieuÈea et les médications précentives Revue sctentij}que, H]ui\\el 1883). Le résultat de ces expériences est résumé ainsi qu'il suit :« Sur quatre cent cinquantecinq individus soumis i\ la tnédicatlon arsenicale, trois cent trenie-liuit .se guérirent des ni''vres qu'ils avaient ou bien furent totalement préservés ; pour quarante-trois le résultat fut négatif, el douteux pour soixante-quatorze. »

[I me semble que ces faits et les faits analogues cités par M. Tommasi Crudeli, ne sont pas des plus probants, et que ces expÉriences n'ont pas été coodui tes avec loute la précision désirable, Il s'agissait de constater la valeur prophylactique de la médication arsenicale, il fallait donc exrlure d'abord tous les individus ayant déjà eu la tièvre, puis former deux groupes d'individus pris dans les méme.s conditions, et soumettre un de ces groupes à la médication arsenicale, tandis que l'autre aurait servi h la contre épreuve. 11 est possible du reste que l'arsenic pris à petite dose rende des services dans la prophylaxie des fièvres palustres, au mûme titre que tous les médicaments toniques et reconslituants : le café, l'alcool à petites doses, la noix vomique, etc.

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D'upW'B M. Mazzolini, les eulQleg alcalins seraient employés avec avantage) à lilre de mëdication préventive du paludUnw. (Bouley, op., cit.] Les faits allégués en faveur de uelte actiOB des suintes ne paraissent pas devoir entraîner ta conviction.

Toutes les causes dùbililantes ravorisent l'éclosion du pain* disme, telles sont les grandes fatigues, les privations, om alimentation insuftlsante, etc.

Maillot [0/). c((., p. 266) et M. Duboué font remarquer arec raison (|ae le paludisme s'observe beaucoup plus souvent diex les pauvres que cliez les riches. « Les huit dixièmes det cas d'impaiudisme que j'ai observés, écrit M . Duboué, Je In ai vus dans In classe peu aisée ou misérable, et les quelques exniw pies que j'ai notés parmi les gens riches, s'expliquent presque toujoui-spar des imprudences hygiéniques, des exrèa de cb«< grin ou de travail ou d'autres causes débilitantes, qu'il ett inutile d'énumérer. « {De l'impaludiame, Paris, 1867.)

Onévilei'a surtout pendant la saison endûmo-épidémiquo l6S i;r.indes fatigues, les excès de toute sorte, les refroidisse» ments et aussi l'exposition prolongée en plein soleil : on fera usage d'une alimentation tonique.

Les alcooliques, triis dangereux dans les pays chaud!) quand on en abuse, sont au contraire très utiles pris à dose modèn^e, pour lombatlre l'affaiblissement produit par In cbaleur; on en peut dire autant des épicéa et des condiments, qui sont utiles pour combattre l'atonie des voies digestives : mais qui, pris en excès, peuvent devenir 1res nuisibles. ^Le cafâ. en vertu de ses propriétés toniques, eonstllie ibojpison excellente dans les pays chauds, au&si les Orieih I fonl-ils une très grande consommation ; l'infusion de

ï>^t comme l'infusion de thé, a, en outre, cet avantage

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d'obligûr à faire bouillir l'eau el !\ la purillei- par conséquent.

Les personnes qui ont déjà eu une ou plusieurs atleinles de fièvre inlermitlente, doivent redoubler de précautions pour évw 1er une rechute toujours à craindre, surtout si l'anémie est persistante. Elles feront sagement de prendre du vin de quinquina ou de l'arsenic, ou bien encore de se soumettre h un traitement hydrothérapique, et, au moindre malaise, de recourir au sulfate de quinine.

Le rbangement de climat est la mesure la plus efficace pour éviter les rechutes de fièvre.

Peut-on s'acclimater dans les pays palustres î Une première atteinte de fièvre intermittente, loin de donner l'immunité, comme il arrive pour la fièvre jaune, par exemple, constitue au contraire une prédisposition très marquée pour une nouvelle atteinte, en admettant même qu'un traitement bien diri^ ait déiruil complètement les parasites qui s'étaient [introduits uae première fois dans le sang. Tous les auteurs sont aujourd'hui d'accoril pour dire qu'on ne s'habitue pas au paludisme, et, pour admettre, contrairement k ce qu'on croyait autrefois, que la meilleure manière de réduire la mortalité des troupes qui occupent des postes insalubres dans les pays chauds, consiste à relever souvent ces troupes; c'est ainsi que la garnison de Mayotlo est relevée tous les sis mois.

Les personnes qui vivent dans les pays palustres acquièrent quelquefois, après avoir subi plusieurs atteintes de lièvre, une certaine assuétude au paludisme, que l'on peut comparera celle des indigènes de ces pays; mais celte assuétude ne s'acquiert le plus souvent qu'au pris d'une déchéance de l'organisme on d'une véritable cachexie.

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